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Poésie

Posts Tagged ‘appareil’

Ta punition sera très douce (Gilles Weinzaepflen)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2019



Illustration: Pascal Renoux
    
Ta punition sera très douce et sans douleur
Tu viendras près de moi dans le simple appareil
De ta beauté et nous compterons ensemble
Les zones de l’attente et du délaissement

(Gilles Weinzaepflen)

 

Recueil: Noël Jivaro
Traduction:
Editions: Le clou dans le fer

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Que t’importe, mon coeur (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2019


 


 

Marcel Roux        Lazare ressuscité  3588

Que t’importe, mon coeur

Que t’importe, mon coeur, ces naissances des rois,
Ces victoires, qui font éclater à la fois
Cloches et canons en volées,
Et louer le Seigneur en pompeux appareil,
Et la nuit, dans le ciel des villes en éveil,
Monter des gerbes étoilées ?

Porte ailleurs ton regard sur Dieu seul arrêté !
Rien ici-bas qui n’ait en soi sa vanité.
La gloire fuit à tire-d’aile ;
Couronnes, mitres d’or, brillent, mais durent peu.
Elles ne valent pas le brin d’herbe que Dieu
Fait pour le nid de l’hirondelle !

Hélas ! plus de grandeur contient plus de néant !
La bombe atteint plutôt l’obélisque géant
Que la tourelle des colombes.
C’est toujours par la mort que Dieu s’unit aux rois.
Leur couronne dorée a pour faite sa croix,
Son temple est pavé de leurs tombes.

Quoi ! hauteur de nos tours, splendeur de nos palais,
Napoléon, César, Mahomet, Périclès,
Rien qui ne tombe et ne s’efface !
Mystérieux abîme où l’esprit se confond !
A quelques pieds sous terre un silence profond,
Et tant de bruit à la surface !

(Victor Hugo)

Illustration: Marcel Roux

 

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SONNET DE LA BOUCHE VUE EN RÊVE (André Berry)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2019




    
SONNET DE LA BOUCHE VUE EN RÊVE

Ayant requis Paula de sa faveur première,
J’attendais que le somme eût porté son conseil,
Quand, bâillante, elle offrit sa bouche à la lumière,
Y tourna par sa glace un rayon de soleil.

A quelque fine église en gothique manière
L’intérieur, miracle! était assez pareil;
Les lèvres paraissaient la superbe portière
Qui s’ouvrait, découvrant le dévot appareil.

La langue y composait un lisse et mol dallage,
Le palais un plafond en ogival ouvrage,
Les dents étaient piliers étincelants d’émail.

A la voûte du choeur, de cramoisi tendue,
La luette semblait la lampe suspendue.
Toute la gorge, au fond, n’était qu’un haut vitrail.

(André Berry)

 

Recueil: Poèmes involontaires suivi du Petit Ecclésiaste
Traduction:
Editions: René Julliard

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La danseuse n’est pas une femme qui danse (Stéphane Mallarmé)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2018



 

La danseuse n’est pas une femme qui danse,
pour ces motifs juxtaposés qu’elle n’est pas une femme,
mais une métaphore résumant un des aspects élémentaires de notre forme, glaive, coupe, fleur, etc…
et qu’elle ne danse pas, suggérant, par le prodige de raccourcis ou d’élans,
avec une écriture corporelle ce qu’il faudrait des paragraphes en prose dialoguée autant que descriptive,
pour exprimer, dans la rédaction : poème dégagé de tout appareil du scribe.

(Stéphane Mallarmé)

Illustration: Isadora Duncan

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APPAREIL DE LA TERRE (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2018



Illustration
    
APPAREIL DE LA TERRE

Les fondations
pleines de bêtes
de la maison du bord de route
font résister ses murs loyaux
poulaillers, clapiers
ruches pleines ou veuves
s’étendent au fond des horizons
amis, ennemis et des indifférents
égarés, réunis par leurs pas
retrouvent détours feuillus
raccourcis de prudence
carrefours à l’herbe haute
et parfois cherchent au grand soleil
la bravoure.

(Jean Follain)

 

Recueil: Des Heures
Traduction:
Editions: Gallimard

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Fugue (Olivier Larronde)

Posted by arbrealettres sur 25 octobre 2017



Fugue

Retirez-vous mon cœur d’un si grave appareil.

