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Poésie

Posts Tagged ‘applaudir’

il ne désire aucun miroir (Pierre Dhainaut)

Posted by arbrealettres sur 29 août 2019


pluie

La pluie battant les vitres,
un enfant l’applaudit,
il ne désire aucun miroir.

(Pierre Dhainaut)

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JE RENTRE (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 5 avril 2019




    
JE RENTRE

Mon chapeau se cabosse
j’entends maintenant les aboiements récents
la fenêtre m’applaudit aussitôt
et ma table sourit

je regarde au loin le bouton de sonnette
et le vent actif agace mes cheveux
l’être innombrablement ailé je le suis aussitôt
je partis oubliant mon cerveau

(Philippe Soupault)

 

Recueil: Poèmes et Poésies
Traduction:
Editions: Grasset

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PERPLEXITÉS (Yannis Ritsos)

Posted by arbrealettres sur 6 janvier 2019




    
PERPLEXITÉS

Il se mit debout sur le toit. «Maintenant, je vais sauter », cria-t-il.
Les gens en bas, immobiles, retenaient leur respiration.
Il fit un geste élégant — préparation au saut —, se ravisa,
descendit tranquillement, le dos tourné à l’escalier.
Pendant quelques secondes, ne sachant pas quel parti prendre,
les gens rirent, s’irritèrent.
Finalement ils applaudirent.
Deux femmes seulement regardaient ailleurs.
La troisième manquait.

(Yannis Ritsos)

 

Recueil: La nuit dans le miroir et autres poèmes
Traduction: Dominique Grandmont
Editions: Gallimard

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Accroupis sur la nuit d’août (Vénus Khoury-Ghata)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2018




    
Accroupis sur la nuit d’août
les gens des terres creuses applaudissent à chaque chute d’étoile
l’univers disent-ils n’en a pas pour longtemps
les oiseaux qui assuraient l’équilibre entre le haut et le bas ont vieilli
l’horizon tangue à la moindre chute de feuille

un oiseau descendant d’une lignée prestigieuse suit les méandres
de sa plume sur ta page
comment choisir entre deux mots alors qu’il hésite à atterrir
la page est terre inhospitalière et la plume qui écrit fusil de chasseur.

(Vénus Khoury-Ghata)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Gens de l’eau
Traduction:
Editions: Mercure de France

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Moi, j’aime le music-hall (Charles Trenet)

Posted by arbrealettres sur 2 octobre 2018



 

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Moi, j’aime le music-hall

Moi j´aime le music-hall
Ses jongleurs, ses danseuses légères
Et le public qui rigole
Quand il voit des petits chiens blancs portant faux col
Moi, j´aime tous les samedis
Quand Paris allume ses lumières
Prendre vers huit heures et demie
Un billet pour être assis
Au troisième rang pas trop loin
Et déjà voilà le rideau rouge
Qui bouge, qui bouge, bouge
L´orchestre attaque un air ancien du temps de Mayol
Bravo c´est drôle, c´est très drôle
Ça c´est du bon souvenir
Du muguet qui ne meure pas, cousine
Ah! comme elles poussaient des soupirs
Les jeunes fillettes d´antan
Du monde ou d´l´usine
Qui sont devenues à présent
De vieilles grand-mamans
Ce fut vraiment Félix Mayol
Le bourreau des cœurs de leur music-hall

Mais depuis mille neuf cent
Si les jongleurs n´ont pas changé
Si les petits toutous frémissants
Sont restés bien sages sans bouger
Debout dans une pose peu commode
Les chansons ont connu d´autres modes.
Et s´il y a toujours Maurice Chevalier,
Édith Piaf, Tino Rossi et Charles Trenet
Il y a aussi et Dieu merci,
Patachou, Brassens, Léo Ferré.

Moi, j´aime le music-hall
C´est le refuge des chanteurs poètes
Ceux qui se montent pas du col
Et qui restent pour ça de grandes gentilles vedettes
Moi j´aime Juliette Gréco
Mouloudji, Ulmer, les Frère Jacques
J´aime à tous les échos
Charles Aznavour, Gilbert Bécaud
J´aime les boulevards de Paris
Quand Yves Montand qui sourit
Les chante et ça m´enchante
J´adore aussi ces grands garçons
De la chanson,
Les Compagnons
Ding, ding, dong
Ça c´est du music-hall
On dira tout c´qu´on peut en dire
Mais ça restera toujours toujours l´école
Où l´on apprend à mieux voir,
Entendre, applaudir, à s´émouvoir
En s´fendant de larmes ou de rire.
Voilà pourquoi, la, do, mi, sol,

J´aim´rai toujours le music-hall
J´aim´rai toujours, toujours, toujours,
Toujours, toujours, le music-hall.

