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Poésie

Posts Tagged ‘apprécier’

Insecte Etonné (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2019



 

Un insecte
Etonné

D’avoir du temps
De libre,

Se met à flaner
Comme s’il appréciait.

(Guillevic)

 

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Je m’embête… (Francis Jammes)

Posted by arbrealettres sur 8 juillet 2018



Illustration: William Bouguereau
    
Je m’embête; cueillez-moi des jeunes filles
et des iris bleus à l’ombre des charmilles
où les papillons bleus dansent à midi,
parce que je m’embête
et que je veux voir de petites bêtes
rouges sur les choux, les ails (on dit aulx), les lys.
Je m’embête.

Ces vers que je fais m’embêtent aussi,
et mon chien se met à loucher, assis,
en écoutant la pendule
qui l’embête comme je m’embête.
Vraiment ces trois cils de ce chien de chasse,
de ce chien de poète,
sont cocasses.

Je voudrais savoir peindre. Je peindrais
une prairie bleue, avec des mousserons,
où des jeunes filles nues danseraient en rond
autour d’un vieux botaniste désespéré,
porteur d’un panama et d’une boîte verte
et d’un énorme filet à papillons
vert.

Car j’apprécie les jeunes filles
et les gravures excessivement coloriées
où l’on voit un vieux botaniste éreinté
qui longe un torrent et se dirige
vers l’auberge.

(Francis Jammes)

 

 

 

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Les feuilles, les taillis (Eugène Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 29 mai 2018



Illustration    
    
Les feuilles, les taillis
N’ont pas besoin de vous, oiseaux,
A crier tant,

Pour apprécier le goût du ciel
Au petit jour.

(Eugène Guillevic)

 

Recueil: Terraqué suivi de Exécutoire
Traduction:
Editions: Gallimard

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VIDONS NOS VERRES (Wei Zhuang)

Posted by arbrealettres sur 18 mai 2018



trinquer

VIDONS NOS VERRES

Buvons ce soir tout notre soûl
Oublions demain devant la coupe
J’apprécie votre accueil si hospitalier
le gobelet rempli de votre amitié

Attention à ce que la nuit printanière soit courte
Les verres ne sont jamais trop pleins
Trinquons une fois encore
A notre vie qui passe comme l’éclair

(Wei Zhuang)

 

 

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Les années, dis-tu (Johann Wolfgang Von Goethe)

Posted by arbrealettres sur 25 avril 2018



 

Illustration: Flo DS
    

« Les années, dis-tu, t’ont enlevé tant de choses,
La jouissance du jeu des sens,
Le souvenir du délicieux badinage
De la veille, les pérégrinations lointaines
N’ont plus de charme, non plus
Que l’ornement naguère si apprécié, la louange venue d’en haut,
Autrefois si douce. La satisfaction de ta propre action
Ne jaillit plus pour toi ; l’aventureuse audace te manque
Je ne sais vraiment pas ce qui peut bien te rester encore ?»
Il me reste assez ! Il me reste l’idée et l’amour.

(Johann Wolfgang Von Goethe)

 

Recueil: Goethe Le Divan
Traduction: Henri Lichtenberger
Editions: Gallimard

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Je voudrais pas crever (Boris Vian)

