Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘appel’

A un ami qui part (Li Bo)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2022



Illustration: Shen Zhou
    
A un ami qui part

Mont bleu côtoyant les remparts du nord
Eau claire entourant la muraille à l’est
En ce lieu nous allons nous séparer
Tu seras herbe, sur dix mille li, errante

Nuage flottant : humeur du vagabond
Soleil mourant : appel du vieil ami
Adieu que disent les mains. Ultime instant :
On n’entend que les chevaux qui hennissent

(Li Bo)

 

Recueil: L’Ecriture poétique chinoise
Traduction: François Cheng
Editions: du Seuil

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PRENEZ LES GENS… (Janine Mitaud)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2022




    
PRENEZ LES GENS…

Prenez les gens pour des nuages
Passez au travers des nuages
Et vous ne verrez pas l’orage

L’amour n’est plus qu’un jeu mortel
Et les symboles du langage
Déguisent bien le désespoir
Vous chantez fumées et feuillages
Vous réduisez à des images
Mon corps plus vif que sève et feu
Il perd pour vous l’éclat charnel
Vous le rangez dans l’irréel —
Le son du vent et mes appels
Confondus dans votre savoir —

Je suis vivante et mon cri tranche
Tous ces déserts imaginaires
Oasis, oiseaux indulgents
Ne croissent pas dans mon domaine
Mais je fends la coque des mots
Et j’y surprends la mer sauvage
Dont le désir franchit les plages.

(Janine Mitaud)

Recueil: 35 siècles de poésie amoureuse
Traduction:
Editions: Saint-Germain-des-Prés Le Cherche-Midi

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L’INSTANT CRÉÉ (Jean-Guy Pilon)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2022



Illustration: Oleg Zhivetin  
    

L’INSTANT CRÉÉ

Pose là tes mains
Comme deux silhouettes frémissantes
Qui ne trahiront pas ta mémoire
O Belle secrète

Déjà s’ébranlent tes veines
Pour apprendre le vertige
Pour poser des charnières
Aux personnages que nous incarnons

Tu as oublié ta pesanteur
Aux rives où l’on enchaîne
Les mouettes noires
Et s’ouvrent devant ton corps
Les horizons chauds du rêve
Du rêve du monde et de la vie
Fondus et confondus
Brillants à l’appel de tes yeux A
l’infini des parfums

J’ignore la croissance du miel
Le mécanisme de l’aile
Le port où l’on nous attend toi et moi
Séparément
Je ne veux reconnaître que l’appel du jour
La courbe de ta hanche
Et la frayeur de mon corps
A l’instant de l’amour

L’arbre non plus ne voit pas son destin La
pierre oubliée au fond de la rivière Espère
reconnaître chaque courant A mon
passage

Donne-moi tes mains
O Belle secrète
Cette nuit ta mémoire éclatera

(Jean-Guy Pilon)

Recueil: 35 siècles de poésie amoureuse
Traduction:
Editions: Saint-Germain-des-Prés Le Cherche-Midi

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QUE C’EST BEAU DE PENSER A TOI… (Nâzim Hikme)

Posted by arbrealettres sur 31 mai 2022




    
QUE C’EST BEAU DE PENSER A TOI…

Que c’est beau de penser à toi
à travers les rumeurs de mort et de victoire, en prison,
alors que j’ai franchi la quarantaine.

Que c’est beau de penser à toi :
ta main, oubliée sur une étoffe bleue,
et dans tes cheveux,
la fière tendresse de ma terre d’Istanbul.
C’est comme un second être en moi
le bonheur de t’aimer.
Au bout de tes doigts demeure
le parfum de la feuille de géranium.
Une paix ensoleillée,
Et l’appel de la chair :
une obscurité dense,
chaude,
striée de rouge.

Que c’est beau de penser à toi,
d’écrire des choses sur toi,
de penser à toi, couché sur le dos en prison.
Un mot que tu as dit tel jour à tel endroit,
pas le mot lui-même,
mais le ton sur lequel il fut dit,
et l’univers qu’il contenait…

Que c’est beau de penser à toi.
Je vais encore te sculpter quelque chose en bois,
un coffret,
une bague,
te tisser trois mètres de soie très fine.
Et tout à coup,
me levant d’un bond,
me collant aux barreaux de ma fenêtre,
vers le bleu clair de la liberté,
je dois te crier de toute ma voix
ce que j’ai écrit pour toi.

