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Posts Tagged ‘(Antonin Artaud)’

L’occulte est né de la paresse (Antonin Artaud)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2018




    
Je ne crois pas qu’il y ait un monde occulte ou quelque chose de caché au monde,
je ne crois pas qu’il y ait sous le réel apparent
des étages enfouis ou refoulés de notions, de perceptions, de réalités, ou de vérités.

Je crois que tout l’essentiel surtout fut toujours à découvert et en surface
et que ça a coulé à pic et au fond
parce que les hommes n’ont pas su et pas voulu le maintenir.
C’est tout.

L’occulte est né de la paresse,
mais n’en est pas devenu occulte,
c’est à dire irrévélable, pour cela.

(Antonin Artaud)

 

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Nul n’a jamais écrit (Antonin Artaud)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2017



Illustration
    
Nul n’a jamais écrit
ou peint, sculpté, modelé, construit, inventé,
que pour sortir en fait de l’enfer.

(Antonin Artaud)

 

Recueil: Van Gogh ou le Suicidé de la société
Traduction:
Editions:

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Les bois sacerdotaux (Antonin Artaud)

Posted by arbrealettres sur 19 mars 2017



Les bois sacerdotaux chamarraient l’horizon
Où les lampes du soir rallumaient leurs feux rouges;
Au rideau des forêts où mille branches bougent
Peignaient leurs cheveux d’étranges visions.

Une femme parût, de sardoine et d’opale
Décorant son manteau pourpre comme le ciel;
Ses yeux brillaient dans l’or bleui des cheveux pâles.
Sacerdotales fleurs aux feux surnaturels.

Un rebec cajôleur aux doigts des mains divines
Si doucement pleurait que les rois des bois noirs
Appelaient par delà les célestes collines
Les reines accoudées aux balustres du soir.

Un vent plus fort tordit les crinières des bois
Eveillant les orgues des profondeurs sonores
Et la voix se perdit comme efface l’aurore
Dans les voiles du jour les bagues de ses doigts.

(Antonin Artaud)

Illustration: Herb Dickinson

 

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EXTASE (Antonin Artaud)

Posted by arbrealettres sur 5 septembre 2016



EXTASE

Argentin brasier, braise creusée
Avec la musique de son intime force
Braise évidée, délivrée, écorce
Occupée à livrer ses mondes.

Recherche épuisante du moi
Pénétration qui se dépasse
Ah! joindre le bûcher de glace
Avec l’esprit qui le pensa.

La vieille poursuite insondable
En jouissance s’extravase
Sensualités sensibles, extase
Aux cristaux chantants véritables.

Ô musique d’encre, musique
Musique des charbons enterrés
Douce, pesante qui nous délivre
Avec ses phosphores secrets.

(Antonin Artaud)

Découvert ici: https://eleonoreb.wordpress.com/

Illustration: Ernest Pignon-Ernest

 

 

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POÈTE NOIR (Antonin Artaud)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2015




POÈTE NOIR

Poète noir, un sein de pucelle
te hante,
poète aigri, la vie bout
et la ville brûle,
et le ciel se résorbe en pluie,
ta plume gratte au coeur de la vie.

Forêt, forêt, des yeux fourmillent
sur les pignons multipliés ;
cheveux d’orage, les poètes
enfourchent des chevaux, des chiens.

Les yeux ragent, les langues tournent,
le ciel afflue dans les narines
comme un lait nourricier et bleu;
je suis suspendu à vos bouches
femmes, coeurs de vinaigre durs.

(Antonin Artaud)

Illustration: Alexander Sigov

 

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Considérer le langage (Antonin Artaud)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2015



 

L’Art de la Conversation, 1950_0

… considérer le langage
sous la forme de l’incantation.

(Antonin Artaud)

Illustration: René Magritte

 

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Vois toute douce (Antonin Artaud)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2015



Vois toute douce, toute belle, toute pâle
Ce jour qui vient mourir sur les mystères blancs
Il nous paraît humain ce jour agonisant
Tristement effeuillant ses bagues dans la salle.

Nous nous sentons heureux de savoir que les choses
Boivent ainsi que nous ce lambeau de clarté
Et s’enfuient avec nous vers les nuages roses …
L’heure sonne son glas sur les vitraux muets.

Dans la douceur du soir se lamentent les branches:
Parfois dans les chemins agonise un oiseau
Et voici que le ciel prend une couleur d’eau …
Ma sœur c’est notre amour qui neige dans les branches.

(Antonin Artaud)

Illustration: Delphin Enjolras

 

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Pas de réponse (Antonin Artaud)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2015



« D’où venons-nous? »
Pas de réponse.
Mais pas de question.
« Où allons-nous? »
Pas de réponse.
Et pas de question.
Nous n’allons nulle part.
Nous ne retrouverons pas un ailleurs.
Nous n’y aspirons pas.
Nous n’allons pas « vers ».
Nous ne venons pas « de ».

(Antonin Artaud)

Illustration: Paul Baringou

 

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L’arbre (Antonin Artaud)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2015



Cet arbre et son frémissement
forêt sombre d’appels,
de cris,
mange le coeur obscur de la forêt.

Vinaigre et lait, le ciel, la mer,
la masse épaisse du firmament,
tout conspire à ce tremblement,
qui gîte au coeur épais de l’ombre.

Un coeur qui crève, un astre dur
qui se dédouble et fuse au ciel,
le ciel limpide qui se fend
à l’appel su soleil sonnant,
font le même bruit, font le même bruit,
que la nuit et l’arbre au centre du vent.

(Antonin Artaud)

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L’ARBRE (Antonin Artaud)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2015


 


 

L’ARBRE

Cet arbre et son frémissement
forêt sombre d’appels,
de cris,
mange le cœur obscur de la nuit.

Vinaigre et lait, le ciel, la mer,
la masse épaisse du firmament,
tout conspire à ce tremblement,
qui gîte au cœur épais de l’ombre.

Un cœur qui crève, un astre dur
qui se dédouble et fuse au ciel,
le ciel limpide qui se fend
à l’appel du soleil sonnant,
font le même bruit, font le même bruit,
que la nuit et l’arbre au centre du vent.

(Antonin Artaud)

Illustration: ArbreaPhotos
 

 

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