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Poésie

Posts Tagged ‘araignée’

Retouche au délaissement (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 27 septembre 2022


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la lumière a des trous de mémoire

de l’amour que la mort aimait
il reste au mur la trace d’un portrait
aux angles de la nuit les araignées du rêve

(Daniel Boulanger)

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Songe (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2022


Mon coeur repose au bord de la froide fontaine
(Couvre-la de tes fils
Araignée de l’oubli.)

L’eau lui disait tout bas sa douce cantilène
(Couvre-la de tes fils
Araignée de l’oubli.)

Mon coeur qui s’éveillait lui conta ses chagrins
(Araignée du silence
Voile sa confidence.)

Et l’eau en l’écoutant reflétait sa tristesse
(Araignée du silence
Voile sa confidence.)

Voici mon coeur qui glisse à la froide fontaine
(O blanches mains lointaines
Retenez l’eau légère.)

Et l’eau chantant de joie le saisit et l’entraîne
(O blanches mains lointaines
L’eau demeure déserte!)

(Federico Garcia Lorca)

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Le Rêve du Jaguar (Leconte de Lisle)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2022



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Le Rêve du Jaguar

Sous les noirs acajous, les lianes en fleur,
Dans l’air lourd, immobile et saturé de mouches,
Pendent, et, s’enroulant en bas parmi les souches,
Bercent le perroquet splendide et querelleur,
L’araignée au dos jaune et les singes farouches.
C’est là que le tueur de boeufs et de chevaux,
Le long des vieux troncs morts à l’écorce moussue,
Sinistre et fatigué, revient à pas égaux.
Il va, frottant ses reins musculeux qu’il bossue;
Et, du mufle béant par la soif alourdi,
Un souffle rauque et bref, d’une brusque secousse,
Trouble les grands lézards, chauds des feux de midi,
Dont la fuite étincelle à travers l’herbe rousse.
En un creux du bois sombre interdit au soleil
II s’affaisse, allongé sur quelque roche plate;
D’un large coup de langue il se lustre la patte;
Il cligne ses yeux d’or hébétés de sommeil;
Et, dans l’illusion de ses forces inertes,
Faisant mouvoir sa queue et frissonner ses flancs,
Il rave qu’au milieu des plantations vertes,
Il enfonce d’un bond ses ongles ruisselants
Dans la chair des taureaux effarés et beuglants.

(Leconte de Lisle)

 

 

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Enfance (Anna Gréki)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2022




    
Enfance

Colère devant l’enfant sans pain
ni mère qui mange de la terre
dessine des hélicoptères reste
debout dans son sommeil

Colère devant l’enfant au ventre outré
araignée de la misère
qui joue avec la terre
sous un soleil touriste

Colère devant l’enfant courant devant la guerre
jusqu’aux frontières
depuis sept ans sans s’arrêter
s’il ne se couche dans la terre

Colère devant la terre entière
la terre qui est le pain qui
est la joie
la maison et la mort

(Anna Gréki)

Recueil: Guerre à la guerre
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Goutte d’eau qui goutte (Fujita Shôshi)

Posted by arbrealettres sur 25 juin 2022



Goutte d’eau qui goutte
sur l’araignée d’eau qui goutte
sur l’araignée d’eau qui …

(Fujita Shôshi)

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SANS PORTES NI FENÊTRES (Franz Hellens)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2022



 

SANS PORTES NI FENÊTRES

Sans portes ni fenêtres je veux vivre franc
Du besoin d’air pur et de lumière,
Plus clairvoyant de ne rien voir et plus vivant
De ne sortir qu’au profond de moi-même.

J’ai maçonné les trous dans l’épaisseur des murs.
Ah! comme respirer en moi me fortifie,
Je sens mille portes s’ouvrir
Mille fenêtres éclairer ma vie.

Chaque idée est un oeil fixé sur l’éternel,
Je suis l’araignée rouge aux yeux nocturnes,
L’obscur est mon domaine, et mon ciel
Brille de toutes les étoiles que j’allume.

(Franz Hellens)

Illustration: Odilon Redon

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Quoi qu’il en soit (José Saramago)

Posted by arbrealettres sur 14 mai 2022



Illustration: Amedeo Bocchi
    
Quoi qu’il en soit

Soit la nuit la plus noire, et plus profonde,
Et gelée, et sombre la mer des monstres:
Soit l’oeil de Dieu comme celui du serpent :
Une fente d’écailles dans une pierre.

Soit le centre de la terre feu ou cendres,
Et plus tortueuse et sulfureuse la cicatrice
Des incendies qui vont d’un côté à l’autre
De cette face mesquine, lamentable.

Soit la rue la plus longue et découverte,
Et à son extrémité le plus haut mur qui
De la suspension du pas fait commerce
D’étoffes ternes et d’ors sans poinçons.

Soit le fruit le plus pourri et trompeur,
Entre la main et le blé l’araignée noire.
Soit la chaleur du soleil autre fantasme
Dans la froideur de la grotte des spectres.

Soit le monde mordu et toute la chair
Par les mandibules difformes ou ventouses,
Ou des aiguilles mortelles de combien d’êtres
D’autres terres du ciel descendant sur celle-ci.

Peu importe quoi que ce soit, ou vienne à être,
Ou ait été de douleur et d’agonie,
De misère, épouvante et amertume,
Si ton ventre s’ouvre et me cherche.

***

Ainda que seja

Seja a noite mais negra, e mais profundo,
E gelado, e sombrio o mar dos monstros.
Seja o olho de Deus como o da cobra:
Urna fenda de escamas numa pedra.

Seja o centro da terra fogo ou cinzas,
E mais torta e sulfúrea a cicatriz
Dos incêndios que vão de lado a lado
Desta face mesquinha, lamentável.

Seja a rua mais longa e descoberta,
E mais alta a parede que ao fim dela
Da suspensão do passo faz comércio
De panos baços e ouros sem contraste.

Seja o fruto mais podre e enganoso,
Entre a mão e o trigo a aranha preta.
Seja o calor do sol outro fantasma
Na frieza da gruta dos espectros.

Seja o mundo mordido e toda a carne
Pelas mandíbulas disformes ou ventosas,
Ou agulhas mortais de quantos seres
Doutras terras do céu desçam a esta.

Seja là o que for, ou venha a ser,
Ou tenha sido em dor e agonia,
Em miséria, pavor e amargura,
Se o teu ventre se abre e me procura.

(José Saramago)

 

Recueil: Les poèmes possibles
Traduction: Nicole Siganos
Editions: Jacques Brémond

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Une araignée (Haean)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2022




Illustration: ArbreaPhotos
    
Une araignée s’échine à son tissage
Même vanité du moine affairé !
Allongé sur un gradin de pierre,
je m’éveille au Bouddha
Un chant d’oiseau fleurit sur une brindille

(Haean)

Recueil: Les mille monts de lune Poèmes de Corée
Traduction: Sunmi Kim
Editions: Albin Michel

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L’araignée (Madeleine Ley)

Posted by arbrealettres sur 9 novembre 2021




Araignée grise,
Araignée d’argent,
Ton échelle exquise
Tremble dans le vent.

Toile d’araignée
– Emerveillement –
Lourde de rosée
Dans le matin blanc!

Ouvrage subtil
Qui frissonne et ploie,
Ô maison de fil,
Escalier de soie!

Araignée grise,
Araignée d’argent,
Ton échelle exquise
Tremble dans le vent.

(Madeleine Ley)

Illustration: ArbreaPhotos

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DESTINS (Henri Heinemann)

Posted by arbrealettres sur 21 octobre 2021




DESTINS

Je ne vole pas, j’arabesque
je danse
proclame faunesque la mouche.

Moi je ressemble à Pénélope
dit l’araignée, mais en bien mieux
je file et tisse nuit et jour.

J’ai beau tirer de tous mes membres
j’ai beau me labourer le ventre
je vais, je bute et crapahute
geint le crapaud vitessophobe.

A l’éléphant je fais la nique
nasille le moustique,
je pompe et trompe énormément.

En trois coups de langue le batracien
happe la mouche et le moustique
puis gobe la Pénélope octopode
fait son rot
un bon gros rot de crapaud.

(Henri Heinemann)

Illustration

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