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Je prend plaisir et me réjouis des vertus qui soulagent les êtres (Shantideva)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2018



 

Je prend plaisir et me réjouis
Des vertus qui soulagent les êtres
Du tourment dans les mauvaises destinées
Et placent ceux qui souffrent dans le bonheur.
Je me réjouis dans l’accumulation de bienfaits
Qui est cause de l’éveil du Petit Véhicule;
Je me réjouis de la libération définitive pour les êtres
Des maux du cycle.
Je me réjouis de l’éveil des Protecteurs
Et des terres des Fils des Vainqueurs.

Je prends plaisir et me réjouis
De l’océan de vertus de l’esprit d’éveil,
Qui aspire au bonheur de tous les êtres,
Et de l’activité dispensatrice de bienfaits.

Les mains jointes, je supplie
Les Bouddhas de toutes les régions :
Qu’ils allument le flambeau de la doctrine
Pour les êtres enténébrés par la souffrance.

Les mains jointes, je supplie
Les Vainqueurs désireux de passer au-delà des peines :
Qu’ils demeurent pour des âges sans nombre
Et ne laissent pas ce monde aveugle.

Grâce aux vertus ainsi réunies
Par ce que j’ai accompli,
Puissent les souffrances de tous les êtres
Se dissiper entièrement !

Puissé-je être
Pour les malades
Le remède, le médecin et l’infirmier
Jusqu’à la disparition des maladies!

Puissé-je calmer par des pluies de nourriture et de breuvages
Les douleurs de la faim et de la soif,
Et, pendant l’âge des famines,
Puissé-je devenir moi-même nourriture et breuvage!

Puissé-je être un inépuisable trésor
Pour le pauvre et le démuni;
Puissé-je devenir tout ce dont ils ont besoin,
Et puissent ces choses se trouver à leur disposition!

Afin que le bien des êtres s’accomplisse,
Je donne sans retenue
Mes corps, mes jouissances
Et toutes mes vertus des trois temps.

En donnant, toute la douleur sera transcendée,
Et mon esprit réalisera l’au-delà des peines;
Mieux vaut offrir à présent aux êtres
Ce dont, pareillement, je devrai me défaire à l’heure de la mort.

Je livre ce corps
Au bon plaisir de tous;
Qu’ils en usent sans cesse à leur convenance,
Le tuant, l’injuriant ou le frappant.

Qu’ils jouent avec mon corps,
En fassent un objet d’amusement et de dérision;
Puisque je leur ai donné,
Pour quelle raison me serait-il cher?

Qu’ils lui fassent faire
Tous les actes qui ne leur nuiront pas,
Et que notre rencontre
Ne leur soit jamais inutile.

Si une pensée de colère ou de foi
Surgit chez ceux qui me rencontrent,
Que cela même serve perpétuellement
De cause pour la réalisation de tous leurs souhaits!

Que ceux qui m’insultent,
Me nuisent
Ou me raillent
Aient tous la fortune d’accéder à l’éveil!

Puissé-je être le protecteur des abandonnés,
Le guide de ceux qui cheminent,
La barque, le navire et le pont
Pour ceux qui désirent traverser les eaux!

Puissé-je être une île pour ceux qui recherchent une île,
Une lampe pour ceux qui en désirent une,
Une couche pour ceux qui veulent prendre du repos,
Et l’esclave des êtres souhaitant un esclave!

Puissé-je être un joyau qui exauce les voeux,
Une vase magique, un mantra d’accomplissement,
Un remède universel, un arbre à souhaits
Et une vache d’abondance pour le monde!

De même que la terre
Et les autres éléments tels l’espace,
Puissé-je toujours être un support
Pour la vie d’êtres innombrables!

Et jusqu’à ce qu’ils passent au-delà des peines,
Puissé-je, de toutes les manières, être une source de vie
Pour l’ensemble des mondes des êtres
Qui atteignent aux confins de l’espace!

De même que Ceux-allés-en-la-joie du passé
Ont engendré l’esprit d’éveil
Et maintenu progressivement
Les pratiques des bodhisattvas

De même, pour le bien des migrants,
J’engendre l’esprit d’éveil
Et m’appliquerai à ces pratiques
Selon leur ordre.

Afin de favoriser le développement
De l’esprit d’éveil saisi de la sorte,
Les personnes douées de discernement
Le loueront en ces termes!

Aujourd’hui ma vie a porté fruit;
Ayant atteint une destinée humaine
Je suis né dans la famille des Bouddhas
Je suis maintenant un fils de Bouddha!

Je ne dois pas souiller
Cette noble et pure famille,
Et tout ce que je fais
Doit s’accorder avec elle.

Comme un aveugle qui découvre un joyau
Dans un monceau d’ordures,
Ainsi, par chance,
L’esprit d’éveil est né en moi.

C’est le sublime nectar
Pour détruire la mort souveraine,
L’inépuisable trésor
Pour éliminer la misère du monde,

Le suprême remède
Pour apaiser ses maladies
L’arbre sous lequel se reposent les migrants
Las d’errer sur les chemins du cycle;

C’est le pont universel qui mène
Les êtres hors des destinées mauvaises,
La lune spirituelle levée
Pour soulager les tourments des passions du monde,

Le grand soleil qui écarte des migrants
Les brumes de l’ignorance,
La quintessence du beurre
Produite par le barattement du lait du Dharma.

Il satisfait les invités
Qui parcourent les voies du cycle
Et souhaitent connaître la jouissance du bonheur,
Il les installe dans la joie suprême.

Aujourd’hui, en présence des Protecteurs,
Je convie le monde à la félicité de Ceux-ainsi-allés
Et aux plaisirs temporaires.
Que les dieux, les dieux jaloux et tous les autres se réjouissent!

