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Poésie

Posts Tagged ‘antre’

ÉCHO DE L’HORLOGE (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2018



Illustration: k Madison
    
ÉCHO DE L’HORLOGE

Je m’assis
dans une clairière du temps.
C’était un bassin de silence,
de blanc
silence.

Anneau formidable
où les antres
se heurtaient aux douze flottants
nombres noirs.

(Federico Garcia Lorca)

 

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Qui partira ? (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 4 janvier 2018




    

Qui partira ?

Qui partira quand j’ouvrirai la porte,
mon désespoir ou le parfum des roses ?
Le visiteur, peut-être, agacé par ma voix.
Qui partira — et si c’était mon âme ?

Le sais-je moi si je suis une église
ou la prison de mes rêves perdus ?

Si je partais, si je quittais mon antre,
si j’oubliais les gestes et les rites,
si je roulais dans la saison des pierres ?

(Robert Sabatier)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Albin Michel

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LE LION DEVENU VIEUX (Jean de la Fontaine)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2017



 

LE LION DEVENU VIEUX

Le Lion, terreur des forêts,
Chargé d’ans et pleurant son antique prouesse,
Fut enfin attaqué par ses propres sujets,
Devenus forts par sa faiblesse.
Le Cheval s’approchant lui donne un coup de pied ;
Le Loup un coup de dent, le Boeuf un coup de corne.
Le malheureux Lion, languissant, triste, et morne,
Peut a peine rugir, par l’âge estropié.
Il attend son destin, sans faire aucunes plaintes ;
Quand voyant l’Ane même à son antre accourir :
« Ah ! c’est trop, lui dit-il ; je voulais bien mourir ;
Mais c’est mourir deux fois que souffrir tes atteintes. »

(Jean de la Fontaine)

Illustration: Marc Chagall

 

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Entrons dans le solitaire (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 25 juillet 2017



Illustration: William Blake
    
Entrons dans le solitaire,
Entrons dans le silencieux,

Dans le rien,
Le plus rien,
Qui se tait
Mais se sait.

Entrons dans le silencieux,
Entrons dans le solitaire,

Une voix parle,
Parle sans voix,
Qui se sait,
Mais se tait.

Entrons dans l’abyssal antre :
Effroi, frisson, ou offrande.

(François Cheng)

 

Recueil: La vraie gloire est ici
Editions: Gallimard

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Demain (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2017



    

Illustration

Demain, c’est les doutes, les craintes.
C’est les désirs martyrisés,
C’est le coucher sans tes étreintes,
C’est le lever sans tes baisers !

Leurs lèvres ! vous gardez en vos calices, l’acre
Saveur des bigarreaux et des grenades sûres

Et dans l’antre fatal, la dame de Mervent
Scella mes yeux pensifs de ses baisers fleuris !

Les bras qui se nouent en caresses pâmées,
Le cordial bu du baiser animal,
Les cheveux qu’on tord, les haleines humées,
Des nerfs énervés apaisent-ils le mal ?

(Jean Moréas)

 

Recueil: Anthologie universelle des baisers (III France)
Editions: H. Daragon

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ODE (Pierre Motin)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2017



Illustration: Max Szoc Leuven
    
ODE

Doux antre, où mon âme guidée
Met son désir audacieux.
Clos à mes mains, clos à mes yeux,
Et découvert à mon idée;

Tertre qu’un lis dore la bouche,
De qui le dessous enflammé
Ressemble un œillet mi-fermé
Alors que le soleil se couche;

Brun séjour et secret arcade
Au fond de vermeil éclatant.
Et qui va le marbre imitant
Et le dessus dune grenade ;

Beau crêpe qui dessus blondoie,
De plus fin qu’on puisse trouver,
Amour lui-même en fit le ver
Et lui-même en fila la soie;

Toison d’or, d’amour enseignée,
Où mon désir est arrêté
Ainsi qu’une mouche en été
Dans les filets d’une araignée;

Petits gazon fait d’une rose,
Gros comme un coing en sa couleur,
Ne laisse point sécher ta fleur
A faute qu’aucun ne l’arrose.

