Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘apercevoir’

L’éclairée (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 18 avril 2018



Illustration
    
L’éclairée

Éclairée
Et regardant l’éclair qui te touche
Je te savais plus grande que tes mains
Plus heureuse que ta vie
Ô vibrante éternelle parmi les souches
Et noire d’être conviée aux frondaisons des morts.

Immense frondaison qu’on dit verte à midi
Mais qui sombre bientôt dans les lames du soir
Je t’aperçois grondant comme un grand soleil d’âge
Te pénétrant
Dans la verdeur de ton nom
Et maintenant
Je te perçois parmi les branches
Et je t’avais cherchée
Mais tu n’es pas dans le pays d’où ta voix me fait signe

Un grand vent t’abandonne aux frontières d’ici.

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre
Publicités

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La croyance me guette (Abdellatif Laâbi)

Posted by arbrealettres sur 14 avril 2018



La croyance me guette
Je fais mine
de ne pas m’en apercevoir

(Abdellatif Laâbi)


Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , | Leave a Comment »

IVRESSE D’AMOUR (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 11 avril 2018



Illustration 
    
IVRESSE D’AMOUR
Li-Taï-Pé

Le vent agite doucement, à l’entour du Palais des Eaux,
les fleurs embaumées des nénuphars.

Sur la plus haute terrasse de Kou-sou
on peut apercevoir le roi de Lou, étendu nonchalamment.

Devant lui, Sy-Ché, la beauté même, danse, avec une grâce incomparable,
des gestes délicats et sans force.

Puis elle rit d’être aussi voluptueusement lasse, et, languissante,
vient s’appuyer du côté de l’Orient, au rebord de jade blanc du lit royal.

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le chat et le soleil (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2018



20090529_203320_
Illustration: ArbreaPhotos
    
Le chat ouvrit les yeux,
Le soleil y entra.
Le chat ferma les yeux,
Le soleil y resta.

Voilà pourquoi, le soir,
Quand le chat se réveille,
J’aperçois dans le noir
Deux morceaux de soleil.

(Maurice Carême)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , | 4 Comments »

Chansons mortes (Joseph von Eichendorff)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2018



Illustration
    
Chansons mortes

I
oiseaux dans la forêt chantez
tant que le vert persiste
car vite trop vite
tout défleurit

j’étais là-haut j’ai vu
la splendeur du monde
mais pourquoi pleures-tu
rossignol

et je suis descendu
passsant joie et peine
tout a changé le soir
ramène la fatigue

le vent glace
le faible vert
oiseaux adieu
je ne puis vous suivre

2
je me souviens des jours tendres
automne tu dressais
ta fantasmagorie
si colorée si pâle

ma vallée où sont tes frères
aujourd’hui désert
comment te reconnaître
tout est solitude

de ta bouche blafarde
sort une étrange mélodie
la terre s’entr’ouvre
j’aperçois le fond

chante toujours chante
couché je repose
le tilleul fait pleuvoir
sa feuille sur moi

3
déjà le retour des oiseaux
des chansons d’autrefois
ma jeunesse insouciante
revient-elle avec eux

mais je suis fou je pense
en voyant les nuages chasser
au vent d’automne les oiseaux
j’ai cru le printemps

sur la montagne un arbre abrite
le départ bruyant des oiseaux
l’arbre est las il agite
une dernière fois ses rameaux

4
en rêve je me suis vu
devant la maison de mon père
regardant l’heureuse vallée
de mon enfance
l’air était doux et jouait
parmi les feuilles printanières
l’essaim de pétales tombait
sur ma poitrine et mes cheveux

je m’éveille la lune
luit au coin du bois
sa pâle lueur éclaire
un pays inconnu de moi
je regarde et je vois
pétales de glace
le paysage blanc de neige
et mes cheveux d’âge

5
joie de l’aube des feuilles
les étoiles abîmées
migrent dans le coeur
célestes pensées

6
te rappelles-tu le jardin
le château au-dessus des arbres
et comme nous attendions
le printemps

est arrivé le musicien
le même chaque année
nous sommes sortis ensemble
dans le monde en fleurs

nous avons voyagé
envoyés dispersés
quand je demande de tes nouvelles
personne ne me répond

adieu château
que le couchant dore
dort le musicien
ivre de rêves

les parents sont morts
depuis longtemps
ceux qui sont restés
ne nous connaissent plus

***

Nachklänge

I
Lust’ge Vögel in dem Wald,
Singt, solang es grün,
Ach wer weiß wie bald, wie bald
Alles muß verblühn !

