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Poésie

Posts Tagged ‘apaisement’

Mains féminines (Michel Houellebecq)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2018




    
Attaqué par la maladie,
le corps ne croit plus
à aucune possibilité
d’apaisement.

Mains féminines,
devenues inutiles.

Toujours désirées,
cependant.

(Michel Houellebecq)

 

Recueil: Le sens du combat
Traduction:
Editions: Flammarion

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Eau de mélancolie (Claude Michel Cluny)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2018



 

Adamov Alexey 114

Eau de mélancolie
Transparence du cri
pris dans la vitre.

*

Eaux présentes

Eau des mots
Silence lourd
sur le papier du toit.

*

Usure du temps
Les pierres aiguisent
le fil de l’eau.

Eaux du soir
La lumière se réfugie
dans les éclats de rire
du torrent.

*

Eaux du couchant
apaisement
au front des hommes

*

Eaux du soir
récompense
où le jour se noie.

Eaux de la nuit

Haut mur, Porte de ténèbres
Paix d’où le repos ruisselle
sur les épaules des hommes

De pure lumière morte
la source se refait.

*

La nuit
l’eau de l’ombre
garde les feux.

(Claude Michel Cluny)

Illustration: Adamov Alexey

 

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VOЕU AUDACIEUX (Johann Wolfgang Von Goethe)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2018



Illustration: René Baumer
    
VOЕU AUDACIEUX

Qu’est-ce qui fait qu’en tout lieu,
Chacun se sente heureux
Et que chacun prête l’oreille
Quand les mots s’ordonnent en harmonie?

Arrière, ce qui gêne ta course !
Pas de tristesse ni de deuil !
Avant d’ouvrir son chant, avant de le cesser,
Il faut que le poète vive.

Et qu’ainsi la corde d’airain de la vie
Fasse vibrer ton âme !
Si le poète sent son coeur angoissé,
Il trouvera de lui-même l’apaisement.

(Johann Wolfgang Von Goethe)

 

Recueil: Goethe Le Divan
Traduction: Henri Lichtenberger
Editions: Gallimard

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APAISEMENT NOCTURNE (Henri de Régnier)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2018



 

Franz Skarbina  79

APAISEMENT NOCTURNE

Le souffle lent du soir défleurit les lilas
Amoncelant au pied d’odorantes jonchées
De ces petites fleurs qui craquent sous mes pas.

Mon âme est douloureuse et mon coeur est très las.
Sur la toiture, des colombes sont perchées
Attristant l’air du soir d’un long roucoulement ;
Il tombe de leur bec des plumes arrachées.

Il neige dans mon coeur des souffrances cachées.

Au bassin, le jet d’eau rejaillit tristement
Ridant l’onde qui dort de cercles concentriques,
Et les plantes du bord ont un tressaillement.

Au cour les souvenirs pleurent confusément.

Voici la nuit qui vient et ses folles paniques
Le vent ne souffle plus, le ramier s’est enfui,
Le jet d’eau se lamente en des plaintes rythmiques,

Et tes yeux grands ouverts me suivent dans la nuit.

(Henri de Régnier)

Illustration: Franz Skarbina

 

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Fin de journée (Anne-Lise Blanchard)

Posted by arbrealettres sur 17 mars 2018



Fin de journée

Je tire mes rideaux
sur la pierre précieuse
que fut cette journée
bruissante
de braises perdues
d’éclaircies
de rires d’enfants

Je laisse venir
l’apaisement
du silence
le sourire
qu’avec délicatesse
me restituent
mes anges gardiens

(Anne-Lise Blanchard)

Découvert ici: http://revuedepoesie.blog.lemonde.fr/

Illustration: Paul Klee

https://arbreaphotos.wordpress.com/2016/07/03/03072016-exposition-klee-au-centre-beaubourg/

 

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Le tombeau des rois (Anne Hébert)

Posted by arbrealettres sur 9 mars 2018



chambre funéraire

Le tombeau des rois

J’ai mon coeur au poing
Comme un faucon aveugle.

Le taciturne oiseau pris à mes doigts
Lampe gonflée de vin et de sang,
Je descends
Vers les tombeaux des rois
Étonnée
À peine née.

Quel fil d’Ariane me mène
Au long des dédales sourds?
L’écho des pas s’y mange à mesure.

(En quel songe
Cette enfant fut-elle liée par la cheville
pareille à une esclave fascinée?)

L’auteur du songe
presse le fil,
Et viennent les pas nus
Un à un
Comme les premières gouttes de pluie
Au fond du puits.

Déjà l’odeur bouge en des orages gonflés
Suinte sous le pas des portes
Aux chambres secrètes et rondes
Là où sont dressés les lits clos.

L’immobile désir des gisants me tire.
Je regarde avec étonnement
À même les noirs ossements
Luire les pierres bleues incrustées.

Quelques tragédies patiemment travaillées,
Sur la poitrine des rois, couchées,
En guise de bijoux
Me sont offertes
Sans larmes ni regrets.

Sur une seule ligne rangés :
La fumée d’encens, le gâteau de riz séché
Et ma chair qui tremble :
Offrande rituelle et soumise.

Le masque d’or sur ma face absente
Des fleurs violettes en guise de prunelles,
L’ombre de l’amour me maquille à petits traits précis ;

Et cet oiseau que j’ai
Respire
Et se plaint étrangement.

