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Poésie

Posts Tagged ‘apprendre’

J’ai voulu apprendre (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2020




Je ne sais pas danser
Mais je danse

Je ne sais pas chanter
Mais je chante

Je ne sais pas exister
Mais j’existe

Je ne sais pas souffrir
Mais je souffre

Je ne veux pas aimer
Mais j’aime

Je n’ai pas voulu être
Mais je suis

J’ai voulu apprendre
Mais déjà
La mort ne voulait pas

(Werner Lambersy)

Illustration: Edvard Munch

 

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Nous nommons que des visages (Serge Pey)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2020



 

Nous nommons
que des visages

le visage de la table
et non la table
Le visage du vin
et non le vin
le visage de l’escalier
et non l’escalier

Quand on nomme
la Table
le Vin
ou l’escalier
on nomme le visage
d’une fenêtre
la fenêtre de la Table
du vin et de l’escalier

On apprend beaucoup
à regarder les fenêtres

celles où les fleurs rouges
trouent le linge pur du ciel

Les fenêtres veillent
et attendent les visages
devant elles

Mais comment nommer
le visage de la fenêtre
le visage vide de la fenêtre

Pour cela il faut
le visage du vin
celui de la table
ou celui de l’escalier
puis ensuite vider
son visage de son visage

Être une fenêtre pour se pencher
à l’intérieur du monde :

Le visage du vent sur

les fleurs rouges
et le linge pur du ciel
nous attachent soudain les yeux

Je continue la poésie
Le poète a toujours
pour tâche de continuer
la poésie
et non d’écrire des poèmes

Si l’on considère que la poésie
est une pensée
dont le travail est de penser
que de l’inconnu
la poésie n’est pas une philosophie
mais une façon d’accueillir
un inconnu avec notre inconnu
La poésie est la capacité d’accueil
des inconnus

En détruisant le précédent
poème le poète le continue

En inventant un nouveau poème
il fait revenir la poésie
à ce qu’elle ne connaît pas

Plus le poète est dans le non-connu
comme le bleu du ciel
plus il invente
sa définition

Je ne parle pas du feu
avec le feu
mais avec l’eau
ou je ne parle pas du ciel
mais avec la terre
je le reproduis

Le dernier poète qui sera hors de la
poésie
sera seul à autoriser à continuer
la poésie

(Serge Pey)

Illustration: René Magritte

 

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Le rien (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2020



Par dons modestes et mots entravés
Le cœur humain apprend
Le rien —
«Rien» est la force
Qui rend le Monde neuf —

***

By homely gifts and hindered words
The human heart is told
Of nothing —
« Nothing » is the force
That renovates the World —

(Emily Dickinson)


Illustration: Odilon Redon

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Pour passer le temps (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2020




Pour passer le temps
Qui est long
Quand on est mort

Il faut apprendre
A compter les feuilles

Et les cailloux
Là où l’on est enterré

Pour profiter du temps
Qui est si court
Lorsqu’on est vivant

Il faut apprendre
A compter
Sur les doigts de l’eau

Du nuage
A la pluie et de la pluie
Aux ruisseaux

Dans les deux cas
Vu de l’éternité
C’est pas la mer à boire

(Werner Lambersy)

 

 

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Tout serait-il donc danser (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 16 juillet 2020



maître et l’eau?

qu’apprend-elle
en se perdant avec les bulles

tout serait-il donc
danser

(Werner Lambersy)


Illustration: Henri Matisse

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ENFIN (Robert Champigny)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2020



ENFIN

Quand seront morts le faux le vrai
Trié les cartes les images
Enfin je me reconnaîtrai
Où est le masque où le visage

Trié les cartes les images
Appris enfin ta vie par coeur
Où est le masque oû le visage
Que la parole en écho meure

Appris enfin ta vie par coeur
Il ne faut pas laisser de trace
Que la parole en écho meure
Seul en histoire un zéro passe

ll ne faut pas laisser de trace
Quand j’aurai fait assez l’humain
Seul en histoire un zéro passe
Quoi se reconnaîtra enfin

