Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘araignée’

Réveil (Paul-Jean Toulet)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2019




    
Réveil

Si tu savais encor te lever de bonne heure,
On irait jusqu’au bois, où, dans cette eau qui pleure
Poursuivant la rainette, un jour, dans le cresson
Tremblante, tes pieds nus ont leur nacre baignée.
Déjà le rossignol a tari sa chanson;
L’aube a mis sa rosée aux toiles d’araignée,
Et l’arme du chasseur, avec un faible son,
Perce la brume, au loin, de soleil imprégnée.

(Paul-Jean Toulet)

 

Recueil: Les contrerimes
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Imaginons (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 27 mai 2019


Imaginons

Le temps que met l’eau à couler de ta main
Le temps que met le coq à crier le soleil
Le temps que l’araignée dévore un peu la mouche
Le temps que la rafale arrache quelques tentes
Le temps de ramener près de moi tes genoux
Le temps pour nos regards de se dire d’amour
Imaginons ce qu’on fera
de tout ce temps.

(Guillevic)

Illustration: Robert Doisneau

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | 6 Comments »

O bêtes (René Brock)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2019



Chien, mésange, crapaud, noire araignée, cétoine,
O bêtes, ô douces, ô bonnes,
Délicates solidités
Fraîches comme le basilic,
O patientes,
A la merci, à la merci.
Mes camarades dans les herbes,
Mes frères dans le temps.

(René Brock)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Pour (Martine Fourcand)

Posted by arbrealettres sur 6 avril 2019



fil d'araignée 

Pour

Pour la nuit que nous n’avons pas vécue et toutes les autres, avant
pour la patience des anges et des volcans
pour la buée sur la vitre
la rumeur de la ville
pour les larmes égarées
frayant chemin de brousse
préférant à la taille
mains écorchées gouttes qui perlent
leur goût salé
rappel
celui des larmes fouillant ravins d’âme leur goût
en plus fort en plus corps aiguës arêtes de poisson chat

Les dents aident la perle à grossir
elle s’excède et coule
devient ruisseau et fleuve qu’agitent vagues
douces et fortes et ressacs

Il ne faudrait même pas un quai
ni une passerelle

Le simple fil d’argent d’une belle araignée brune
aurait à des chaussures de funambule
fait offre de passage

(Martine Fourcand)

Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

QUAND ON REGARDE UNE MONTRE (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2019



Illustration: Patricia Blondel 
    
QUAND ON REGARDE UNE MONTRE

Je n’ai pas fini d’espérer
infatigable comme une araignée vigilante
je guette pour les retenir
dans ma toile quotidienne
les joies du soir et du matin
qui filent à toute vitesse
Tant pis pour les chagrins et les douleurs
et les emmerdements
qui passent lentement
et qui s’accrochent

Oui mais voilà
je sais que je dois chaque jour
chaque heure
m’avancer vers cette falaise
et vers ce grand trou sans fond
je me retourne souvent
et j’aperçois très loin
le brouillard de ma naissance
Je suis le nomade qui marche la nuit
et qui attend le jour et l’oubli

(Philippe Soupault)

 

Recueil: Poèmes et Poésies
Traduction:
Editions: Grasset

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le bonheur était au grenier (Jean-Claude Pirotte)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2019




    
le bonheur était au grenier
paré de toiles d’araignées
par la lucarne entrait la lune
et le frisson par l’escalier

on avait peur d’être surpris
par un fantôme ou bien par une
grand-mère folle au regard gris
la bougie s’éteignait la lune

glissait sur un meuble branlant
nos mouvements devenaient lents
pendant que nos coeurs palpitaient

l’un de nous ouvrait la lucarne
sur les mystères de l’été
qui nous déléguaient la lucane

(Jean-Claude Pirotte)

 

Recueil: Gens sérieux s’abstenir
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’araignée familière (Jean-Claude Pirotte)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2019



l’araignée familière
attend la fin du monde
elle a déjà conquis
le silence des astres

un frisson de lumière
annonce le désastre
et la chute des ombres

la fileuse a rompu
le fil de la mémoire

(Jean-Claude Pirotte)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Araignée grise (Madeleine Ley)

Posted by arbrealettres sur 29 décembre 2018



Araignée grise
Araignée d’argent
Ton échelle exquise
Tremble dans le vent.