(Shantideva)

 

 

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Le poisson rêve (Claude Michel Cluny)

Posted by arbrealettres sur 22 août 2018



 

Dao Hai Phong g08

Le poisson rêve, la Lune est pleine
belle perle rose de larmes
ornant le front noir de la peine
qu’apaise le choral des choses.

Éveil des formes, fleuve sans bord,
pas obscurs sur l’océan calme,
halte lumineuse des morts
où veille la lenteur des palmes.

(Claude Michel Cluny)

Illustration: Dao Hai Phong

 

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Les oies sauvages (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 21 août 2018


oies

 

Nous avons vu passer les oies sauvages,
elles n’apaiseront pas nos rancunes.
Triangle pépiant… Celui de mon amie,
duveté trop doux pour ne pas partir aussi!

(André Frénaud)

 

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LE PATOIS DE CHEZ NOUS (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2018




    
LE PATOIS DE CHEZ NOUS

Dans mon pays, dès ma naissance
Les premiers mots que j’entendis
Au travers de mon «innocence »
Semblaient venir du paradis
C’était ma mère, toute heureuse,
Qui me fredonnait à mi-voix
Une simple et vieille berceuse,
En patois…

Le joli patois de chez nous
Est très doux !
Et mon oreille aime à l’entendre.
Mais mon cœur le trouve plus doux,
Et plus tendre !

Dans mon pays, au temps des sèves,
A l’âge où d’instant en instant,
L’amour entrevu dans nos rêves
Se précise dans le Printemps.
Cueillant les fleurs que l’avril sème
Un jour, pour la première fois,
Une fille m’a dit : « Je t’aime »
En patois…

De mon pays blond et tranquille
Quand je suis parti « déviré »
Par le vent soufflant vers la Ville,
Mes vieux et ma mie ont pleuré.
Pourtant, jusqu’au train en partance
M’ont accompagné tous les trois
Et m’ont souhaité bonne chance
En patois…

Loin du pays, dans la tourmente
Hurlante et folle, de Paris,
Où ma pauvre âme se lamente
Un bonheur tantôt m’a surpris !
Des paroles fraîches et gaies
Ont apaisé mes noirs émois :
J’ai croisé des gens qui causaient
Mon patois…

(Gaston Couté)

 

 

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Tourné attentivement vers ce qui apaise (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2018



Tourné attentivement vers ce qui apaise,
je me suis résolu à la nuit intacte,
mes sens se sont écoulés de moi
et le coeur indiciblement en est multiplié.

***

An das Stillende hinaufgekehrt,
hab ich mich zur heilen Nacht entschlossen,
meine Sinne sind mir abgeflossen
und das Herz ist namenlos vermehrt.

(Rainer Maria Rilke)

 

 

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J’ai vécu le retrait (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2018



J’ai vécu le retrait
le repliement la solitude
auxquels m’astreignait
le périple de la quête de soi
et la voix que j’étouffais
ne cessait d’implorer
accordez-moi un sourire
une poignée de main
ce signe d’amitié
qui apaiserait le besoin
que j’ai de vous

(Charles Juliet)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

 

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La vie illusoire retourne à la mort illusoire (Che Ming)

Posted by arbrealettres sur 7 juillet 2018



La vie illusoire retourne à la mort illusoire
La grande illusion ne va pas au-delà du corps
L’état d’être spontané apaise l’esprit
Cherchez un homme : aucun homme n’existe

*

(Che Ming)

Illustration: Diane Marineau

 

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Psyché (Pierre Louÿs)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2018



Psyché

Psyché, ma soeur, écoute immobile, et frissonne…
Le bonheur vient, nous touche et nous parle à genoux
Pressons nos mains. Sois grave. Écoute encor…Personne
N’est plus heureux ce soir, n’est plus divin que nous.

Une immense tendresse attire à travers l’ombre
Nos yeux presque fermés. Que reste-t-il encor
Du baiser qui s’apaise et du soupir qui sombre?
La vie a retourné notre sablier d’or.

C’est notre heure éternelle, éternellement grande,
L’heure qui va survivre à l’éphémère amour
Comme un voile embaumé de rose et de lavande
Conserve après cent ans la jeunesse d’un jour.

Plus tard, ô ma beauté, quand des nuits étrangères
Auront passé sur vous qui ne m’attendrez plus,
Quand d’autres, s’il se peut, amie aux mains légères,
Jaloux de mon prénom, toucheront vos pieds nus,

Rappelez-vous qu’un soir nous vécûmes ensemble
L’heure unique où les dieux accordent, un instant,
À la tête qui penche,à l’épaule qui tremble,
L’esprit pur de la vie en fuite avec le temps.

Rappelez-vous qu’un soir, couchés sur notre couche,
En caressant nos doigts frémissants de s’unir,
Nous avons échangé de la bouche à la bouche
La perle impérissable où dort le Souvenir.

(Pierre Louÿs)

Illustration: François Gérard

 

 

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Cet instant où je me suis éveillé (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 23 juin 2018




    
cet instant
où je me suis éveillé
au coeur de la nuit

tout reposait
n’était que silence
et la vie ne m’effrayait plus

l’esprit serein

la lueur survenue
suggérait que la traque
avait pris fin

ne plus s’épuiser
à chercher
ne plus quémander
ne plus vouloir
coûte que coûte
faire main basse
sur ce qui toujours
échappe à ta prise

l’esprit serein

apaisé par cette lumière
qui avait éclos
à cet instant
au coeur de la nuit

(Charles Juliet)

 

Recueil: L’Opulence de la nuit
Traduction:
Editions: P.O.L.

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Trop ardente (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2018



Trop ardente
la faim repousse
ce qui pourrait
l’apaiser

(Charles Juliet)

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