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Poésie

Posts Tagged ‘appeler’

Le bois sec (Liliane Wouters)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2022




    
Le bois sec

Brûler Je songe à ma cendre
quand m’appellent des forêts
Ô feux Mais à leur voix tendre
répond votre chant secret

Je suis né pour cette fête
barbare ces rites purs
ce mortel assaut de bêtes
contre le défi des murs

J’aime la gloire soudaine
des flammes j’aime le bref
sursaut de passion de haine
du feu saluant son chef

Brûler Mon sang me calcine
Pas un coin de chair ombreux
Et si pourtant mes racines
trouvaient un sol généreux

un peu d’eau de sable Le sable
d’où je sors verrait des fruits
Non De cette paix durable
la fin seule me séduit

Je ne porte ni lumière
ni chaleur en mon corps mais
ce n’est qu’au centre des pierres
qu’on trouve un feu qui dormait

Verdoyez branches dociles
aux commandements des dieux
Je montre mon bois fossile
C’est lui qui flambe le mieux.

(Liliane Wouters)

 

Recueil: Poésie au féminin
Traduction:
Editions: Folio

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Escargot mon ami (Jean-Claude César)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2022



Illustration
    
escargot mon ami
si je t’appelle
m’entends-tu?

(Jean-Claude César)

Recueil: Il pleut des poèmes Anthologie des poèmes minuscules
Traduction:
Editions: Rue du Monde

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Rouge-gorge mon ami (Jean-Hughes Malineau)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2022




    
Rouge-gorge mon ami

Rouge-gorge mon ami
mendiant trois miettes
dans les hivers de ta vie de braise
je hais comme toi
les remerciements
et les réceptions froides
comme la neige
comme toi
je cogne aux vitres
je cogne contre les murs
et j’appelle
mon cœur aussi chaud
que ton cœur sous les plumes
et donne sans détours
tout ce que je suis
en rougissant.

(Jean-Hughes Malineau)

Recueil: Plumes de poèmes
Traduction:
Editions: Rue du Monde

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Dictée d’air (Mohammed Dib)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2022


abandon

belle de vent
belle de feuilles

proche qui appelle
proche qui oublie

labile parole
au plus fort

et nulle réponse
le visage qui rouit

(Mohammed Dib)

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Pour tous ceux qui… (Claude Haller)

Posted by arbrealettres sur 18 juin 2022




Illustration: ArbreaPhotos
    

Pour tous ceux qui…

J’écris pour tous ceux
Qui n’attendent
Qu’un mot
Un signe
Un battement d’ailes

Pour ceux
Qui ne demandent
Qu’un chant
Venu d’au-delà
Du ciel

Ceux
Que le vent appelle
En écho vainqueur

Afin que demain
Soit plus beau qu’aujourd’hui
Qui n’en finit pas de mourir
Sous l’arc peureux
De nos regrettés sourires

(Claude Haller)

Recueil: Poèmes du petit matin
Traduction:
Editions: Hachette

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Mariage des mots (Claude Haller)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2022




    
Mariage des mots

Il n’est pas de
beau mot
Qui n’en appelle un autre
Et dans le ciel de nos pensées
Voilà que naît une guirlande

Mais ce n’est pas assez
Que de proférer seul
Il n’est pas de beau mot
Sans l’âme d’un écho

Viens avec moi l’amie
Fiancer nos plus beaux dires
À la porte du sanctuaire
Nous écrirons peut-être
Deux pages de plus
À notre unique dictionnaire

(Claude Haller)

Recueil: Poèmes du petit matin
Traduction:
Editions: Hachette

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Où s’arrête réellement ce que nous appelons « nous-mêmes » (Cyril Dion)

Posted by arbrealettres sur 13 juin 2022



    

Où s’arrête réellement ce que nous appelons « nous-mêmes »
et où commence ce que nous appelons « autre » ?

La danse des atomes et des particules n’établit pas ce type de limites.
Quelle certitude alors nous permet d’affirmer que nous ne sommes pas arbre ?

Pas fleur.
Pas chien.

Quel élément fédérateur nous donne ce sentiment d’unité autonome
et quelle est cette frontière qui prétend nous circonscrire ?

(Cyril Dion)

Recueil: A l’orée du danger
Traduction:
Editions: Actes Sud

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Toise (José Saramago)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2022




    
Toise

L’amour ne se laisse mesurer, il mesure,
Juge incorruptible qui étalonne tout
A la toise de sa démesure.
Appelés nous le sommes tous : seuls il élit
Ceux de nous qui sauront convertir
En flamme verticale l’heure consumée.
En mains tendues les doigts retenus.

***

Craveira

Não deixa amor que o meçam, antes mede,
Incorrupto juiz que tudo afere
Na craveira da sua desmedida.
Chamados todos somos: só elege
Quantos de nós soubermos converter
Em chama vertical a hora consumida,
Em mãos de dar os dedos de reter.

(José Saramago)

Recueil: Les poèmes possibles
Traduction: Nicole Siganos
Editions: Jacques Brémond

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Noire comme la pupille (Marina Tsvétaïéva)

Posted by arbrealettres sur 7 mai 2022



Illustration: Christian Schloe
    
Noire comme la pupille, comme la pupille
toi qui suces la lumière,
je t’aime, nuit vigilante.

Laisse ma voix te chanter,
toi l’aïeule des chants,
dont la main tient la bride des quatre vents.

Lorsque je t’appelle, que je te rends gloire,
je ne suis qu’un coquillage
où l’océan ne s’est pas encore tu.

Nuit, j’ai déjà trop regardé
dans la pupille de l’homme !
Réduis-moi en cendres, nuit, soleil noir !

(Marina Tsvétaïéva)

 

Recueil: Insomnie et autres poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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LA MONTAGNE AIGRIE (Vangelis Kassos)

Posted by arbrealettres sur 2 mai 2022



Illustration: Frédérique Manley
    
LA MONTAGNE AIGRIE

un jour cette montagne aigrie s’ouvrira
et une rivière lumineuse se déchaînera
dans la soif
comme un sanglot ou comme un rire
je ne saurais dire

un jour
le silence s’essoufflera
il appellera ses vagues
il ira se retirer dans les profondeurs
auprès de ses affreux naufrages

un jour
tu auras une coupe à boire
et une voix pour parler
alors tel un voleur
dépêche-toi
car la solitude
cruelle mégère
pourrait rentrer à l’improviste

(Vangelis Kassos)

 

Recueil: Cent poèmes
Traduction: Ioannis Dimitriadis
Editions: http://www.ainigma.net

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