Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘appeler’

Dictée d’air (Mohammed Dib)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2022


abandon

belle de vent
belle de feuilles

proche qui appelle
proche qui oublie

labile parole
au plus fort

et nulle réponse
le visage qui rouit

(Mohammed Dib)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , | 4 Comments »

Pour tous ceux qui… (Claude Haller)

Posted by arbrealettres sur 18 juin 2022




Illustration: ArbreaPhotos
    

Pour tous ceux qui…

J’écris pour tous ceux
Qui n’attendent
Qu’un mot
Un signe
Un battement d’ailes

Pour ceux
Qui ne demandent
Qu’un chant
Venu d’au-delà
Du ciel

Ceux
Que le vent appelle
En écho vainqueur

Afin que demain
Soit plus beau qu’aujourd’hui
Qui n’en finit pas de mourir
Sous l’arc peureux
De nos regrettés sourires

(Claude Haller)

Recueil: Poèmes du petit matin
Traduction:
Editions: Hachette

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Mariage des mots (Claude Haller)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2022




    
Mariage des mots

Il n’est pas de
beau mot
Qui n’en appelle un autre
Et dans le ciel de nos pensées
Voilà que naît une guirlande

Mais ce n’est pas assez
Que de proférer seul
Il n’est pas de beau mot
Sans l’âme d’un écho

Viens avec moi l’amie
Fiancer nos plus beaux dires
À la porte du sanctuaire
Nous écrirons peut-être
Deux pages de plus
À notre unique dictionnaire

(Claude Haller)

Recueil: Poèmes du petit matin
Traduction:
Editions: Hachette

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Où s’arrête réellement ce que nous appelons « nous-mêmes » (Cyril Dion)

Posted by arbrealettres sur 13 juin 2022



    

Où s’arrête réellement ce que nous appelons « nous-mêmes »
et où commence ce que nous appelons « autre » ?

La danse des atomes et des particules n’établit pas ce type de limites.
Quelle certitude alors nous permet d’affirmer que nous ne sommes pas arbre ?

Pas fleur.
Pas chien.

Quel élément fédérateur nous donne ce sentiment d’unité autonome
et quelle est cette frontière qui prétend nous circonscrire ?

(Cyril Dion)

Recueil: A l’orée du danger
Traduction:
Editions: Actes Sud

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Toise (José Saramago)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2022




    
Toise

L’amour ne se laisse mesurer, il mesure,
Juge incorruptible qui étalonne tout
A la toise de sa démesure.
Appelés nous le sommes tous : seuls il élit
Ceux de nous qui sauront convertir
En flamme verticale l’heure consumée.
En mains tendues les doigts retenus.

***

Craveira

Não deixa amor que o meçam, antes mede,
Incorrupto juiz que tudo afere
Na craveira da sua desmedida.
Chamados todos somos: só elege
Quantos de nós soubermos converter
Em chama vertical a hora consumida,
Em mãos de dar os dedos de reter.

(José Saramago)

Recueil: Les poèmes possibles
Traduction: Nicole Siganos
Editions: Jacques Brémond

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Noire comme la pupille (Marina Tsvétaïéva)

Posted by arbrealettres sur 7 mai 2022



Illustration: Christian Schloe
    
Noire comme la pupille, comme la pupille
toi qui suces la lumière,
je t’aime, nuit vigilante.

Laisse ma voix te chanter,
toi l’aïeule des chants,
dont la main tient la bride des quatre vents.

Lorsque je t’appelle, que je te rends gloire,
je ne suis qu’un coquillage
où l’océan ne s’est pas encore tu.

Nuit, j’ai déjà trop regardé
dans la pupille de l’homme !
Réduis-moi en cendres, nuit, soleil noir !

(Marina Tsvétaïéva)

 

Recueil: Insomnie et autres poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LA MONTAGNE AIGRIE (Vangelis Kassos)

Posted by arbrealettres sur 2 mai 2022



Illustration: Frédérique Manley
    
LA MONTAGNE AIGRIE

un jour cette montagne aigrie s’ouvrira
et une rivière lumineuse se déchaînera
dans la soif
comme un sanglot ou comme un rire
je ne saurais dire

un jour
le silence s’essoufflera
il appellera ses vagues
il ira se retirer dans les profondeurs
auprès de ses affreux naufrages

un jour
tu auras une coupe à boire
et une voix pour parler
alors tel un voleur
dépêche-toi
car la solitude
cruelle mégère
pourrait rentrer à l’improviste

(Vangelis Kassos)

 

Recueil: Cent poèmes
Traduction: Ioannis Dimitriadis
Editions: http://www.ainigma.net

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Ta voix… (Liu Xiaozu)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2022




    
Ta voix…
(Chansons sur l’air de la « Branche suspendue »)

Mon chéri, ce n’est pas que je voudrais que tu m’appelles.
Un appel non souhaité est bien sûr mal venu.
Pourquoi m’appeler, si tu n’en as pas envie ?
Ta voix me réjouit et me va droit au coeur,
Mais s’y forcer est peine perdue :
Mieux vaut en fin de compte n’en rien faire.
Dès que tu me vois, tu aimerais que je t’appelle, mon chéri.
Si, en famille, je ne le fais, tu deviens anxieux.
Puisque je t’aime, qu’est-ce que ça peut te faire ?
La voix n’est que sur les lèvres ; mon amour, je te porte dans mon coeur.
Si le tien est sincère, n’est-ce pas aussi bien de ne pas s’appeler ?

(Liu Xiaozu)

 

Recueil: Cent poèmes d’amour de la Chine ancienne
Traduction: André Lévy
Editions: Philippe Picquier

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le secret (Katherine Mansfield)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2022



Illustration: Jordan W Thatcher 
    
Le secret

Au plus profond de l’océan
Il y a un coquillage arc-en-ciel,
Il est toujours là, brillant le plus calmement
Sous les vagues des plus grosses tempêtes
Que les Grecs Anciens appelaient « ondes du rire. »
Comme vous l’entendez, le coquillage arc-en-ciel
Chante — au plus profond de l’océan.
Il est toujours là, chantant le plus silencieusement!

***

The Secret

In the profoundest ocean
There is a rainbow shell,
It is always there, shining most stilly
Under the greatest storm waves
That the old Greek called « ripples of laughter »
As you listen, the rainbow shell
Sings—in the profoundest ocean.
It is always there, singing most silenty!

(Katherine Mansfield)

Recueil: Villa Pauline Autres Poèmes
Traduction: Philippe Blanchon
Editions: La Nerthe

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’Abîme (Katherine Mansfield)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2022




    
L’Abîme

Un Abîme de silence nous sépare l’un de l’autre.
Je me tiens d’un côté de l’abîme, toi de l’autre.
Je ne peux te voir ni t’entendre, mais sais que tu es là.
Souvent je t’appelle par ton nom d’enfant
Et prétends que l’écho à mon cri est ta voix.
Comment combler l’abîme ? Jamais par la parole ou le contact.
Autrefois je pensais que nous pourrions le remplir de larmes.
Maintenant je veux le détruire avec nos rires.

***

The Gulf

A Gulf of silence separates us from each other.
I stand at one side of the gulf, you at the other.
I cannot see you or hear you, yet know that you are there.
Often I call you by your childish name
And pretend that the echo to my crying is your voice.
How can we bridge the gulf? Never by speech or touch.
Once I thought we might fill it quite up with tears.
Now I want to shatter it with our laughter.

(Katherine Mansfield)

Recueil: Villa Pauline Autres Poèmes
Traduction: Philippe Blanchon
Editions: La Nerthe

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :