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Les temps vécus… (Gérard Berréby)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2021



    

Les temps vécus…

les temps vécus n’étaient pas ceux d’aujourd’hui
après avoir distillé
la discorde à tous les étages
nous voilà bardés
d’incertitudes majeures
apeurés et perdus
le bruit de l’impuissance
les gens meurent et d’autres parlent
trop beaucoup trop
il n’y a plus de place dans les cimetières
l’espace se rétrécit
le temps se dilate
les heures se confondent
et les jours s’éloignent
la maladie d’un monde malade
peur angoisse terreur
suintent sous le masque tragique
des apparences

(Gérard Berréby)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: Le Silence des mots
Traduction:
Editions: Allia

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Absence (Roger Giroux)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2018



J’étais l’objet d’une question qui ne m’appartenait.
Elle était là, ne se posait,
m’appelait par mon nom, doucement,
pour ne pas m’apeurer.
Mais le bruit de sa voix,
je n’avais rien pour en garder la trace.
Aussi je la nommais absence,
et j’imaginais que ma bouche (ou mes mains) allait saigner.
Mes mains demeuraient nettes.
Ma bouche était un caillou rond sur une dune de sable fin:
pas un vent,

mais l’odeur de la mer qui se mêlait aux pins.

(Roger Giroux)


Illustration: Odilon Redon

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Fin de l’été (Hannah Arendt)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2016



Fin de l’été

Le soir m’a enveloppée
Aussi doux que velours, aussi lourd que souffrance.

Je ne sais plus ce que fait l’amour,
Je ne sais plus la braise des champs,
Tout veut prendre son envol
Pour ne me donner que le repos.

Je pense à lui et je l’aime,
Mais comme venu de lointaines contrées
Le je-viens-et-je-donne m’est étranger,
C’est à peine si je sais ce qui m’apeure.

Le soir m’a enveloppée
Ainsi doux que velours, aussi lourd que souffrance.
Et nulle part la révolte ne se dresse
Pour m’apporter nouvelles joie et tristesse.

Et tous les lointains qui m’ont appelée,
Et tous les hiers, profonds et clairs,
Ne peuvent plus me tromper.

Je sais une eau, abondante, étrangère.
Et une fleur que personne ne nomme,
Quoi d’autre peut encore me détruire ?

Le soir m’a enveloppée
Aussi doux que velours, aussi lourd que souffrance.

***

Spätsommer

Der Abend hat mich zugedeckt
So weich wie Samt, so schwer wie Leid.

Ich weiss nicht mehr, wie Liebe tut,
Ich weiss nicht mehr der Felder Glut,
Und alles will entschweben,
Um nur mir Ruh zu geben.

Ich denk an ihn und hab ihn lieb,
Doch wie aus fernem Land.
Und fremd ist mir das Komm und Gib,
Kaum weiß ich, was mich bannt.

Der Abend hat mich zugedeckt
So weich wie Samt, so schwer wie Leid.
Und nirgends sich Empörung reckt
Zu neuer Freud und Traurigkeit.

Und alles Weiter, das mich rief,
Und alles Gestern klar und tief,
Kann mich nicht mehr betoren.

Ich weiß ein Wasser, gross und fremd.
Und eine Blum’, die keiner nennt.
Was soil mich noch zerstören?

Der Abend hat mich zugedeckt
So weich wie Samt, so schwer wie Leid.

(Hannah Arendt)

Illustration

 

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Danseuses (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2016




Danseuses qui rêvez d’être les sœurs de l’aurore,
valsez dans l’oubli du miracle avec la roue des robes ensoleillées.

Le chemin est sans indulgence pour qui
s’en détourne. L’avare n’a pas d’allié.

(Mais l’heure reste à naître, l’heure frontalière où le
faucon des sables règne sur d’innombrables prunelles
apeurées.)

(Edmond Jabès)

Illustration: Edgar Degas

 

 

 

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