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Poésie

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L’arc de ta nuque (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 16 juillet 2020



L’arc de ta nuque
où tu es
à jamais la plus nue

(Werner Lambersy)


Illustration: Carolus Duran

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Sois soumis, mon chagrin (Georges Perec)7

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2020



Sois soumis, mon chagrin, puis dans ton coin sois sourd.
Tu la voulais la nuit, la voilà, la voici:
Un air tout obscurci a chu sur nos faubourgs,
Ici portant la paix, là-bas donnant souci.

Tandis qu’un vil magma d’humains, oh, trop banals,
Sous l’aiguillon Plaisir, guillotin sans amour,
Va puisant son poison aux puants carnavals,
Mon chagrin, saisis-moi la main; là, pour toujours,

Loin d’ici. Vois s’offrir sur un balcon d’oubli,
Aux habits pourrissants, nos ans qui sont partis;
Surgir du fond marin un guignon souriant;

Apollon moribond s’assoupir sous un arc,
Puis ainsi qu’un drap noir traînant au clair ponant,
Ouïs, Amour, ouïs la Nuit qui sourd du parc.

(Georges Perec)

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LE CHEVALERESQUE TIREUR A L’ARC (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 1 juin 2020



LE CHEVALERESQUE TIREUR A L’ARC

Entre deux battements
d’ailes.

Entre deux sauts
du temps.

Entre deux querelles
d’atomes.

Entre deux mots
du poème.

Entre deux paumes
de hasard.

Entre deux regards
qui sèment.

Le centre.

(Jean Mambrino)

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ESTIVALES (René Guyomard)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2020



ESTIVALES

Instants rêvés de rêve faits
Miroitante houle apparences
L’été la saison irréelle
Chacun croit à peine en soi-même

Arc tendu de la voile
Homme flèche volant
Hors de soi dans l’azur

Immortel
Et périssable
Ton corps entre ciel
Et sable

Un pétale meurt
Au coeur de l’été
Nul ne se retourne.

(René Guyomard)

 

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LA LAMPE A ARC CHANTANTE (Srecko Kosovel)

Posted by arbrealettres sur 3 mars 2020



Giacomo Balla lampe_a_arc [1280x768]

 

LA LAMPE A ARC CHANTANTE

La nuit s’est arrêtée. –
Fenêtre ouverte.
Sous les baies passe le temps,
Dans la clarté grésille
Une énigmatique voix,
Comme si vivaient les vides
Des siècles.
— Dans le cercle de la lumière
Plus personne ne marche.

Le trottoir est désert.
Une maison,
Seule une maison nocturne se tait.

(Srecko Kosovel)

Illustration: Giacomo Balla

 

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RYTHMES TRANCHANTS (Srecko Kosovel)

Posted by arbrealettres sur 2 mars 2020



 

arc-brise

RYTHMES TRANCHANTS

Je suis l’arc brisé
D’un cercle.
Je suis la forme rompue
D’une statue.
Je suis l’idée tue
De quelqu’un.

Comme si je marchais
Sur des pointes
Ta calme proximité
Sans cesse pour moi s’aggrave.

(Srecko Kosovel)

Illustration

 

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CE VISAGE… (Louis Guillaume)

Posted by arbrealettres sur 27 décembre 2019



Ce visage dans la brume,
Ce regard qui se dérobe
Pour retourner à la nuit,
Cette bouche du matin
Toute modelée de rêves
Comme un arc encor vibrant
De discours inentendus,
Ce visage fugitif
Qui flotte entre deux sommeils,
Je le promène avec moi
Dans les ruelles humaines.
Il est l’astre aux rayons noirs,
Il est mon soleil d’ébène,
Mon unique vérité
Quand je cherche ceux qui m’aiment
Et que je me perds moi-même
Sous tous les masques du jour.

(Louis Guillaume)

Illustration

 

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UNE COMPLAINTE JUIVE (David Einhorn)

Posted by arbrealettres sur 20 novembre 2019



Illustration: Rafal Olbinski
    
UNE COMPLAINTE JUIVE

Comme à leur arc rivées
Les cordes sont tendues,
Tirées à se briser
Par des mains inconnues,
Mais sans frémir, muettes,
Comme avant la tempête
Dans les yeux la tristesse
Se calcine, embrasée.

Terrifiant silence
Qu’on ne peut endurer,
Douleur à ne pas dire
Plaie à ne pas montrer,
Comme harpes qui pendent
Muettes sur les branches
Quand dans les doigts se fendent
Les sanglots étranglés.

Pourtant les heures restent
Quand l’océan s’endort,
Que du bleu sourd le presque
Imperceptible accord,
Vers nous, de chaque corde,
Un écho monte alors,
Comme prière il flotte
Comme une voix implore.

Tout s’allège et la peine
Peut alors déposer
Au coeur comme au désert
Un semblant de rosée.
Le réconfort nous berce
Comme longue langueur,
Une complainte juive
Se trempe dans les pleurs.

(David Einhorn)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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La clôture allonge son cou (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2019




    
La clôture allonge son cou – la nouvelle lune
Se plie sur son arc
Et le jardin tissé par ses plantes
Fouille la nuit de son regard :
D’où viens-tu, croissant de lune ?
Vacarme dans nos galaxies, l’entends-tu ?

Ne parle pas mais promets
D’être le même que le jour de notre rencontre
Dans ses bras
D’être la séduction
Le secret trouble et la question

(Adonis)

 

Recueil: Lexique amoureux
Traduction: Vénus Khoury-Ghata Issa Makhlouf Houria Abdelouahed
Editions: Gallimard

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Personne et cependant l’immensité de l’être (André Velter)

Posted by arbrealettres sur 7 septembre 2019



    

Personne et cependant l’immensité de l’être
L’infini lègue aux choses un vêtement d’éther

Chemin de l’un vers l’unité
Le présent se donne à l’instant

Ici l’intensité
L’arc du corps

Ici l’effort
La corde raide

Ici l’énergie
La flèche en vérité

La cible sans circonférence ni centre coïncide avec la visée
L’archer s’éveille à la réalité

C’est l’éclair de haute pression physique
Où la terre sombre dans l’eau

Et la noyade appelle la fièvre
Et l’eau sombre dans le feu

De ce brasier les corps s’évadent
Le feu sombre dans l’air

Alors du vide de la chute
Monte le souffle en partage

Avec la lumière
Et la lumière de la lumière

(André Velter)

 

Recueil: Le Haut-Pays suivi de La traversée du Tsangpo
Traduction:
Editions: Gallimard

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