Que c’est beau de penser à toi
à travers les rumeurs de mort et de victoire, en prison,
alors que j’ai franchi la quarantaine…

(Nâzim Hikme)

Recueil: 35 siècles de poésie amoureuse
Traduction: Munevver Anday
Editions: Saint-Germain-des-Prés Le Cherche-Midi

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Ta voix… (Liu Xiaozu)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2022




    
Ta voix…
(Chansons sur l’air de la « Branche suspendue »)

Mon chéri, ce n’est pas que je voudrais que tu m’appelles.
Un appel non souhaité est bien sûr mal venu.
Pourquoi m’appeler, si tu n’en as pas envie ?
Ta voix me réjouit et me va droit au coeur,
Mais s’y forcer est peine perdue :
Mieux vaut en fin de compte n’en rien faire.
Dès que tu me vois, tu aimerais que je t’appelle, mon chéri.
Si, en famille, je ne le fais, tu deviens anxieux.
Puisque je t’aime, qu’est-ce que ça peut te faire ?
La voix n’est que sur les lèvres ; mon amour, je te porte dans mon coeur.
Si le tien est sincère, n’est-ce pas aussi bien de ne pas s’appeler ?

(Liu Xiaozu)

 

Recueil: Cent poèmes d’amour de la Chine ancienne
Traduction: André Lévy
Editions: Philippe Picquier

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A LA GRACE (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2021


 


Adrian Borda The_Swan_Song_Hunter_by_borda

A LA GRACE

Par-delà mes ruines
toujours fraichissantes
écho non coupable
dans l’obscure arène
où je me débats
sans nulle manoeuvre
soudain apparue
égarée peut-être
énergie lointaine
je ne sais pour qui
je ne sais pas où

Echappée au temps
éclat non complice
dans ses lents replis
Misère et vaillance
mon sol dérobé
élue sans contrainte
égalant mon voeu
elle est la secrète
et brille au-dessus
du chant qui implore
du chant qui accuse
par-dela ma voix

A demain mes morts
continuement fraîches
comme il fut hier
comme il est aujourd’hui
la vie devenant

A travers mon cœur
et autres emblèmes
où il s’accomplit
l’Esprit s’est levé
d’entre ses combats

J’affirme sans preuve
Je tiens le contraire
Il n’importe pas

Il n’est pas de père
Aucun parchemin
ne m’a convaincu

Je crois en la grâce
Je parie pour elle
C’est la respirer
que d’en être épris

J’ai tant fait d’appels
sana avoir de signes
tant de vains efforts
A force de rage
et n’acceptant rien
que tout assumer
l’âme sourirait ?

Faveur inouïe
car la récompense
n’est pas méritée
Non plus le malheur

M’élevé-je en elle
Je n’ai plus de poids
Je chante à la grâce
même s’il n’est rien
que par mon amour

(André Frénaud)

Illustration: Adrian Borda

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Les Rois Mages (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2021



Leopold Kupelwieser _1796- rois mages_jpeg

Les Rois Mages

Avancerons-nous aussi vite que l’étoile
La randonnée n’a-t-elle pas assez duré
Réussirons-nous enfin à l’égarer
cette lueur au milieu de la lune et des bêtes
qui ne s’impatiente pas

La neige avait tissé les pays du retour
avec ses fleurs fondues où se perd la mémoire
De nouveaux compagnons se mêlaient à la troupe
qui sortaient des arbres comme les bûcherons
Le Juif errant peinait, aux blessures bafouées
Des fourrures couvraient le roi noir malade à mourir
Le pasteur de la faim est avec nous
Ses yeux bleus éclairent son manteau d’épluchures
et le troupeau rageur des enfants prisonniers

Nous allions voir la joie nous l’avons cru
la joie du monde née dans une maison par ici
C’était au commencement … Maintenant on ne parle pas
Nous allions délivrer un tombeau radieux
marqué d’une croix par les torches dans la forêt

Le pays n’est pas sűr les châteaux se glissent derrière nous
Pas de feu dans l’âtre des relais Les frontières
remuent à l’aube par les coups défendus
Nos paumes qui ont brisé les tempêtes de sable
sont trouées par la charançon et j’ai peur de la nuit

Ceux qui nous attendaient dans le vent de la route
se sont lassés le chœur se tourne contre nous
Par les banlieues fermées à l’aube les pays sans amour
nous avançons mêlés à tous et séparés
Sous les lourdes paupières de l’espérance
La peur haletait comme une haridelle

Nous arriverons trop tard le massacre est commencé
les innocents sont couchés dans l’herbe
Et chaque jour, nous remuons des flaques dans les contrées
Et la rumeur se creuse des morts non secourus
qui avaient espéré en notre diligence

Tout l’encens a pourri dans les boîtes en ivoire
et l’or a caillé nos cœurs comme du lait
La jeune fille s’est donnée aux soldats
que nous gardions dans l’arche pour le rayonnement
pour le sourire de sa face

Nous sommes perdus On nous a fait de faux rapports
C’est depuis le début du voyage
Il n’y avait pas de route il n’y a pas de lumière
Seul un épi d’or surgi du songe
que le poids de nos chutes n’a pas su gonfler
Et nous poursuivons en murmurant contre nous
tous le trois brouillés autant qu’un seul
peut l’être avec lui-même
Et le monde rêve à travers notre marche
dans l’herbe des bas-lieux
et ils espèrent
quand nous nous sommes trompés de chemin

Egarés dans les moires du temps – les durs méandres
qu’anime le sourire de l’Enfant –
chevaliers à la poursuite de la fuyante naissance
du futur qui nous guide comme un toucheur de bœufs
je maudis l’aventure je voudrais retourner
vers la maison et le platane
pour boire l’eau de mon puits que ne trouble pas la lune
et m’accomplir sur mes terrasses toujours égales
dans la fraîcheur immobile de mon ombre…

Mais je ne puis guérir d’un appel insensé.

