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Poésie

Posts Tagged ‘apprendre’

LA BOUCHE (Luc Decaunes)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2021



 

LA BOUCHE

Sur les bancs de l’école où tu n’as rien appris
C’est la chanson d’un avril endormi
Qui surprenait ta tête entrebâillée
Quand la neige des fleurs te remontait aux tempes
Comme un vol d’oiseaux fous dans l’azur du dimanche

C’est le chant d’un enfant que tu n’as pas connu
Ses mains avides ses pieds nus
Son mystère aux lèvres d’abeilles
Et ce grand rire clair qui lui mangeait les lèvres
Quand le soir rougeoyait aux vitres de la classe
Comme un poing renversé dans le sang des charrues

Sur les bancs de l’école avais-tu d’autres yeux
Pour menacer la vie aux griffes roses
Pour épier la fumée des images
Les beaux cahiers tachés du sang des livres
Et le monde à l’envers dans cette voix du maître
Qui faisait à ton coeur d’invisibles promesses

Avais-tu d’autres yeux pour convaincre ton rêve
Pour épouser les mots déconcertés
Au milieu des clameurs qui te brûlaient la tête
Quand tu ne savais plus ce que parler veut dire
A force d’oublier ta manière de vivre
Sur les bancs de l’école où tu n’as rien appris…

(Luc Decaunes)

Illustration: Robert Doisneau

 

 

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Un oiseau sans ailes (Mathias Malzieu)

Posted by arbrealettres sur 13 mars 2021



Illustration: Daria Nelson
    
Un oiseau sans ailes
s’est posé dans mon nid.

Je m’occupe d’elle, j’aide à ce
que repoussent ses ailes.

Me quittera-t-elle pour retrouver
son ciel quand elle ira mieux?

Ou m’apprendra-t-elle à la retrouver
entre quatre cieux?

(Mathias Malzieu)

Recueil: Le dérèglement joyeux de la métrique amoureuse
Traduction:
Editions: L’ICONOPOP

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Où trouver la force de tenir (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2021



Illustration: Bénédicte Pontet
    
Où trouver la force de tenir
Trop longue à poindre
la petite lueur
qui éclairerait le chemin
Comment apprendre la patience
D’où vient cette obstination
qui permet de poursuivre
alors même que tu voudrais renoncer
D’où vient cette force
Pour lui donner plus de vigueur
tu dois descendre encore plus bas
là où l’excès de souffrance
met fin à la souffrance

Tu ne peux encore franchir ce seuil

Tu voudrais t’emplir
de tout ce qui te manque
de tout ce que follement tu désires
mais la prise se dérobe
tes mains ne peuvent rien garder
Tout est emporté par le vent
Alors accepte
Au lieu de vouloir t’emplir
laisse-toi traverser
Accepte d’avoir les mains vides
Peut-être pourront-elles consolider
ceux qui n’ont pas les mots
et pleurent derrière les murs

*

Descends toujours plus bas
aie confiance
Les questions qui te harcèlent
vont trouver réponse
et c’en sera fini
de la tension qui t’étreint

(Charles Juliet)

 

Recueil: Moisson
Traduction:
Editions: P.O.L.

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CONSTELLATIONS D’HUMILITÉ (Aksinia Mihaylova)

Posted by arbrealettres sur 26 décembre 2020




    
CONSTELLATIONS D’HUMILITÉ
Je n’ai pas pu être ton printemps…
STANKA PENTCHEVA

Pendant que j’évoque les esprits
de mes ancêtres païens
pour qu’ils m’apprennent les pas de la ronde
qui peut amener deux jours d’été
en plein décembre,
il aiguise les cisailles rouillées
de ses devoirs familiaux
et découpe les soleils
que je dessine au-dessus de la ville.

Tu n’étais pas encore née
quand j’ai vécu mon printemps,
me dit-il, tu es venue trop tard
pour être mon automne
et je ne sais que faire
avec tous ces soleils
qui font mal aux yeux
de mon quotidien.

Chaque matin depuis lors j’étale
tous les soleils et lunes découpés
pour composer une nouvelle carte céleste :
celle des constellations d’humilité.

Chaque matin il s’assoit sur le balcon
pour boire son café
mais un brouillard épais et humide
s’empare de son corps
et j’ai du mal à trouver
sur ma carte
où placer le soleil noir
qui apparaît
au fond de sa tasse de café.

(Aksinia Mihaylova)

 

Recueil: Le baiser du temps
Traduction:
Editions: Gallimard

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UNE LEÇON TARDIVE (Aksinia Mihaylova)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2020




    
UNE LEÇON TARDIVE

Ce n’est pas le jardin de ma mère
où, entre les plates-bandes de sarriette et basilic,
on m’apprenait à vivre dans mon sillon
pendant que je tenais les balances lourdes
de la liberté.

Le jardin, je l’ai porté de longues années
comme un foulard invisible
autour de mon cou
et plus avec les yeux qu’avec le cœur
j’aspirais l’odeur des autres jardins exotiques
mais je n’ai pas pu comprendre
les merveilles du monde.

C’est un jardin à la fin de juin,
la fête est finie, la tasse de café
est à demi pleine sur la table,
une tortue essaie de monter les escaliers
depuis le matin et pendant qu’elle heurte
sa carcasse contre les pots de fleurs
au pied de la première marche,
elle m’apprend à m’affranchir
de mon sillon.

(Aksinia Mihaylova)

 

Recueil: Le baiser du temps
Traduction:
Editions: Gallimard

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UN NOM FAUFILÉ DE SILENCES (Aksinia Mihaylova)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2020



    
UN NOM FAUFILÉ DE SILENCES

avec le bout de ma langue j’allaitais les fautes.
ZEYNEP KOYLU

I
Le hennissement d’un cheval
déchire la housse du sommeil,
réajuste les images
et le tilleul bréhaigne frémit.
Le maçon, un homme sans visage,
décharge des briques crues et des pierres
devant la porte branlante.
Le muret et le four ancien
reviennent à leurs places
et moi, fillette de cinq ans,
je cours autour de la claie et je pleure
pendant que le cochon mord à belles dents
ma poupée de chiffon,
l’unique,

comme toutes les amours uniques
que le temps disjoint,
comme s’il voulait vérifier
l’endurance du cœur.
Personne ne m’entend.
Les araignées tissent des voiles de mariée
sur le poirier en fleur,
le maçon, impassible, taille
des pierres pour une nouvelle maison
dans laquelle il n’entrera pas.
Si je l’avais appelé,
si j’avais dit grand-père,
aurait-il entendu le sang ?

II
Je n’ai jamais prononcé à haute voix
son nom
que j’apprenais d’une photo,
clouée sur une poutre au grenier.
Les silences de mon père,
les oiseaux de l’accusation
dans les yeux de maman
à cause d’un péché d’autrui
rongeant le sang de la descendance.
Le sommeil rend des mots oubliés
et m’apprend les mantras de la nuit
que la vie passe sous silence.
Son nom est un chaton apeuré
enfoui sous le lit de ma langue.
Je l’épelle en sourdine
avec la persistance de quelqu’un
qui ne veut pas se réveiller
avant de réécrire le songe
de sa vie.

(Aksinia Mihaylova)

 

Recueil: Le baiser du temps
Traduction:
Editions: Gallimard

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À CÉLIMÈNE (Alphonse Daudet)

Posted by arbrealettres sur 27 novembre 2020



Illustration: Konstantin Razumov
    

À CÉLIMÈNE.

Je ne vous aime pas, ô blonde Célimène,
Et si vous l’avez cru quelque temps, apprenez
Que nous ne sommes point de ces gens que l’on mène
Avec une lisière et par le bout du nez ;
Je ne vous aime pas…depuis une semaine,
Et je ne sais pourquoi vous vous en étonnez.

Je ne vous aime pas ; vous êtes trop coquette,
Et vos moindres faveurs sont de mauvais aloi ;
Par le droit des yeux noirs, par le droit de conquête,
Il vous faut des amants. (On ne sait trop pourquoi.)
Vous jouez du regard comme d’une raquette ;
Vous en jouez, méchante…et jamais avec moi.

Je ne vous aime pas, et vous aurez beau faire,
Non, madame, jamais je ne vous aimerai.
Vous me plaisez beaucoup ; certes, je vous préfère
À Dorine, à Clarisse, à Lisette, c’est vrai.
Pourtant l’amour n’a rien à voir dans cette affaire,
Et quand il vous plaira, je vous le prouverai.

J’aurais pu vous aimer ; mais, ne vous en déplaise,
Chez moi le sentiment ne tient que par un fil…
Avouons-le, pourtant, quelque chose me pèse :
En ne vous aimant pas, comment donc se fait-il
Que je sois aussi gauche, aussi mal à mon aise
Quand vous me regardez de face ou de profil ?

Je ne vous aime pas, je n’aime rien au monde ;
Je suis de fer, je suis de roc, je suis d’airain.
Shakespeare a dit de vous : « Perfide comme l’onde » ;
Mais moi je n’ai pas peur, car j’ai le pied marin.
Pourtant quand vous parlez, ô ma sirène blonde,
Quand vous parlez, mon cœur bat comme un tambourin.

