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Poésie

Posts Tagged ‘apprendre’

Ce que le coeur apprend (Lydie Dattas)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2018


mélancolie

Le malheur m’a appris la chose la plus belle,
ce que le coeur apprend auprès des roses rouges:
qui attend quelque chose ne peut rien recevoir,
puique la beauté vient quand on ne l’attend pas.
Le ciel exige tout de ceux qui sont parfaits,
les anges sont plus beaux que tout ce qu’on peut voir,
la beauté de la nuit est notre seul espoir,
la pourpre de l’aurore n’est pas celle du soir
et la beauté n’est pas ce qu’il y a de plus beau.
Le malheur m’a aimée si intelligemment:
la beauté permettait aux roses de s’ouvrir,
la violette avouait son faible pour le ciel,
comme si le malheur n’avait pas existé.

(Lydie Dattas)

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Je t’aime, toi (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2018



Je t’aime, toi… Mais ne va point me plaindre,
Arbre de vie aux fruits délicieux,
Puisque ta forme et ses dons précieux
Sur tous mes cieux ne cessent de se peindre.

Oui, tous mes jours… Mais les nuits le font mieux :
A peine vient ma lampe de s’éteindre
L’ombre s’éveille, et mes regards de feindre
Ce qu’ils verraient et virent dans tes yeux.

L’obscurité m’ouvre ta chambre claire
Où si souvent ton sourire m’apprit
A t’inventer ce qui pourrait te plaire…

Ô pour ma soif de toi seule et d’esprit
Est-il au monde une autre récompense
Qu’être à nous deux la tendresse qui pense ?

(Paul Valéry)

Illustration: Françoise Martin-Marie

 

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Tu as tout à apprendre (Georges Perec)

Posted by arbrealettres sur 17 mai 2018



 

Tu as tout à apprendre, tout ce qui ne s’apprend pas :
la solitude, l’indifférence, la patience, le silence

(Georges Perec)

Découvert chez Lara ici

Illustration: Alberto Pancorbo

 

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Comment la confiance peut-elle vivre ? (Karyn Boyle)

Posted by arbrealettres sur 13 mai 2018



Comment la confiance peut-elle vivre ?

Autour de nous tout s’effondre
et s’effondrera plus encore
jusqu’à ce qu’il ne reste pas pierre
pour soutenir notre pied.
Comment peux-tu croire encore,
toi qui n’as pas d’objet de foi ?
Comment la confiance peut-elle vivre
ainsi, sans aucune racine ?

Est-elle elle-même racine ?
Est-elle elle-même la graine
et l’arbre du monde lui-même croît-il
d’elle ?
En ce cas notre destin réside
chez les cœurs taciturnes.
Pour l’amour de leur silence
le jour peut poindre de nouveau.

Pour l’amour de leur plénitude
le chaos peut fleurir
de la puissance des merveilles – qui se taisent
mais veulent être crues.
Tout peut être brisé.
Il guérira de nouveau
tant que reste vivant
notre germe le plus intime.

Venez, tout ce qui croît intégralement
dans une transparente évidence,
à nous, nous qui comptons
et sommes sur nos gardes,
apprenez-nous que ce jour
où nous cesserons de compter
sera l’accomplissement de notre vie
et notre puissance d’avenir !

(Karyn Boyle)

Découvert ici: https://eleonoreb.wordpress.com/

 

 

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Tu n’as rien appris (Georges Perec)

Posted by arbrealettres sur 10 mai 2018



 

Tu n’as rien appris, sinon que la solitude n’apprend rien, que l’indifférence n’apprend rien:
c’était un leurre, une illusion fascinante et piégée.

Tu étais seul et voilà tout et tu voulais te protéger:
qu’entre le monde et toi les ponts soient à jamais coupés.

Mais tu es si peu de chose et le monde est un si grand mot:
tu n’as jamais fait qu’errer dans une grande ville,
que longer sur quelques kilomètres des façades, des devantures, des parcs et des quais.

L’indifférence est inutile.