(André Frénaud)

Illustration: Leopold Kupelwieser

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Le vide dans les ajours de la pierre (Gérard Bocholer)

Posted by arbrealettres sur 5 octobre 2021




    
Le vide dans les ajours de la pierre,
le silence dans le poème sont nécessaires
aux appels pressants de la beauté.

Dans l’exercice spirituel, résonne aussi,
et peut-être avant toute note,
le chant du silence.

(Gérard Bocholer)

 

Recueil: Le poème Exercice spirituel
Traduction:
Editions: Ad Solem

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Quel royaume ? (André Welter)

Posted by arbrealettres sur 10 septembre 2021



Illustration: Henri Eisenberg
    
quel royaume ?

[…]
tant d’altitudes inouïes aux ciels de la terre
tant de déesses et de dieux oubliés
tant de promesses sous des fougères sombres
tant de résurrections à l’arraché

mais quel royaume
quel royaume ?

tant de surplombs
tant de refus et d’insouciances
tant de caresses fauves sans fausseté
tant et tant d’appels solaires

mais quel royaume
quel royaume
quel royaume
quel royaume
quel royaume

pour mon amour ?

(André Welter)

 

Recueil: La vie en dansant – Au cabaret de l’éphémère – Avec un peu plus de ciel
Traduction:
Editions: Gallimard

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UN JOUR (Zhao Lihong)

Posted by arbrealettres sur 29 juillet 2021



Illustration: Zhao Lihong  
    

Poem in French, Spanish, Dutch, English, Italian, German, Portuguese, Sicilian, Romanian, Polish, Greek, Chinese, Arab, Hindi, Japanese, Farsi, Icelandic, Russian, Filipino, Hebrew, Tamil, Bangla, Irish, Serbian, Armenian, Macedonian, Indonesian, Malay, Catalan

Illustration by Zhao Lihong

Poem of the Week Ithaca 691 “ONCE”, ZHAO LIHONG, CHINA (1952)

From: “A Boat to Heaven”, Southwordeditions

– All translations are made in collaboration with Germain Droogenbroodt –

UN JOUR

J’allais un jour flânant sur le chemin,
mon ombre comme un arbre sec dans le désert.
Un jour angoissé, j’ai fixé l’obscurité,
mes appels au secours étouffés par la nuit oppressante,
nuage et brouillard noyant lune et étoiles
un vent glacé râpant l’âpre solitude.
Un jour j’ai entendu le rossignol chanter dans la nuit,
semblable à une mélodie de nuages haut dans le ciel
descendant tels des nénuphars en fleurs
pétales d’un blanc pur chassant les ombres de la nuit.
Je t’ai cherché un jour dans la brume épaisse –
Pourrait-il m’arriver bonheur plus grand
que de te rencontrer à nouveau une nuit de printemps?

(Zhao Lihong)

Traduction Xu Qin – Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache

***

UNA VEZ

Anduve una vez vagando por el camino,
mi silueta solitaria como un árbol seco en el desierto.
Permanecí una vez mirando con miedo en la oscuridad,
mis llamadas de auxilio mitigándose en el plomo de la noche,
mientras nubes y niebla envolvían las estrellas y la luna,
un viento gélido raspaba el inhóspito desierto.
Escuché una vez al ruiseñor cantar en la noche
canciones de las nubes en el cielo,
descendiendo como un estanque de lirios en flor,
sus pétalos de un blanco puro repeliendo las sombras de la noche.
Te busqué una vez en la densa niebla─
¿Qué mayor felicidad podría haber
que volver a encontrarte en una noche de primavera?

Traducción Xu Qin – Germain Droogenbroodt – Rafael Carcelén

***

OOIT

Ooit liep ik eens dwalend over de weg,
mijn schaduwbeeld, een dorre boom in de woestijn gelijk.
Ooit staarde ik met angst in het donker,
mijn hulpgeroep, onderdrukt door de loodzware nacht,
wolken en mist versluierden maan en sterren
en een kille wind scheerde over de gure verlatenheid.
Ooit hoorde ik de nachtegaal zingen in de nacht,
het leek een gezang van wolken hoog in de lucht
neerdalend als een vijver waterlelies in bloei
zuiver-witte bloemblaadjes verdreven de schaduwen van de nacht.
Ik zocht jou ooit in de dichte mist ─
Zou er mij een groter geluk kunnen overkomen
dan je weer te ontmoeten op in een lentenacht?