Je ne vous aime pas, c’est dit, je vous déteste,
Je vous crains comme on craint l’enfer, de peur du feu ;
Comme on craint le typhus, le choléra, la peste,
Je vous hais à la mort, madame ; mais, mon dieu !
Expliquez-moi pourquoi je pleure, quand je reste
Deux jours sans vous parler et sans vous voir un peu.

(Alphonse Daudet)

 

Recueil: Les amoureuses
Traduction:
Editions:

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Apprends-nous (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 24 novembre 2020




Apprends-nous nuit
A toucher ton fond
A gagner
le non-lieu
Où sel et gel
échangent leurs songes
où source et vent
Refont un

(François Cheng)

Illustration

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CORONA (Paul Celan)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2020



Josef Bordat
    

Poem in French, Dutch, Spanish, English, Italian, German, Portuguese, Sicilian, Romanian, Polish, Greek, Chinese, Arab, Hindi, Japanese, Farsi, Bulgarian, Icelandic, Russian, Filipino, Hebrew, Tamil, Kurdish, Bangla, Iers, Serbian

Poem of the Week Ithaca 655
« Corona » Paul Celan, Czernowitz-Paris (1920 – 1970)

uit „Kwetsbaar door schoonheid in het oog“
Moderne Oostenrijkse poëzie, POINT 2001

– All translations are made in collaboration with Germain Droogenbroodt

CORONA

De la main l’automne me dévore sa feuille :
nous sommes amis.
Nous décortiquons le temps hors des noix et
lui apprenons à courir:
le temps retourne dans sa coquille.

Dans le miroir c’est dimanche,
dans le rêve on s’endort,
la bouche dit vrai.

Mon regard descend vers le sexe de celle que j’aime :
nous nous regardons,
nous nous disons quelque chose d’obscur,
nous nous aimons comme pavot et souvenir,
nous dormons semblable au vin dans les coquillages,
telle la mer dans le rayon sanglant de la lune.

Nous sommes enlacés dans la fenêtre, ils nous regardent
depuis la rue:
il est temps, que l’on sache!

Il est temps que la pierre fleurisse enfin,
qu’au désordre batte un cœur.
Il est temps, que le temps soit.
Il est temps.

Traduction Elisabeth Gerlache
Translation into French by Elisabeth Gerlache

(Paul Celan)

***

CORONA

Uit de hand vreet de herfst mij zijn blad:
wij zijn vrienden.
We schillen de tijd uit de noten en
leren haar lopen:
de tijd keert terug in de schaal.

In de spiegel is het zondag,
in de droom wordt geslapen,
de mond spreekt waar.

Mijn oog daalt af naar het geslacht van de geliefde:
we kijken ons aan,
we zeggen ons iets duisters,
we beminnen elkaar als klaproos en herinnering,
we slapen zoals wijn in de schelpen,
zoals de zee in de bloedstraal van de maan.

We staan omarmd in het venster, ze kijken
naar ons vanaf de straat:
het is tijd, dat men weet!
Het is tijd dat de steen besluit te bloeien,
dat de onrust een hart slaat.
Het is tijd, dat het tijd wordt.

Het is tijd.

Vertaling Germain Droogenbroodt
Translation into Dutch by Germain Droogenbroodt

***

CORONA

En mi mano come el otoño su hoja: somos amigos.
Descascaramos el tiempo de las nueces y le enseñamos a andar:
el tiempo retorna a la cascara.

En el espejo es domingo,
en el soñar se duerme,
la boca dice verdad.

Mi ojo desciende al sexo de la amada:
nos miramos,
nos decimos lo oscuro,
nos amamos uno al otro como amapola y memoria,
dormimos como vino en las conchas,
como la mar en el rayo de sangre de la luna.

Estamos abrazados en la ventana, nos miran desde la calle:
¡Ya es tiempo de que se sepa!
Ya es tiempo de que la piedra se avenga a florecer,
que a la inquietud le palpite un corazón.
Ya es tiempo de que sea tiempo.

Ya es tiempo.

Traducción José Luis Reina Palazón
de “Paul Celan, Obras completas”, Editorial Trotta, Madrid

***

CORONA

Autumn eats its leaf out of my hand: we are friends.
We shell time from the nuts and teach it to walk:
time returns to the shell.

In the mirror is Sunday,
in the dream we sleep,
the mouth speaks true.

My eye goes down to my lover’s sex:
we gaze at each other,
we speak of dark things,

we love each other like poppy and memory,
we sleep like wine in the seashells,
like the sea in the moon’s blood-beam.

We stand and embrace at the window, they watch us from the street:
it is time, for this to be known!
It is time that the stone took the trouble to bloom,
that unrest’s heart started to beat.
It’s time for it to be time.

It is time.

