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Posts Tagged ‘appartenir’

Mère, pour toi je ferai un collier de perles (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 8 juillet 2019



    

Mère, pour toi je ferai un collier de perles
avec les larmes de mon chagrin.

Pour couvrir tes pieds les étoiles
ont ciselé leurs annelets de lumière,
mais mon don veut pendre à ton cou.

La richesse et la renommée émanent de toi;
il t’appartient de les donner et de les retenir.

Mais cette mienne tristesse est bien absolument à moi,
et quand je te l’apporte en offrande,
ta grâce vient en récompense.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: L’offrande lyrique suivi La corbeille de fruits
Traduction: Hélène Du Pasquier et André Gide
Editions: Gallimard

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Le rêve de la nuit ne nous appartient pas (Gaston Bachelard)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2019



 

Samy Charnine  g  2

Le rêve de la nuit ne nous appartient pas,
Ce n’est pas notre bien. Il est à notre égard un ravisseur,
le plus déconcertant des ravisseurs :
il nous ravit notre être

(Gaston Bachelard)

Illustration: Samy Charnine

 

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T’appartient-il, Seigneur (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2019



    

T’appartient-il, Seigneur, de participer à la félicité de ce rythme?
d’être lancé, perdu, brisé dans le tourbillon de cette formidable joie?

Toute chose se précipite, sans arrêt, sans regard en arrière,
sans qu’aucun pouvoir puisse bien retenir,
toutes les choses se précipitent.

Emboîtant le pas au rythme de cette musique inlassée,
chaque saison accourt en dansant, puis passe outre
— couleurs, tons et parfums déversent d’infinies cascades
dans cette surabondante joie qui s’éparpille
et se renonce et meurt à tout moment.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: L’offrande lyrique
Traduction: André Gide
Editions: Gallimard

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A qui appartiennent la terre et l’arbre au bord de la route ? (Christian Viguié)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2019



A qui appartiennent la terre et l’arbre au bord de la route ?
Les champs se taisent

(Christian Viguié)

Illustration: ArbreaPhotos

 

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J’ai dans les mains (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 13 mars 2019



    

J’ai dans les mains quelque chose d’épuisé.
il se peut que cela n’appartienne plus à la vie
et soit un scion anticipé de la mort.

Sa matière desséchée
ne semble plus être matière.
Sa couleur est un vernis d’emprunt.
Sa consistance, une pâleur dans le vent.

Si pour se rendre libres
mes mains le lâchaient,
cela n’arriverait même pas au sol.
Pourtant,
mes mains ne peuvent plus le lâcher.

Ce qui est épuisé
est notre partie la plus inséparable.

***

Llevo algo agotado entre las manon.
Tal vez no pertenezca ya a la vida
y sea un gajo anticipado de la muerte.

Su materia reseca
no parece ya materia.
Su color es un barniz prestado.
Su consistencia, una palidez en el viento.

Si para quedar libres
mis manos lo dejaran caer,
no llegaría ni siquiera al suelo.
Sin embargo,
mis manos ya no pueden soltarlo.

Lo agotado
es nuestra parte más inseparable.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Quatorzième poésie verticale
Traduction: Sivia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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LA MÉSANGE (Guillaume Apollinaire)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2019



 

LA MÉSANGE

Les soldats s’en vont lentement
Dans la nuit trouble de la ville.
Entends battre mon cœur d’amant.
Ce cœur en vaut bien plus de milles
Puisque je t’aime éperdument.

Je t’aime éperdument, ma chère,
J’ai perdu le sens de la vie
Je ne connais plus la lumière,
Puisque l’Amour est mon envie,
Mon soleil et ma vie entière.

Écoute-le battre mon cœur !
Un régiment d’artillerie
En marche, mon cœur d’Artilleur
Pour toi se met en batterie,
Écoute-le, petite sœur.

Petite sœur je te prends toute
Tu m’appartiens, je t’appartiens,
Ensemble nous faisons la route,
Et dis-moi de ces petits riens
Qui consolent qui les écoute

Un tramway descend vitement
Trouant la nuit, la nuit de verre
Où va mon cœur en régiment
Tes beaux yeux m’envoient leur lumière
Entends battre mon cœur d’amant.

Ce matin vint une mésange
Voleter près de mon cheval.
C’était peut-être un petit ange
Exilé dans le joli val
Où j’eus sa vision étrange.

Ses yeux c’était tes jolis yeux,
Son plumage ta chevelure,
Son chant les mots mystérieux
Qu’à mes oreilles on susurre
Quand nous sommes bien seuls, tous deux

Dans le vallon j’étais tout blême
D’avoir chevauché jusque-là.
Le vent criait un long poème
Au soleil dans tout son éclat.
Au bel oiseau j’ai dit « Je t’aime ! »

(Guillaume Apollinaire)

 

 

 

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A qui est cette maison ? (Toni Morrison)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2019


 


 

Volker Birke artlimited_img400551

A qui est cette maison ?
A qui est cette nuit qui empêche la lumière d’entrer
À l’ intérieur ?
Dis, à qui appartient cette maison ?
Ce n’est pas la mienne.
J’ai rêvé d’une autre, plus douce, plus grande,
Avec une vue sur des lacs traversés par des bateaux peints ;
Sur des champs larges comme des bras ouverts pour m’accueillir.
Cette maison est étrange,
Ses ombres mentent.
Parle, dis-moi,
pourquoi est-ce que sa serrure correspond à ma clé ?

(Toni Morrison)

Illustration: Volker Birke

 

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Donne-moi ton coeur (Jean-Claude Pirotte)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2019



donne-moi ton coeur
le mien c’est à toi
qu’il appartiendra
quand j’aurai du coeur

(Jean-Claude Pirotte)


Illustration: Fabienne Contat

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La clairière (Jean Lavoué)

Posted by arbrealettres sur 19 janvier 2019




Illustration: Alexandra Cecconi
    
La clairière,
Elle s’ouvre à chaque pas
Même si tu ne la vois pas.
Elle appartient au chant du fleuve.
Elle niche avec ses oiseaux
Dans le feu des journées.
Elle n’a pas d’autres rides
Que celles du vent remontant vers la Source.

Elle pactise avec le silence,
Avec le souffle,
Avec le rien.

Elle n’attend ni ne guette aucune proie.
Elle laisse aller l’ici
Dans le chant de sa présence.
Elle n’est sûre que de la joie verticale
Et du secret qui la concerne.
Elle est partout décentrée d’elle-même
Et du désir d’en dire trop.

Elle n’a pas son pareil
Pour éveiller les morts.

(Jean Lavoué)

 

Recueil: Levain de ma joie
Traduction:
Editions: L’enfance des arbres

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Le coeur repose (Goethe)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2018



Le coeur repose et rien ne peut ternir
Le sentiment de lui appartenir

(Goethe)

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