Vertaling Xu Qin – Germain Droogenbroodt

***

ONCE

Once I was wandering on the road,
my lone silhouette like a dry tree in the desert.
Once I was gazing with fear in the dark,
my calls for help subdued in the lead of night,
clouds and mist shrouded stars and moon,
a chill wind scraped the stark wilderness.
Once I heard the nightingale singing in the night,
songs from clouds up in the sky,
descending like a blossoming lily pond,
its pure white petals repelled the shades of night.
Once I looked for you in the dense fog—
what greater happiness could be
than meeting you again on a spring night?

Translation Xu Qin – Germain Droogenbroodt – Stanley Barkan

***

UNA VOLTA

Una volta vagavo sulla strada,
la mia ombra solitaria come un’albero secco nel deserto.
Una volta guardavo fuori con terrore nel buio,
le mie grida di aiuto soffacate nel piombo della notte,
nubi e foschia velavano stelle e luna,
un vento gelido graffiava la brulla landa selvaggia.
Una volta ho udito il canto dell’usignolo nella notte,
canzoni di nubi su nel cielo,
scendere come una ninfea in fiore,
i suoi puri bianchi petali cacciare via le ombre della notte.
Una volta ti ho osservata nel mezzo della nebbia—
quale gioia più grande potrebbe essere
che incontrarti di nuovo in una notte di primavera?

Traduzione di Xu Qin – Germain Droogenbroodt – Stanley Barkan – Luca Benassi

***

EINST

Einst wanderte ich den Weg entlang,
mein Schatten, einem dürren Baum in der Wüste gleich.
Einst starrte ich voller Angst in die Dunkelheit,
mein Hilfeschrei, von der bleiernen Nacht unterdrückt,
Wolken und Nebel verschleierten Mond und Sterne
und ein kalter Wind fegte über die trostlose Einöde.
Einst hörte ich die Nachtigall singen in der Nacht,
es glich einem Gesang der Wolken hoch am Himmel
niederwirbelnd wie ein Teich voll Seerosen in Blüte
die reinweißen Blütenblätter vertrieben die Schatten der Nacht.
Ich suchte dich im dichten Nebel ─
Könnte es ein größeres Glück für mich geben
als dich einst in einer Frühlingsnacht wiederzusehen?

Übersetzung Xu Qin – Germain Droogenbroodt – Wolfgang Klinck

***

UM DIA

Andei, um dia, a vaguear pelos caminhos,
a minha figura solitária era como uma árvore seca no deserto.
Um dia, vagueei com medo na escuridão,
pedindo ajuda para mitigar o chumbo da noite,
enquanto as nuvens e a névoa envolviam as estrelas e a lua
e um vento gélido assolava o inóspito deserto.
Um dia, ouvi o rouxinol que, na noite, cantava
as canções das nuvens do céu,
descendo como um tanque de lírios em flor,
as suas pétalas de um branco puro repelindo as sombras da noite.
Um dia, procurei-te no denso nevoeiro ─
Que maior felicidade poderia haver
que voltar a encontrar-te numa noite de Primavera?

Tradução portuguesa: Maria do Sameiro Barroso

***

NA VOTA

Na vota caminava nta la strata
Lu me profilu comu un arburu siccu ntôn desertu.
Na vota taliava nta lu scuru, scantatizzu,
li me chiamati debbuli p’aiutu si stutavanu nta lu chiummu di la notti,
neuli e fuschii cummugghiavanu li stiddi e la luna,
un vinticeddu friddu raschiava nta du desertu sdisulatu.
Na vota sintiu un rusignolu cantari nni la notti,
canzuni di li neuli ntô celu,
ca calavanu comu un gigghiu ca sbocciava nta lu stagnu
li so petali bianchi bianchi affutavanu l’ummiri di li notti.
Na vota ti circaiu nta la negghia densa —
Ah, ncuntrariti di novu nta na notti di primavera!
Ci fussi filicità chiù granni di chista?

Traduzioni in siciliano di Gaetano Cipolla

***

CÂNDVA

Cândva, pe când cutreieram pământul,
cu umbra-mi străvezie pierdută în deșert,
scrutând înfricoșat întunecimea nopții,
strigam după ajutor, împovărat de griji.
Neguri și nori îmi ascundeau luna și aștrii
iar vântul rece pustia întinsul.
Atunci s-a înfiripat un tril. Privighetori,
dând nopții glas de nori de prin înalturi
și oglindind pe cer un lac de nuferi albi,
prinseră a destrăma în petale albe ceața.
Te-am întâlnit atunci prin aburi rarefiați ─
Ce altă fericire pot azi să-mi mai doresc
decât a regăsirii prin nopți de primăvară?

Traducere: Germain Droogenbroodt și Gabriela Căluțiu Sonnenberg

* Zhao Lihong este vicepreședintele prestigioasei Writers´ Association din Shanghai și Organizator al festivalului de poezie aferent, invitat excepțional al manifestărilor asociației literare Huifeng, organizate de colaboratoarea și traducătoarea noastră pentru limba chineză, Anna Keiko.