D’après, d’avant, les coups ont entre eux l’étincelle.
Constant, le choc muet de la mort vous cisèle,
Cœur vanté… brûle… saoule un atroce organiste.

Va belle main écrite où l’idée s’organise
Déchire l’encre en moi quand le reste appareille.

(Olivier Larronde)

Illustration: Salvador Dali

 

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Vers pour être calomnié (Verlaine)

Posted by arbrealettres sur 9 février 2017



Ce soir je m’étais penché sur ton sommeil.
Tout ton corps dormait chaste sur l’humble lit,
Et j’ai vu, comme un qui s’applique et qui lit,
Ah! j’ai vu que tout est vain sous le soleil!

Qu’on vive, ô quelle délicate merveille,
Tant notre appareil est une fleur qui plie!
O pensée aboutissant à la folie!
Va, pauvre, dors! moi, l’effroi pour toi m’éveille.

Ah! misère de t’aimer, mon frêle amour
Qui vas respirant comme on respire un jour!
O regard fermé que la mort fera tel!

O bouche qui ris en songe sur ma bouche,
En attendant l’autre rire plus farouche!
Vite, éveille-toi. Dis, l’âme est immortelle?

(Verlaine)

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LA VOIX DES CHOSES (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2017



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LA VOIX DES CHOSES

Connais-tu la chanson des fils du télégraphe?
Avec neuf clés, ainsi qu’une lyre, il s’agrafe
Dans les blancs clochetons des sonores godets
Qui sous la porcelaine ainsi que sous un dais

Couvent la gamme errante aux fibres de la corde.
Cet étrange instrument, c’est le vent qui l’accorde ;
C’est le bruit du midi, de l’aube et du couchant,
Qui lui donne son vague, et bizarre, et doux chant.

L’homme, en dressant le bois des poteaux par la plaine,
Ne s’est pas souvenu que la nature est pleine
De soupirs, de sanglots, de notes, de frissons,
Et que toute la terre est un nid de chansons.

Où son travail posait l’appareil de physique,
La nature a su mettre un peu de sa musique.
Applique ton oreille, enfant, contre le bois.
Et ton cœur entendra la voix, la grande voix,

Murmurer comme un flot sans fin, lointaine et douce.
Écoute! C’est le grain qui poind, la fleur qui pousse;
Tous les germes obscurs qui vont sourdre du sol
Et tous ceux que la brise emporte dans son vol;

Tout ce qui veut jaillir près de tout ce qui tombe,
Car la terre est berceau comme la terre est tombe;
C’est la chose qui naît et la chose qui meurt;
C’est la mystérieuse et confuse clameur

De vie universelle éparse par l’espace.
Et tout cela tient dans ces fils où le vent passe
maîtresse, emplis bien de ce chant tout ton cœur.
Il dit qu’il faut aimer, et que l’amour vainqueur,

Dans les ruines, dans les morts, dans les désastres,
Anime les brins d’herbe aussi bien que les astres,
Et toujours plus vivace, en efforts plus ardents,
Palpite, et vibre, et souffle, et s’allume dedans

Les coins les plus perdus de l’immense matière.
Il dit qu’à moi tu dois te donner toute entière.
Viens, je ferai chanter mes baisers sur ton corps,
Et, tel qu’un violon dominant les accords,

Le cri de notre amour, comme un fou qui s’esclaffe.
Couvrira la chanson des fils du télégraphe.

(Jean Richepin)

 Illustration: Abel-Dominique Boyé

 

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Je t’adore mon Lou (Guillaume Apollinaire)

Posted by arbrealettres sur 4 décembre 2016



 

 

Je t’adore mon Lou et par moi tout t’adore
Les chevaux que je vois s’ébrouer aux abords
L’appareil des monuments latins qui me contemple
Les artilleurs vigoureux qui dans leur caserne rentrent
Le soleil qui descend lentement devant moi
Les fantassins bleu pâle qui partent pour le front pensent à toi.
Car ô ma chevelure de feu tu es la torche
Qui m’éclaire ce monde et, flamme, tu es ma force

(Guillaume Apollinaire)

Illustration: Fernand Khnopff

 

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