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Posts Tagged ‘archet’

TENDU COMME UN VIOLON (Aba Stoltzenberg)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2019




    
TENDU COMME UN VIOLON

Tendu comme un violon
J’attends intensément la main du virtuose
Sur la soie de l’archet
Les yeux éteints.
J’attends comme une forêt sombre,
Embrase-moi de toutes parts,
Prends-moi comme on force une fille,
Je suis une salle fébrile
Aux fenêtres illuminées,
Bourdonne la soie fine et moi partout je tourbillonne,
Les sens béants comme des plaies à vif.

(Aba Stoltzenberg)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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Chanson d’amour (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2019



Chanson d’amour

Comment tenir mon âme, de sorte
qu’elle ne touche pas la tienne ? Comment
la tendre haut par-dessus toi vers d’autres choses ?
Je voudrais tant l’héberger quelque part, auprès
d’une chose perdue dans l’ombre,
en un lieu étranger, tranquille, qui
ne continue pas à vibrer quand vibrent tes graves.
Mais tout ce qui nous effleure, toi et moi,
nous unit comme un archet qui tire
de deux cordes une seule voix.
Sur quel instrument sommes-nous tendus ?
Et quel musicien nous tient-il dans sa main ?
Ô douce chanson.

(Rainer Maria Rilke)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Illustration: Pierrette Lilot

 

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Chant d’amour (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 24 novembre 2018



Illustration: Lucie Llong
    
Chant d’amour

Comment tenir mon âme
afin qu’elle ne frôle pas la tienne ?
Comment la porter par-dessus toi
vers d’autres choses ?

J’aimerais la cacher
près d’un objet perdu dans le noir,
en un lieu étrange et calme,
qui ne résonne pas quand
tes profondeurs tressaillent.

Et cependant tout ce qui nous touche
nous fond l’un dans l’autre comme l’archet
qui de deux cordes tire un son unique :
sur quel instrument sommes-nous couchés
et quelle est la main qui nous tient ?
Ô douce chanson.

(Rainer Maria Rilke)

 

Recueil: Oeuvres 2 Poésie
Traduction: Jacques Legrand, Lorand Gaspar, Philippe Jaccottet, Armel Guerne, Maurice Betz
Editions: Seuil

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Le Chat (Charles Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018




Le Chat

Cette voix, qui perle et qui filtre
Dans mon fond le plus ténébreux,
Me remplit comme un vers nombreux
Et me réjouit comme un philtre.

Elle endort les plus cruels maux
Et contient toutes les extases ;
Pour dire les plus longues phrases,
Elle n’a pas besoin de mots.

Non, il n’est pas d’archet qui morde
Sur mon cœur, parfait instrument,
Et fasse plus royalement
Chanter sa plus vibrante corde,

Que ta voix, chat mystérieux,
Chat séraphique, chat étrange,
En qui tout est, comme en un ange,
Aussi subtil qu’harmonieux.

(Charles Baudelaire)

Découvert chez la boucheaoreilles ici

Illustration: ArbreaPhotos

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AUX DOUVES DES ÉTOILES (Christian Moriat)

Posted by arbrealettres sur 28 juillet 2018



 

 


AUX DOUVES DES ÉTOILES

Pour habiter votre regard,
Je laperai l’eau de vos silences,
A l’archet de mes bras.
Et avant que ne s’éteignent
Les derniers ricochets du soleil,
Aux miroirs des blés,
Je m’écouterai vous penser,
Faisant avec vous ce voyage immobile,
Qui nous conduira à l’estran
De vos tout premiers frissons…
Vous m’apparaîtrez alors,
En votre éveil naissant,
Brodant le sable du sentier
A la dentelle de vos pas,
La tête encore couronnée de songes dorés,
A l’éclosion d’une plage de lumière.
Puis vous me laisserez boire
Aux racines de votre image
Et l’arche de votre sourire de rose
Traversera les estives de la nuit,
Pour rejoindre les herbiers de nuages,
Là où se repaît le cheptel des grandes espérances…
Enfin, quand la terre épousera la cambrure du firmament,
Je dessinerai au fusain de mes doigts,
Les nervures de notre amour,
Qui vous emporteront, le temps d’une caresse,
Jusqu’aux douves des étoiles.