(Charles Trenet)

 

 

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Il était un petit homme (Anonyme)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2018




Il était un petit homme, pirouette, cacahouète
Il était un petit homme
qui avait une drôle de maison

Sa maison est en carton, pirouette, cacahouète
Sa maison est en carton
ses escaliers sont en papier.

Le premier qui y mont’ra, pirouette, cacahouète
Le premier qui y mont’ra
se cassera le bout du nez.

C’est le facteur qui y est monté, pirouette, cacahouète
C’est le facteur qui y est monté
il s’est cassé le bout du nez.

On lui a raccommodé, pirouette, cacahouète
On lui a raccommodé
avec du joli fil doré.

Le fil doré s’est envolé, pirouette, cacahouète
Le fil doré s’est envolé
le bout du nez s’est envolé.

Un avion à réaction, pirouette, cacahouète
Un avion à réaction
a rattrapé le bout du nez.

Mon histoire est terminée, pirouette, cacahouète
Mon histoire est terminée.
Messieurs, mesdames applaudissez.

(Anonyme)

Illustration: Manola C.

 

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L’oiseau ne vole pas (Pierre Garnier)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2018



 


    
l’oiseau ne vole pas
il se cueille

au-dessous
la Terre
vague et aigüe.

(l’oiseau se dissout dans l’air
comme l’aube)

suspendu à l’air —
écarté
il se raccorde.

ll applaudit au vol.

Puis dans l’air
il suspend l’air.

Sa fin est au centre.

(Pierre Garnier)

 

Recueil: Ornithopoésie
Traduction:
Editions: Des Vanneaux

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Jardin (Hédi Kaddour)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2018



jardin

nous rendrez-vous cet air du Luxembourg
que vous traverserez longtemps sous notre regard
ironique et doux marchant non vers un prince
des plaisirs défendus mais un but sans attraits
le travail imperceptible d’équarrissage contre vous
les ombres mortes qu’il vous fallait discriminer
avec leur poids d’aïeules et tandis que nous
n’en finissions pas de jouer à l’avant-monde
et d’applaudir entre les voitures et les affiches
nos allures de guerriers mourants et vainqueurs
vous n’étiez même pas sûre à votre jeu
de rencontrer à temps la chaleur de votre corps
et l’envie folle d’être attendue perce-t-elle
aujourd’hui sous cette légèreté d’inadvertance
qui vous a fait garder le bleu marine pour au moins
le tissu tendre de votre écharpe striée d’éclairs
brun et or l’abdomen des abeilles quand vous passez
près des ruchers modèles où se renoue le temps discret

(Hédi Kaddour)


Illustration

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Victoire éclair (René Char)

Posted by arbrealettres sur 7 janvier 2018




    
Victoire éclair

L’oiseau bêche la terre,
Le serpent sème,
La mort améliorée
Applaudit la récolte.

Pluton dans le ciel!

L’explosion en nous.

Là seulement dans moi.

Fol et sourd, comment pourrais-je l’être davantage?

Plus de second soi-même, de visage changeant, plus de saison pour la flamme et de saison pour l’ombre!

Avec la lente neige descendent les lépreux.

Soudain l’amour, l’égal de la terreur,
D’une main jamais vue arrête l’incendie, redresse le soleil, reconstruit l’Amie.

Rien n’annonçait une existence si forte.

(René Char)

 

Recueil: Commune présence
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’ordre logique s’effondra (Vénus Khoury-Ghata)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2017



 

L’ordre logique s’effondra avec le toit
nous applaudissions les pluies entre nos murs
rapiécions avec ferveur les accrocs des toiles d’araignée
Nous étions fétichistes
irrévérencieux
ma mère tirait les cartes aux merles moqueurs
mon père frappait le sable
frappait Dieu
à la saignée des nuages
sur le dos courbé de l’air
Notre salut viendrait de la nature
nous attraperions les rousseurs des automnes
le dénuement de l’hiver
nous finirions en sarments
en fagots
pour affronter les colères brèves des résineux.

(Vénus Khoury-Ghata)

Découvert chez Lara ici

Illustration: Hans Thoma

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