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Posts Tagged ‘archipel’

Déménagement (Michel Butor)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2019



Illustration: Marc Chagall   
    
Déménagement

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sur la toile ou le papier
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(Michel Butor)

 

Recueil: Collation précédé de HORS-D’OEUVRE scandés par les SOUVENIRS ILLUSOIRES D’UN JAPON TRES ANCIEN
Traduction:
Editions: Seghers

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Clair de lune (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 17 mai 2019



 

Clair de lune

La lune était sereine et jouait sur les flots.
La fenêtre enfin libre est ouverte à la brise,
La sultane regarde, et la mer qui se brise,
Là-bas, d’un flot d’argent brode les noirs îlots.

De ses doigts en vibrant s’échappe la guitare.
Elle écoute… Un bruit sourd frappe les sourds échos.
Est-ce un lourd vaisseau turc qui vient des eaux de Cos,
Battant l’archipel grec de sa rame tartare ?

Sont-ce des cormorans qui plongent tour à tour,
Et coupent l’eau, qui roule en perles sur leur aile ?
Est-ce un djinn qui là-haut siffle d’une voix grêle,
Et jette dans la mer les créneaux de la tour ?

Qui trouble ainsi les flots près du sérail des femmes ? –
Ni le noir cormoran, sur la vague bercé,
Ni les pierres du mur, ni le bruit cadencé
Du lourd vaisseau, rampant sur l’onde avec des rames.

Ce sont des sacs pesants, d’où partent des sanglots.
On verrait, en sondant la mer qui les promène,
Se mouvoir dans leurs flancs comme une forme humaine… –
La lune était sereine et jouait sur les flots.

(Victor Hugo)

 

 

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C’est face à l’océan qu’il faudrait naître (Pierre Dhainaut)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2018



 

Adamov Alexey 49

C’est face à l’océan qu’il faudrait naître
afin que notre cri se mêle aux cris d’oiseaux,
au grand matin de la conscience, de la louange,
toujours nous serions disponibles. Une fois, une seule,
ici, fût-ce par tempête, avons-nous pris peur,
et la respiration, avons-nous cru pouvoir
la contenir ? Un appel sans frontière,
le monde, une arche, la mort s’y tiendrait à son rang…
Murs ou fenêtres lisses, étroits, est-ce encore
une chambre, dès que l’on y ramène un nouveau-né?
Nous n’osons pas le prendre entre nos bras :
l’arche est-elle autre part qu’en ce berceau
en ce sommeil de paix? Une force en émane,
la vie qui se donne à la vie plus qu’un rivage
aux vents perpétuels.

(Pierre Dhainaut)

Découvert chez Lara ici
Illustration: Adamov Alexey

 

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LUMIÈRE DE SCALPAY (Kenneth White)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2018



 

sunset over loch carron

LUMIÈRE DE SCALPAY

Voici le sommet de la contemplation, et
nul art ne saurait l’atteindre
bleu, si bleu, le lointain archipel, et
la mer qui miroite, miroite
nul art ne saurait l’atteindre, l’esprit ne peut
que tenter de s’y accorder
de s’apaiser, de s’espacer, tenter
de s’ouvrir, tranquille, au-delà du monde
révélé lui-même en terre de diamant,
dans la lumière au-delà des mots

*

A HIGH BLUE DAY ON SCALPAY

This is the summit of contemp la tion, and
no art can touch it
blue, so blue, the far-out archipelago, and
the sea shimmering, shimmering
no art can touch it, the mind can only
try to become attuned to it
to become quiet, and space itself out, to
become open and still, unworlded
knowing itself in the diamond country, in
the ultimate unlettered light

(Kenneth White)

Illustration

 

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Du mélèze de l’archipel tu as les fibres (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 28 juillet 2018



SONY DSC

Du mélèze de l’archipel tu as les fibres,
cette chair travaillée par les siècles du temps,
des veines qui ont vu l’océan des troncs d’arbres,
un sang d’herbe tombé du ciel dans la mémoire.
Et personne pour recueillir mon coeur perdu
parmi les racines, dans la fraîcheur amère
du soleil que multiplie la fureur de l’eau,
là vit l’ombre qui me laisse voyager seul.
C’est pourquoi tu es partie du Sud comme une île
peuplée et couronnée de plumes et de bois
et j’ai senti l’odeur des bosquets vagabonds,
retrouvé le miel noir connu dans la forêt,
sur ta hanche effleuré les pétales obscurs
qui sont nés avec moi pour construire mon âme.

***

Tienes del archipiélago las hebras del alerce,
la carne trabajada por los siglos del tiempo,
venas que conocieron el mar de las maderas,
sangre verde caída del cielo a la memoria.
Nadie recogerá mi corazón perdido
entre tantas raíces, en la amarga frescura
del sol multiplicado par la furia del agua,
allí vive la sombra que no viaja conmigo.
Por eso tú saliste del Sur como una isla
poblada y coronada por plumas y madera
y yo sentí el aroma de los bosques errantes,
hallé la miel oscura que conocí en la selva,
y toqué en tus caderas los pétalos sombríos
que nacieron conmigo y construyeron mi alma.

(Pablo Neruda)

Illustration:  Agnieszka Targowska

 

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Nocturnes (Eric Chassefière)

Posted by arbrealettres sur 28 juillet 2018



 

lever de soleil en Argentine

Nocturnes

On gagne la nuit par de lentes effloraisons de nuages
on a vu d’abord le ciel prendre racine
dans un vaste morcellement d’oranges et de bleus
s’égrenant à l’horizon en un archipel de bulbes roses
puis le soleil a sombré dans l’eau des arbres
les lignes de la terre se sont épurées
les nuages bleu sombre séparés par plans
caravanes de formes glissant en se chevauchant
dans le rapide mouvement de déplacement du train
puis la nuit a tiré un à un ses rideaux
la vitesse s’est dissoute dans la vibration nocturne
on a poursuivi le voyage à l’intérieur des lignes du corps

(Eric Chassefière)

Découvert ici chez laboucheaoreilles

Illustration: ArbreaPhotos
 

 

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PÉRIPLE (Jean-Charles Michel)

Posted by arbrealettres sur 28 juillet 2018




PÉRIPLE

Je suis né sur les bords de la Seine et de l’Oise,
Auprès d’un archipel d’îlots embroussaillés
Qui me semblaient voguer avec les mariniers
Vers Mantes-la-Jolie, ou venir de Pontoise.

Les lourds chalands de bois saluaient la Fin d’Oise
Et menaient à Paris leurs frets dépareillés :
Le vin bleu du Maghreb et la pâte à papier,
L’anthracite du Nord et la bière lilloise.

Sur leur route en lacets c’est dévidé mon âge,
Sans hâte et sans arrêt, le rouleau du voyage
A laminé mon temps jusqu’au dernier filet.

S’il coula dans le creux de mes mains par hasard,
Comme un libre désordre est un effet de l’art,
J’ai pu croire un instant qu’il s’éterniserait.

(Jean-Charles Michel)

 

 

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Ta main est un archipel (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2018



Ta main est un archipel
Où la terre et l’eau
Ne peuvent se quitter.

(Guillevic)

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Femme (Fernand Ouellette)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2018



Femme au sang obscur qu’un germe habite
comme une élégie de laine:

Ta pure extase est passeport des étoiles.

Quand dans ton corps les forêts courent
et les archipels de muguet.

Aucune piqûre de vent, ni l’audace ténébreuse
de l’homme ne sonderont la clairière
de ton ange.

Vive est la matrice de longs rêves arctiques.
Et fraîche de galaxies-fougères.

Aux muscles humides de boisson blanche
s’alimente le mal de vivre.

(Fernand Ouellette)


Illustration: Fabienne Contat

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L’amour la mer (Charles Dobzynski)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2018



 

Illustration: Kurt Arrigo
    
L’amour la mer

Je voudrais être l’eau de mer quand vous nagez
Vous ensevelir entière dans le sel
L’iode et le goémon Le bleu qui ne peut pas finir
Pour vous couvrir je voudrais être drap des algues
Votre corps archipel serait mien Totalité
De matière qui se souvient et ohaque mouvement
Chaque esquisse de vous des bras des jambes
Serait appartenance à mon statut océanique
Vous sur la balance de la vague divagante
Tout le corps allégé l’âme liège qui flotte
La bouche respire au rebord La peau reprend en boucle
Partition de l’eau le corps enfin s’y raccorde
Et l’eau qui compose la chair se change en souffle
Fente d’air pur passage à l’extrême de soi
L’ oeil rame avec la vue Le coeur en battant crawle
À longs brassages de ressac et de cadences
L’amour la mer soudés profond en voyance scellés
Pour le voyage illuminé des revoyures.

Sans jamais recommencer
la mer est autre rive à la pensée
l’immense est un appel en vous.

(Charles Dobzynski)

 

Recueil: La scène primitive
Traduction:
Editions: De la Différence

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