(Christian Moriat)

Voir son site ici

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Au fond du lac terrible (Martine Broda)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2018



au fond du lac terrible
au bord du lac instant
je viens chercher mon amour
dans la bouche l’hirondelle de sa mort
immobile et ravie

suspends l’amour dans ton amour
un seul cri de mon amour
brise le verre dans tous les yeux
est le seul coup d’archet
pour qui le monde eût mérité de vivre

(Martine Broda)

 

 

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Chansons (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2018



Chansons

Chanson improvisée
Sur l’archet invisible
Air inconnu ballet
De la vie à composer
Sur la gamme des plaisirs
Note à note éclairée
De soleils artificiels

Chanson inachevée
Avec une plume enlevée
A l’oiseau musicien
Pour jouer cet air ancien
Sur les violes du rêve
Glisse sans trêve
L’archet ensoleillé
Aux rires mouillés.

Une chanson intérieure
Une mélodie toute simple
Et c’est la révélation
Une extase profonde
Voulue et décidée
Comme un rire d’oiseau
Entre deux nuages
Sur les joues d’une aube.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

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Sieste éternelle (Jules Laforgue)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2018



Sieste éternelle

Le blanc soleil de juin amollit les trottoirs.
Sur mon lit, seul, prostré comme en ma sépulture
(Close de rideaux blancs, oeuvre d’une main pure),
Je râle doucement aux extases des soirs.

Un relent énervant expire d’un mouchoir
Et promène sur mes lèvres sa chevelure
Et comme un piano voisin rêve en mesure,
Je tournoie au concert rythmé des encensoirs.

Tout est un songe. Oh! viens, corps soyeux que j’adore,
Fondons-nous, et sans but, plus oublieux encore;
Et tiédis longuement ainsi mes yeux fermés.

Depuis l’éternité, croyez-le bien, Madame,
L’Archet qui sur nos nerfs pince ses tristes gammes
Appelait pour ce jour nos atomes charmés.

(Jules Laforgue)


Illustration: Vladimir Kush

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Та solitude (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 7 juin 2018




    
Та solitude est un jardin de ruses et d’archets
Та solitude est un clocher de cendres et d’épées
Та solitude est une natte coupée aux jeunes statues
Та solitude est un oeil volé au cadran des gares
Ta solitude est une bannière de couleuvres et de corbeaux
Ta solitude est un visage d’enfant à tous les volets de l’échelle

(Edmond Jabès)

 

Recueil: Le Seuil Le Sable Poésies complètes 1943-1988
Traduction:
Editions: Gallimard

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Vie et marée (Max Jacob)

Posted by arbrealettres sur 17 mai 2018



Vie et marée

Quelquefois, je ne sais quelle clarté nous faisait entrevoir le sommet d’une vague
et parfois aussi le bruit de nos instruments ne couvrait pas le vacarme de l’Océan qui se rapprochait.
La nuit de la villa était entourée de mer.
Ta voix avait l’inflexion d’une voix d’enfer et le piano n’était plus qu’une ombre sonore.
Alors toi, calme, dans ta vareuse rouge, tu me touchas l’épaule du bout de ton archet,
comme l’émotion du Déluge m’arrêtait.
« Reprenons! » dis-tu. O vie ! ô douleur ! ô souffrances d’éternels recommencements !
que de fois lorsque l’Océan des nécessités m’assiégeait !
que de fois ai-je dit, dominant des chagrins trop réels !
hélas ! « Reprenons! » et ma volonté était comme la villa si terrible cette nuit-là.
Les nuits n’ont pour moi que des marées d’équinoxe.

(Max Jacob)

Découvert chez Lara ici

Illustration

 

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