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Posts Tagged ‘arbrisseau’

Las ! que me sert de voir ces belles plaines (Philippe Desportes)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2019



 

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Las ! que me sert de voir ces belles plaines,
Pleines de fruits, d’arbrisseaux et de fleurs ;
De voir ces prés bigarrés de couleurs,
Et l’argent vif des bruyantes fontaines ?

C’est autant d’eau pour reverdir mes peines,
D’huile à ma braise, à mes larmes d’humeurs,
Ne voyant point celle pour qui je meurs,
Cent fois le jour, de cent morts inhumaines.

Las ! que me sert d’être loin de ses yeux
Pour mon salut, si je porte en tous lieux
De ses regards les sagettes meurtrières ?

Autre penser dans mon coeur ne se tient :
Comme celui qui la fièvre soutient,
Songe toujours des eaux et des rivières.

(Philippe Desportes)

Illustration: ArbreaPhotos
 

 

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Aux morts (Charles Leconte de Lisle)

Posted by arbrealettres sur 2 janvier 2019



 

Ettore Aldo Del Vigo 13

Aux morts

Après l’apothéose après les gémonies,
Pour le vorace oubli marqués du même sceau,
Multitudes sans voix, vains noms, races finies,
Feuilles du noble chêne ou de l’humble arbrisseau ;

Vous dont nul n’a connu les mornes agonies,
Vous qui brûliez d’un feu sacré dès le berceau,
Lâches, saints et héros, brutes, mâles génies,
Ajoutés au fumier des siècles par monceau ;

Ô lugubres troupeaux des morts, je vous envie,
Si, quand l’immense espace est en proie à la vie,
Léguant votre misère à de vils héritiers,

Vous goûtez à jamais, hôtes d’un noir mystère,
L’irrévocable paix inconnue à la terre,
Et si la grande nuit vous garde tout entiers !

(Charles Leconte de Lisle)

Illustration: Ettore Aldo Del Vigo

 

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Arbrisseau (Coplas Poèmes Andalous)

Posted by arbrealettres sur 25 août 2017




    
Arbrisseau, tu t’es desséché
ayant l’eau à tes pieds,
la vigueur dans le tronc
et le désir dans le bourgeon.

(Coplas Poèmes Andalous)

 

Recueil: Coplas Poèmes de l’amour andalou
Traduction: Guy Lévis Mano
Editions: Allia

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ODE A SA MAÎTRESSE (Pierre de Ronsard)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2017



Illustration: Anders Leonard Zorn
    
ODE A SA MAÎTRESSE

Plusieurs de leurs corps dénués.
Se sont vus en diverse terre
Miraculeusement mués
L’un en serpent et l’autre en pierre,
L’un en fleur, l’autre en arbrisseau
L’un en loup, l’autre en colombelle;
L’un se vit changer en ruisseau:
Et l’autre devint arondelle.

Mais je voudrais être miroir,
A fin que toujours tu me visses;
Chemise je voudrais me voir,
Afin que souvent tu me prisses.
Volontiers eau je deviendrais,
Afin que ton corps je lavasse;
Être du parfum je voudrais,
Afin que je te parfumasse.

Je voudrais être le ruban
qui serre ta belle poitrine;
Je voudrais être le carcan
qui orne ta gorge ivoirine.
Je voudrais être tout autour
Le corail qui tes lèvres touche
Afin de baiser nuit et jour
Tes belles lèvres et ta bouche.

(Pierre de Ronsard)

 

Recueil: Anthologie universelle des baisers (III France)
Editions: H. Daragon

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Sur le jardin (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2017



Sur le jardin
le crépuscule éparpillé

Les murets à jamais
enseignés de patience

Tout au fond un arbrisseau
né par innocence

Un puits d’autrefois pour lire
la première étoile

(Georges Bonnet)

 

 

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Dire encore (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 17 février 2017



Dire encore
avec des mots calleux par l’usage

La patience de la vigne
le geste lent des mûrissements

Le jeu frêle des hautes herbes
l’arbrisseau de peu de souffle

Avec ce qu’il faut
d’inquiétude dans la voix

(Georges Bonnet)

 

 

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JE te vis cueillir (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 25 septembre 2016



JEte vis cueillir le fenouil et le thym
Et la fleur du vent, la légère anémone,
O vierge ! et je vis ton sourire enfantin
Où l’aube frissonne.

Mon corps vigoureux comme un jeune arbrisseau
Frôla longuement ta chair tendre et brisée…
Tu levas sur moi tes yeux plus frais que l’eau
Et que la rosée.

Le fatal Eros et l’amoureux Destin
Et l’Aphrodita dont je suis la prêtresse
Nous virent cueillir le fenouil et le thym,
Atthis, ma Maîtresse.

(Renée Vivien)

Illustration: Alexandre de Riquer

 

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Un Ruisseau de la Scarpe (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2015




Un Ruisseau de la Scarpe

Oui, j’avais des trésors… j’en ai plein ma mémoire,
J’ai des banquets rêvés où l’orphelin va boire.
Oh ! Quel enfant des blés, le long des chemins verts,
N’a dans ses jeux errants possédé l’univers ?

Emmenez-moi, chemins !… Mais non, ce n’est plus l’heure,
Il faudrait revenir en courant où l’on pleure,
Sans avoir regardé jusqu’au fond le ruisseau
Dont la vague mouilla l’osier de mon berceau.

Il courait vers la Scarpe en traversant nos rues
Qu’épurait la fraîcheur de ses ondes accrues,
Et l’enfance aux longs cris saluait son retour
Qui faisait déborder tous les puits d’alentour.

Ecoliers de ce temps, troupe alerte et bruyante,
Où sont-ils vos présents jetés à l’eau fuyante :
Le livre ouvert, parfois vos souliers pour vaisseaux,
Et vos petits jardins de mousse et d’arbrisseaux ?

Air natal ! Aliment de saveur sans seconde,
Qui nourrit tes enfants et les baise à la ronde ;
Air natal imprégné des souffles de nos champs,
Qui fait les coeurs pareils et pareils les penchants.

Et la longue innocence, et le joyeux sourire
Des nôtres, qui n’ont pas de plus beau livre à lire
Que leur visage ouvert et leurs grands yeux d’azur,
Et leur timbre profond d’où sort l’entretien sûr !…

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration

 

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LES VIOLIERS (Charles Le Goffic)

Posted by arbrealettres sur 3 mars 2015



 

violier-

LES VIOLIERS

Ne retire pas ta douce main frêle;
Laisse sur mes doigts tes doigts familiers :
On entend là-bas une tourterelle
Gémir sourdement dans les violiers.

Si près de la mer que l’embrun les couvre
Et fane à demi leurs yeux violets,
Les fragiles fleurs consolaient à Douvre
Un royal enfant captif des Anglais.

Et, plus tard encor, je sais un jeune homme,
Venu fier et triste au val d’Arguenon,
Dont le coeur se prit à leur tiède arome
Et qui soupirait en disant leur nom.

Ainsi qu’à Guérin et qu’au prince Charle,
Dame qui te plais sous ce ciel brumeux,
Leur calice amer sourit et te parle
Et de son odeur t’enivre comme eux.

C’est qu’un soir d’été, sur ces mêmes grèves,
Des touffes d’argent du mol arbrisseau
Se leva pour toi le plus doux des rêves
Et que notre amour les eut pour berceau.

Et peut-être bien que les tourterelles
Ont eu le secret des fragiles fleurs :
Un peu de ton âme est resté sur elles,
Et dans leur calice un peu de tes pleurs.

(Charles Le Goffic)

Illustration

 

http://wies61.zoom.nl/

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