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Poésie

Posts Tagged ‘appliquer’

Les oiseaux (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2019



 

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Ainsi, tandis que nous nous appliquons à effacer,
cacher ou au moins brouiller nos traces,
les oiseaux pourront passer à travers notre vide,
les oiseaux qui jamais ne sont préoccupés de leurs traces.

(Roberto Juarroz)

Illustration

 

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LES SORCIERS ÉCUREUILS (Armand Robin)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2019



Illustration   
    
LES SORCIERS ÉCUREUILS

Nous appliquons la lune,
Nous étendons la brume
Sur la blessure
Inguérissable des clairières,
Sans poids.

Le soir sous la lune
Nous avons des ébats que même la lune
Ne voit pas.
Nous faisons danser
En rondes brunes
Les haltes des rivières
L’ébat des bois.

Venus sans grands projets
Veulent de grands jets;
Nous voulons un monde
En grandes robes de soirée,
Pour servir la rosée.

Nous ne sommes pour personne, nous sommes!
… lutins remuants! Les hommes
Sont trop lourds pour savoir
Que pour nous un instant les eaux
Et l’ombre ont dansé.

(Armand Robin)

 

Recueil: Ma vie sans moi suivi de Le monde d’une voix
Traduction:
Editions: Gallimard

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Je suis au-delà de toute contingence (Valérie Canat de Chizy)

Posted by arbrealettres sur 27 janvier 2019



Illustration
    
Je suis au-delà
de toute contingence
appliquée à vivre
sur la pointe des pieds
sans faire de bruit
j’étais dans un lieu
suspendu dans le temps
j’ai marché sur une vipère
dans l’herbe jaunie
elle s’est enfuie en zigzagant
le long des remparts
la vue surplombait
le bleu roi du fleuve

(Valérie Canat de Chizy)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Anthologie de la poésie française 100 ans après Apollinaire
Traduction:
Editions: Maison de Poésie- Fondation Emile Blémont

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La vénus mathématique (Guy Béart)

Posted by arbrealettres sur 1 janvier 2019



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La vénus mathématique

Dans un journal à fascicules
J´ai lu en lettres majuscules
Qu´on ne peut vivre sans calcul
En ce siècle où les automates
Sont les grands rivaux des primates
Qu´on ne peut plus vivre sans maths

Comme d´ailleurs depuis toujours
Quel que soit l´homme et ses recours
On ne peut vivre sans amour

Moi qui tiens fermement à vivre
Et qui suis lucide autant qu´ivre
J´ai uni le lit et le livre

J´ai rencontré au point critique
La femme la plus érotique
Une Vénus mathématique
Vive la nouvelle Vénus mathématique!

Au bal de l´Hôtel Terminus
Je vis soudain cette Vénus
Qui embrasa mes cosinus

C´était la folle nuit du rythme
Au bras d´un jeune sybarite
Elle exhibait ses logarithmes

C´était pour moi un jour de bol
La voilà qui me carambole
D´un grand sourire en hyperbole

C´était la grande nuit du rut
Le temps de pousser un contre-ut
Je l´attaquai comme une brute

Grâce à son triangle et son pis
Aussi rond que le nombre Pi
Elle augmenta mon entropie
Vive la nouvelle Vénus mathématique!

Et moi, très vite, j´adorai
Cette enfant qui suivait de près
De toute science les progrès

Les manuels, les opuscules
Les courbes, les tests, les calculs
Lui tenaient lieu de crépuscules

Au saint nom des mathématiques
Elle appliqua ses statistiques
À nos étreintes frénétiques

Au diable les gens qui attifent
Leur passion de préservatifs
Ou de retraits intempestifs

Bientôt, nous réglâmes tous nos
Exercices abdominaux
Selon la méthode Ogino
Vive la nouvelle Vénus mathématique

Et la Vénus aux équations
Me fit goûter des sensations
D´une nouvelle dimension

Les entités humanoïdes
Aux formes hyperboloïdes
Charment les spermatozoïdes

Dans mon vieux grenier en spirale
Chaque soir, quel concert de râles
Quand je frôlais son intégrale

Elle avait uni sans histoire
La mécanique ondulatoire
Et les positions giratoires

Mes caresses venaient en troupe
Selon la théorie des groupes
Pour réunir jambes et croupes
Vive la nouvelle Vénus mathématique

Hélas, un jour, un jour funeste
Elle me fit passer un test
Qui lui démontra sans conteste
En comparant des numéros
Que j´étais un pauvre zéro
Elle prit la tangente au trot

Avec ses courbes inconnues
Dans l´espace discontinu
Elle s´en alla toute nue
Vive la nouvelle Vénus mathématique!

(Guy Béart)

 

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L’ARBRE (Pierre Louÿs)

Posted by arbrealettres sur 16 juillet 2018



Illustration 
    
L’ARBRE

Je me suis dévêtue pour monter à un arbre ;
mes cuisses nues embrassaient l’écorce lisse et humide;
mes sandales marchaient sur les branches.

Tout en haut, mais encore sous les feuilles et à l’ombre de la chaleur,
je me suis mise à cheval sur une fourche écartée
en balançant mes pieds dans le vide.

Il avait plu. Des gouttes d’eau tombaient et coulaient sur ma peau.
Mes mains étaient tachées de mousse,
et mes orteils étaient rouges, à cause des fleurs écrasées.

Je sentais le bel arbre vivre quand le vent passait au travers;
alors je serrais mes jambes davantage et j’appliquais mes lèvres ouvertes
sur la nuque chevelue d’un rameau.

(Pierre Louÿs)

 

Recueil: Les chansons de Bilitis
Traduction:
Editions: Gallimard

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A la surface (Dorothée Volut)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2018



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A la surface

JE VAIS CESSER DE PARLER,
je vais poser mes lèvres sur une matière
je ne veux plus parler,
je ne veux vais je ne veux vais je ne veux vais poser mes lèvres
sur un volume surface solide plein de résistance molle
et contact les appliquer longtemps, longtemps
les coller complètement ni suce ni aspiration,
justement appliquer le vide contre le vide
et toucher la surface en face,
je veux vais me coller à la surface en face,
je veux vais me faire glisser jusque sur sa face
je veux vais supprimer l’air entre mes lèvres et l’autre surface,
je vais me coller à la surface
je vais y aller je vais remonter à la surface,
je vais aspirer la bobine d’air entre
et arriverai collée à la surface de l’autre corps (…)

(Dorothée Volut)

Découvert ici: http://revuedepoesie.blog.lemonde.fr/

Illustration

 

 

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Le chant des singes (Yuan Kie)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2017



Le chant des rames

Sur mille lieues, les forêts de platanes
s’engouffrent dans la brume et la pluie.
Matin et soir, l’on entend crier les singes.
Posant mes rames, je m’applique à traduire leur chant.
Il est pareil à la musique des monts et des nuages de la haute antiquité.

(Yuan Kie)

 

 

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LES SORCIERS ÉCUREUILS (Armand Robin)

Posted by arbrealettres sur 8 août 2016



LES SORCIERS ÉCUREUILS

Nous appliquons la lune,
Nous étendons la brume
Sur la blessure
Inguérissable des clairières,
Sans poids.

*

Le soir sous la lune
Nous faisons danser
En rondes brunes
Les haltes des rivières
L’ébat des bois

*

Venus sans grands projets
Veulent de grands jets ;
Nous voulons un monde
En grandes robes de soirée,
Pour servir la rosée.

*

Nous ne sommes pour personne, nous sommes!
Les lutins remuent, les hommes
Sont trop lourds pour savoir
Que pour nous un instant les eaux
Et l’ombre ont dansé.

(Armand Robin)

 

 

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Être des frères (Charles Vildrac)

Posted by arbrealettres sur 19 février 2016



… Puisqu’autour de ce feu voici nos coeurs tout nus
Sans honte et simplement tenant assemblée
Comme il sied à ceux-là d’une tribu
Qui ont fait un bouquet de leurs destinées,
O nous, si réchauffés autour de ce coeur chaud,
Étranglons, étouffons en nous les chiens voraces
Que l’ancêtre Caïn a laissés dans la race,
Ces chiens de toute humanité, griffes et crocs!
Ah! étranglons-les pendant qu’ils dorment!
Et que nous appliquions notre vouloir d’hommes
Au bonheur légendaire
Dont s’est éprise, au long des temps, cette race :
Être des frères, ô vous mes frères!
Et des frères qui s’embrassent.

(Charles Vildrac)

Illustration; Peter Paul Rubens

 

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J’ai chaud de vos coeurs (Charles Vildrac)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2016



… j’ai chaud de vos coeurs
qui brûlent ensemble
à l’entour de moi,
et ma piété les contient tous
comme une église.
Vous êtes là et je vous vois, vos yeux sont bons.
Tout est tranquille et je repose;
j’allonge ma quiétude,
ainsi qu’un grand chien noir,
aux pieds de votre vigilance

(Charles Vildrac)

Illustration: Eloi Flore

 

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