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Posts Tagged ‘année lumière’

Certaine flamme sous le silence du vivant (Annie Salager)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2019




    
Certaine flamme sous le silence du vivant est-elle amour
est-elle une inconnue réplique de l’énergie noire
à des millions d’années-lumière de toi mêlée
de galaxies, de tourbillons de feu
dans le bouillonnement de
leurs cratères et leurs
amas de glace, leurs
pluies de métaux
en fusion,
nulle
part
et
partout,
des univers comme
la même flamme en toi
d’étoiles surgies d’ombres
autour d’infinités neuronales,
écoutes-tu l’amour qui te crée au
silence du vivant, en son hasard au cycle
du vivant, écoutes-tu le rien d’amour que tu
inventes, ta création du rien en peuple d’astres que
tu es, écoute et danse pour un instant de vie son feu de ciel

(Annie Salager)

 

Recueil: La Mémoire et l’Archet
Traduction:
Editions: La rumeur libre

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Un de ces jours (Nina Berberova)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2018



 

Non, je ne peux pas croire que les astres soient si loin:
des milliards d’années-lumière, cela ne veut rien dire.
Un de ces jours on découvrira qu’ils sont beaucoup plus proches,
et tout ce qui nous paraissait infini, immense,
deviendra petit et proche.

(Nina Berberova)

 

 

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ANNÉES-LUMIERE (Guy Béart)

Posted by arbrealettres sur 11 mars 2018



ANNÉES-LUMIERE

Dans un milliard d’années-lumière
Cet amour sera-t-il éteint ?
Luira-t-il une vie entière
Brillera-t-il jusqu’au matin ?

Cette étoile que je regarde
Est déjà glacée aujourd’hui
Où tient-elle encore la garde
Aux quatre temps de l’infini ?

Dans un milliard d’années-lumière
Cet amour aura dévoré
Tant de force et tant de matière
Qui ne connaîtront plus d’après

Et le sort disperse les masses
Rougissant les bleus et les verts
Balayant les corps qui se cassent
Aux quatre vents de l’univers

Dans un milliard d’années-lumière
Sera-t-il question de toujours
Comme au siècle où roulaient naguère
Lee météores de l’amour

Quelque part dans la galaxie
Sont blottis les tièdes les nus
Que pèse leur souffle de vie
Aux quatre sangs de l’inconnu ?

(Guy Béart)

Illustration: Sabin Balasa

 

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Tout se passe comme si tu étais là (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2017



 

Auto Observacion ... 2008 ... GAO XINGJIAN

Tout se passe comme si tu étais là
Et des années-lumière nous séparent
Je n’attends rien de toi
Mon Dieu
Je ne crains rien de toi
Nous portons tous deux la même croix
Nos paumes se referment sur les mêmes clous d’or
Les mêmes fautes
Je te donne le meilleur de mon mal
Et ce regard de gel
Qu’un jour tu me rendras.

(René Guy Cadou)

Illustration: Gao Xingjian

 

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Nous sommes éphémères (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2017




    
Nous sommes éphémères,
Il nous demeure l’instant,
Débris de la mémoire
Que les mots ressuscitent,
Toute la vie afflue
Vers un présent offert:
Geste in-vu d’un cyprès,
Chant in-oui d’un loriot…

Toute la vie perdue
Parmi les astres muets
Depuis longtemps éteints
Hors des années-lumière,
Que sauve un seul regard
Né d’appels persistants,
Où larme rejoint rosée,
Où cendre et miel font un.

(François Cheng)

 

Recueil: La vraie gloire est ici
Editions: Gallimard

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ANNÉE LUMIÈRE (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 5 décembre 2016



 

ANNÉE LUMIÈRE

Une étoile dans mes mains grandes ouvertes
Un regard une étincelle une joie
Des millions d’années lumière et une seconde
Comme si le temps était aboli
et que le monde entier se gonflait de silence

L’inconnu s’illuminait d’un seul coup
et cette lueur annonçait l’aurore
Tout était promis et clair et vrai
Un autre jour une autre nuit et l’aube
et que le monde était à portée de mes mains

Ne pas oublier ces angoisses ces vertiges
en écoutant ce qu’annonçait l’étoile
et en retrouvant ce chemin de feu
qui conduisait vers l’avenir et l’espoir
et vers ce que nul ni moi n’attendait plus