(Robert Champigny)

 

 

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A propos d’Horace (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2020




    
A propos d’Horace

[…]

Un jour, quand l’homme sera sage,
Lorsqu’on n’instruira plus les oiseaux par la cage,
Quand les sociétés difformes sentiront
Dans l’enfant mieux compris se redresser leur front,
Que, des libres essors ayant sondé les règles,
On connaîtra la loi de croissance des aigles,
Et que le plein midi rayonnera pour tous,
Savoir étant sublime, apprendre sera doux.

[…]

(Victor Hugo)

 

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Est -ce notre faute ? (Aïcha Arnaout)

Posted by arbrealettres sur 5 juin 2020



 

Est -ce notre faute ?

Dans la rue, nous avons appris à fabriquer des explosifs
avec trois fois rien
de la poudre
une boîte vide
et des clous
En cours de chimie, nous avons appris
à composer du napalm
Sur nos tables bien mises et remplies
nous avons appris l’égorgement
En tout cela nous avons battu des records
mais loin de la mêlée
Ah jusqu’à quand ?
Et nos enfants, s’y mettront-ils aussi ?

Nous voulons toucher le velouté
du pistil des plantes
Nous voulons apprendre les romances
auprès des oiseaux de l’amour
Puis comme c’est beau d’entendre un moineau
secouer ses ailes mouillées
A quand tout cela ?

Récemment, vous nous avez donné
de gros ballons en bois
Vous en souvient-il ?
Nous les avons polis avec du papier de verre
Et quand nos énormes ballons
se sont réduits à de toutes petites boules
puis à rien
la police a envahi nos places
Est-ce notre faute
pour que vous veniez nous demander maintenant
ces impôts exorbitants
notre sang
et le prix des balles ?

(Aïcha Arnaout)

Illustration

 

 

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QUAND ON N’AIME PAS (Richard Seff)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2020



 

Rockwell Kent 30 [1280x768]

QUAND ON N’AIME PAS

Toi qui es tout seul dans ta chambre
Ecoute ton coeur te parler
Te redire une phrase tendre
Te rappeler d’anciens secrets
Ecoute le vent raconter
Les couleurs du ciel dans le soir
Le parfum des fleurs de l’été
Ecoute un message d’espoir
Toi qui es seul
Ne désespère pas
Si tu es seul
C’est que tu n’aimes pas
La solitude c’est quand on n’aime pas
C’est quand on n’aime plus

Ecoute les choses parler
De ton passé de ton histoire
Souviens-toi d’un premier baiser
D’une caresse dans le noir
Des sourires que bien souvent
Tu n’as su rendre ni cueillir
Le souvenir de ces passants
Qui t’ont tout appris de la vie

Toi, toi qui es seul
Ne désespère pas
Si tu es seul
C’est que tu n’aimes pas
La solitude c’est quand on n’aime pas
C’est quand on n’aime plus (bis).

(Richard Seff)

Illustration: William Blake

 

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La coccinelle (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2020




    
La coccinelle

Elle me dit : Quelque chose
Me tourmente. Et j’aperçus
Son cou de neige, et, dessus,
Un petit insecte rose.

J’aurais dû – mais, sage ou fou,
A seize ans on est farouche,
Voir le baiser sur sa bouche
Plus que l’insecte à son cou.

On eût dit un coquillage ;
Dos rose et taché de noir.
Les fauvettes pour nous voir
Se penchaient dans le feuillage.

Sa bouche franche était là :
Je me courbai sur la belle,
Et je pris la coccinelle ;
Mais le baiser s’envola.

– Fils, apprends comme on me nomme,
Dit l’insecte du ciel bleu,
Les bêtes sont au bon Dieu,
Mais la bêtise est à l’homme.

(Victor Hugo)

 

Recueil: Les rayons et les ombres
Traduction:
Editions: Bayard Jeunesse

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