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Poésie

Posts Tagged ‘apparence’

Très beau (Jean Tortel)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2019



Illustration: Benjavisa Ruangvaree

    

Très beau.

Calme en apparence.

Même les murs.

Sont clarté le bonheur d’être là.

Incarne l’évidence.

(Jean Tortel)

 

Recueil: Arbitraires espaces
Traduction:
Editions: Flammarion

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POÈME MATINAL (Germain Droogenbroodt)

Posted by arbrealettres sur 25 juin 2019



Illustration de l’auteur
    
POÈME MATINAL

Semblables au panache de fumée
qui en apparence s’élève du néant
ainsi apparaissent sur la page blanche
les premiers mots.
un nouveau poème
gouttes de rosée scintillantes
sur les pétales de l’aurore.

***

MORGENGEDICHT

So wie manchmal eine Rauchwolke
aufsteigt anscheinend aus dem Nichts
erscheinen auf dem weißen Blatt
die ersten Worte,
ein neues Gedicht:
Tautropfen, die glitzern
auf den Blütenblättern des Tagesanbruchs.

***

晨 诗

就像有时一缕烟

显然不知从何处冒出来一样,
出现在这张白纸上的,
第一句话,
一首新诗:

露珠在黎明的
花瓣上闪闪发光。

原 作:比利时 乔曼·卓根布鲁特

***

POEMA MATINAL

Como a veces un penacho de humo
aparentemente surge de la nada
aparecen sobre la hoja blanca
las primeras palabras
un nuevo poema
gotas de rocío que brillan
sobre los pétalos del amanecer.

***

OCHTENDLIJK GEDICHT

Zoals soms een rookpluim
ogenschijnlijk opstijgt uit het niets
verschijnen op het witte blad
de eerste woorden
een nieuw gedicht:
dauwdruppels die glinsteren
op de bloembladeren van de dageraad.

***

MORNING POEM

Sometimes, like a plume of smoke
rises somehow from nowhere,
appears suddenly on the white sheet
the first words,
a new poem:
dewdrops glittering
on the petals of dawn.

***

POESIA DEL MATTINO

Come a volte un pennacchio di fumo
sembra salire all’apparenza dal nulla,
così appaiono sul foglio bianco,
le prime parole,
di una nuova poesia:
gocce di rugiada che luccicano
sui petali dell’alba.

***

POEMA MATINAL

Como um penacho de fumaça às vezes
surge aparentemente do nada
aparecem sobre a folha branca
as primeiras palavras
um novo poema:

gotas de orvalho que brilham
sobre as pétalas do amanhecer.

(Germain Droogenbroodt)

 

Recueil: ITHACA 590
Traduction: Français Germain Droogenbroodt / Allemand Wolfgang Klinck / Chinois William Zhou / Espagnol Germain Droogenbroodt – Rafael Carcelén / Néerlandais Germain Droogenbroodt / Anglais Germain Droogenbroodt – Stanley Barkan / Italien Luca Benassi / Portugais José Eduardo DegraziaEditions: POINTS

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Printemps du corps (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2019



Printemps du corps

Mon corps ici, mon corps ailleurs, mon corps
Ensoleillé par la mort et qui glisse
De source en fleuve et de fleuve en caresse
Pour se mêler à d’autres floraisons.

Que ma non-mort en ses terres vitales
Soit cet oiseau, ce poisson, ces parures
De fleurs et d’ors dans le jardin des mots
Et que ma nuit ne soit qu’une apparence.

Ma bouche parle en d’intenses corolles,
Mon oeil regarde au-delà du rosier,
Mes bras unis sont rives de l’étang
Où nénuphar je chante au ras des eaux.

Ainsi mes mains, les ultimes semeuses,
Sont la semence éparse du blé noir
Et mon échine à tous les vents frissonne
La mort en moi, la mort qui danse encore.

Ce doux pollen aux ailes de l’abeille :
Un peu de moi. Ce bourgeon qui s’entrouvre :
Mon vieux délire ici ressuscité
Par le savoir infini de l’aurore.

Mon corps en moi, mon corps en vous, mon corps,
Cette parcelle éminente du jour,
Pour t’affranchir frère de la durée
Et composer la musique des gestes.

(Robert Sabatier)

Illustration

 

 

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PREMIER AMOUR (Armand Robin)

Posted by arbrealettres sur 21 février 2019




    
PREMIER AMOUR
(Nous sommes à la bordure d’une forêt).

