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Poésie

Posts Tagged ‘apercevoir’

L’homme qui contemple le Ciel (Villiers de l’Isle-Adam)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2017



 

L’homme qui contemple le Ciel y admire souvent des soleils qui n’existent plus
et qu’il aperçoit quand même, grâce à ce rayon fantôme,
dans l’Illusion de l’univers.

(Villiers de l’Isle-Adam)

 

 

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UN RÊVE (William Blake)

Posted by arbrealettres sur 12 août 2017




    
UN RÊVE

Une fois un rêve tissa une ombre
sur mon lit que gardent les anges :
Je vis une fourmi égarée
Sur le gazon où je me croyais étendu.

Affolée, angoissée, éperdue,
Prisonnière des feuilles d’herbe,
Harassée dans la nuit profonde,
Le coeur brisé, je l’entendis murmurer :

« Oh ! mes petits ! Vont-ils pleurer ?
Entendront-ils l’appel de leur père ?
Tantôt ils regardent partout, me cherchant,
Tantôt ils s’en retournent, me pleurant. »

Et moi, ému, je versai une larme ;
Mais j’aperçus un ver luisant
Qui répondit : « Quelle créature en détresse
Appelle le gardien de la nuit ?

Je suis là pour éclairer le sol,
Et tandis que le scarabée fait sa ronde
Suis maintenant son bourdonnement,
Petit vagabond, et reviens vite chez toi. »

***

A DREAM

Once a dream did weave a shade
O’er my Angel-guarded bed,
That an Emmet lost its way
Where on grass methought I lay.

Troubled, ‘wilder’d and folorn,
Dark, benighted, travel-worn,
Over many a tangled spray,
All heart-broke I heard her say:

`O my children! do they cry?
Do they hear their father sigh?
Now they look abroad to see,
Now return and weep for me.’

Pitying, I dropp’d a tear;
But I saw a glow-worm near,
Who replied: `What wailing wight
Calls the watchman of the night?

`I am set to light the ground,
While the beetle goes his round:
Follow now the beetle’s hum;
Little wanderer, hie thee home.’

(William Blake)

 

Recueil: Chants d’Innocence et d’Expérience
Traduction: Marie-Louise et Philippe Soupault
Editions: Quai Voltaire

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Lorsque tu te sépares de ton ami (Khalil Gibran)

Posted by arbrealettres sur 30 juillet 2017




    
Lorsque tu te sépares de ton ami,
ne t’affliges pas;

car ce que tu préfères en lui
peut apparaître plus clairement en son absence,

comme la montagne apparaît plus clairement à l’alpiniste
quand il l’aperçoit de la plaine.

(Khalil Gibran)

 

Recueil: Le Prophète

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Mirage (Paul Fort)

Posted by arbrealettres sur 9 juin 2017



Mirage

Souvent je vais à la rencontre des nuages
et je m’aperçois qu’il n’y a pas de nuages.

Souvent je vais à la rencontre d’une étoile
et je m’aperçois qu’il n’y a plus d’étoiles.

Souvent je vais à la rencontre d’une rivière
et je m’aperçois qu’il n’y a pas de rivière.

Souvent je vais à la rencontre d’un village
et je m’aperçois qu’il n’y a pas de village.

Souvent je vais à la rencontre de mon coeur
et je m’aperçois que je n’ai plus de coeur.

Souvent je vais à la rencontre de moi-même
et je m’aperçois que je n’ai jamais vécu.

(Paul Fort)


Illustration

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La clairière attendue (Jules Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 9 juin 2017



Ils s’étaient regardés dans le fond de leurs yeux
Apercevant enfin la clairière attendue

(Jules Supervielle)

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DU CYCLE DES NUITS (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2017



DU CYCLE DES NUITS

Les astres de la nuit que j’aperçois à mon réveil
surplombent-ils seulement mon visage, celui d’aujourd’hui,
ou bien en même temps le visage tout entier de mes années,
eux, ces ponts qui reposent sur leurs piliers de lumière ?

Qui là-bas veut poursuivre sa route ? Pour qui suis-je
abîme, lit de rivière,
lui qui passe au-dessus de moi ainsi, décrivant le plus vaste des cercles —,
qui saute au-dessus de moi et me prend, comme sur
l’échiquier le fou,
et marque avec insistance sa victoire ?

***

AUS DEM UMKREIS: NACHTE

Gestirne der Nacht, die ich erwachter gewahre,
überspannen sie nur das heutige, meine Gesicht,
oder zugleich das ganze Gesicht meiner Jahre,
diese Brücken, die ruhen auf Pfeilern von Licht?

Wer will dort wandeln? Für wen bin ich Abgrund und
Bachbett,
daß er mich so im weitesten Kreis übergeht —,
mich überspringt und mich nimmt wie den Làufer im
Schachbrett
und auf seinem Siege besteht?

(Rainer Maria Rilke)

Illustration: Patrick Rogelet

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Brefs (Max Alhau)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2017



 

Illustration 

    
Brefs

De l’autre côté de la forêt
le ciel prend ses quartiers,
les noms deviennent fleuves.
Ce que l’on n’aperçoit plus
existe alors de plein droit.
Le bleu atteint ta perfection
pour découvrir un paysage
restituant au corps sa part d’infini.

(Max Alhau)

 

Recueil: Présence de la Poésie
Editions: Editions des Vanneaux

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QUESTIONNEMENT (Carlos Drummond de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 9 mai 2017



 Illustration: Pierre Bonnard

    

QUESTIONNEMENT

Comment est le corps?
Comment est le corps de la femme?
Où commence-t-il: ici, par terre
ou dans la chevelure, d’où il descend?

Comment est la jambe qui monte,
et qui va montant jusqu’où?
En l’apercevant dans un éclair,
ça fait mal dans la poitrine,
la terre tremble.

On dit que dans la femme
il est des endroits splendide
et que jamais ils ne se révèlent.
Des moelleurs girondes.

Comment font-elles quand elles sont nues,
dans la baignoire, en se lavant
pour ne pas se voir nues nues nues ?

Pourquoi dans la robe beaucoup d’autres robes
et des blancheurs et du linge empesé, jusqu’où ?
Quand est-ce que sans vêtement
elle est elle-même, seulement femme ?

Et comment fait-elle quand fait-elle
pour autant qu’elle fasse
ce que nous faisons tous malproprement?

(Carlos Drummond de Andrade)

 

Recueil: La machine du monde et autres poèmes
Traduction: Didier Lamaison et Claudia Poncioni
Editions: Gallimard

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Être comme l’enfant (Nicolas Diéterlé)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2017



Être comme l’enfant qui, perdu dans une forêt,
aperçoit en levant la tête
l’enchevêtrement infini des branches
qui se perdent dans les hauteurs.

(Nicolas Diéterlé)

Découvert ici: http://www.bulledemanou.com/

Illustration: Serge Boisse

 

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Nous nous courbons nous nous tendons (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2017



Nous nous courbons nous nous tendons nous nous
Faisons face nous nous croisons nous nous côtoyons
(Je suis vêture pour toi, tu es pour moi vêture)
La sève lève
La peau prend la couleur de la violette et le goût de la mer
A l’appel du large quand nos extrémités lâchent les amarres

Nous entendons le gémissement des secrets
Nous pouvons apercevoir nos veines s’habiller de mort

Nous nous tendons comme l’arc puis nous tombons

Ah l’eau rédemptrice l’amour
Pourquoi la fatigue le repos ô fusion plus complète que celle de l’eau ô amour ?

(Adonis)

Illustration: Pascal Renoux

 

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