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Poésie

Posts Tagged ‘antilope’

La mémoire (François Coppée)

Posted by arbrealettres sur 2 janvier 2019


 


 

Gene Pressler

La mémoire

Souvent, lorsque la main sur les yeux je médite,
Elle m’apparaît, svelte et la tête petite,
Avec ses blonds cheveux coupés courts sur le front.
Trouverai-je jamais des mots qui la peindront,
La chère vision que malgré moi j’ai fuie ?
Qu’est auprès de son teint la rose après la pluie ?
Peut-on comparer même au chant du bengali
Son exotique accent, si clair et si joli ?
Est-il une grenade entr’ouverte qui rende
L’incarnat de sa bouche adorablement grande ?
Oui, les astres sont purs, mais aucun, dans les cieux,
Aucun n’est éclatant et pur comme ses yeux ;
Et l’antilope errant sous le taillis humide
N’a pas ce long regard lumineux et timide.
Ah ! devant tant de grâce et de charme innocent,
Le poète qui veut décrire est impuissant ;
Mais l’amant peut du moins s’écrier : « Sois bénie,
O faculté sublime à l’égal du génie,
Mémoire, qui me rends son sourire et sa voix,
Et qui fais qu’exilé loin d’elle, je la vois ! »

(François Coppée)

Illustration: Gene Pressler  

 

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Demain (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2018



Demain

Nous glisserons sur un fleuve royal
Et chaque été nous prendrons dans nos mains
L’or jaillissant d’un tout nouveau langage,
Nous serons clairs et simples comme l’eau.

Je t’aimerai car tu seras ma lèvre
L’ombre des mots caressera ta joue
D’une aile fraîche et nous suivrons leurs vols
Mais nous tairons le nom de notre terre.

Chaque pensée est un saut d’antilope
Pour éveiller nos intimes forêts.
Chaque écureuil se nourrira d’un rêve
Qu’entre nos doigts nous aurons fait mûrir.

Au confluent des tigres et des mers,
Nous nous boirons comme terre et rosée.
Ce sera l’aube et dans sa main de flamme
Nous renaîtrons porteurs de nos ferments.

(Robert Sabatier)

 

 

 

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Eblouir la raison devenue orchidée (Joë Bousquet)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2017



    

éblouir la raison devenue orchidée
abstraits comme océans qui dorment
concrets comme la transparence
privée de ses deux ailes
notre absolu formé d’oranges trop boudeuses
notre ferveur plus exigeante
que l’antilope nourrie de poèmes
être d’être en sursis comme un mot murmuré
qui n’ose devenir diamant pur
être d’être la chair caressée de l’absence

(Joë Bousquet)

 

Recueil: Poèmes, un
Traduction:
Editions: Gallimard

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Je vis pour adorer (Joë Bousquet)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2017




    
Je vis pour adorer
un ou deux mots
imprononcés,
imprononçables :
ceux qu’on devine
une heure avant le jour
dans l’oeil de l’antilope
qui lentement s’étire
entre deux arbres somnolents

(Joë Bousquet)

 

Recueil: Poèmes, un
Traduction:
Editions: Gallimard

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Les mots c’est une roue en mouvement (Jules Tordjman)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2017



Les mots c’est une roue en mouvement et pourrais-je ordonner leur vertige ?
Ma voix s’aiguise à cette meule.

Gel et silence : le simple cri d’une herbe bouleverserait ce désert.
Découverte surprenante : hennir et devenir vert !

Un arbre s’ébroue, un cheval se couvre de feuilles.
Étendues raides, et pourtant nul coup n’a retenti :
antilopes de la joie, si beaux cadavres.

Qui dérange ainsi le damier de la nuit ? Il va falloir couper cette infatigable main.
L’encre aux doigts d’énigme, les hiéroglyphes de la page.

À peine délivré des mailles de la pensée, je retombe dans les rets du chant.
Être un instant cette mouette qui équilibre toute la mer !

(Jules Tordjman)

Illustration: ArbreaPhotos

 

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SANS DÉFINITION (Alain Bosquet)

Posted by arbrealettres sur 5 novembre 2016




SANS DÉFINITION

l’amour
cet océan pour antilopes folles

l’amour
cet oeil qui cloue mon oeil
sur l’étoile trop ivre

l’amour
cette valise où dorment les toucans
qui nous ressemblent

l’amour
ce soleil qui proteste
d’être en exil sous ses propres genoux

l’amour l’oubli
et les mots affamés
qui rongent cette mandarine
notre mémoire

(Alain Bosquet)


Illustration: Eloi Flore

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Je vis (Alain Bosquet)

Posted by arbrealettres sur 5 novembre 2016




Je vis pour adorer
un ou deux mots
imprononcés,
imprononçables:
ceux qu’on devine
une heure avant le jour
dans l’oeil de l’antilope
qui lentement s’étire
entre deux arbres somnolents.

(Alain Bosquet)

 

 

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Après-midi (Ahmet Hâsim)

Posted by arbrealettres sur 11 septembre 2016




Après-midi

Les antilopes fugitives boivent sur la rive d’argent
A leur bruit s’écroule tout le silence,
Du fond des eaux dormantes, de leur retour s’étonnent,
Muettes et lointaines, d’autres fluides antilopes.

(Ahmet Hâsim)

Illustration

 

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Message d’adieu (Plenty Coups)

Posted by arbrealettres sur 29 février 2016



Plenty Coups

Message d’adieu

Passent encore quelques soleils, et on ne nous verra plus ici.
Notre poussière et nos ossements se mêleront à ces prairies.
Je vois comme dans une vision, mourir la lueur de nos feux du conseil, leurs cendres devenues froides et blanches.
Je ne vois plus s’élever les spirales de fumée au-dessus de nos tentes.
Je n’entends plus le chant des femmes préparant le repas.
Les antilopes ont fui ; les terres des bisons sont vides.
On n’entend plus que la plainte des coyottes.
La « médecine » de l’homme blanc est plus forte que la nôtre ;
le cheval de fer s’élance sur les pistes du bison.
Il nous parle à travers son « esprit qui murmure »(le téléphone).
Nous sommes comme des oiseaux à l’aile brisée.
Mon coeur est froid au-dedans de moi.
Mes yeux se troublent ! Je suis vieux.

(Plenty Coups)

 

 

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Elle reste gracieuse (Bernard Dimey)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2015


impala-african-antilope

l’antilope sait bien qu’un lion la mangera,
elle reste gracieuse.

(Bernard Dimey)

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