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Poésie

Posts Tagged ‘apeuré’

Pluie (Claude Pujade-Renaud)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2018




    
Pluie

Si peu
si pauvre

Petite bruine

Se plaint
apeurée

Pleure

Pleuvine

(Claude Pujade-Renaud)

 

Recueil: Instants incertitudes
Traduction:
Editions: Le Cherche Midi

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La bougie (Katherine Mansfield)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2018



La bougie

Sur une petite table ronde, à côté de mon lit,
Ma Grand-mère posa une bougie.
Trois baisers elle me donna,
Les appelant trois rêves,
Et me borda comme j’aimais être bordée.
Puis elle quitta la chambre et referma la porte.
Je ne bougeai pas, attendant que mes trois rêves parlent,
Mais ils restèrent silencieux.
Soudain je me rappelai lui avoir rendu ses trois baisers.
Peut-être par mégarde lui avais-je donné mes rêves…
Je m’assis toute droite dans le lit.
La chambre s’agrandit, devint plus vaste qu’une église;
L’armoire à elle seule était plus haute qu’une maison
Et la cruche sur le lavabo m’adressa un sourire:
Un sourire peu amical.
Je regardai la chaise d’osier sur laquelle
Mes vêtements reposaient pliés.
Elle craqua comme si elle se tenait aux aguets.
Peut-être allait-elle s’animer, s’habiller de mes vêtements.
Mais le pire c’était la fenêtre:
Impossible d’imaginer ce qu’il y avait dehors.
Pas d’arbre en vue, de cela j’étais sûre,
Pas de plante familière ni d’allée de gravier rassurante.
Pourquoi baissait-on le store chaque nuit?
Il fallait que je sache.
Serrant les dents, je sortis du lit;
A travers une fente du store je jetai un coup d’oeil:
Il n’y avait rien à voir
Que des centaines de bougies clignotant dans le ciel
A la mémoire d’enfants apeurés.
Je me recouchai.
C’est alors que les trois rêves se mirent à chanter.

***

The candle

By my bed, on a little round table
The Grandmother placed a candle.
She gave me three kisses telling me they were three dreams
And tucked me in just where I loved being tucked.
Then she went out of the room and the door was shut.
I lay still, waiting for my three dreams to talk ;
But they were silent.
Suddenly I remembered giving her three kisses back.
Perhaps, by mistake, I had given my three little dreams.
I sat up in bed.
The room grew big, oh, bigger far than a church.
The wardrobe, quite by itself, as big as a house.
And the jug on the washstand smiled at me:
It was not a friendly smile.
I looked at the basket-chair where my clothes lay folded:
The chair gave a creak as though it were listening for something
Perhaps it was coming alive and going to dress in my clothes.
But the awful thing was the window :
I could not think what was outside.
No tree to be seen, I was sure,
No nice little plant or friendly pebbly path.
Why did she pull the blind down every night?
It was better to know.
I crunched my teeth and crept out of bed,
I peeped through a slit of the blind.
There was nothing at all to be seen.
But hundreds of friendly candles all over the sky
In remembrance of frightened children.
I went back to bed…
The three dreams started singing a little song.

(Katherine Mansfield)


Illustration: Christine Pultz

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Je t’attendais (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 9 décembre 2017



    

Je t’attendais ainsi qu’on attend les navires
Dans les années de sécheresse quand le blé
Ne monte pas plus haut qu’une oreille dans l’herbe
Qui écoute apeurée la grande voix du temps

Je t’attendais et tous les quais toutes les routes
Ont retenti du pas brûlant qui s’en allait
Vers toi que je portais déjà sur mes épaules
Comme une douce pluie qui ne sèche jamais

Tu ne remuais encor que par quelques paupières
Quelques pattes d’oiseaux dans les vitres gelées
Je ne voyais en toi que cette solitude
Qui posait ses deux mains de feuille sur mon cou

Et pourtant c’était toi dans le clair de ma vie
Ce grand tapage matinal qui m’éveillait
Tous mes oiseaux tous mes vaisseaux tous mes pays
Ces astres ces millions d’astres qui se levaient

Ah que tu parlais bien quand toutes les fenêtres
Pétillaient dans le soir ainsi qu’un vin nouveau
Quand les portes s’ouvraient sur des villes légères
Où nous allions tous deux enlacés par les rues

Tu venais de si loin derrière ton visage
Que je ne savais plus à chaque battement
Si mon cœur durerait jusqu’au temps de toi-même
Où tu serais en moi plus forte que mon sang.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Comme un oiseau dans la tête
Traduction:
Editions: Points

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Avec des gestes apeurés (Camille Legrand)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2017



Illustration: Pierre-Auguste Renoir
    
Avec des gestes apeurés
Tu voiles ta beauté frileuse;
Autour de ta taille onduleuse
L’eau fait des grands cercles moirés.
Et narguant tes pudeurs farouches,
Tes chastes yeux emplis d’effroi.
Toutes les fleurs tendent vers toi
Les baisers tièdes de leurs bouches.

(Camille Legrand)

 

Recueil: Anthologie universelle des baisers (III France)
Editions: H. Daragon

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Avec des gestes apeurés (Camille Legrand)

Posted by arbrealettres sur 7 juin 2017



Illustration: Pierre-Auguste Renoir
    
Avec des gestes apeurés
Tu voiles ta beauté frileuse ;
Autour de ta taille onduleuse
L’eau fait de grands cercles moirés.

Et narguant tes pudeurs farouches,
Tes chastes yeux emplis d’effroi,
Toutes les fleurs tendent vers toi
Les baisers tièdes de leurs bouches.

(Camille Legrand)

 

Recueil: Poètes du Baiser
Editions: Société des Éditions LOUIS-MICHAUD

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Les étrangers (Rose Ausländer)

Posted by arbrealettres sur 10 mars 2017



Les étrangers

Des chemins de fer amènent les étrangers
ils descendent regardent autour d’eux
On voit dans leurs yeux perplexes
nager des poissons apeurés

(Rose Ausländer)

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Qu’importent (Jacques Rabemananjara)

Posted by arbrealettres sur 19 janvier 2017




Qu’importent le hululement des chouettes,
le vol rasant et bas
des hiboux apeurés sous le faîtage
de la maison incendiée ! oh, les renards,
qu’ils lèchent
leur sale peau puante du sang des poussins,
du sang auréolé des flamants roses !
Nous autres, les hallucinés de l’Azur,
nous scrutons éperdument tout l’infini bleu de la nue,
Madagascar !

(Jacques Rabemananjara)

Illustration

 

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