(Madeleine Ley)


Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , | 3 Comments »

L’ACCUEILLANTE MAISON (Thomas Hardy)

Posted by arbrealettres sur 23 décembre 2018



maison nuit

L’ACCUEILLANTE MAISON

Ici nous mettions en perce le baril de Noël,
Ranimions les tisons :
Ici nous entonnions les cantiques de Noël
Et nous convoquions les amis.

Les années m’ont usé depuis que s’amenaient
Tous ces jeunes, maintenant morts,
Au tout début de ces frairies
Et des refrains d’antan.

Et le ver a rongé la viole
Qui scandait la danse
Et la rouille a mangé le cadran
Qui sonnait la mi-nuit.

Maintenant nul voisin n’arrive à Noël
Et l’An nouveau naît sans flambée
Où nous chantions, la taupe creuse son couloir
Et l’araignée tisse sa toile.

Mais si je m’y promène à minuit
Quand la lune drape arbres et murs,
J’aperçois d’anciennes formes qui parlent
Et me sourient.

***

THE HOUSE OF HOSPITALITIES

Here we broached the Christmas barrel,
Pushed up the charred log-ends ;
Here we sang the Christmas carol,
And called in friends.

Time has tired me since we met here
When the folk now dead were young,
Since the viands were outset here
And quaint songs sung.

And the worm has bored the viol
That used to lead the tune,
Rust eaten out the dial
That struck night’s noon.

Now no Christmas brings in neighbours,
And the New Year comes unlit ;
Where we sang the mole now labours,
And spiders knit.

Yet at midnight if here walking,
When the moon sheets wall and tree,
I see forms of old time talking,
Who smile on me.

(Thomas Hardy)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LE FIL (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 14 décembre 2018




    
LE FIL

Seule la vierge connaît l’histoire de la vie,
Le mythe implicite dans le bourgeon soyeux
Dont les feuilles sont les pages jamais ouvertes du coeur.

Les filandres de son rêve flottent dans la nuit;
Leurs fils fragiles portent la somnambule
(Que nul n’éveille ma bien-aimée, ou elle est perdue).

Quand l’ange est venu elle connaissait son visage
Et à une question étrange de l’étranger
Elle donna la réponse de tout temps prédestinée.

Les jeunes araignées tissent d’abord des toiles parfaites
Puis avec l’âge leur travail devient moins sûr.
La vieillesse tisse des haillons, des lambeaux, des loques.

Mater Dolorosa, à la fin d’un mythe usé,
Se souvenant du passé, mais non du futur,
A perdu son fil, telle une vieille araignée.

Car le temps nous défait, l’obscurité efface
Les figures du rouet nocturne de Pénélope.
Les étoiles qui tournent cassent les fils ténus de la rêverie
Et la vieille fileuse emmêle ses écheveaux de mort.

***

THE CLUE

Only the virgin knows the life story,
The myth implicit in the silk-spun bud
Whose leaves are the unopened pages of the heart.

The gossamer of her dream frets out across the night;
Its fragile thread upholds the somnambulist —
(Let none awaken my beloved, or she is lost)

When the ange’ came, she knew his face
And to the stranger asking a strange thing
Gave the answer predestined before time.

Young spiders weave at first their perfect webs,
Later, less certain, they weave worse.
Old age spins tattered cobwebs, rags and shreds.

Mater Dolorosa, at the end of a spent myth,
Remembering the part, but not the future,
Has lest ber due, like an old spider,

For time undoes us, darkness defaces
The figures of Penelope’s night loom.
Revolving stars wind up the tenuous threads of day-dream
And the old spinner ravels skeins of death.

(Kathleen Raine)

 

Recueil: Sur un rivage désert
Traduction: Marie-Béatrice Mesnet et Jean Mambrino
Editions: Granit

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :