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Posts Tagged ‘arc’

JAMAIS PLUS ! (Noël Bazan)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2021



JAMAIS PLUS !

Quand le printemps revient, sous l’ombre des saulaies,
Mirer son jeune front à la fraîcheur des eaux,
Et rendre au bois feuillu toutes les notes gaies
Qu’en bâtissant leur nid fredonnent les oiseaux,

Quand la fleur d’aubépin se courbe sous une aile,
Que le blé qui grandit estompe les sillons,
Que le muguet s’entr’ouvre, et que, sur sa dentelle,
A travers le soleil, volent les papillons,

L’esprit chargé de rêve et de mélancolie,
Sans cueillir les lilas, sans respirer le jour,
Je vais, comme l’on va vers une ensevelie,
Écarter un linceul et contempler l’amour.

Il est là, pâle et froid, la paupière fermée,
Le coeur ne battant plus, et, cependant, si beau!
Insensible à ma voix, jadis la voix aimée,
Endormi pour jamais dans la nuit du tombeau.

Je mets, les yeux en pleurs, ma lèvre sur sa bouche,
Je lui dis : « Viens, je t’aime!… Ecoute, tout renaît!
Viens! C’est moi qui te parle et c’est moi qui te touche!»
Mais il ne me répond ni ne me reconnaît.

« Mon amour, mon amour, éveille-toi, c’est fête!
La violette a mis son étoile au gazon,
C’est la saison d’aimer, pour aimer je suis prête,
C’est la délicieuse et divine saison!

« Viens !… nous irons encor, sous la lune attiédie,
Redire les serments que tu m’as répétés ! »
Mais sa main de ma main s’échappe, refroidie,
Et l’arc brisé d’Eros demeure à ses côtés.

Il n’est plus ! je maudis le sourire des choses,
Le velours de la mousse et la paix des étangs;
Je maudis la nature et ses métamorphoses,
Je maudis le soleil, je maudis le Printemps,

Et, l’esprit plein de rêve et de mélancolie,
Sans cueillir les lilas, sans respirer le jour,
Je laisse ma jeunesse, hélas! ensevelie,
S’endormir pour jamais au tombeau de l’Amour!

(Noël Bazan)

Illustration: Emile Vernon

 

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Si un matin à l’aube (Bo Carpelan)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2021




    
Si un matin à l’aube, avec d’infinies précautions,
tu tentes de mesurer l’air entre deux arbres immobiles,
tu aperçois un arc de fraîcheur presque invisible, tel un chant.
Tu vois que l’été est en chemin, et peut-être peux-tu, si ton cœur,
même en pensées, est proche du cœur lumineux de quelqu’un d’autre,
être empli de la consolation heureuse venue d’une source inattendue,
invisible

(Bo Carpelan)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: Dehors
Traduction: Traduit du suédois par Pierre Grouix
Editions: Arfuyen

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HARPE (Ivan Hristov)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2020



Illustration: Alexander Baytoshev  
    
HARPE

Ton corps est une harpe
cordes le long d’une enceinte
caisse de résonance
captée avec les doigts
nuque
surfaces
tranchants
en forme de triangle
un arc pour la chasse
troubadours
trouvères
ménestrels
Monteverdi
Glück
Berlioz
caractéristique glissando
pour arrêter l’écho
je pose doucement une
ou mes deux mains
sur les cordes.

***

HARFA

Tvoje telo je harfa
Žice duž zvučne ploče
Rezonantna kutija
Pokreće se prstima
Vrat
Povisilica
Snizilica
Obliku trijangla
Gudalo
Trubadura
Truvera
Mnesanga
Monteverdija
Gluka
Berlioza
Karakterističan glisando
Koji zaustavlja
Rezonancu
Lagano stavljam jednu
A ona drugu ruku
Preko žica

***

HARFE

Dein Körper ist eine Harfe
Saiten entlang des Klangbodens
ein erklingender Rahmen
mit den Fingern gezupft
Hals
Fläche
Schärfe
in der Form eines Dreiecks
ein Jagdbogen
Troubadours
Trouvères
Minnesänger
Monteverdi
Gluck
Berlioz
charakteristische Glissandi
um die Resonanz zu stoppen
lege ich sanft eine
oder beide Hände
auf die Saiten

***

HARP

Jouw lichaam is een harp
snaren langs een klankbord
een resonatordoos
geplukt met vingers
hals
vlakten
scherptes
in de vorm van een driehoek
een jachtboog
troubadours
trouvères
Minnesänger
Monteverdi
Gluck
Berlioz
karakteristiek glissando
om de weergalm te stoppen
leg ik zachtjes een
of mijn beide handen
op de snaren

***

HARP

Your body is a harp
strings along a sound-board
a resonator box
plucked with fingers
neck
flats
sharps
in the shape of a triangle
a hunting bow
troubadours
trouvères
Minnesänger
Monteverdi
Gluck
Berlioz
characteristic glissando
to stop the resonance
I lightly place one
or both of my hands
on the strings