Translated by Pierre Joris

***

CORONA

L’autunno mi bruca dalla mano la sua foglia: siamo amici.
Noi sgusciamo il tempo dalle noci e gli apprendiamo a camminare:
lui ritorna nel guscio.

Nello specchio è domenica,
nel sogno si dorme,
la bocca fa profezia.

Il mio occhio scende al sesso dell’amata:
noi ci guardiamo,
noi ci diciamo cose oscure,
noi ci amiamo come papavero e memoria,
noi dormiamo come vino nelle conchiglie,
come il mare nel raggio sanguigno della luna.

Noi stiamo allacciati alla finestra, dalla strada ci guardano:
è tempo che si sappia!
È tempo che la pietra accetti di fiorire,
che l’affanno abbia un cuore che batte.
È tempo che sia tempo.

È tempo.

Traduzione di Giuseppe Bevilacqua
da “Paul Celan, Poesie”, “I Meridiani” Mondadori, 1998

***

CORONA

Aus der Hand frisst der Herbst mir sein Blatt: wir sind Freunde.
Wir schälen die Zeit aus den Nüssen und lehren sie gehn:
die Zeit kehrt zurück in die Schale.

Im Spiegel ist Sonntag,
im Traum wird geschlafen,
der Mund redet wahr.

Mein Aug steigt hinab zum Geschlecht der Geliebten:
wir sehen uns an,
wir sagen uns Dunkles,
wir lieben einander wie Mohn und Gedächtnis,
wir schlafen wie Wein in den Muscheln,
wie das Meer im Blutstrahl des Mondes.

Wir stehen umschlungen im Fenster, sie sehen uns zu von der Straße:
es ist Zeit, daß man weiß!
Es ist Zeit, daß der Stein sich zu blühen bequemt,
daß der Unrast ein Herz schlägt.
Es ist Zeit, daß es Zeit wird.

Es ist Zeit.

Paul Celan, Czernowitz-Paris (1920 – 1970)

aus „Mohn und Gedächtnis“
Suhrkamp Verlag

***

CORONA

Na minha mão como no outono a folha: somos amigos.
Descascaremos o tempo das nozes e o ensinaremos a andar:
o tempo retorna à sua casca.

No espelho é domingo,
no sonho se adormece,
a boca diz a verdade.

Meu olho desce ao sexo da amada:
nos olhamos
dizemos a escuridão,
amamos um ao outro como papoula e memória,
dormimos como o vinho nas conchas,
como o mar no raio de sangue da lua.

Estamos abraçados à janela: nos olham desde a rua:
já é tempo que saibam!
Já é tempo que a pedra floresça,
que a inquietude faça palpitar um coração,
já é tempo que seja tempo.

Já é tempo.

Tradução ao português: José Eduardo Degrazia
Translation into Portuguese by José Eduardo Degrazia

***

CURUNA

L’autunnu si mancia li so fogghi dâ me manu: semu amici.
Scurciamu lu tempu di li nuci e ci nzignamu a caminari:
Lu tempu ritorna dintra a scorcia.

Nta lu specchiu è duminica,
nta lu sognu durmemu,
la vucca parra lu veru.

L’occhiu scinni a taliari lu sessu di la me amanti:
Nni taliamu,
parramu di cosi scuri,
nni amamu comu li papaviri e la mimoria,
durmemu comu vinu dintra li cunchigghi
comu lu mari nta lu raggiu lunari russu di sangu.

Addritta nn’abbracciamu davanti a la finestra, nni talianu di la strata:
È ura, ca chistu si sapissi !
È ura ca la petra si pigghiassi cura di ciuriri,
ca ddu cori senza riposu cuminciassi a battiri
è ura ca lu tempu fussi tempu.

È ura!

Traduzioni in sicilianu di Gaetano Cipolla
Translation into Sicilian by Gaetano Cipolla

***

CORONA

Din mâna mea toamna frunzași-o mănâncă: suntem prieteni.
Din nuci cojim timpul și le învățăm să se ducă:
timpul se întoarce în coajă.

În oglindă este duminică,
în vis se doarme,
gura rostește adevăr.

Ochiul meu cată spre sexul iubitei:
ne privim,
ne spunem ceva întunecat,
unul pe altul ne iubim precum luna și memoria,
dormim ca vinul în scoici,
ca marea în jetul de sânge al lunii.

Îmbrățișați stăm în geam, ei ne văd de pe stradă:
e timpul să se știe!
E timpul ca piatra să se dedea înfloririi,
neliniștea să bată o inimă.
E timpul să se facă timpul.

E timp.

Traducere Gabriela Căluțiu Sonnenberg
Translation into Romanian by Gabriela Căluțiu Sonnenberg

***

KORONA*

Z ręki mi jesieńwyjada swój liść: jesteśmy przyjaciółmi.
Obłuskujemy czas z orzechów i uczymy je chodzić.
Czas powraca do skorupki.