Sah ich’s doch vom Berge einst
Glänzen überall,
Wußte kaum, warum du weinst,
Fromme Nachtigall.

Und kaum ging ich über Land,
Frisch durch Lust und Not
Wandelt’ alles, und ich stand
Müd im Abendrot.

Und die Lüfte wehen kalt,
Übers falbe Grün,
Vöglein, euer Abschied hallt —
Könnt ich mit euch ziehn !

2
O Herbst, in linden Tagen
Wie hast du rings dein Reich
Phantastisch aufgeschlagen,
So bunt und loch so bleich !

Wie öde, ohne Brüder,
Mein Tal so weit und breit,
Ich kenne dich kaum wieder
In dieser Einsamkeit.

So wunderbare Weise
Singt nun dein bleicher Mund,
Es ist, als öffnet’ leise
Sich unter mir der Grund.

Und ich ruht’ überwoben,
Du sängest immerzu,
Die Linde schüttelt oben
Ihr Laub und deckt’ mich zu.

3
Schon kehren die Vögel wieder ein,
Es schallen die alten Lieder,
Ach, die fröhliche Jugend mein
Kommt sie wohl auch noch wieder ?

Ich weiß nicht, was ich so töricht bin !
Wolken im Herbstwind jagen,
Die Vögel ziehn über die Wälder hin,
Das klang wie in Frühlingstagen.

Dort auf dem Berge da steht ein Baum,
Drin jubeln die Wandergäste,
Er aber, müde, rührt wie im Traum
Noch einmal Wipfel und Aste.

4
Mir träumt’, ich ruhte wieder
Vor meines Vaters Haus
Und schaute fröhlich nieder
Ins alte Tal hinaus,
Die Luft mit lindem Spielen
Ging durch das Frühlingslaub,
Und Blütenflocken fielen
Mir über Brust und Haupt.

Als ich erwacht, da schimmert
der Mond vom Waldesrand,
Im falben Scheine flimmert
Urn mich ein fremdes Land,
Und wie ich ringsher sehe :
Die Flocken waren Eis,
Die Gegend war vom Schnee,
Mein Haar vom Alter weiß.

5
Es schauert der Wald vor Lust,
Die Sterne nun versanken,
Und wandeln durch die Brust
Als himmlische Gedanken.

6
Gedenkst du noch des Gartens
Und Schlosses überm Wald,
Des träumenden Erwartens :
Ob’s denn nicht Frühling bald ?

Der Spielmann war gekommen,
Der jeden Lenz singt aus,
Er hat uns mitgenommen
Ins blühnde Land hinaus.

Wie sind wir doch im Wandern
Seitdem so weit zerstreut !
Frägt einer nach dem andern,
Doch niemand gibt Bescheid.

Nun steht das Schloß versunken
Im Abendrote tief
Als ob dort traumestrunken
Der alte Spielmann schlief’.

Gestorben sind die Lieben,
Das ist schon lange her,
Die wen’gen, die geblieben,
Sie kennen uns nicht mehr.