***

PEWNEGO RAZU

Pewnego razu wędrowałem drogą,
moja samotna postać była jak uschnięte drzewo na pustyni.
Pewnego razu patrzyłem ze strachem w ciemność,
moje wołania o pomoc tłumiła ciemność nocy,
chmury i mgła zakrywały gwiazdy i księżyc,
chłodny wiatr smagał surowe pustkowie
Pewnego razu usłyszałem słowika śpiewającego nocą,
pieśni wprost z chmur wysoko na niebie,
spływały jak staw, cały w kwitnących liliach,
ich czysto białe płatki odstraszały cienie nocy.
Pewnego razu szukałem ciebie w gęstej mgle —
czyż mogłoby być większe szczęście
niż znowu cię spotkać w wiosenną noc?

Przekład na polski: Mirosław Grudzień – Małgorzata Żurecka
Translation into Polish by Mirosław Grudzień – Małgorzata Żurecka

***

ΚΑΠΟΤΕ

Κάποτε περπατούσα σ’ ένα δρόμο,
η μοναχική μου σιλουέττα σαν ξερό δέντρο στην έρημο.
Κάποτε φοβισμένος κοίταζα μες στο σκοτάδι,
κι η φωνή μου χανόταν μες στη σκοτεινιά,
σύννεφα κι υγρασία έκρυβαν το φεγγάρι και τα άστρα.
Κάποτε άκουσα το αηδόνι που κελαηδούσε μες στη νύχτα
τραγούδι μες στα σύννεφα, στον ουρανό,
χαμήλωναν σαν νούφαρα στο λιμνάκι
που τα πάνλευκα πέταλα του διέλυαν της νύχτας το σκοτάδι.
Κάποτε έψαχνα να σε βρω μες στη πυκνή ομίχλη,
Άλλη δεν θα υπήρχε ευτυχία παρά
να σε ξανασυναντούσα μια νύχτα ανοιξιάτικη.

Μετάφραση Μανώλη Αλυγιζάκη
Translated by Manolis Aligizakis

***

曾经

曾经在这条路上彳亍
孤独的身影犹如沙漠里的一棵枯树
曾经在黑暗中睁大了眼睛
无奈的呼唤被浓重夜色吞噬
云雾遮挡了星星和月亮
寒风掠过荒芜的原野
曾经听见夜莺的歌唱
歌声彷佛来自遥远的云端
歌声化成翩然绽放的睡莲
纯洁的白色把夜色驱逐
曾经在迷雾中把你寻觅
世界上还有什么快乐
能和在春夜里重逢相比

ZHAO LIHONG
赵丽宏

***

فجأة

فَجِأَةً وَأَنَا أَتَجَوَّلٌ فيِ الشَّارِعٍ
ظِلِّيَ المُتَرَاءِ كَمَثَلِ شَجَرَةٍ جَافَةٍ فيِ الصَّحْرَاءِ

فَجْأَةً أُلْقِي بِنَظْرَةٍ مِلْؤُهَا الرُّعُبُ إِلى الظَّلَام
صُرَاخِي المُتَكَرِر لِطَلَبِ النَّجْدَة تَبَدِّدَ فيِ بِدَايَةِ الليلِ
الغُيُومُ والغَبَاشُ بَلُفَّانِ النُّجُومَ والقَمَر,
رِيَاحُ الشَّهِيلٍي تَجْرِفُ الصَّحْرَاءَ المُتَوَحِشَة.

فَجْأَةً اَسْتَمِعُ إِلى العَنْدَلِيبِ وهُو يُغَنْيِ في الليل
مَجْمُوعَةُ اَغَانِيَ خَلَّابَةٌ تَرْتَفِعُ بِإتِّجَاهِ الغُيُومِ التي فِي السَّمَاء,
تَنْزِلُ مِثْلَ وِعَاءِ مِن زَنَابِق المَاءِ المُزْهِرة,
يِتِلَّاتٍ بَيضَاءٍ صَافِيَةٍ تُلْغِي ضِلاَلَ الليل
فَجْأَةً اَبْحَثُ عَنْكِ مِن خِلَالِ ذَلِكَ الضَّبَابِ الْكَثِيف ـــــــ
هَلْ يُعْقَلْ أَنْ تَكَونَ هُنَاكَ سَعَادَةً أَكْبَرُ مِن مُلَاقَاتِكِ مُجَدَدًا
فيِ لَيْلَةٍ رَبيعِيةٍ؟

ترجمة للعربية: عبد القادر كشيدة
Translation into Arab by Mesaoud Abdelkader

***

एक बार

एक बार मैं सड़क पर घूम रहा था,
मेरा अकेला छाया-आकृति
रेगिस्तान में एक सूखे पेड़ की तरह।
एक बार मैं अँधेरे में डर से देख रहा था,
मदद के लिए मेरी पुकार रात में थम गई,
बादल और धुंध ने तारे और चाँद को ढँक दिया,
एक सर्द हवा ने निरा जंगल को बिखेर दिया।
एक बार मैंने कोकिला को रात में गाते हुए सुना,
आसमान में बादलों से गाने,
खिलते हुए लिली के तालाब की तरह उतरना,
उसकी शुद्ध सफेद पंखुड़ियाँ रात की छटा बिखेरती हैं।
एक बार घने कोहरे में मैंने तुम्हारी तलाश की-
इससे बड़ी खुशी और क्या हो सकती है
बसंत की रात में तुमसे फिर मिलने से?

Hindi translation by Jyotirmaya Thakur.

***

かつて

かつてわたしは道をさまよい、
孤独な影は砂漠のかわいた木のようだ
かつてわたしは暗闇の中で怖々と見つめた
助けを求める声は夜の先頭で和らぐ
雲と霧は星々と月を覆い隠し
ひんやりとした風は荒涼とした大地を削り取る
かつてわたしは小夜啼鳥が夜に歌うのを聞いた
天空の雲から百合の花咲く池のようにおりてきて
その純な花びらは夜の闇を追い払う
かつてわたしは濃い霧の中あなたをさがした
春の夜にあなたと再び会えることより大きな幸せはあるだろうか

Translation into Japanese by Manabu Kitawaki

***

یکبار

یکبار من سرگردان در جاده‌،
شبح تنهای من مانند درخت خشکی در بیابان.
یکبار با ترس خیره به تاریکی،
فریادهایم مقهور شب
ابرها و غبار ستارگان و ماه را در خود پیچیده بود،
باد سردی بیابان خشک را خراش می‌داد.
یکبار من آواز هزاردستانی را شنیدم که در شب می‌خواند،
از ابرهای آسمان،
مثل گلهای نیلوفر آبی بسته می‌شد،
و گلبرگهای سفید و پاکش سایه‌های شب را پس میزدند.
یکبار من در مهی سنگین به دنبال تو گشتم
چه چیزی می‌توانست شادی بزرگتری باشد
از ملاقات دوباره‌ی تو در شبی بهاری؟
ژائو ليهونگ، چين( ١٩٥٢)

ترجمه: سپیده زمانی
Translation into Farsi by Sepideh Zamani

***

EINU SINNI

Einu sinni ráfaði ég um göturnar,

einmana skuggamynd, uppþornað tré í eyðimörk.
Einu sinni starði ég óttasleginn í myrkrinu,
hróp mín á hjálp köfnuðu í gráma næturinnar,
ský og þoka huldu tungl og stjörnur,
napur vindur skóf óblíða auðnina.
Einu sinni heyrði ég næturgalann syngja í nóttinni,
lög úr skýjum á himnum uppi
hnigu eins og liljutjörn í blóma,
tær hvít krónublöðin hröktu burt skugga næturinnar.
Einu sinni leitaði ég þín í dimmri þoku —
hvað gæti verið sælla
en að hitta þig aftur um vornótt?

Þór Stefánsson þýddi samkvæmt enskri þýðingu Xu Qin, Germains Droogenbroodt og Stanleys Barkan úr
Translation into Icelandic by Þór Stefánsson

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КОГДА-ТО

Когда-то, блуждая, я ходил по дорогам,
тень моя иссушилась, как дерево в пустыне.
Когда-то глядел я, злясь, в темноту,
мои крики о помощи тонули в густоте ночи,
облака и туман прятали звезды и луну,
и холодный ветер обнажал резкое одиночество.
Когда-то слышал я, как в ночи поет соловей.
Пение неслось высоко среди облаков,
опускаясь сверху, слово цветущие лилии на пруду,
бело-белые их лепестки прогоняли тени ночной тьмы.
Я когда-то искал тебя в тумане густом.
Обрушится ли на меня еще такое счастье –
однажды снова встретить тебя в весне ночной?

Перевод Xu Qin и Гермайна Дрогенбродта
Перевод на русский язык Дарьи Мишуевой
Translation into Russian by Daria Mishueva

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MINSAN

Minsan ako ay pagala-gala sa daan,
ang aking anino ay tulad ng isang tuyong puno sa disyerto.
Minsan ako ay takot na nakatitig sa kadiliman,
panawagan ko ng tulong ay sinupil ng pagsapit ng gabi
ang mga ulap at ambon ay binalot ang mga bituin at buwan,
isang malamig na hangin ang matinding lumukob sa ilang.
Minsan narinig ko ang ruwisenyor na umaawit sa gabi,
mga awiting mula sa ulap ay pumailanlang sa langit ,
pumapanaog tulad ng sapa na namulaklak ng mga lily,
Ang purong puting talulot nito ay itinaboy ang pagtabing ng gabi.
Minsan hinanap kita sa makapal na ulap
May hihigit pa ba sa kaligayahang
makita kang muli sa gabi ng tagsibol?