Un frisson long
Semblable au vent qui prend, d’arbre en arbre,
Agite sept grands pharaons d’ébène
En leurs étuis solennels et parés.

Ce n’est que la profondeur de la mort qui persiste,
Simulant le dernier tourment
Cherchant son apaisement
Et son éternité
En un cliquetis léger de bracelets
Cercles vains jeux d’ailleurs
Autour de la chair sacrifiée.

Avides de la source fraternelle du mal en moi
Ils me couchent et me boivent ;
Sept fois, je connais l’étau des os
Et la main sèche qui cherche le coeur pour le rompre.

Livide et repue de songe horrible
Les membres dénoués
Et les morts hors de moi, assassinés,
Quel reflet d’aube s’égare ici?
D’où vient donc que cet oiseau frémit
Et tourne vers le matin
Ses prunelles crevées?

(Anne Hébert)

 

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La pluie obscurcit le jour (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2018




La pluie obscurcit le jour.
De furieux éclairs traversent les nuages en lambeaux,
et la forêt est comme un lion emprisonné
secouant sa crinière avec désespoir.
Un tel jour, au milieu des vents battant des ailes,
laisse-moi trouver l’apaisement en ta présence,
car le ciel affligé a empli d’ombre ma solitude,
rendant plus profond le sens de ton divin toucher sur mon coeur.

(Rabindranath Tagore)

Illustration

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Oui, le voilà ! (Emily Brontë)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2017




    
Oui, le voilà ! Il éveille ce soir
Des pensées douces, qui ne mourront pas
Et les feux du coeur flambent aussi vifs
Que dans les années écoulées ! —

Et je devine à ta joue altérée,
A ton regard de braise,
Aux paroles qu’à peine tu prononces,
Comme l’imagination se déchaîne —

Oui je jurerais que ce vent splendide
A balayé l’univers
A chassé de ton âme son souvenir
Comme du flot les bulles d’écume —

Et là maintenant tu es un esprit répandant
Ta présence en toute chose —
L’essence du tumulte de la Tempête
Et de son apaisement —

Une influence universelle
Libérée de la Tienne propre —
Un principe de vie intense
Perdue pour le mortel —

Aussi quand ce sein sera froid, en vérité
Ton âme prisonnière montera
je cachot se mêlera à l’humus —
La captive aux ciels —

***

Aye there it is ! It wakes tonight
Sweet thoughts that will not die
And feeling’s fires flash all as bright
As in the years gone by ! —

And I can tell by thine altered cheek
And by thy kindled gaze
And by the words thou scarce dost speak,
How wildly fancy plays —

Yes I could swear that glorious wind
Has swept the world aside
Has dashed its memory from thy mind
Like foam-bells from the tide —

And thou art now a spirit pouring
Thy presence into all —
The essence of the Tempest’s roaring
And of the Tempest’s fall —

A universal influence
From Thine own influence free —
A principle of life intense
Lost to mortality —

Thus truly when that breast is cold
Thy prisoned soul shall rise
The dungeon mingle with the mould —
The captive with the skies —

(Emily Brontë)

 

Recueil: Cahiers de Poèmes
Traduction: Claire Malroux
Editions: Points

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Monsieur Monsieur aux bains de mer (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 5 novembre 2017



Illustration: René Magritte
    
Monsieur Monsieur aux bains de mer

Un jour près de la mer
Monsieur et Monsieur seuls
parlaient tranquillement
et mangeaient une pomme
en regardant les cieux.

— Voyez donc, dit l’un d’eux,
l’agréable néant!
et quel apaisement
quand l’abîme sans bord
mélange sans effort
les choses et les gens!
Pour qui ressemble à Dieu
les jours particuliers
ne sont pas nécessaires.

La question n’est pas là
Monsieur (répond Monsieur)
nous sommes éphémères,
or la totalité
de la grande Unité
nous étant refusée,
c’est par la quantité
que nous nous en tirons.
Et nous additionnons
et nous thésaurisons!
Donc la diversité
pour nous sur cette terre
est la nécessité.
Regardez ce poisson
qui n’est pas un oiseau
qui n’est pas une pomme
qui n’est pas la baleine
qui n’est pas le bateau…

— Ah, pour moi c’est tout comme,
interrompit Monsieur,
la baleine et la pomme
devant l’éternité

A ces mots le vent souffle
emportant leurs chapeaux
et les deux personnages
dans le ciel bleu et beau
s’effacent aussitôt.

(Jean Tardieu)

 

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La nuit (Anna de Noailles)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2017



Illustration
    
La nuit

Nuit sainte, les amants ne vous ont pas connue
Autant que les époux. C’est le mystique espoir
De ceux qui tristement s’aiment de l’aube au soir,
D’être ensemble enlacés sous votre sombre nue.

Comme un plus ténébreux et profond sacrement,
Ils convoitent cette heure interdite et secrète
Où l’animale ardeur s’avive et puis s’arrête
Dans un universel et long apaisement.

C’est le vœu le plus pur de ces pauvres complices
Dont la tendre unité ne doit pas s’avouer,
De surprendre parfois votre austère justice,
Et d’endormir parmi votre ombre protectrice
Leur amour somptueux, humble et désapprouvé…

(Anna de Noailles)

 

Recueil: Les forces éternelles

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