Que les nuages lourds comme le destin
s’étalent et menacent comme des monstres
et que l’horizon soit noir comme l’enfer

L’étoile brille pour moi seul
et tout devient lumière et clarté

Étoile qui me guide vers cet univers
où règnent la vérité et l’absolu

(Philippe Soupault)

Illustration: Lucien Levy-Dhurmer

 

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Les humains sur une petite boule (Shuntarô Tanikawa)

Posted by arbrealettres sur 26 janvier 2016



 

Les humains sur une petite boule
dorment se réveillent et travaillent
et parfois ils voudraient bien des copains sur Mars

Les Martiens sur une petite boule
ce qu’ils font je ne sais pas
(font-ils dordor révévé trarava ?)
mais parfois ils voudraient bien des copains sur Terre
c’est tout à fait certain

La gravitation universelle
c’est la force d’attraction des solitudes

L’espace cosmique est déformé
c’est pourquoi tout un chacun cherche quelqu’un d’autre

L’espace cosmique gonfle de plus en plus
c’est pourquoi tout un chacun est inquiet.

Une solitude de deux milliards d’années-lumière
ça me fait éternuer malgré moi

(Shuntarô Tanikawa)

Découvert ici chez laboucheaoreilles

 

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RITUEL D’AMPLIFICATION DU MONDE (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2015



 

Tereza Vlcková -a-perfect-day-elise...-10

RITUEL D’AMPLIFICATION DU MONDE

Je commencerai par être
un verbe
sans limites
un langage
où rien ne serait dit
mais tout pressenti
dans le monde visible
et nulle part ailleurs
un grain de sable
qui dialogue avec les dieux
une élévation
dans l’affection et le bruit neufs
un miracle inouï
sous le soleil de la conscience
je commencerai par être
en devenant ce que je suis

Je commencerai par être
un dispositif
d’émerveillement
un voyage
au bout du possible
vers
ce qui m’apprend
à mourir
la raison
la plus silencieuse
en moi-même
le loup
chaviré
d’une langue universelle
je commencerai par être
là voix d’une résonance

Je commencerai par être
un souffle
d’année-lumière
contre le vertige
de la tentation
du malheur
une anthologie
des bouleversements
un retour
de nuit blanche
qui coule
dans les veines
une tendresse
démesurée
je commencerai par être
au milieu de la poussière

Je commencerai par être
un sourire
blessé
une fêlure
centrale
un tressaillement
une souveraineté
fluide
tendue
la part donnée
offerte
au vide
une salve
dans l’imprévisible
je commencerai par être
avec la peau des dents

Je commencerai par être
le refus
de rêver pareil
le refus
du bureaucrate intérieur
une exaltation sereine
un visage
qui se transforme
en tigre
à chaque émotion
un visage sans visage
qui accueille
tous les visages
un tremblement de ciel
je commencerai par être
jusqu’au paroxysme

Je commencerai par être
mille kilomètres
de battements
de coeur
à la seconde
ici-haut
contre tous les robots
couleur chair
un saut
dans la vie
un saut
dans le vide
un saut
de lumière noire
je commencerai par être
une pulpe d’aimantation

Je commencerai par être
un soir
d’anéantissement
la plus haute
obstination
une science
de l’excès
l’empreinte
digitale
de la mort dans la vie
le toujours
maintenant
la parfaite
insoumission
je commencerai par être
à bout portant

Je commencerai par être
celui qui
chaque jour
découvre l’infinie
première fois
la parure du chaos
l’abandon
des masques
l’éclosion accélérée
d’une fleur de sens
celui qui
ne veut plus
traduire la vie
en cendres mortes
je commencerai par être
incomparable

Je commencerai par être
au diapason
d’un vent bleu
une danse exacerbée
des atomes
une mise au jour
de l’ossature du temps
le feu insoupçonné
de ma propre consumation
une vigilance détendue
une porte battante
qui va et qui vient
quand j’inspire
quand j’expire
je commencerai par être
jusqu’au bout du monde

Je commencerai par être
un maquisard de l’esprit
un étoilement
de précipices
pour saluer sans fin
les grands isolés
une secousse
de moelle
à mourir de fou rire
un accomplisseur
secret
préférant le coup de sang
au coup de dés
un infini départ
je commencerai par être
repassionné

(Zéno Bianu)

Illustration: Tereza Vlcková

 

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