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Poésie

Posts Tagged ‘âpre’

Guêpe (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 1 octobre 2018



    

Guêpe sur la goutte de miel,
Sauterelle sur l’épi,
À la crête du lieu-instant,
Âpre quête d’une vie.

(François Cheng)

 

Recueil: Enfin le royaume
Traduction:
Editions: Gallimard
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Et il n’importe plus (Antonio Machado)

Posted by arbrealettres sur 2 septembre 2018



Illustration: Madeleine Lemaire    
    
Et il n’importe plus que le vin d’or
déborde de ta coupe cristalline,
ou que l’âpre liqueur
trouble le verre limpide…

Tu connais les galeries secrètes
de l’âme, les chemins des songes,
et le soir tranquille
où ils vont mourir… C’est là que t’attendent

les fées silencieuses de la vie;
vers un jardin à l’éternel printemps
un jour elles t’emmèneront.

(Antonio Machado)

 

Recueil: Champs de Castille précédé de Solitudes, Galeries et autres poèmes et suivi de Poésies de la guerre
Traduction: Sylvie Léger et Bernard Sesé
Editions: Gallimard

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L’animal du soir (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 30 août 2018



 

Sur un fond de pierre
l’animal sans voix
attend l’oeil ouvert sur le large
un bruit humain
emplit l’étendue âpre
la chaleur arrive
avec l’étoffe roide
la femme devant le couchant
va jouer avec la bête
tous deux transpirent
avec le monde végétal
à l’approche d’une nuit constellée.

(Jean Follain)

 

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NOUVEAU CREDO DU PAYSAN (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2018



Illustration: Léon-Augustin Lhermitte
    
NOUVEAU CREDO DU PAYSAN

Bon paysan -dont la sueur féconde
Les sillons clairs où se forment le vin
Et le pain blanc qui doit nourrir le monde,
En travaillant, je dois crever de faim ;
Le doux soleil, de son or salutaire,
Gonfle la grappe et les épis tremblants ;
Par devant tous les trésors de la terre,
Je dois crever de faim en travaillant !

Refrain
Je ne crois plus, dans mon âpre misère,
A tous les dieux en qui j’avais placé ma foi,
Révolution ! déesse au coeur sincère,
Justicière au bras fort, je ne crois plus qu’en toi ! (bis)

Dans mes guérets, au temps de la couvraille,
Les gros corbeaux au sinistre vol brun
Ne pillent pas tous les grains des semailles :
Leur bec vorace en laisse quelques-uns !
Malgré l’assaut d’insectes parasites,
Mes ceps sont beaux quand la vendange vient
Les exploiteurs tombent dessus bien vite
Et cette fois, il ne me reste rien !

Au dieu du ciel, aux maîtres de la terre,
J’ai réclamé le pain de chaque jour :
J’ai vu bientôt se perdre ma prière
Dans le désert des cieux vides et sourds ;
Les dirigeants de notre République
Ont étalé des lois sur mon chemin,
D’aucuns m’ont fait des discours magnifiques,
Personne, hélas ! ne m’a donné de pain !

Levant le front et redressant le torse,
Las d’implorer et de n’obtenir rien,
Je ne veux plus compter que sur ma force
Pour me défendre et reprendre mon bien.
Entendez-vous là-bas le chant des Jacques
Qui retentit derrière le coteau,
Couvrant le son des carillons de Pâques :
C’est mon Credo, c’est mon rouge Credo

(Gaston Couté)

 

 

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NUAGE (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 29 juillet 2018



Illustration: Edvard Munch
    
NUAGE

Ce
nuage est
femme
couchée

beau ventre
nu d’offrande
de douleur

sein de
brume bouche
orageuse

déjà crinière
déchirée
par geste haut de vent

de feu d’âpre fumée déjà

(Munch.)

(Jean Joubert)

 

Recueil: Anthologie personnelle
Traduction:
Editions: Actes Sud

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DÉSESPOIR (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2018



 

Illustration
    
DÉSESPOIR
Ly-y-Hane

Appelle ! Appelle ! Implore ! implore ! Stagne ! stagne ! Rêve ! Rêve !
Pleure ! Pleure ! Souffre ! Souffre !… Toujours ! Toujours !
A peine fait-il chaud que la saison du froid revient !
Ah ! qu’il est accablant d’exister !
Deux ou trois tasses de faible vin,
Ne suffisent pas, pour faire supporter l’âpre vent de l’aurore.

Les cygnes sauvages repassent déjà.
Ah ! que mon cœur est cruellement blessé !
Il y a longtemps que je les connais, pour les voir ainsi passer et repasser…
Les chrysanthèmes foisonnent, partout sur la terre, en une exubérance somptueuse.
Mais la fleur qui s’étiole ici,
Qui donc voudrait la cueillir ?

Ne suis-je pas la sempiternelle gardienne de cette fenêtre ?
Quand donc cette journée s’éteindra-t-elle dans l’obscurité ?…
Une pluie fine mouille les larges feuilles des paulownias.
Le crépuscule vient lentement ; l’obscurité tombe, tombe, goutte à goutte.
La voici complète, maintenant, la nuit, et rien n’est changé pour moi…
Oh ! comment pourrait-on détruire, à jamais, le mot : désespoir ?…

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

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LENDEMAIN DE FÊTE (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2018



 

Illustration: Beatrice Lotta
    
LENDEMAIN DE FÊTE

Qu’as-tu donc ce matin, chère? Tu n’es pas gaie.
Parce que ta frimousse est un peu fatiguée,
Ta lèvre un peu pâlie et ton front un peu lourd.
Vas-tu me reprocher d’avoir bu trop d’amour?

