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Poésie

Posts Tagged ‘(Antonio Machado)’

Je crus mon foyer éteint (Antonio Machado)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2019



 

Je crus mon foyer éteint
et je remuais la cendre…
Je me brûlai la main.

(Antonio Machado)

 

 

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Lisant un jour clair mes vers bien-aimés (Antonio Machado)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2019



Antonio Machado

Lisant un jour clair
mes vers bien-aimés,
j’ai vu dans le profond
miroir de mes songes

qu’une vérité divine
y tremble de frayeur,
et qu’elle est une fleur qui veut
jeter au vent son parfum.

L’âme du poète
s’oriente vers le mystère.
Seul le poète peut
regarder ce qui est loin
dans l’âme, enveloppé
d’un soleil trouble et magique.

Dans ces galeries,
sans fond, du souvenir,
où les pauvres gens
ont accroché comme un trophée

un habit de fête mité et vieux,

le poète sait
regarder l’éternel
labeur des abeilles
dorées des songes.

Poètes, l’âme attentive
au ciel profond,
dans la cruelle bataille
ou dans le jardin tranquille,

nous fabriquons le miel nouveau
avec les vieilles douleurs,
patiemment nous faisons
l’habit blanc et pur,
et sous le soleil polissons
la forte armure de guerre.

L’âme sans rêve,
le miroir ennemi,
projette notre image
avec un profil grotesque.

Nous sentons une vague
de sang, dans notre coeur,
qui passe… et, souriant,
revenons à notre labeur.

(Antonio Machado)

 

 

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LES RÊVES MAUVAIS (Antonio Machado)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2019



LES RÊVES MAUVAIS

L’ombre couvre la place;
le jour se meurt.
Au loin sonnent les cloches.

Aux fenêtres et aux miradors
les vitres s’éclairent
de reflets blafards,
comme des ossements blanchâtres,
de vagues crânes morts.

Sur toute la soirée brille
une lumière de cauchemar.
Le soleil s’incline au couchant.
Résonne l’écho de mon pas.

— Est-ce toi? Je t’attendais…
— Non, ce n’était pas toi que je cherchais.

(Antonio Machado)

 

 

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La Lola s’en va (Antonio Machado)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2019



 

Abdalieva Akzhan -   8

La Lola s’en va dans les ports,
l’île reste seule

Et qui est cette Lola
qui disparaît et qui laisse
si seule l’île de San Fernando
quand elle s’en va ?

(Antonio Machado)

Illustration: Abdalieva Akzhan

 

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Tu dis que rien ne se crée? (Antonio Machado)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2019



Tu dis que rien ne se crée?
Qu’il ne t’importe, avec la boue
de la terre fabrique une coupe
pour que boive ton frère.

(Antonio Machado)

 

 

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Jamais je n’ai cherché la gloire (Antonio Machado)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2019



Jamais je n’ai cherché la gloire
ni voulu dans la mémoire
des hommes laisser ma chanson;
mais j’aime les mondes subtils,
aériens et délicats
comme des bulles de savon.
J’aime les voir se colorer
de soleil et de pourpre, voler
sous le ciel bleu, trembler
subitement puis éclater.

(Antonio Machado)

Illustration: François Knopf

 

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La place et les orangers flamboyants (Antonio Machado)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2019



La place et les orangers flamboyants
avec leurs fruits ronds et rieurs.

Tumulte de petits collégiens
qui sortent de l’école, en désordre,
emplissant l’air de la place ombragée
du tintamarre de leurs voix neuves.

Allégresse enfantine dans les recoins
des villes mortes!…

Et une part de nous, d’hier,
que nous voyons errer encore
dans ces vieilles rues!

(Antonio Machado)

Illustration

 

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Un soir de printemps m’a dit une fois (Antonio Machado)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2019



Un soir de printemps
m’a dit une fois :
Si tu cherches des chemins
en fleurs sur la terre,
fais taire les mots,
écoute ton âme ancienne.
Que le lin blanc
qui te revêt soit
ton habit de deuil,
ton habit de fête.

(Antonio Machado)

Illustration: ArbreaPhotos

 

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Les braises d’un crépuscule mauve (Antonio Machado)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2019



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Les braises d’un crépuscule mauve
fument derrière les noirs cyprès…
Sous la gloriette ombragée, la fontaine
avec son Amour, ailé et nu, de pierre,
et qui rêve, muet. Dans la vasque de marbre
repose l’eau morte.

(Antonio Machado)

 

 

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Ce fut un clair après-midi, triste et songeur (Antonio Machado)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2019



Ce fut un clair après-midi, triste et songeur
après-midi d’été. Le lierre grimpait
sur le mur du parc, noir et poussiéreux…
La fontaine bruissait.

Ma clé grinça dans la vieille grille;
avec un bruit aigre s’ouvrit la porte
de fer moisi et, en se refermant, frappa
lourdement le silence de l’après-midi mort.

Dans le parc solitaire, la sonore
copla bouillonnante de l’eau chantante
me guida vers la fontaine. La fontaine versait
sur le marbre blanc sa monotonie.

La fontaine chantait : Frère, mon chant présent
te rappelle-t-il un songe lointain?
Ce fut un lent après-midi du lent été.
Je répondis à la fontaine :

— Adieu pour toujours, fontaine sonore,
éternelle chanteuse du parc endormi.
Adieu pour toujours; ta monotonie,
fontaine, est plus amère que ma peine.

Ma clé grinça dans la vieille grille;
avec un bruit aigre s’ouvrit la porte
de fer moisi et, en se refermant, résonna
lourdement dans le silence de l’après-midi mort.

(Antonio Machado)

Illustration: ArbreaPhotos

 

 

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