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Poésie

Posts Tagged ‘après’

Une orange (Mundhr Masri)

Posted by arbrealettres sur 19 janvier 2023




    
Une orange

La vie commence à partir de tes pouces
entre le milieu et le haut de l’orange
à l’instant où un peu de sa rosée pétillante
atteint l’un de tes yeux
lorsque tu la coupes en deux moitiés.

Vivant avec entre tes mains
les deux moitiés d’une orange
il n’est pas de plus grand bonheur que je puisse avoir
il n’est pas de plus grand bonheur que tu puisses espérer
car la vie est précisément
ce que tu presseras peu après
entre tes dents…

***

(Mundhr Masri)

 

Recueil: Poésie Syrienne contemporaine
Traduction:de l’Arabe par Saleh Diab
Editions: Le Castor Astral

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Après… seront tes cendres (René Char)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2023



Illustration
    
Après… seront tes cendres
Celles imaginaires de ta vie
immobile sur son cône d’ombre.

(René Char)

 

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Instant blanc d’avant ou d’après (Nicole Brossard)

Posted by arbrealettres sur 18 décembre 2022




    
instant blanc d’avant ou d’après
il se peut que nous soyons pure joie
d’angles morts de langage et solitude

(Nicole Brossard)

 

Recueil: Là où dansent les Éphémères 108 poètes d’aujourd’hui
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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La boule de feu bleu (Oyama Takami)

Posted by arbrealettres sur 29 septembre 2022



Illustration: Roger Somville
    
La boule de feu bleu

La boule de feu bleu
sur le moment
je n’en vis que la beauté !
73 884 atomisés morts
je ne le sus qu’après.

(Oyama Takami)

Traduit du japonais par Kemmoku Makoto et Patrick Blanche.
In Je ne peux le croire, Fukushima, Nagasaki, Hiroshima — haïkus & tankas, 2018.

Recueil: La Beauté Éphéméride poétique pour chanter la vie
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Après chaque poème (Gérard Le Gouic)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2022


rien

Après
chaque poème
je retourne à ma chair,

je redeviens
celui
qui ne sait
rien.

(Gérard Le Gouic)

Illustration

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Vagues (Katherine Mansfield)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2022




    

Vagues

J’ai vu un Dieu minuscule
Assis
sous un parapluie bleu vif
Qui avait des glands blancs
Et des baleines d’or fourchues.
Au-dessous de lui
Son petit monde
S’expose au soleil.
L’ombre de Son chapeau
S’étale sur la ville.
Quand il étire Son bras
Un lac devient un sombre tremblement.
Quand il donne un coup de pied
Il fait nuit sur les cols des montagnes.
Mais tu es petit !
Il y a des dieux bien plus grands que toi ;
Ils s’élèvent et chutent,
Les dieux de la mer dévalant.
Ton coeur peut-il avoir de tels soupirs,
De tels cris sauvages et vains,
Un tel souffle venteux,
Une telle mort gémissante ?
Et ton bras peut-il envelopper
Le vieux,
Le froid,
L’immuable et épouvantable lieu
Où les hordes
De monstres de mer cornus
Et où les oiseaux hurlant
Se réunissent?
De ces hommes silencieux
Qui gisent dans
Nos prisons nacrées,
Peux-tu en faire ta proie?

Comme nous peux-tu rester
Attendant ton heure,
Et alors t’élever comme une tour
Et t’écraser et te fracasser?
Il n’y a ni arbres ni buissons
Dans mon pays,
Dit le Dieu minuscule.
Mais il y a des ruisseaux
Et des cascades
Et des pics montagneux
Couverts de jolies herbes.
Il y a de petites côtes et des ports sûrs,
Des grottes pour la fraîcheur et des plaines pour le soleil et le vent.
Joli est le son des rivières,
Jolie l’éclatante lumière
Des pics jolis.
Je suis satisfait.

Mais Ton royaume est petit,
Dit le Dieu de la Mer.
Ton royaume va choir,
Je ne peux te tolérer.
Tu es fier!
Avec un bruyant
Carillon de rires,
Il s’est redressé et a recouvert
Le pays du Dieu minuscule
De l’extrémité de sa main,
De la pointe de son doigt: Et après —

Le Dieu minuscule
Se mit à pleurer.