(Georges Perec)

Découvert chez Lara ici

Illustration: Alberto Pancorbo

 

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Je ne sais pas qui je suis (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2018



Guy Lévis Mano s

 

je ne sais pas qui je suis
je viens de terres très lointaines
tant de sangs en moi sont tourmentés
mon grand-père était oriental
et j’ai on me l’a dit une aïeule juive
je ne sais pas qui je suis
mes lèvres n’acceptent jamais les lèvres présentes
je sais qu’il doit exister des lèvres meilleures
je ne sais pas où
là-bas
et mes lèvres sont tendues vers les inexistences
toujours

ils m’ont dit
votre marche est indolente
vos paroles ont des lenteurs chantantes
elles sont toutes de douceur
ils m’ont dit aussi
avec leurs yeux déchirés d’amertume
vous avez des sursauts cruels
vous étranglez les cœurs avec vos dents ardentes
et votre inconscience est terrible

je ne sais pas
j’ai parfois des yeux qui ne sont plus les miens
je viens de terres si lointaines
et tant de races tant de passions jouent en moi
mon grand-père était oriental
mon aïeule on me l’a dit était une juive
qui avait des yeux merveilleux

mes yeux sont pleins d’horizons dorés
j’ai mes mains lourdes de tendresse
sans cesse
mon corps appelle les corps
et je n’ai jamais trouvé
celle des mains douces et de mes rêves fervents
je vais incliné vibrant vers d’incertaines beautés
parfois m’a serré le désir du vulgaire
et mes contradictions sont immenses

parce que mes yeux sont noirs
frissonnant de sensualités profondes
parce que ma peau est brune
l’on me demande d’où je viens
et qui je suis

je sais que je viens de terres très lointaines
là les mers sont couleur de beau ciel
les soirs elles pleurent d’étranges agonies
en des couleurs qui ont déteint dans mon âme
je ne sais pas les chanter
mais elles sont berçantes et nostalgiques
comme mes mers étales

je sais que je viens de très loin
mais je ne sais pas qui je suis
mes solitudes et mes absences incomparables
ne me l’ont jamais appris

(Guy Lévis Mano)

 

 

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Poids d’espérance (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2018




    
Poids d’espérance
(en mémoire d’un moment de profondeur)

Présence d’étincelle
Bientôt fuie

Tremblée
et passe

Bientôt
Ressentie dans l’attente

Elle s’est retirée et je l’ai sue

Lampe
À jamais

Trésor d’être et ensemble à aimer
Et j’apprendrai ta foi de poursuivre

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

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Apprends à connaître le figuier (Claude Michel Cluny)

Posted by arbrealettres sur 28 avril 2018



 

le-vieux-puits-et-le-figuier

apprends à connaître le figuier
qui croît près de ton puits.
Contemple et enchante-toi
du carré de menthe
que ton jardin protège. Écoute
le chant mince de la source.
Le monde sera
tout entier dans la paume
de ta main
et toi respirant son souffle.

(Claude Michel Cluny)

Illustration

 

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DEUXIÈME CHANSON DE LA DAME (William Butler Yeats)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2018



 

DEUXIÈME CHANSON DE LA DAME

Quelle sorte d’homme est-il, celui qui vient
S’allonger entre tes jambes ?
Qu’importe, nous ne sommes que des femmes.
Lave-toi; parfume ton corps ;
J’ai des armoires pleines de fleurs séchées,
Je puis en parsemer les draps.
Le Seigneur aie pitié de nous.

ll aimera mon âme comme si
De corps il n’était point du tout,
Et il aimera ton corps
Sans être dérangé par l’âme.
Que l’amour emplisse les deux mesures de l’amour
Mais garde intacte sa substance.
Le Seigneur aie pitié de nous.

ll faudra bien que l’âme apprenne
L’amour que réclame mon sein,
Et tout le corps un amour qu’il a en commun
Avec les animaux les plus nobles.
Si l’âme peut voir, le corps toucher,
Où est la plus grande béatitude ?
Le Seigneur aie pitié de nous.

***

THE LADY’S SECOND SONG

What sort of manis coming
To fie between your feet?
What matter, we are but women.
Wash; make your body sweet;
I have cupboards of dried fragrance,
I can strew the sheet.
The Lord have mercy upon us.

He shall love my souf as though
Body were not at all,
He shall love your body
Untroubled by the soul,
Love cram love’s two divisions
Yet keep his substance whole.
The Lord have mercy upon us.

Soul must fearn a love that is
Proper to my breast,
Limbs a love in common
With every noble beast.
If soul may look and body touch,
Which is the more blest?
The Lord have mercy upon us.

(William Butler Yeats)

Illustration: Alain Bonnefoit

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Arbre de long séjour (Anne Goyen)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2018




    
Arbre de long séjour
Apprends-moi
Le chant nouveau
Toujours plus loin
De la racine
Pour une liberté
Non visible

Dis-moi le temps
Où l’homme et l’arbre
Se ressemblent
Par le rêve obstiné
De croître sans vertige
Et de vivre debout

Dis-moi l’heure
Où l’ange et l’oiseau
Se ressemblent
Par l’urgence de l’aile
Et par le chant
Qui vibre au plus haut.

(Anne Goyen)

 

Recueil: Arbres, soyez
Traduction:
Editions: Ad Solem

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