Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘ardemment’

Sourire dans la mort (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 20 août 2017




    
Sourire dans la mort

Le charme maladif des musiques moroses
Ici ne convient point à l’auguste trépas ;
Venez ! Il faut couvrir de rythmes et de roses
La maison du poète, où le deuil n’entre pas.

Rien que l’éclat des chants : pas de vain verbiage,
Ni le sanglot banal d’importunes douleurs ;
Comme pour un splendide et joyeux mariage,
Il lui faut avant tout des fleurs, des fleurs, des fleurs !

Il épouse la gloire au sourire de femme
Et l’ombre est nuptiale autour de son cercueil ;
Les cierges enfiévrés sont des souffles de flamme
Qui veillent ardemment et longuement au seuil.

Dans le sublime oubli de sa vie ancienne,
Son front large sourit avec sérénité…
Il dort visiblement sa nuit olympienne,
Et son baiser d’amour étreint l’éternité.

(Renée Vivien)

 

Publicités

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Ô toi (Paule Riversdale)

Posted by arbrealettres sur 20 juillet 2017



Illustration: Marie Laurencin
    
Ô toi dont le beau corps est fait de volupté,
Toi, dont le clair regard séduit, affole et grise,
J’aime frôler et voir ta pâle nudité,
Et cueillir sur ta bouche une douceur promise ;

Me pâmer de bonheur et n’entendre aucun bruit ;
Oublier que j’existe et vivre dans un songe ;
Fermer les yeux, rêver, me perdre dans la nuit,
Quand l’écho des aveux ardemment se prolonge.

(Paule Riversdale)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le banc (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2017



Illustration
    
Le banc

Viens avec moi, asseyons-nous sur ce vieux banc
Dans le verger paisible où pend du linge blanc
Près des flots inclinés qu’effleurent les abeilles,
Au soleil d’octobre qui doucement sommeille.

Tout repose, blessé, comme infiniment las,
Nul souffle ne palpite aux branches dégarnies;
Silencieusement sous les feuilles jaunies
Disparaît le vieux banc que le temps descella.

Surtout ne parlons pas, que seulement s’émanent
Mélangés à l’odeur des roses qui se fanent,
Nos vains soupirs: les mots nous ont toujours meurtris,
Quand on s’aime ardemment, s’est-on jamais compris?

Un inerte parfum sort des treilles rougies;
Comme sur les tombeaux les calmes effigies
Croisant mes bras muets, fatigués de gémir
Et puisque tout se meurt puissé-je aussi dormir!

(Marie Dauguet)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LES PERSÉCUTIONS DE L’AMOUR (Hippolyte Lucas)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2017



 

 

LES PERSÉCUTIONS DE L’AMOUR

Tant d’autres, que ton charme enivre,
Amour, implorent ta faveur !
Permets au poète de vivre
En paix, solitaire et rêveur.

Pourquoi du bonheur que je goûte
M’envier les calmes appas?
Qui te ramène sur ma route,
Amour? Je ne te cherchais pas.

Toi qui laisses, après tes fièvres,
Bien plus de larmes dans nos yeux
Que de sourires sur nos lèvres,
Je t’oubliais, j’étais joyeux.

Quels maux ton inconstance coûte !
Tu fais désirer le trépas.
Qui te ramène sur ma route,
Amour? Je ne te cherchais pas.

Va, va soumettre à ton empire
Ceux dont le coeur n’a pas souffert,
La vierge qui brode et soupire,
L’écolier au livre entr’ouvert ;

Leur âme t’appartiendra toute,
Ils suivront ardemment tes pas.
Qui te ramène sur ma route,
Amour? Je ne te cherchais pas!

(Hippolyte Lucas)

Illustration: Charles Frederic Ulrich

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Parfois quand je suis amoureux (Walt Whitman)

Posted by arbrealettres sur 15 juin 2016



Parfois quand je suis amoureux
je m’emplis de rage à la pensée que peut-être je prodigue un amour non payé de retour,
Mais à présent je crois qu’il n’est pas d’amour non payé de retour,
le paiement est certain d’une manière ou d’une autre,
J’aimais certaine personne ardemment et mon amour n’était point payé de retour,
Encore est-ce avec cela que j’ai écrit ces poèmes.

***

Sometimes with one I love
I fill myself with rage for fear I effuse unreturn’d love,
But now I think there is no unreturn’d love,
the pay is certain one way or another
I loved a certain person ardently and my love was not return’d,
Yet out of that I have written these songs.

(Walt Whitman)

 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Voici le cabinet charmant (Évariste de Parny)

Posted by arbrealettres sur 5 novembre 2015



cabinet_de_toilette  [800x600]

Voici le cabinet charmant
Où les Grâces font leur toilette.
Dans cette amoureuse retraite
J’éprouve un doux saisissement.
Tout m’y rappelle ma maîtresse,
Tout m’y parle de ses attraits ;
Je crois l’entendre ; et mon ivresse
Ce bouquet, dont l’éclat s’efface,
Toucha l’albâtre de son sein ;
Il se dérangea sous ma main,
Et mes lèvres prirent sa place.
Ce chapeau, ces rubans, ces fleurs,
Qui formaient hier sa parure,
De sa flottante chevelure
Conservent les douces odeurs.
Voici l’inutile baleine
Où ses charmes sont en prison.
J’aperçois le soulier mignon
Que son pied remplira sans peine.
Ce lin, ce dernier vêtement…
Il a couvert tout ce que j’aime ;
Ma bouche s’y colle ardemment,
Et croit baiser dans ce moment
Les attraits qu’il baisa lui-même.
Cet asile mystérieux
De Vénus sans doute est l’empire.
Le jour n’y blesse point mes yeux ;
Plus tendrement mon cœur soupire ;
L’air et les parfums qu’on respire
De l’amour allument les feux.
Parais, ô maîtresse adorée !
J’entends sonner l’heure sacrée
Qui nous ramène les plaisirs ;
Du temps viens connaître l’usage,
Et redoubler tous les désirs
Qu’a fait naître ta seule image.

(Évariste de Parny)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

J’ai ardemment souhaité partir (Dylan Thomas)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2014



J’ai ardemment souhaité partir
Loin des sifflements du monde usé
Et du cri incessant des vieilles terreurs,
Plus terribles à mesure que le jour
Passe la colline et plonge dans la mer profonde.
J’ai ardemment souhaité partir
Loin de la répétition des saluts
Car il y a des âmes dans l’air
Et des échos d’âme sur ma page
Et le tonnerre des appels et des notes.

J’ai ardemment souhaité partir mais j’ai peur.
Une vie, encore neuve, pourrait fuser
Hors du vieux mensonge en feu sur le sol
Et, crépitant dans l’air, me laisser à demi aveugle.
Et dans la vieille peur de la nuit,
Le couvre-chef que l’on ôte,
Les lèvres pincées devant le récepteur,
Je ne tomberai pas sous la plume de la mort.
Peu importe si je meurs de tout ceci qui est
À moitié convention et à moitié mensonge.

***

I have longed to move away
From the hissing of the spent lie
And the old terror’s continual cry
Growing more terrible as the day
Goes over the hill and into the deep sea;
I have longed to move away
From the repetition of salutes,
For there are ghosts in the air
And ghostly echoes on paper,
And the thunder of calls and notes.

I have longed to move away but am afraid;
Some life, yet unspent, might explode
Out of the old lie burning on the ground,
And, crackling into the air, leave me half-blind.
Neither by night’s ancient fear,
The parting of hat from hair,
Lips pursed at the receiver,
Shall I fall to death’s feather.
By these I would not care to die,
Half convention and half lie.

(Dylan Thomas)

 

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 5 Comments »

 
%d blogueurs aiment cette page :