Translated into Filipino by Eden Soriano Trinidad

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פעם / זַהוֹ ליהוֹנג, סין

פַּעַם הָיִיתִי הוֹלֵךְ בָּרְחוֹב,
צְלָלִיתִי בּוֹדְדָה כְּמוֹ עֵץ יָבֵשׁ בַּמִּדְבָּר.
פַּעַם הָיִיתִי מִתְבּוֹנֵן בְּפַחַד בַּחֲשֵׁכָה,
קְרִיאוֹתַי לְעֶזְרָה נֶחֶלְשׁוּ תַּחַת עוֹפֶרֶת הַלַּיְלָה,
עֲנָנִים וַעֲרָפֶל אָפְפוּ כּוֹכָבִים וְיָרֵחַ,
רוּחַ קָרָה קִרְצְפָה אֶת הַיְּשִׁימוֹן הַשּׁוֹמֵם.
פַּעַם שָׁמַעְתִּי אֶת הַזָּמִיר שָׁר בַּלַּיְלָה,
שִׁירִים שֶׁיּוֹרְדִים מֵעֲנָנִים בַּשָּׁמַיִם,
כְּמוֹ שֶׁבִּבְרֵכַת חֲבַצָּלוֹת מְלַבְלֶבֶת,

עֲלֵי הַכּוֹתֶרֶת הַלְּבָנִים-טְהוֹרִים דּוֹחִים אֶת צִלְלֵי הַלַּיְלָה.
פַּעַם חִפַּשְׂתִּי אוֹתָךְ בָּעֲרָפֶל הַדָּחוּס –
אֵיזֶה אֹשֶׁר יָכוֹל לִהְיוֹת גָּדוֹל יוֹתֵר
מִלִּפְגֹּשׁ בָּךְ שׁוּב בְּלֵיל אָבִיב?

תרגום לאנגלית:

תרגום לעברית: דורית ויסמן
הרישום של המשורר
Translation into Hebrew by Dorit Weisman

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ஒருமுறை

ஒருமுறை சாலையில் அலைந்து கொண்டிருந்தேன்
பாலைவனத்தில் ஓர் உலர்ந்த மரம்போல,எனது ஒரே நிழல்
இருட்டில் ஒருமுறை அச்சத்தினால் கூர்ந்து பார்த்துக்
கொண்டிருந்தேன்
இருட்டின் அமைதியில் உதவிக்கு எனது குரல் தாழ்ந்துவிட்டது
விண்மீன்களையும், சந்திரனையும் மேகங்களும், பனியும்
சூழ்ந்திருந்தன!
கடுமையான வெட்டவெளியில் குளிர்ந்த காற்று
வீசிக்கொண்டிருந்தது
ஒருமுறை இரவில் இன்னிசைப் பறவை பாடிக்கொண்டிருந்தது!
வானத்திலிருக்கும் மேகப் பாடல்கள்
குளத்தில் ப்[ஊக்கும் மலரைப்போல இறங்கி வருகின்றன
அதன் தூய்மையான வெள்ளை இதழ்கள் இரவின் நிழல்களை
துரத்திவிட்டன
அடர்த்தியான பனியில் உனக்காகப் பார்த்திருந்தேன்
இளவேனிர்க்கால இரவில் மீண்டும் உன்னைச் சந்திப்பதைக்
காட்டிலும்
எந்த உயர்ந்த மகிழ்ச்சி இருக்கமுடியும்!
ஆக்கமும் மொழிமாற்றமும்

Translation into Tamil by DR. N V Subbaraman

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একসময়

আগে কোন একদিন আমি ঘুরে ছিলাম রাস্তায় উদ্দেশ্যহীনভাবে,
আমার একাকী ছায়া যেন মরুভূমিতে একটি শুষ্ক গাছের মত ।
আমি স্থির দৃষ্টিতে অন্ধকারের দিকে তাকিয়ে ছিলাম সাথে নিয়ে ভয়,
সাহায্যের জন্য আমার আরতি পদানত হয়েছিল রাতের পথ পরিক্রমায়,
মেঘ আর কুহেলি আবৃত তারারা আর চাঁদ,
একটি শীতল বাতাস আঁচড়ে দিয়েছিল অদম্য বন্যতাকে ।
কোন একদিন আমি শুনেছিলাম পাপিয়া পাখির একাকী গান,
যে গান ছুঁয়ে যায় মেঘমালা থেকে আকাশে,
প্রস্ফুটিত পদ্ম যেমন অবতরণ করে জলাশয়ে,
এর নিষ্পাপ সাদা পাপড়িগুলো প্রতিহিত করে রাতের ছায়াদের ।
একদিন আমি খুঁজেছিলাম তোমাকে কুয়াশার ঘনত্বে —
এর থেকে বড় সুখ আর কি হতে পারে
বসন্ত রাতে নিবিড় ভাবে আবার ও তোমাকে দেখা পাওয়ার চাইতে?