(Pierre Motin)

 

Recueil: Anthologie universelle des baisers (III France)
Editions: H. Daragon

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Oh vite, rallume la flamme (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 2 juillet 2017



Hommage aux anges
[11]

Oh vite, rallume la flamme
avant que refroidisse la substance,

car soudain nous vîmes ton nom
profané ; gredins et imbéciles

ont abusé de toi avec impiété,
Vénus, car vénérien veut dire impur

et Vénus en tant que désir
est vénérienne, luxurieuse,

tandis que la racine même du mot hurle
telle une mandragore quand les sorcières tirent

sur sa tige à minuit,
et mandragora, si rare, est elle-même,

dit-on, pleine de poison,
aliment pour l’antre des sorcières.

[12]

Vite, rallume la flamme,
Aphrodite, nom sacré,

Astarté, coque, espars
d’épaves après perte de ton étoile,

oubliée la lumière au coucher,
oubliée la prière au lever ;

reviens, ô la plus sacrée,
Vénus dont le nom est lié
à vénérer,
vénérateur.

***

O swiftly, re-light the flame
before the substance cool,

for suddenly we saw your name
desecrated; knaves and fools

have done you impious wrong,
Venus, for venery stands for impurity

and Venus as desire
is venereous, lascivious,

while the very root of the word shrieks
like a mandrake when foul witches pull

its stem at midnight,
and rare mandragora itself

is full, they say, of poison,
food for the witches’ den.

Swiftly re-light the flame,
Aphrodite, holy name,

Astarte, hull and spar
of wrecked ships lost your star,

forgot the light at dusk,
forgot the prayer at dawn;

return, O holiest one,
Venus whose name is kin

to venerate,
venerator.

(Hilda Doolittle)

Illustration: JeanLéon Gérôme

 

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Dans les antres secrets (Ronsard)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2017



Je n’avais pas douze ans qu’au profond des vallées,
Dans les hautes forêts, des hommes reculées,
Dans les antres secrets, de frayeur tout couverts,
Sans avoir soin de rien, je composais des vers.
Je n’avais pas quinze ans que les monts et les bois
Et les eaux me plaisaient plus que la cour des rois.

(Ronsard)

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LES SORCIÈRES (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 3 février 2017



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LES SORCIÈRES

Colère, ô jalousie,
Sorcières aux doigts crochus,
A la figure roussie,
Anges des amours déchus,

J’ai pénétré dans votre antre
Pour savoir la vérité.
Le cœur malade on y entre,
On en sort le cœur gâté.

Vous m’avez dans votre filtre
Et votre noir alambic
Distillé l’horrible philtre
Qui me mord comme un aspic.

Dans votre infernale forge
Dont la haine est le marteau,
Votre patte a pour ma gorge
Forgé le fil d’un couteau.

Et c’est avec votre lame,
C’est avec votre liqueur,
Que j’ai meurtri ma pauvre âme
Et soûlé mon pauvre cœur.

Sorcières de la caverne,
Gueuses je vous maudis.
Vous avez fait un Averne
De mon divin paradis.

(Jean Richepin)

Illustration: Edvard Munch

 

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SIBYLLES (Sophia de Mello Breyner Andresen)

Posted by arbrealettres sur 27 décembre 2016



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SIBYLLES

Sibylles à l’intérieur d’antres pierreux,
Absolument sans amour, aveugles,
Nourrissant le vide comme on nourrit un feu
Tandis que l’ombre dissout la nuit et le jour
Dans la même lumière d’horreur désincarnée.

Chasser la monstrueuse rosée
Des nuits intérieures, la sueur
Des forces attachées à elles-mêmes
Quand les mots cognent contre les murs,
Grands vols aveugles d’oiseaux prisonniers,
Quand la très aiguë horreur d’avoir des ailes
Sonne comme une horloge dans le vide.

***

SIBILAS

Sibilas no interior dos antros hirtos
Totalmente sem amor e cegas,
Alimentando o vazio como um fogo
Enquanto a sombra dissolve a noite e o dia
Na mesma luz de horror desencarnada.

Trazer para fora o monstruoso orvalho
Das noites interiores, o suor
Das forças amarradas a si mesmas
Quando as palavras batem contra os muros
Em grandes voos cegos de aves presas
E agudamente o horror de ter as asas
Soa como um relógio no vazio.

(Sophia de Mello Breyner Andresen)

Illustration: John William Waterhouse

 

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