Laisse là ton miroir où tu me fais la moue.
Que veux-tu, moi qui n’ai point de rose à la joue,
Comme toi je-ne puis être pâle au réveil.
Est-ce ma faute, à moi, si mon cuir peu vermeil,

Lui que le travail tanne et que le soleil dore.
Est plus solide au feu que ta fraîcheur d’aurore?

C’est vrai, tu gardes, toi, les traces de la nuit.
Mais cet air fatigué, tu crois donc qu’il te nuit ?
Non. Je t’aime encor mieux en ta paresse lasse,
Et ta défaite, enfant, te donne plus de grâce.

Sur tes lèvres de fraise, où courait un sang pur,
L’âpre fièvre a passé comme un glacis d’azur;
Et mes baisers ardents, qui les ont calcinées,
Font de ces roses des violettes fanées.

La pâleur de ton front mystérieux me plaît.
Ton visage aujourd’hui semble pétri de lait.
Le noir qui sous tes yeux met son estompe brune
Est comme un chaud nuage à l’entour de la lune.

Reste! je t’aime ainsi, quand ton regard mouillé
A l’air d’un fou qui rêve et dort tout éveillé,
Quand ton corps alangui s’abandonne à ta hanche
Comme un beau fruit trop mûr qui fait ployer sa branche,

Quand ta gorge palpite et ne peut s’apaiser.
Quand tu semblés prête à mourir sous un baiser.
Reste! je t’aime ainsi. Reste, ma pauvre chatte.
Pose bien sur mon cœur ta tête délicate,

Enlace-moi de tes deux bras mis à mon cou,
Et dors dans mon giron, chère, dors un grand coup.
Ferme tes yeux, ainsi qu’une fleur son calice.
Dors, je te bercerai, je ferai la nourrice.

Et je fredonnerai, sur des rythmes très lents,
Les chansons que l’on chante aux tout petits enfants.

(Jean Richepin)

 

 

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Ce ne peut être que la fin du monde, en avançant (Arthur Rimbaud)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2018



    

Les sentiers sont âpres.
Les monticules se couvrent de genêts.
L’air est immobile.
Que les oiseaux et les sources sont loin !

Ce ne peut être que la fin du monde, en avançant.

(Arthur Rimbaud)

 

Recueil: Illuminations
Traduction:
Editions:

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Les barques d’or (Emile Verhaeren)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2018



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Les barques d’or

Les barques d’or du bel été
Qui partirent, folles d’espace,
S’en reviennent mornes et lasses
Des horizons ensanglantés.

A coup de rames monotones,
Elles s’avancent sur les eaux ;
On les prendrait pour des berceaux
Où dormiraient des fleurs d’automne.

Tige de lys au beau front d’or,
Toutes vous glissez abattues ;
Seules les roses s’évertuent
A vivre, au delà de la mort.

Qu’importe à leur beauté plénière
Qu’octobre luise ou bien avril :
Leur désir simple et puéril
Boit jusqu’au sang, toute lumière.

Même aux jours noirs, quand meurt le ciel,
Sous la nuée âpre et hagarde,
Sitôt qu’une clarté darde,
Elles s’exhalent vers Noël.

Vous, nos âmes, faites comme elles ;
Elles n’ont pas l’orgueil des lys,
Mais détiennent, entre leurs plis,
L’ardeur sacrée et immortelle.

(Emile Verhaeren)

 Illustration

 

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DÉSESPOIR (Ly-y-Hane)

Posted by arbrealettres sur 13 mai 2018



DÉSESPOIR

Appelle ! appelle ! Implore ! implore ! Stagne ! stagne ! Rêve ! rêve !
Pleure ! pleure ! Souffre ! souffre !… Toujours ! toujours !
A peine fait-il chaud que la saison du froid revient !
Ah ! qu’il est accablant d’exister !
Deux ou trois tasses de faible vin,
Ne suffisent pas, pour faire supporter l’âpre vent de l’aurore.

*

Les cygnes sauvages repassent déjà.
Ah ! que mon coeur est cruellement blessé !
Il y a longtemps que je les connais, pour les voir ainsi passer et repasser…
Les chrysanthèmes foisonnent, partout sur la terre, en une exubérance somptueuse.
Mais la fleur qui s’étiole ici,
Qui donc voudrait la cueillir ?

*

Ne suis-je pas la sempiternelle gardienne de cette fenêtre ?
Quand donc cette journée s’éteindra-t-elle dans l’obscurité ?…
Une pluie fine mouille les larges feuilles des paulownias.
Le crépuscule vient lentement ; l’obscurité tombe, tombe, goutte à goutte.
La voici complète, maintenant, la nuit, et rien n’est changé pour moi…
Oh ! comment pourrait-on détruire, à jamais, le mot : désespoir ?…

(Ly-y-Hane)

 

 

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