Translation Xu Qin – Germain Droogenbroodt – Stanley Barkan
Bangla Translation: – Tabassum Tahmina Shagufta Hussein

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UAIR AMHÁIN

Uair amháin, bhíos ag siúl na mbóithre,
mo scáth mar chrann lom sa bhfásach.
Uair amháin, bhí imní orm roimh an dorchadas,
níor chualathas mo scairteach fhann ag lorg cabhrach,
bhí na réaltaí agus an ghealach faoi bhrat ceo,
gaoth fheanntach ag scríobadh an fhiántais.
Uair amháin chuala cantain an fhilimeála san oíche,
rannta ó na néalta arda
ag titim ina bpiotail ar lochán,
ruaig na piotail ghléigeala scáil na hoíche.
Uair amháin, chuardaigh mé thú sa tromcheo—
Nach n-iarrfainn a mhalairt de shuáilce
ach casadh leat arís ar oíche earraigh?

Aistrithe go Gaeilge ag Rua Breathnach
Translation into Gaelic by Rua Breathnach

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JEDNOM

Jednom sam lutao putem,
moja usamljena silueta izgledaše kao suvo drvo u pustinji.
Jednom sam zurio sa strahom u mrak,
nadmoćnost noći priguši moje pozive za pomoć,
oblaci i magla zastreše zvezde i mesec,
hladan vetar strugaše potpunu divljinu.
Jednom sam čuo slavuja u noći,
kako peva pesmu sa oblaka na nebu,
spuštaše se kao cvetajuće jezero puno ljiljana,
njihove čedne bele latice odbijaše senke noći.
Jednom sam te tražio u gustoj magli-
kakva veća radost bi mogla biti
nego sresti te opet u prolećnoj noći?

Prevod: Xu Qin – Germain Droogenbroodt – Stanley Barkan
Sa engleskog prevela S. Piksiades
Translation into Serbian by S. Piksiades

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ЕДНАШ

Еднаш кога лутав по патот,
мојата осамена силуета – како суво дрво во пустина.
Еднаш кога зјапав со страв во мракот,
моите повици за помош се губеа водени од ноќта,
облаци и магла ги покриваа ѕвездите и месечината,
свежо ветерче ја гребеше апсолутната дивина.
Еднаш кога го слушав славејчето како пее во ноќта,
песни од облаци горе на небото,
слегуваа надолу како расцутено езерце со лијани,
нивните чисто бели ливчиња ги одбиваа сенките на ноќта.
Еднаш те барав тебе во густата магла –
може ли да има поголема среќа
од таа да те сретнам во една пролетна ноќ?

Translation Xu Qin – Germain Droogenbroodt – Stanley Barkan
Translation into Macedonian: Daniela Andonovska-Trajkovska
Превод на англиски Шју Чјин, Жермен Дрогенброт и Стенли Баркан
Превод од англиски на македонски: Даниела Андоновска-Трајковска

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PERNAH

Pernah aku di jalanan mondar mandir,
bayanganku bagai pohon kering di padang pasir.
Pernah aku menatap dengan ketakutan dalam gelap,
teriakanku meminta bantuan tertelan di malam pekat,
awan dan kabut menyelimut bulan dan bintang,
angin dingin menyerbu gurun yang lengang.
Pernah kudengar burung bulbul bernyanyi di waktu malam,
nyanyian terbang ke langit dibawa awan,
turun kembali menjadi lily merekah di kolam,
kelopak putih bersih mengusir nuansa malam .
Pernah aku mencarimu dalam kabut tebal—
kebahagiaan apa yang lebih berarti
daripada bersua denganmu lagi di malam musim semi?

Translated into Indonesian by Lily Siti Multatuliana

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SEKALI

Sekali aku berkeliaran di jalan,
bayanganku bersendirian seperti pohon kering di gurun.

Sekali aku termenung dengan ketakutan di kegelapan,
laungan aku meminta bantuan tenggelam di dasar malam,
awan dan kabus melindungi bebintang dan bulan,
bayu sejuk mengikis keteguhan belantara.

Sekali kudengar pungguk menyanyi di malam hari,
lagu-lagu dari awan di langit,
turun seperti teratai kolam yang mekar,
kelopak putih bersihnya menolak bayangan malam.

Sekali kucari kau di ketebelan kabus—
apa kegembiraan yang dapat mengatasi
menemuimu semula pada malam musim bunga?

Malayan translation by Dr. Irwan Abu Bakar

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UN COP

Vaig caminar un cop vagant pel camí,
la meva silueta solitària com un arbre sec al desert.
Vaig estar un cop mirant amb por a la foscor,
les meves peticions d’auxili mitigant-se en el plom de la nit,
mentre núvols i boira embolicaven les estrelles i la lluna,
un vent gèlid raspava l’inhòspit desert.
Vaig sentir un cop el rossinyol cantar a la nit
cançons dels núvols al cel,
descendint com un estany de lliris en flor,
els seus pètals d’un blanc pur repel·lint les ombres de la nit.
Et vaig buscar un cop a la densa niebla─
Quina felicitat més gran podria haver
que tornar a trobar-te en una nit de primavera?

Traducció al català: Natalia Fernández Díaz-Cabal
Translation into Catalan by Natalia Fernández Díaz-Cabal

 

Recueil: ITHACA 691
Editions: POINT
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