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Poésie

Posts Tagged ‘apprendre’

A ma Mère (Hannah Senesh)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2017




    
A ma Mère

Où as-tu appris à sécher tes larmes
à supporter en silence la douleur
à enfouir dans ton cœur chagrin blessures
souffrance tourment et peine ?

Ecoute le vent !
La gueule béante
il hurle par monts et par vaux

Regarde l’océan
avec fureur et colère
il fouette d’énormes falaises

la nature toute vibrante et frémissante
brise chaque barrière et chaque obstacle

D’où vient la sagesse de ton cœur ?
Où as-tu puisé cette force ?

(Hannah Senesh)

 

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Ho ! J’cours tout seul (William Sheller)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2017



la-solitude-du-coureur-de-fond_reference

Ho ! J’cours tout seul

La vie c’est comme une image
Tu t’imagines dans une cage
Ou ailleurs
Tu dis « C’est pas mon destin »
Ou bien tu dis « C’est dommage »
Et tu pleures
On m’a tout mis dans les mains
J’ai pas choisi mes bagages
En couleur
Je cours à côté d’un train
Qu’on m’a donné au passage
De bonheur
Et je regarde ceux
Qui se penchent aux fenêtres
J’me dis qu’il y en a parmi eux
Qui me parlent peut-être
Oh j’cours tout seul
Je cours et j’me sens toujours tout seul

Et si j’te comprends pas
Apprends-moi ton langage
Dis-moi les choses qui m’font du bien
Qui m’remettent à la page
Oh j’cours tout seul
Je cours et j’me sens toujours tout seul

Pour des histoires que j’aime bien
J’ai parfois pris du retard
Mais c’est rien
J’irai jusqu’au bout du chemin
Et quand ce s’ra la nuit noire
Je s’rais bien
Faut pas qu’tu penses à demain
Faut pas dormir au hasard
Et tu tiens
Je cours à côté d’un train
Qu’on m’a donné au passage
Un matin
Et je regarde ceux
Qui s’allument aux fenêtres
J’me dis qu’il y en a parmi eux
Qui m’aimeraient peut-être
Oh j’cours tout seul
Je cours et j’me sens toujours tout seul

Et si j’te comprends pas
Apprends-moi ton langage
Dis-moi les choses qui m’font du bien
Qui m’remettent à la page
Oh j’cours tout seul
Je cours et j’me sens toujours tout seul

Et je regarde ceux
Qui s’endorment aux fenêtres
J’me dit qu’il y en a parmi eux
Qui m’oublient peut-être
Oh j’cours tout seul
Je cours et j’me sens toujours tout seul

On vous dira sans doute
Que mon histoire est bizarre
Je sais mais j’peux pas m’arrêter
Vu qu’y a plus d’noms sur les gares
Oh j’cours tout seul
Je cours et j’me sens toujours tout seul

(William Sheller)

Illustration

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On a peu de temps (Antoine Emaz)

Posted by arbrealettres sur 2 octobre 2017



on a peu de temps

dans l’eau lente puis stagnante
on prend sans voir
une figure d’arbre mort
d’oiseau figé

ainsi même des désirs
ou des rêves demeurés rêves
il ne reste vite
qu’un peu de sable clair
ou bien de vase

***

en continu les jours
on tente de s’enraciner
plus loin à l’intérieur
dans quelques visages
quelques poèmes qui durent
au travers de la masse
des actes des sommeils

***

à la longue
on apprend à vivre
de peu
et à tenir
dans ce long combat sans adversaire
sur qui s’appuyer
mémoire
épaisseur mouvante
enlisement
quand dehors
vite
c’est l’affolement matinal et présent du ciel

***

mémoire vaine
les êtres deviennent flous
puis noms retenus sans visage
et puis nuages qui filent
ou bien terre

on continue
avec ceux qui vivent
parce qu’il n’y a rien d’autre

(Antoine Emaz)

Illustration: Zdzislaw Beksinski

 

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N’entre pas sans violence dans cette bonne nuit (Dylan Thomas)

Posted by arbrealettres sur 25 septembre 2017




    
N’entre pas sans violence dans cette bonne nuit,
Le vieil âge devrait brûler et s’emporter à la chute du jour ;
Rager, s’enrager contre la mort de la lumière.

Bien que les hommes sages à leur fin sachent que l’obscur est mérité,
Parce que leurs paroles n’ont fourché nul éclair ils
N’entrent pas sans violence dans cette bonne nuit.

Les hommes bons, passée la dernière vague, criant combien clairs
Leurs actes frêles auraient pu danser en un verre baie
Ragent, s’enragent contre la mort de la lumière.

Les hommes violents qui prient et chantèrent le soleil en plein vol,
Et apprenant, trop tard, qu’ils l’ont affligé dans sa course,
N’entrent pas sans violence dans cette bonne nuit.

Les hommes graves, près de mourir, qui voient de vue aveuglante
Que leurs yeux aveugles pourraient briller comme météores et s’égayer,
Ragent, s’enragent contre la mort de la lumière.

Et toi, mon père, ici sur la triste élévation
Maudis, bénis-moi à présent avec tes larmes violentes, je t’en prie.
N’entre pas sans violence dans cette bonne nuit.
Rage, enrage contre la mort de la lumière.

***

DO NOT GO GENTLE INTO THAT GOOD NIGHT

Do not go gentle into that good night,
Old age should burn and rage at close of day;
Rage, rage against the dying of the light.

Though wise men at their end know dark is right,
Because their words had forked no lightning they
Do not go gentle into that good night.

Good men, the last wave by, crying how bright
Their frail deeds might have danced in a green bay,
Rage, rage against the dying of the light.

Wild men who caught and sang the sun in flight,
And learn, too late, they grieved it on its way,
Do not go gentle into that good night.

Grave men, near death, who see with blinding sight
Blind eyes could blaze like meteors and be gay,
Rage, rage against the dying of the light.

And you, my father, there on the sad height,
Curse, bless me now with your fierce tears, I pray.
Do not go gentle into that good night.
Rage, rage against the dying of the light.

(Dylan Thomas)

voir ici aussi: http://ambitrad.hypotheses.org/10

 

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Tu trouveras davantage dans la forêt que dans les livres (Bernard de Clairvaux)

Posted by arbrealettres sur 24 septembre 2017



Crois-moi, car j’en ai fait l’expérience,
Tu trouveras davantage
Dans la forêt que dans les livres…
Les arbres et le sol t’apprendront
ce qu’aucun maître ne te dira…

(Bernard de Clairvaux)

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Comme horizon la neige (Pierre Dhainaut)

Posted by arbrealettres sur 20 septembre 2017




    
Comme horizon la neige, n’avons-nous appris
qu’à nous résigner ? Ce mot qui veut conclure
nous appartient, mais le silence nous déborde
autant qu’il nous rassemble, l’amitié, la prière,
a-t-elle une autre fin, que nos dieux y renaissent ?

Nous ne respirons que pour eux,
sans les nommer, sans borner le chemin,
sans asservir l’élan farouche, et comme viatique
douleur, louanges égales, indivisibles.

(Pierre Dhainaut)

 

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N’espérer de secours (Pierre Dhainaut)

Posted by arbrealettres sur 19 septembre 2017




    
N’espérer de secours
que de la gorge,
apprendre à faire corps avec l’air
sans réserve
en ne respirant qu’à son rythme
au centre,
au loin…

(Pierre Dhainaut)

 

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Je me dévêts (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 16 septembre 2017




    
Je me dévêts

Je me dévêts, j’annule tous mes rôles.
Guerre, dis-tu ? J’ai fait toutes les guerres.
J’étais le mort, j’apprenais le silence,
je donnais l’heure exacte de la vie

ou bien, vivant, je ne savais plus vivre,
je me savais par un autre vécu,
je me cherchais dans les pages des livres
comme un secret caché depuis longtemps.

Ma préhistoire est celle des orages.
Le rideau noir est posé sur mes yeux.
Le monde est rouge. A qui veut bien m’entendre,
je ne dis plus que paroles de sang.

Quel est ce moi qui n’affleure à moi-même
que pour m’offrir un obstacle de plus ?
Et toi, la voix qui n’éteins plus le feu,
dissipe-toi dans les brumes de l’aube.

(Robert Sabatier)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Editions: Albin Michel

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Tout dire (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 13 septembre 2017



 

Martin Jarrie méduse3copie73

Tout dire

Le tout est de tout dire, et je manque de mots
Et je manque de temps, et je manque d’audace
Je rêve et je dévide au hasard mes images
J’ai mal vécu, et mal appris à parler clair.

Tout dire les roches, la route et les pavés
Les rues et leurs passants les champs et les bergers
Le duvet du printemps la rouille de l’hiver
Le froid et la chaleur composant un seul fruit

Je veux montrer la foule et chaque homme en détail
Avec ce qui l’anime et qui le désespère
Et sous ses saisons d’homme tout ce qui l’éclaire
Son espoir et son sang son histoire et sa peine

Je veux montrer la foule immense divisée
La foule cloisonnée comme un cimetière
Et la foule plus forte que son ombre impure
Ayant rompu ses murs ayant vaincu ses maîtres

La famille des mains, la famille des feuilles
Et l’animal errant sans personnalité
Le fleuve et la rosée fécondants et fertiles
La justice debout le pouvoir bien planté

(Paul Eluard)

Illustration: Martin Jarrie

 

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Cette terre n’est pas à toi (Mohammad Iqbal)

Posted by arbrealettres sur 8 septembre 2017



    

Qui fait germer la graine
dans les ténèbres de la terre ?

Qui soulève le nuage
sur la crête de la vague ?

Qui amène ici de l’ouest
le vent bienfaisant ?

Qui a fait ce sol
et qui cette lumière du soleil ?

Qui a empli de grains
les épis de blé ?

Qui a appris
leur ronde aux saisons ?

Propriétaire!
Cette terre n’est pas à toi
ni à tes ancêtres;

Non, elle n’est pas à toi
ni à moi.

(Mohammad Iqbal)

 

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