***

Waves

I saw a tiny God
Sitting
Under a bright blue Umbrella
That had white tassels
And forked ribs of gold.
Below him His little world
Lay open to the sun.
The shadow of His hat
Lay upon a city.
When he stretched forth His hand
A lake became a dark tremble.
When he kicked up His foot
It became night in the mountain passes.
But thou art small!
There are gods fargreater than thou;
They rise and fall
The tumbling gods of the sea.
Can thy heart heave such sighs,
Such hollow savage cries,
Such windy breath,
Such groaning death?
And can thy arm enfold
The o1d
The cold
The changeless dreadful place
Where the herds
Of horned sea-monsters
And the screaming birds
Gather together.
From those silent men That lie in the pen
Of our pearly prisons,
Canst thou hunt thy prey?
Like us cant thou stay
Awaiting thine hour,
And then rise like a tower
And crash and shatter?

There are neither trees nor bushes
In my country,
Said the tiny God
But there are streams
And waterfalls
And mountain peaks
Covered with lovely weed
There are little shores and safe harbours,
Caves for cool and plains for sun and wind.
Lovely is the sound of the rivers,
Lovely the flashing brightness
Of the lovely peaks.
I am content.

But Thy kingdom is small
Said the God of the Sea.
Thy kingdom shall fall,
I shall not let thee be.
Thou art proud
With a loud
Pealing of laughter,
He rose and covered
The tiny God’s land
With the tip of his hand
With the curl of his fingers:
And after—

The tiny God
Began to cry.

(Katherine Mansfield)

Recueil: Villa Pauline Autres Poèmes
Traduction: Philippe Blanchon
Editions: La Nerthe

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Villa Pauline (Katherine Mansfield)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2022




    
Villa Pauline

Voilà! avant qu’il ne vienne
Vous n’étiez qu’un nom:
Quatre petites chambres et un placard
Sans un os,
Et j’étais seule!
Maintenant avec vos fenêtres ouvertes
Tout ce qui peut entrer
De soleil et de fleurs et de beauté
Entre pour se cacher,
Pour jouer, pour rire dans les escaliers,
Pour attraper partout
Notre bonheur enfantin
Et pour glisser
À travers les quatre petites chambres sur la pointe des pieds
Avec le doigt levé
Comme si nous ne pouvions savoir
Quand les volets sont clos
Qu’ils s’attardent encore
Longtemps, longtemps après.
Allongé, l’un près de l’autre, dans l’obscurité
Il me dit: « Écoute,
N’est-ce pas un rire? »

***

Villa Pauline

But, ah! before he came
You were only a name:
Four little rooms and a cupboard
Without a bone,
And I was alone!
Now with your windows wide
Everything from outside
Of sun and flower and loveliness
Comes in to hide,
To play, to laugh on the stairs,
To catch unawares
Our childish happiness,
And to glide
Through the four little rooms on tip-toe
With lifted finger,
Pretending we shall not know
When the shutters are shut
That they still linger
Long, long after.
Lying close in the dark
He says to me : « Hark,
Isn’t that laughter? »

(Katherine Mansfield)

Recueil: Villa Pauline Autres Poèmes
Traduction: Philippe Blanchon
Editions: La Nerthe

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LA PREMIÈRE NUIT (António Osório)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2021




LA PREMIÈRE NUIT

La première nuit,
et avant, et après,
j’ai baisé tes lèvres
en tremblant.
Non par crainte
de te toucher.
Tremblant
de te perdre.

***

NA PREMEIRA NOITE

Na primeira noite,
e antes, depois,
a boca te beijei
tremendo.
Não de receio
por tocar-te.
Tremendo
por perder-te.

(António Osório)

Illustration: Zinaida Serebriakova

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Après tant d’années (Anne Tardy)

Posted by arbrealettres sur 5 novembre 2021




Après tant d’années,
le vieux pin
baisse les bras.

(Anne Tardy)

Illustration

 

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Ne pas dire: « après » la mort (Roger Munier)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2021



Ne pas dire: « après » la mort.
La mort interdit tout « après ».
Fixer cet étrange ensuite.

(Roger Munier)

Illustration: Egon Schiele

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