***

HARPA

O teu corpo é uma harpa
cordas ao longo de uma placa de som
uma caixa de ressonância
arrancada com dedos
pescoço
planos
agudos
na forma de um triângulo
um arco de caça
trovadores
trouvères
Minnesänger
Monteverdi
Gluck
Berlioz
caracteristicamente deslizando
para pôr fim à ressonância
coloco ao de leve uma
ou as minhas duas mãos
nas cordas

***

ARPA

Tu cuerpo es un arpa
de cuerdas unidas en una pantalla de sonido
una caja de resonancia
extraída con los dedos
cuello
suelo
objetos punzantes
en forma de triángulo
un arco de caza
trovadores
trouvères
Minnesänger
Monteverdi
Gluck
Berlioz
glissando característico
para detener la resonancia
pongo levemente una
o las dos manos
en las cuerdas.

(Ivan Hristov)

 

Recueil: ITHACA 578
Traduction: Français Angela Rodel – Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache / Bulgare / Allemand Angela Rodel Wolfgang Klinck / Néerlandais / Anglais Angela Rodel / Portugais Maria do Sameiro Barroso / Espagnol Rafael Carcelén /
Editions: POINT

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L’arbre chante l’oiseau (Annette Blier)

Posted by arbrealettres sur 22 septembre 2020



Illustration: Marie Claude Lambert
    
L’arbre chante l’oiseau.

L’heure attend l’ombre
sous les arcs du feuillage.

Dans ses secrets de plumes
la nuit garde
l’oeuf du silence

(Annette Blier)

 

Recueil: Tanagrammes
Traduction:
Editions: La lucarne ovale

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L’arc de ta nuque (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 16 juillet 2020



L’arc de ta nuque
où tu es
à jamais la plus nue

(Werner Lambersy)


Illustration: Carolus Duran

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Sois soumis, mon chagrin (Georges Perec)7

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2020



Sois soumis, mon chagrin, puis dans ton coin sois sourd.
Tu la voulais la nuit, la voilà, la voici:
Un air tout obscurci a chu sur nos faubourgs,
Ici portant la paix, là-bas donnant souci.

Tandis qu’un vil magma d’humains, oh, trop banals,
Sous l’aiguillon Plaisir, guillotin sans amour,
Va puisant son poison aux puants carnavals,
Mon chagrin, saisis-moi la main; là, pour toujours,

Loin d’ici. Vois s’offrir sur un balcon d’oubli,
Aux habits pourrissants, nos ans qui sont partis;
Surgir du fond marin un guignon souriant;

Apollon moribond s’assoupir sous un arc,
Puis ainsi qu’un drap noir traînant au clair ponant,
Ouïs, Amour, ouïs la Nuit qui sourd du parc.

(Georges Perec)

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LE CHEVALERESQUE TIREUR A L’ARC (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 1 juin 2020



LE CHEVALERESQUE TIREUR A L’ARC

Entre deux battements
d’ailes.

Entre deux sauts
du temps.

Entre deux querelles
d’atomes.

Entre deux mots
du poème.

Entre deux paumes
de hasard.

Entre deux regards
qui sèment.

Le centre.

(Jean Mambrino)

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ESTIVALES (René Guyomard)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2020



ESTIVALES

Instants rêvés de rêve faits
Miroitante houle apparences
L’été la saison irréelle
Chacun croit à peine en soi-même

Arc tendu de la voile
Homme flèche volant
Hors de soi dans l’azur

Immortel
Et périssable
Ton corps entre ciel
Et sable

Un pétale meurt
Au coeur de l’été
Nul ne se retourne.

(René Guyomard)

 

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LA LAMPE A ARC CHANTANTE (Srecko Kosovel)

Posted by arbrealettres sur 3 mars 2020



Giacomo Balla lampe_a_arc [1280x768]

 

LA LAMPE A ARC CHANTANTE

La nuit s’est arrêtée. –
Fenêtre ouverte.
Sous les baies passe le temps,
Dans la clarté grésille
Une énigmatique voix,
Comme si vivaient les vides
Des siècles.
— Dans le cercle de la lumière
Plus personne ne marche.

Le trottoir est désert.
Une maison,
Seule une maison nocturne se tait.

(Srecko Kosovel)

Illustration: Giacomo Balla

 

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RYTHMES TRANCHANTS (Srecko Kosovel)

Posted by arbrealettres sur 2 mars 2020



 

arc-brise

RYTHMES TRANCHANTS

Je suis l’arc brisé
D’un cercle.
Je suis la forme rompue
D’une statue.
Je suis l’idée tue
De quelqu’un.

Comme si je marchais
Sur des pointes
Ta calme proximité
Sans cesse pour moi s’aggrave.

(Srecko Kosovel)

Illustration

 

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