Posted by arbrealettres sur 25 décembre 2017



Illustration: Martin Matje
    

Je voudrais pas crever
Avant d’avoir connu
Les chiens noirs du Mexique
Qui dorment sans rêver
Les singes à cul nu
Dévoreurs de tropiques
Les araignées d’argent
Au nid truffé de bulles
Je voudrais pas crever
Sans savoir si la lune
Sous son faux air de thune
A un coté pointu
Si le soleil est froid
Si les quatre saisons
Ne sont vraiment que quatre
Sans avoir essayé
De porter une robe
Sur les grands boulevards
Sans avoir regardé
Dans un regard d’égout
Sans avoir mis mon zobe
Dans des coinstots bizarres
Je voudrais pas finir
Sans connaître la lèpre
Ou les sept maladies
Qu’on attrape là-bas
Le bon ni le mauvais
Ne me feraient de peine
Si si si je savais
Que j’en aurai l’étrenne
Et il y a z aussi
Tout ce que je connais
Tout ce que j’apprécie
Que je sais qui me plaît
Le fond vert de la mer
Où valsent les brins d’algues
Sur le sable ondulé
L’herbe grillée de juin
La terre qui craquelle
L’odeur des conifères
Et les baisers de celle
Que ceci que cela
La belle que voilà
Mon Ourson, l’Ursula
Je voudrais pas crever
Avant d’avoir usé
Sa bouche avec ma bouche
Son corps avec mes mains
Le reste avec mes yeux
J’en dis pas plus faut bien
Rester révérencieux
Je voudrais pas mourir
Sans qu’on ait inventé
Les roses éternelles
La journée de deux heures
La mer à la montagne
La montagne à la mer
La fin de la douleur
Les journaux en couleur
Tous les enfants contents
Et tant de trucs encore
Qui dorment dans les crânes
Des géniaux ingénieurs
Des jardiniers joviaux
Des soucieux socialistes
Des urbains urbanistes
Et des pensifs penseurs
Tant de choses à voir
A voir et à z-entendre
Tant de temps à attendre
A chercher dans le noir

Et moi je vois la fin
Qui grouille et qui s’amène
Avec sa gueule moche
Et qui m’ouvre ses bras
De grenouille bancroche

Je voudrais pas crever
Non monsieur non madame
Avant d’avoir tâté
Le goût qui me tourmente
Le goût qu’est le plus fort
Je voudrais pas crever
Avant d’avoir goûté
La saveur de la mort…

(Boris Vian)

 

Recueil: Je voudrais pas crever
Traduction:
Editions:

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Un plaisir simple (Francis Combes)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    
Un plaisir simple

Il faudrait que sur la Terre
toutes les choses soient comme ça
et que même les tâches quotidiennes
au lieu d’être des corvées
se changent en plaisirs simples.
Par exemple :
éplucher les pommes de terre
pour préparer le repas
de ceux qu’on aime
et avec qui on vit.
Leur ôter délicatement la peau
avec un économe,
les couper en morceaux,
ne pas les laver,
apprécier la pomme de terre pour elle-même
pour sa présence, sa rondeur,
son poids de réalité,
sa finesse,
la fermeté de sa chair,
sa couleur jaune pâle
(sans métaphore et sans allégorie)
et ne pas penser, surtout,
à la chair des filles.

(Francis Combes)

 

 

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Peux-tu parler du chant (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 28 mars 2017



Peux-tu parler du chant,
Toi qui mets le silence
Au-dessus de tout?

Oui, seul
Peut apprécier le chant

Celui qui confie
Sa joie au silence.

Seul celui-là
Sait peser le chant.

(Guillevic)

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Pourquoi attendre (Angélique Planchette)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2016



Pourquoi attendre
que l’instant soit souvenir
pour l’apprécier ?

(Angélique Planchette)

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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Je connais tes artifices (Rabîndranâth Tagore)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2016



De peur que je n’apprenne à te connaître trop facilement, tu joues avec moi.
Tu m’éblouis de tes éclats de rire pour cacher tes larmes.
Je connais tes artifices.

Jamais tu ne dis le mot que tu voudrais dire.
De peur que je ne t’apprécie pas, tu m’échappes de cent façons.
De peur que je te confonde avec la foule, tu te tiens seule à part.
Je connais tes artifices.

Jamais tu ne prends le chemin que tu voudrais prendre.
Tu demandes plus que les autres, c’est pourquoi tu es silencieuse.
Avec une folâtre insouciance, tu évites mes dons.
Je connais tes artifices.

Jamais tu ne prends ce que tu voudrais prendre.

(Rabîndranâth Tagore)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

Illustration: Anne-Marie Zilberman

 

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