W lustrze jest niedziela
w marzeniu sennym zasypianie,
usta się wypowiadają prawdziwie.

Moje oko zstępuje w dół ku płci ukochanej.
patrzymy na siebie nawzajem
mówimy sobie ciemne rzeczy,
kochamy się jak mak i pamięć,
śpimy jak wino w muszlach
jak morze w krwawym promieniu księżyca.

Stoimy objęci w oknie, widzą nas z ulicy:
czas, aby wiedziano !
Czas, by kamień zechciał zakwitnąć,
by serce niepokoju zaczęło bić.
Jest czas, aby nastał czas.

Już czas.

Przekład na polski: Miroslaw Grudzień
Translation into Polish by Miroslaw Grudzień

***

ΚΟΡΟΝΑ

Τρώειτοφθινόπωροτοφύλλο του
απότοχέρι μου: είμαστε φίλοι,
παίρνουμετουςξηρούς καρπούς

και τους μαθαίνουμε να περπατούν
χρόνος που επιστρέφει στο κέλυφος του.
Κυριακή μες στον καθρέφτη μας
ονειρευόμαστε
το στόμα την αλήθεια ομολογεί.

Η ματιά μου ταξιδεύει στ’ όργανο της αγάπης μου
βλεπόμαστε στα μάτια
μιλούμε για πράγματα σκοτεινά
αγαπιόμαστε σαν παπαρούνες και θύμηση
κοιμόμαστε σαν το κρασί μες στα κοχύλια
σαν θάλασσα στου φεγγαριού το αιμάτωμα.

Στεκόμαστε αγκαλιά μπρος στο παράθυρο
ανθρώποι μας κοιτούν από το δρόμο
η ώρα ήρθε αυτό να μαθευτεί
η ώρα ήρθε που η πέτρα άνθισε
και της καρδιάς ο καλπασμός ακούστηκε
ήρθε η στιγμή για τη στιγμή

είναι η ώρα.

ΜετάφρασηΜανώληΑλυγιζάκη
Translation into Greek by Manolis Aligizakis

***

日 冕

秋天吃我手中的叶子:我们是朋友
我们从坚果剥壳时间,教它走路:
时间又回这壳里
镜子里是星期天,
在梦中我们睡着了,
嘴巴讲真东西
我的眼睛落到我爱人的性上:
我们互相凝视,
我们谈论黑暗的事物,
我们像罂粟和记忆一样相互爱恋,
我们像海贝里的酒一样睡眠,
就像月亮的血光中的大海
我们站在窗前拥抱,他们从街上观看我们:
是让大家知道这事的时候了!
是石头受难而开花的时候了,
是骚动的心开始狂跳的时候了
是该它成为时间的时候了
是时候了

汉译:中国 周道模 2020-10-23
Translation into Chinese by William Zhou

***

كورونا

الخريفيقضمأوراقهمنيدي: نحنإذنأصدقاء
نسلخالزمنمنقوقعتهلنعلمهكيفيسير:
لكنالوقتيؤوبلمحجره.
أبصرتفيالمرآةأنهيومالأحد
فحلمتأنناهجعنا،
الفملاينطقإلابالحق.
عينايتهبطانصوبمكانالإثارةفيعشيقتي
فيحدقأحدنابالآخر
ونتحدثبأشياءمبهمة
نحنعاشقانكشقائقالنعمانوالذاكرة
ننامثملينفيالأصداف
فنبدوكالبحرفيشفقالقمرالأحمر.
ننهضفيعناققربالنافذة
فيبصرناالآخرونعبرالشارع
لقدآنالأوانلنفصحللعلن!
حانالوقتللحصىأنتزدهر
وأنيشرعالقلبالمضطرببالخفقان
لقدأزفالوقتلهليكشفعننفسه،
لقدأزفوقته

ترجمتهعنالإنجليزيةسارةسليم
Translation into Arab by Sarah Slim

***

रात का समय

पूर्वी खिड़की पर
उसे अब छोटा दिखाई देता है
भटकने का आंकड़ा
पॉल सेलेन
पेड़ों की शाखाओं के साथ
अब अंधेरे पर चढ़ता है,
और शाम,
एक हजार मौतें मर रहे हैं
रात में संघनन
अपने काले घूंघट के साथ सजाना
टिमटिमाती रोशनी
दिन के धावकों
मेरे कमरे की खिड़की पर
व्यर्थ बीकन जलता है
बिजली की रोशनी।

Translation into Hindi by Jyotirmaya Thakur

***

コロナ

秋はわたしの手から葉っぱを食らう
わたしたちは友だち
木の実から時間を取り出し、
歩くように教えたが
時間は貝殻に戻った
鏡の中は日曜日
夢の中にわたしたちは眠る
口は真実を話す

わたしの目は恋人の性を見下ろす
わたしたちは見つめ合い
深刻な話をする
わたしたちは子犬の思い出のように愛し合い
貝殻に入ったワインのように眠る
月の血の光線に照らされた海のように
わたしたちは窓のそばに立ち、抱き合う
人々は通りから見ている
もう知られてもよい時だ
もう花開いてもよい時だ
休まない心臓が鼓動を始めてもよい時だ
今がその時だ
その時なのだ

Translation into Japanese by Manabu Kitawaki

***

रात का समय

पूर्वी खिड़की पर
उसे अब छोटा दिखाई देता है
भटकने का आंकड़ा
पॉल सेलेन
पेड़ों की शाखाओं के साथ
अब अंधेरे पर चढ़ता है,
और शाम,
एक हजार मौतें मर रहे हैं
रात में संघनन
अपने काले घूंघट के साथ सजाना
टिमटिमाती रोशनी
दिन के धावकों
मेरे कमरे की खिड़की पर
व्यर्थ बीकन जलता है
बिजली की रोशनी।

Translation into Farsi by Jyotirmaya Thakur

***

CORONA

Есента яде своето листо от ръката ми: ние сме приятели.
Вадим време от орехите и го учим да ходи:
времето се връща в черупката.

В огледлото е неделя,
докато спим бълнуваме,
устата говори истина.

Окото ми се спуска към пола на любимата:
гледаме се един друг,
говорим си тъмни неща,
обичаме се като мак и памет,
спим като вино в раковини,
като морето в кървавия процеп на луната.

Стоим и се прегръщаме до прозореца, от улицата ни гледат:
време е това да бъде узнато!

Време е камъкът да предприеме риск да разцъфти,
защото неспокойното сърце започна да тупти.
Време е за времето да бъде време.

Време е.

превод от английски: Иван Христов
Translation into Bulgarian by Ivan Hristov

***

Kóróna

Haustiðéturlaufsittúrlófamínum: viðerumvinir.
Viðflettumskeltímansafhnetunumogkennumhonumað ganga:
tíminn fer aftur inn í skelina.

Í speglinum er sunnudagur,
í draumnumsofumvið,
munnurinnsegirsatt.

Augumínleitaniðuraðkynfærumelskunnar:
viðstörumhvort á annað,
viðtölum um myrkrið,

viðelskumsteinsogvalmúinnogminnið,
viðsofumeinsogvín í skeljum,
einsogsjórinn í blóðgeislummánans.

Viðföðmumstviðgluggann, fólkhorfið á okkurafgötunni:
það er tímitilkominnaðþettafréttist!
Það er tímitilkominnaðsteinninnfariaðblómstra,
aðhjartaóróansbyrjiaðslá.
Það er tímitilkominnaðsétímitilkominn.

Það er tími til kominn.

Translation into Icelandic by s Þór Stefánsson

***

CORONA

С моей ладони пожирает осень лист:ведь мы друзья.
Мы слущиваем время с орехов и учим его ходить:
время бежит обратно в скорлупу.

Взеркале– воскресенье,
во сне мы спим,
рот говорит правду.

Мойвзглядсбегаетвнизклонумоейлюбви:
мысмотримдругдругувглаза,
говоримотемноте,
мы любим друг друга, какпамять и мак,
мы спим, как вино в ракушках,
как море в огненном течении луны.

Мыстоимобнявшисьуокна. Ониглядятна нас с улицы:
пришла пора, чтобы все знали!
поразацвести камню,
пора мятежности проснуться в сердце.
И времени стать временем пора.

Пора.

ПереводнарусскийязыкДарьиМишуевой
Translation into Russian by Daria Mishueva

***

CORONA

Kinakain ng Taglagas ang mga dahon sa aking mga kamay: magkaibigan kami
Ginugol ang oras sa pagtalop ng balat ng mani at tinuruan itong maglakad:

bumalik ang oras sa tinalop na balat,
Sa salamin ay araw na ng Linggo,
Sa panaginip kami ay nahihimbing,
nagsasabi ng totoo ang bibig.

Dumako ang aking paningin sa maselang bahagi ng aking mahal:

pinagmamasdan namin ang isa’t-isa,
nag-uusap ng mga malulungkot na mga bagay,
animo lango sa droga ang pagmamahal namin sa isa’t-isa at mga ala-ala

Mahimbing ang aming tulog na tulad ng alak sa sisidlan
tulad ng dagat na nabalot ng kulay dugong liwanag ng buwan
magkayakap na nakatayo sa may tabi ng bintana, mula sa daan kami ay

kanilang pinapanood
oras na, upang malaman nila ito,
Oras na upang ang bato naman ang namumulaklak,
ang nagugulumihanang puso ay nagsimulang pumintig.

Panahon na upang ito ay magsimula.

Panahon na!

Translation into Filipino by Eden Soriano Trinidad

***

שיר השבוע

מִ ן הַ יָּד מְ כַרְ סֵ ם לִ י הַ סְ תָּ ו אֶ ת עָּ לֵהּו. אֲנַחְ נּו יְדִ ידִ ים.
אֲנַחְ נּו קוֹלְ פִ ים אֶ ת הַ זְ מַ ן מִ ּתוְֹך הָּ אֱגוֹזִ ים ּומְ לַמְ דִ ים אוֹתוֹ לָּלֶכֶת.

הַ זְ מַ ן חוֹזֵר לַקְ לִ פָּ ה.
בָּ רְ אִ י יוֹם רִ אׁשוֹן,
בַ חֲלוֹם יְׁשֵ נִים,
הַ פֶ ה דוֹבֵ ר אֱמֶ ת.
עֵ ינִי רְ כּונָּה אֶ ל עֵ רְ וַת אֲהּובָּ תִ י:
אֲנַחְ נּו מִ סְ ּתַ כְ לִ ים זֶה בָּ זֶה,
אֲנַחְ נּו אוֹמְ רִ ים זֶה לָּזֶה דְ בָּ רִ ים אֲפֵ לִ ים.
אֲנַחְ נּו אוֹהֲבִ ים זֶה אֶ ת זֶה כְ פָּ רָּ ג וְ זִ כָּרוֹן,
אֲנַחְ נּו יְׁשֵ נִים כְ מוֹ יַיִן בְ צֶ דֶ ף,
כְ מוֹ הַ יָּם בְ קֶ רֶ ן-דָּ ם ׁשֶ ל הַ סַ הַ ר .

אֲנַחְ נּו עוֹמְ דִ ים חֲבּוקִ ים בְ חַ ּלוֹן, מִ ן הָּ רְ חוֹב מִ סְ ּתַ כְ לִ ים בָּ נּו:

הִ גִ יעָּ ה עֵ ת ׁשֶ יֵדְ עּו!
הִ גִ יעָּ ה עֵ ת ׁשֶ הָּ אֶ בֶ ן ּתוֹאִ יל לִ פְ רֹחַ ,
ׁשֶ אִ י-הַ מְ נּוחָּ ה ּתַ פְ עִ ים אֶ ת הַ ּלֵב.
הִ גִ יעָּ ה עֵ ת ׁשֶ ּתַ גִ יעַ עֵ ת.
הִ גִ יעָּ ה עֵ ת.
תרגום לעברית: שמעון זנדבנק
מתוך הספר סורג – שפה, הוצאת הקבוץ המאוחד

Translation into Hebrew by Shimon Zandbank

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கொரோனா

இக்லையுதிர் காலம் எனது கைகளிலிருந்து இலையை தின்கிறது
நாங்கள் நண்பர்கள்
நாங்கள் கொட்டையிலிருந்து மேலோட்டை எடுத்து, நடக்கக்
கற்றுக் கொடுக்கிறோம்
நேரம் ஓட்டிற்குள் திரும்பி விடுகிறது
கண்ணாடியில் இன்று ஞாயிற்றுக் கிழமை
கனவில் உறங்குகிறோம்
வாய் உண்மை உரைக்கிறது
எனது கண் எனது காதலியின்பால் செல்கிறது
நாங்கள் ஒருவரை ஒருவர் உற்று நோக்குகிறோம
நாங்கள் இருளைப் பற்றிப் பேசுகிறோம்
நாங்கள் இருவரும் காதலிக்கிறோம் செந்நிறக் காட்டுப்பூவும்,
நினைவும் போல

கடல் ஓட்டில் உள்ள சாராயம் போல நாங்கள் உறங்குகிறோம்
நிலவின் சிகப்புக்கிரணங்கள் கடலில் உள்ளது போல.
சாளரத்தில் நாங்கள் நிற்கிறோம், கட்டித் தழுவுகிறோம்
அவர்கள் தெருவிலிருந்து எங்களைக் கவனிக்கிறார்கள்
இதை அறிந்து கொள்ளும் காலம் வந்துவிட்டது!
கல் மலரும் காலம் கஷ்டப்பட்டு வந்து விட்டது
அமைதியற்ற இதயம் துடிக்கத் துவங்கியது
அது காலமாய் இருக்கும் காலம் இது
அது காலம்!
ஆக்கம்

Translation into Tamil by Dr. N.V Subbaraman,

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MIRINA BIHEVRA * (Vîrosa Korona)

Bona Donald Trump, Boris Johnson, Jair Bolsonaro …

Mirinê, em te vedixwin,
em te bi çehvên xwe vedixwin,
em te bi guhên xwe vedixwin
em te roj bi roj vedixwin

Mirîno, dem tune ye, ku em we verêkin,
dem tune ye, ku em gorên we bikolin

Serokan rê bi durûtiyê û derewan
dwîz kirine

Mirinê, em te vedixwin,
em te bi çehvên xwe vedixwin,
em te bi guhên xwe vedixwin
em te roj bi roj vedixwin.

Husên Hebeş ji elmanî û îngilîzî wergerand
Translation into Kurdish by Hussein Habasch

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করোনা

শরতেরপাতাটিআমারহাতথেকে
পড়েযায়: আমরাপরস্পরেরবন্ধু ।
আমরাসময়চিরেনেইবাদামথেকেআর
হাটতেশিখাই:
সময়ফিরেআসেখোলসে ।
রবিবারেরআয়নারপ্রতিবিম্বতে,
স্বপ্নেআমরাঘুমাই,
মুখসত্যকথাবলে ।
আমারদৃষ্টিছুঁয়েযায়আমারপ্রেমিকারশরীরেরএকান্ত
অংশে:
আমরাএকেঅপরেরদিকেচেয়েথাকি,
আমরাগোপনঅন্ধকারবিষয়নিয়েকথাব,
আমরাএকেঅপরকেপপিআরস্মৃতির
মতোভালোবাসি,
আমরাসমুদ্রেরঝিনুকেমাদকতায়
ঘুমাই,
ঠিকযেনসাগরেরক্তিমচন্দ্রিমার-
দ্যুতিরমত।
আমরাদাড়াইআরআলিঙ্গনকরিজানালার
পাশে, তারারাস্তাথেকেআমাদেরদেখতে
পায়:
এইতোসময়, সবাইকেজানাবার!
এইতোসময়যেপাথরপ্রস্ফুটিতহয়েছিল
অনেককষ্টকরে,
সেইঅস্থিরহৃদয়বাড়তেথাকে
কম্পন।
এইতোসময়সেইসময়হবার।
এইতোসময় ।

ইংরেজিঅনুবাদপিয়েরজোরিস

Translation into Bangla by Tabassum Tahmina Shagufta Hussein

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CORONA

Itheannanfómharduilleog as modhearna: iscairdesinn.
Bainimidan t-am as blaoscnagcnónna, ismúinimiddó conas siúl:
filleannan t-am ar anmblaosc.

Domhnachatáannsascáthán,
beidh suan sabhrionglóid,
insíonnanbéalanfhírinne.

Íslíonnmoshúilechuigbaillghiniúna
moleannáin:
féachaimid ar a chéile,
caintdhorcha,
gráagainndáchéile ar nósanphoipín
isnacuimhne,
codlaímid mar fhíon i ndiúilicín,
anmhuirfaoisholasfuilteachnagealaí.

Barrógagainn ar a chéile san fhuinneog, feiceanndaoinesinnóntsráid:
Tá sé in am fhios a bheith acu!
Tá sé in am agangcloch a bheithsástabláthú
agangcroíbualadhgocorrabhuaiseach
Tá sé in am agan am a bheithann.

Tá sé in am.

Translation into Irish by Gabriel Rosenstock

***

KORONA

Jesenjedelišćeizmoješake: mi smoprijatelji.
Ljuštimo vreme sa orahai učimo ga da hoda:
vreme se vraćaljusci.
U ogledalu je nedelja,
u snuspavamo,
ustagovoreistinu.

Oko mi se spušta na telomogljubavnika:
zurimojedan u drugog
dok govorimo o mračnimstvarima,

wolimo se kao mak i sećanja,
spavamokaovino u morskimškoljkama
kao more u krvavomzrakumeseca.

Stalismo na prozor I grlili se dok sunasgledali s ulice:
vreme je da se ovoobelodani!
Vreme je da kamen počne da cveta,
da srcanemirapočnu da kucaju.
Vreme je da se za to da vremena.

Vreme je.

Translation into Serbian by Daniel en Smiljana Piksiade

(Paul Celan)

 

Recueil: ITHACA 655
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De l’asphodèle (William Carlos Williams)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2020



De l’asphodèle, cette fleur verte,
je viens, mon amie,
chanter pour toi !
Mon coeur s’éveille
pensant t’apprendre
quelque chose
qui te concerne
et concerne bien des hommes

Ecoute-moi
car cela me concerne aussi
et tout homme
qui veut mourir en paix dans son lit.

(William Carlos Williams)

Illustration

 

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