(Joseph von Eichendorff)

 

Recueil: Poèmes de l’étrange départ
Traduction: Philippe Marty
Editions: Grèges

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Si tu entends la huppe (Sylvie Durbec)

Posted by arbrealettres sur 15 mars 2018



Illustration
    
si tu entends la huppe
tu ne la verras pas
si tu la vois
tu ne l’entendras pas

ainsi de la peinture
ainsi de la musique

l’une se tait
l’autre chante
parfois entre elles
le silence se repose

ainsi du centre d’une ville
qui jamais ne sera le fil
ainsi du coeur de la forêt
qui jamais sera l’aiguille

si tu apprends la patience
en écoutant la huppe
espérant apercevoir son vol
tu ouvriras ton chant

(Sylvie Durbec)

 

Recueil: Le paradis de l’oiseleur
Traduction:
Editions: Al Manar

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Nous (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2018




    
Nous

1
Sur la route de Vincennes
Par Grenoble et Montauban
Près du Havre et Valenciennes
J’ai rencontré des enfants
Qui m’ont accueilli
Par ces cris:

{Refrain}
Où allez-vous ? Où allez-vous ?
Qui êtes-vous
Parmi les autres ?
Avec les autres?
Ou avec nous ?
Nous vous tendons notre main,
Mais passez votre chemin,
Si vous avez besoin
D’une nounou,
D’un percepteur,
D’un directeur,
Pour votre goût!
Si vous aimez les coups
Sur votre jou(e)
Et tout et tout,
Si vous vous mettez à genoux
Devant les fous
Vous n’êtes pas avec nous!
Mais si vous avez du coeur
Et de l’ardeur
Si vous aimez vivre
Et si les vieux livres
Et si les gros sous
Ne sont pas tout
Pour vous
Vous êtes avec Nous.
Vous êtes avec Nous.

2
Plus loin près de la fontaine
Deux belles m’ont appelé
Le vent soufflait dans les chênes
L’air était tout embaumé
Et elles m’ont dit
À grands cris: {Refrain}

3
Au milieu des champs de vignes
Des vieillards à l’oeil joyeux
Qui me faisaient de grands signes
M’offrir’nt un vin délicieux
Ah! ça c’est gentil!
Ils m’ont dit: {Refrain}

4
Lorsque j’entrai dans la ville
J’aperçus des ouvriers
Jean, Jacques, Pierre et Emile
Avec qui j’ai déjeuné
Oui mais ils m’ont dit
Mon ami:

5
Et maintenant par le monde
Je marche avec des amis
Et le soleil à la ronde
Éclaire tous les pays
Mais à tous je dis
Mes amis: {Refrain}

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

S’IL L’AVAIT SU (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2018



Marceline Desbordes-Valmore
    
S’IL L’AVAIT SU

S’il avait su quelle âme il a blessée,
Larmes du coeur, s’il avait pu vous voir,
Ah ! si ce coeur, trop plein de sa pensée,
De l’exprimer eût gardé le pouvoir,
Changer ainsi n’eût pas été possible ;
Fier de nourrir l’espoir qu’il a déçu :
À tant d’amour il eût été sensible,
S’il avait su.

S’il avait su tout ce qu’on peut attendre
D’une âme simple, ardente et sans détour,
Il eût voulu la mienne pour l’entendre,
Comme il l’inspire, il eût connu l’amour.
Mes yeux baissés recelaient cette flamme ;
Dans leur pudeur n’a-t-il rien aperçu ?
Un tel secret valait toute son âme,
S’il l’avait su.

Si j’avais su, moi-même, à quel empire
On s’abandonne en regardant ses yeux,
Sans le chercher comme l’air qu’on respire,
J’aurais porté mes jours sous d’autres cieux.
Il est trop tard pour renouer ma vie,
Ma vie était un doux espoir déçu.
Diras-tu pas, toi qui me l’as ravie,
Si j’avais su !

(Marceline Desbordes-Valmore)

 

Recueil: Poésies
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LA MONTÉE DU MONT-CARMEL (Saint Jean de la Croix)

Posted by arbrealettres sur 9 février 2018




    
LA MONTÉE DU MONT-CARMEL

I

Pendant une nuit obscure,
enflammée d’un amour inquiet,
ô l’heureuse fortune!
je suis sortie sans être aperçue,
lorsque ma maison était tranquille.

II

Étant assurée et déguisée,
je suis sortie par un degré secret,
ô l’heureuse fortune !
et étant bien cachée dans les ténèbres,
lorsque ma maison était tranquille.

III

Pendant cette heureuse nuit,
je suis sortie en ce lieu secret,
où personne ne me voyait,
et où je ne voyais rien,
sans autre guide
et sans autre lumière
que celle qui luisait dans mon cœur.

IV

Elle me conduisait plus sûrement
que la lumière du midi,
au lieu où celui
qui me connaît très bien m’attendait,
et où personne ne paraissait.

V

O nuit oui m’as conduite!
ô nuit plus aimable que l’aurore!
ô nuit qui as uni le bien-aimé avec la bien-aimée,
en transformant l’amante en son Bien-Aimé !

VI

Il dort tranquille dans mon sein
qui est plein de fleurs,
et que je garde tout entier pour lui seul :
je le chéris et le rafraîchis
avec un éventail de cèdre.

VII

Lorsque le vent de l’aurore
faisait voler ses cheveux,
il m’a frappé le cou
avec sa main douce et paisible,
et il a suspendu tous mes sens.

VIII

En me délaissant et en m’oubliant moi-même,
j’ai penché mon visage sur mon bien-aimé.
Toutes choses étant perdues pour moi.
je me suis quittée et abandonnée moi-même,
en me délivrant de tout soin,
entre les lis blancs.

***

I

En una noche oscura,
Con ansiosos amores inflamada,
0 dichosa ventura!
Salí sin ser notada,
Estando ya mi casa sosegada.

II

A oscura, y segura
Por la secreta escala disfrazada,
O dichosa ventura!
A oscura y enzelada,
Estando ya mi casa sosegada.

III

En la noche dichosa,
En secreto que nadie me vela,
Ni yo mirava cosa,
Sin otra luz ni guia,
Sino la que en el coraron ardía.

IV

Aquesta me guiava
Mas certo que la luz de medio día,
Adonde me esperava
Quien yo bien me sabía,
En parte, donde nadie parecía.

V

O noche que guiaste,
O noche amable mas que el albora
O noche que juntaste
Amado con amada,
Amada en el amado transformada !

VI

En mi pecho florido,
Que entero para él solo se guardava,
Allí quedó dormido;
Y yo le regalava,
Y el ventalle de cedros ayre dava.

VII

El ayre del amena
Cuando ya sus cabellos esparcía,
Con su mano serena
En mi cuello hería,
Y todos mis sentidos suspendía.

VIII

Quedóme y olvidóme,
El rostro recliné sobre el amado :
Cesó todo y dexéme,
Uexando mi cuidado.
Entre las azuzenas olvidado.

(Saint Jean de la Croix)

http://www.abbaye-saint-benoit.ch/saints/carmel/jeandelacroix/jeandelacroix05.htm

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Quand j’ai un peu trop pensé à toi (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2018



    
quand j’ai un peu trop pensé à
toi et suis simplement complètement
plein de Désir… devine un graduel mouvement
de muscle se mettant à,et ce qu’il me fera
avant de se replier… je comprends
que je t’aime… sentant ton corps qui soudain
m’atteint à la vitesse de blanches paroles

(le simple instant de la parfaite faim
Oui)
combien nage magnifiquement
le monde bouffon dans mes vastes sangs,
fissurant les cerveaux Une lumière vite énorme
—et furieusement perplexe en de,prismatiques,caprices,
le moi bavard aperçoit pris d’une frayeur folle

un têtard comique frétillant dans la boue avec délice

***

when i have thought of you somewhat too
much and am become perfectly and
simply Lustful….sense a gradual stir
of beginning muscle,and what it will do
to me before shutting….understand
i love you….feel your suddenly body reach
for me with a speed of white speech

(the simple instant of perfect hunger
Yes)
how beautifully swims
the fooling world in my huge blood,
cracking brains A swiftlyenormous light
—and furiously puzzling through,prismatic,whims,
the chattering self perceives with hysterical fright

a comic tadpole wriggling in delicious mud

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: Erotiques
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Seghers

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :