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Poésie

Posts Tagged ‘appuyé’

Personne n’est à plaindre (Jean-Marie Barnaud)

Posted by arbrealettres sur 7 octobre 2018



Illustration: Jean-Siméon Chardin 
    
Personne n’est à plaindre
Des vivants ni des morts
A personne le privilège
De la douleur

Ne demander ici
Ni pitié
Ni compassion
Pas même un regard plus appuyé
Pas même un geste pour combler
La solitude

(on peut s’attendre simplement
au silence de l’amitié
posé comme l’eau
humble et fraîche
à l’angle le plus secret de la table
entre pénombre et soleil)

(Jean-Marie Barnaud)

 

Recueil: POEMES II
Editions: Cheyne

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LA COUR DANS LE PALAIS (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2018



Illustration: Torii Kiyonaga
    
LA COUR
DANS LE PALAIS
Thou-Sin-Yu

Quel calme sévère ! Quel solennel silence !…
Toutes les portes sont closes et les parterres de fleurs embaument, discrètement ;
Deux femmes, appuyées l’une à l’autre, se tiennent debout,
au bord de la terrasse, à balustrade de marbre rouge.

L’une d’elles voudrait parler, confier à sa compagne, le chagrin secret qui meurtrit son cœur.
Elle jette un regard anxieux vers les feuillages immobiles,
et, à cause d’un perroquet, aux ailes chatoyantes, perché sur une branche voisine,
elle soupire, et ne parle pas.

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

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Appuyé du menton à la dernière étoile (Saint-John Perse)

Posted by arbrealettres sur 11 mars 2018



 

étoile filante

Appuyé du menton à la dernière étoile,
il voit au fond du ciel à jeun
de grandes choses pures qui tournent au plaisir.

(Saint-John Perse)

Illustration

 

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Les fusillés de Chateaubriant (René-Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2017


Les fusillés de Chateaubriant

Ils sont appuyés contre le ciel
Ils sont une trentaine appuyés contre le ciel
Avec toute la vie derrière eux
Ils sont pleins d’étonnement pour leur épaule
Qui est un monument d’amour
11s n’ont pas de recommandations à se faire
Parce qu’ils ne se quitteront jamais plus
L’un d’eux pense à un petit village
Où il allait à l’école
Un autre est assis à sa table
Et ses amis tiennent ses mains
Ils ne sont déjà plus du pays dont ils rêvent
Ils sont bien au-dessus de ces hommes
Qui les regardent mourir
Il y a entre eux la différence du martyre
Parce que le vent est passé 1à ils chantent
Et leur seul regret est que ceux
Qui vont les tuer n’entendent pas
Le bruit énorme des paroles
Ils sont exacts au rendez-vous
Ils sont même en avance sur les autres
Pourtant ils disent qu’ils ne sont pas des apôtres
Et que tout est simple
Et que la mort surtout est une chose simple
Puisque la liberté se survit.

(René-Guy Cadou)

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Sous la lune de la Fête (Po Kiu-Yi)

Posted by arbrealettres sur 2 octobre 2017



Illustration: Vincent Van Gogh
    
Sous la lune de la Fête des mets froids
Souffle de parfum, larmes de rosée, les fleurs de poirier
S’attristent comme moi devant la chaumière sans feu.

A l’heure où musique et chant s’élèvent du voisinage,
Seul, appuyé sur ma porte paysanne, je reste sous la lune.

(Po Kiu-Yi)

 

 

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Il marche (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2016



 

Marcheur

Il marche sur les versants de l’automne
appuyé au bras du printemps

(Adonis)

Illustration

 

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LE FLEUVE CACHÉ (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 21 octobre 2016




LE FLEUVE CACHÉ

Pièges de la lumière et de l’ombre sur l’âme,
jeux et rivalités de tout ce qui parait,

regards de la douleur et de l’amour, ô flammes
immenses que fait naître et mourir un reflet,

tout un monde appuyé sur un souffle qui chante,
tout le ciel qui s’écroule au fond d’une eau dormante,

le désir qui défait les clôtures du temps,
les désastres lancés au gré de la parole,

partout le plus pesant soumis à ce qui vole
et l’immédiat, souverain maitre des vivants!

Mais parfois notre esprit, fatigué de l’espace,
s’arrête et peut entendre, après plus d’un détour,

un vaste grondement égal et bas, qui passe
à l’infini, roulant sous les jours UN seul jour.

Plus près que notre coeur mais plus loin que la terre,
comme du fond d’un gouffre, à travers mille échos,

au vent du souvenir nous parvient le tonnerre
d’un lourd fleuve en rumeur sous l’arbre et sous l’oiseau.

(Jean Tardieu)

Illustration

 

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J’ai toujours habité (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2016



maison  d

J’ai toujours habité de grandes maisons tristes
Appuyées à la nuit comme un haut vaisselier

(René Guy Cadou)

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Dans ces espaces sans espaces (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 27 septembre 2015



Où est l’ombre
d’un objet appuyé contre le mur?
Où est l’image
d’un miroir appuyé contre la nuit?
Où est la vie
d’une créature appuyée contre elle-même?
Où est l’empire
d’un homme appuyé contre la mort?
Où est la lumière
d’un dieu appuyé contre le néant?

Dans ces espaces sans espaces
est peut-être ce que nous cherchons.

(Roberto Juarroz)

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Présence (Paul Nougé)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2015



Présence

Le jardin appuie à la fenêtre son épaisseur de fumée.
La nuit vient doucement s’appuyer au jardin.
Marie (elle est assise à la fenêtre) entrouvre un peu sa robe,
ses épaules se découvrent.
Elle attend au tournant de la nuit.
Elle attend. Passe un doigt lentement sur ses lèvres.
Son doigt sur ses lèvres fait le signe du silence.
Elle attend. Passe les doigts à peine sur ses cheveux,
sur ses bras qui sont nus.
Garde les yeux ouverts sur le coeur de la nuit.
Et le jardin recule à peine,
quitte la fenêtre, comme la nuit tendrement se sépare du jardin.
C’est qu’un peu d’aurore rougit le mur, la fenêtre,
toute la femme appuyée au matin.

(Paul Nougé)

Illustration

 

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