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Poésie

Posts Tagged ‘annonce’

Pressentiment? (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2018



Pressentiment? cette Ombre longue? sur le Gazon?
Signe que les Soleils déclinent?

L’annonce à l’Herbe effarée
Que la Ténèbre? va passer?

***

Presentiment? is that long shadow? on the Lawn?
Indicative that Suns go down?

The notice to the startled Grass
That Darkness? is about to pass?

(Emily Dickinson)

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PETITES ANNONCES (Norge)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2018




    
PETITES ANNONCES

Personne sexe féminin, vingt ans environ, blouson cuir vert,
cheveux châtains, souliers plats, croisée 14 décembre huit
heures 22 minutes couloirs métro Sèvres-Babylone est priée
de se faire connaître pour amour éperdu.

(Norge)

Illustration

 

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Retouche à l’annonce (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2018



Retouche à l’annonce

les montagnes en robe d’eau se lèvent
dans un attelage d’ailes

un souffle à peine froisse la toile du monde
l’ange intraduisible attend
la vierge aux yeux sans fond

(Daniel Boulanger)


Illustration

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LES BEAUX YEUX BRUNS D’UN CHIEN BÂTARD (Hwang Ji-u)

Posted by arbrealettres sur 2 juin 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
LES BEAUX YEUX BRUNS D’UN CHIEN BÂTARD

Un matin, en sortant de la maison, au coin de la ruelle,
j’ai rencontré par hasard un chien bâtard. Ses yeux étaient
tellement clairs et tristes, que j’ai penché la tête et ai fixé sur
lui mon regard. Ah, ce chien a aussi penché la tête et m’a
fixé du regard. Son regard est plus doux et limpide que le
ciel printanier de notre pays. Dans ses yeux innocents — la
cornée naïve — le cristallin — la rétine, je suis là, debout,
tenant une enveloppe jaune, habillé d’un imperméable de la
marque London Fog 100%. Tout y est entré : mon
corps entier, mon image entière, l’apparence extérieure de
ma vie entière. Dans la cornée — le cristallin — la rétine d’un
chien bâtard, j’ai impression d’avoir déjà rencontré une fois,
peut-être pas, mon corps entier, mon image entière, l’аpparence
extérieure de ma vie entière. Alors que j’étais dans
cette pensée incertaine, le chien bâtard est parti pour fouiller
une, poubelle. Je suis arrivé à l’arrêt de bus ; sur le poteau
électrique une annonce : La famille Jeon est en deuil. Pompes
funèbres Sion: Tel. 999-1984

(Hwang Ji-u)

 

Recueil: DE L’HIVER-DE-L’ARBRE AU PRINTEMPS-DE-L’ARBRE Cent poèmes
Traduction: Kim Bona
Editions: William Blake & co

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Racine du cri (Mohammed Dib)

Posted by arbrealettres sur 28 mai 2018


le cri_Munch

annonce
à tout coup
première
beauté
soudainement
urgente

ô souffrance
et plus avant
opacité

(Mohammed Dib)

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Cette femme tente de nous parler (Jean-Pierre Chambon)

Posted by arbrealettres sur 2 mars 2018



Illustration: France Mondello
    
Cette femme tente de nous parler
mais sa parole contaminée par un virus lexical
n’est plus entre ses lèvres
qu’un magma de syllabes
ainsi nous échouons à saisir
l’annonce pressante
que dans l’affolement de la langue
elle voudrait nous confier

(Jean-Pierre Chambon)

 

Recueil: Tout-venant
Traduction:
Editions: Héros-Limite

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Terminus (Bernard Lorraine)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2017



Terminus

Arrêt du train… Plus rien… Froid nuit brouillard.
Quelle heure est-il ? Exactement trop tard.
Masques figés des passagers blafards.
Où sommes-nous ? Et pourquoi ? Nulle part.
Mais la motrice a touché au butoir.
La faim la soif la peur le désespoir.
Qui a coupé le courant ? Sabotage ?
Où sont passés les tickets les bagages ?
Silence noir… Quelle est donc cette gare ?
Déserts les quais. On se tait. On s’effare,
Chacun n’entend que les coups de son coeur.
Puis cette voix à vous glacer les sangs
Pour cette annonce au micro hululée :
— « Nous informons messieurs les voyageurs :
Toute correspondance est annulée.
Néant, Néant. Tout le monde descend ».

(Bernard Lorraine)


Illustration: Gilbert Garcin

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Je vis (Abdellatif Laâbi)

Posted by arbrealettres sur 5 septembre 2017



Je vis
la peur au ventre
Peur de quoi ?
De l’apocalypse annoncée
et péniblement reportée
Du tarissement de l’amour
de l’écriture
Du bourreau que j’ai cru oublier
et qui ne m’a pas encore oublié
De commettre quelque ignominie
D’attraper la maladie de la soumission
Ou de mourir par hasard
écrasé comme un chien ?

(Abdellatif Laâbi)


Illustration

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Quand le vent force la fenêtre (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 14 août 2017



Illustration: Leonid Afremov

    
Quand le vent force la fenêtre
annoncé par tant de portes, tant de forêts battantes
et que le soir passe sa tête
dans ce qui reste, immobile et défiguré,

Quand la rue s’accroche aux lumières
en tirant à elle tout le ciel,
quand la terre n’a plus de jour pour montrer ses routes
le long des carreaux énormes comme des caillots,

il faut dominer l’amour, le dénuder
du sang qui en fait une soif sans remède,
il faut le jeter aux bouches brûlantes de la chair
comme un vivant qui s’éveille en plein incendie,

il faut oublier les mots trop tendres
qui tremblent dans la bouche comme des feuilles
et, crispé sur la chair comme les racines autour de la terre,
il faut fermer la femme à la clarté du jour.

Dans la ville que le soir rassemble en hâte
autour des murs, autour des lampes livides,
la pluie tombe transpercée de vent
et le monde se baisse pour entrer dans la nuit.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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DES MOTS AMOUR (Tahar Ben Jelloun)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2017




    
DES MOTS AMOUR

Erreur

Charger les mots de dire l’amour
Tant ils sont boiteux étroits
Pris dans la moisissure de l’habitude
Usés dans la pâleur masquée

L’amour est ou n’est pas

Pas besoin de béquilles
Ni d’échelle pour monter au ciel
Une lumière aveuglante
Dans le sillage du silence élu
Une page blanche où le poème s’imprime
Amour sans annonce
Pudique comme un crime
Évident comme une nuit encombrée d’étoiles
Une belle nuit sans sommeil
Où nous sommes ce que nous sommes
Fragiles et abîmés
Espérant espérés
Vivants

(Tahar Ben Jelloun)

 

Recueil: Que la Blessure se ferme
Editions: Gallimard

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