MOI
Je ne vous prendrai même pas la main, j’ai besoin
seulement de vous faire une déclaration d’amour…
non pas d’amour dans le ciel, ni sur terre… D’amour
dans le néant qui suivra mon coeur arrêté, d’un amour
que trente ans je ne sentirai m‚me pas, d’un amour
que; seul un peu de coeur éphémère imagera d’éternité.

ELLE
Je ne suis qu’une pauvre fille. Je ne fus jamais
que cruelle envers vous et je sais que jamais je ne pourrais être que cruelle encore.
Je suis une créature comme toutes les autres. Vous
me parlez et je ne peux comprendre.

MOI
Mais votre voix muettement est douce.

ELLE
Je ne veux pas de l’apparence que l’imagination
me donne.

(Armand Robin)

 

Recueil: Ma vie sans moi suivi de Le monde d’une voix
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’Univers visible (Camille Flammarion)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2019



 

L’Univers visible n’est que l’apparence passagère
d’un état de l’Univers invisible.

(Camille Flammarion)

 

 

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Nous naissons d’un tableau, D’un poème (Jean Lavoué)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2019



Illustration: Josephine Wall 
    
Nous naissons d’un tableau,
D’un poème, d’un souffle,
D’un rêve étonné
Posé sur les paupières du jour.

Une parole au bord du silence
Est notre vraie nature.

Nous allons sans pourquoi
Vers le Chant qui nous possède.

Nous quittons l’apparence
Pour le secret.

Nous réalisons alors ce rien que nous sommes,
Saisis soudain sans y penser
Par le mystère et par l’Amour.

(Jean Lavoué)

 

Recueil: Levain de ma joie
Traduction:
Editions: L’enfance des arbres

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Tu lis, voyageur (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 21 décembre 2018



Illustration: Ousmane Dermé 
    
Tu lis, voyageur, et tu passes d’un monde
à l’autre. Tu es le chemin
entre la masse noire des arbres
et la quiétude d’un jardin de fleurs.

Tu lis perdant que le jour se perd, mais toi
réunifiant ton être dispersé,
tu t’accrois de silencieuses paroles
et la monnaie des sources sonne sous tes pas.

Et lorsque le ciel descend dans les poitrines
tu es le lieu du souffle, aussi loin que possible
toi-même et devant toi.

Si quelquefois tu te heurtes
à l’éclair, c’est que tu croyais avoir perdu
pied dans la blancheur et l’inconnu.

Un instant tu as oublié le nom
des choses : la nuit est vide,
l’heure n’est plus cette écriture
du sable et des oiseaux.

Un instant tu es entré dans
la non-vision du soleil, dans
l’immobile minuit, dans la cave
de l’impossible naissance

Du monde il n’y avait nulle
apparence, nul être, pas même
la trace d’un brin d’herbe ou l’hypothèse

D’un nuage, ni début ni fin,
seulement cette mesure de l’in-
connaissable et la parfaite absence.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Syllabes de sable Poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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MESSAGE (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2018




MESSAGE

Regarde, enfant bien-aimé, dans mes yeux, et vois
Ton être, reflété dans cette eau vivante :
De ses lacs profonds toutes les images de la terre sont nées.
Vois, dans le regard qui te tient avec tendresse
Tout ce que tu as été, es, et seras jamais.
Reconnaissance au-delà du temps et de l’apparence,
L’amour sait le visage que chaque âme tourne vers le ciel.

***

MESSAGE

Look, beloved child, into my eyes, see there
Your self, mirrored in that living water
From whose deep pools all images of earth are born.
See, in the gaze that holds you dear
All that you were, are, and shall be for ever.
In recognition beyond time and seeming
Love knows the face that each soul turns towards heaven.

(Kathleen Raine)

Illustration

 

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Tout est illusion (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2018




Tout est illusion —
Mais où pour nous le réel
Sinon dans l’apparence?
Ces tours couronnées de nuages
Plus durables que l’airain
Nos rêves.

***

Illusion all —
Yet where for us the real
Unless what seems?
These cloud-capped towers
More durable than brass
Our dreams.

(Kathleen Raine)

Illustration

 

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Quelle horreur (Patrizia Cavalli)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2018



 

Quelle horreur d’imaginer deux corps
qui font l’amour en proie au besoin
que quelque chose se passe
s’accomplisse et puis effilochés
par une satisfaction se recomposent
dans leur apparence.
Je préfère ce mètre de distance
où je voyais l’éternelle mer nuiteuse
calme silencieuse.

(Patrizia Cavalli)

 

 

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