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Poésie

Posts Tagged ‘antre’

Prologue (Esther Granek)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2018



 

Kandinsky

Prologue

De la pensée aux mots,
un monde.

Dès qu’ils viennent en gros,
la ronde.

De la phrase à la phrase,
la stance.

Des couplets qui s’embrasent,
la danse.

Du chagrin à l’oubli,
un antre.

Sous toute philosophie,
le ventre.

Des coulisses aux décors,
un voile.

Du trépas à la mort,
un râle.

De la graine à l’épi,
un germe.

Du néant à la vie,
le sperme.

Du mineur au ministre,
un rang.

Et du lord jusqu’au cuistre,
un temps.

Du génie au crétin,
un gène.

Du raté au malin,
la veine.

Du gendarme au voleur,
un rôle.

En tout un, son tricheur,
son drôle.

Du vice à la vertu,
un tour.

De la mode au rebut,
un jour.

De ta main à la mienne,
un choix.

De l’amour à la haine,
un pas.

De la phrase à la phrase,
la stance.

Des couplets qui s’embrasent,
la danse !

(Esther Granek)

Illustration: Kandinsky

 

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ADAGIO POUR UN POEME (Patricia Ruiz-Gamboa)

Posted by arbrealettres sur 25 juillet 2018



Illustration: Marc Chagal
    
ADAGIO POUR UN POEME

D’un ciel qui n’a jamais pleuré, j’ai fait jaillir des larmes.
D’un arbre qui n’a jamais fleuri, j’ai fait jaillir des fruits.
D’un piano poussiéreux, j’ai fait jaillir des rires.
D’une mer calme et bleue, j’ai fait jaillir des cris.

D’un soleil ardent, j’ai fait jaillir de l’ombre.
D’un rocher de montagne, j’ai fait jaillir des perles.
D’un glacier enneigé, j’ai fait jaillir des flammes.
D’un visage sans sourire, j’ai fait jaillir l’amour.

Poésie Amie, Poésie Chérie, ton antre est mon arme,
Ton refuge d’opale que si souvent je fuis,
Est un peu ma raison, est un peu mon empire,
Poésie Chérie, Poésie Amie, aide-moi, à l’infini.

Poésie Amie, Poésie Chérie, permets qu’enfin je sombre,
Permets qu’enfin au fond de moi le chant du merle
Revive et transforme un peu cette dame
Qu’est mon âme, et qui pleure toujours.

(Patricia Ruiz-Gamboa)

 

Recueil: Concerto pour une plume
Traduction:
Editions: ARCAM

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A quels bruissements (Anne Goyen)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2018



Illustration: Aron Wiesenfeld
    
A quels bruissements
Reconnais-tu
L’intime voix
D’un chant venu d’ailleurs
Abîme où se côtoient
La foudre et l’arc-en-ciel
S’y accordent les rêves
Nouveau-nés
Avant de hanter
L’antre des forêts
Ou de dormir
Dans le secret berceau
de nos coeurs.

(Anne Goyen)

 

Recueil: Arbres, soyez
Traduction:
Editions: Ad Solem

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CARCERI D’INVENZIONE (Hans Magnus Enzensberger)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2018



 

Illustration:  Giovanni Battista Piranesi
    
CARCERI D’INVENZIONE *

Ces voûtes sombres claires sombres

éclairs sans ciel
rayons sans astre
ni nocturnes ni diurnes

ces voûtes
rationnelles et énigmatiques

ces fosses et ces trous
sont nos abris
ces crevasses ces galeries
sont nos antres
ces ponts et ces poutres
nos routes vers l’erreur

devant cet attirail
qui nous dépasse
nous paraissons
chétifs et sans voix

rêveurs debout
prisonniers
invaincus

Ces grouillantes
oubliettes
où l’abandon règne

ces voûtes de rêve
à l’infini sombres
à l’infini claires
infinies

impénétrables
sont
nos rêveuses têtes

* Prisons imaginaires : suite de dix-huit eaux-fortes de Piranèse.

(Hans Magnus Enzensberger)

 

Recueil: Mausolée
Traduction: Maurice Regnaut et Roger Pillaudin
Editions: Gallimard

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ÉTOILE (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2018




    
ÉTOILE

Il y a un astre calme,
un astre sans paupières.
« Où donc ?
— Un antre…
Dans l’eau endormie
de l’étang. »

(Federico Garcia Lorca)

 

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ÉCHO DE L’HORLOGE (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2018



Illustration: k Madison
    
ÉCHO DE L’HORLOGE

Je m’assis
dans une clairière du temps.
C’était un bassin de silence,
de blanc
silence.

Anneau formidable
où les antres
se heurtaient aux douze flottants
nombres noirs.

(Federico Garcia Lorca)

 

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Qui partira ? (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 4 janvier 2018




    

Qui partira ?

Qui partira quand j’ouvrirai la porte,
mon désespoir ou le parfum des roses ?
Le visiteur, peut-être, agacé par ma voix.
Qui partira — et si c’était mon âme ?

Le sais-je moi si je suis une église
ou la prison de mes rêves perdus ?

Si je partais, si je quittais mon antre,
si j’oubliais les gestes et les rites,
si je roulais dans la saison des pierres ?

(Robert Sabatier)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Albin Michel

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LE LION DEVENU VIEUX (Jean de la Fontaine)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2017



 

LE LION DEVENU VIEUX

Le Lion, terreur des forêts,
Chargé d’ans et pleurant son antique prouesse,
Fut enfin attaqué par ses propres sujets,
Devenus forts par sa faiblesse.
Le Cheval s’approchant lui donne un coup de pied ;
Le Loup un coup de dent, le Boeuf un coup de corne.
Le malheureux Lion, languissant, triste, et morne,
Peut a peine rugir, par l’âge estropié.
Il attend son destin, sans faire aucunes plaintes ;
Quand voyant l’Ane même à son antre accourir :
« Ah ! c’est trop, lui dit-il ; je voulais bien mourir ;
Mais c’est mourir deux fois que souffrir tes atteintes. »

(Jean de la Fontaine)

Illustration: Marc Chagall

 

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Entrons dans le solitaire (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 25 juillet 2017



Illustration: William Blake
    
Entrons dans le solitaire,
Entrons dans le silencieux,

Dans le rien,
Le plus rien,
Qui se tait
Mais se sait.

Entrons dans le silencieux,
Entrons dans le solitaire,

Une voix parle,
Parle sans voix,
Qui se sait,
Mais se tait.

Entrons dans l’abyssal antre :
Effroi, frisson, ou offrande.

(François Cheng)

 

Recueil: La vraie gloire est ici
Editions: Gallimard

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Demain (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2017



    

Illustration

Demain, c’est les doutes, les craintes.
C’est les désirs martyrisés,
C’est le coucher sans tes étreintes,
C’est le lever sans tes baisers !

Leurs lèvres ! vous gardez en vos calices, l’acre
Saveur des bigarreaux et des grenades sûres

Et dans l’antre fatal, la dame de Mervent
Scella mes yeux pensifs de ses baisers fleuris !

Les bras qui se nouent en caresses pâmées,
Le cordial bu du baiser animal,
Les cheveux qu’on tord, les haleines humées,
Des nerfs énervés apaisent-ils le mal ?

(Jean Moréas)

 

Recueil: Anthologie universelle des baisers (III France)
Editions: H. Daragon

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