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Ah dis ah dis ah dis ah bonjour (Charles Trenet)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2021



 

Ah dis ah dis ah dis ah bonjour

Quel est, dans le bois, ce lumineux coquelicot?
C´est le soleil plus matinal que tes jolis yeux ma chérie.
Quel est, dans le ciel, cet écho, ce cocorico?
C´est la chanson d´un jeune coq qui chante sur la prairie.
Quelle est cette goutte sur la joue de cette fleur?
C´est la rosée qui met partout qui met des larmes de bonheur.
Quelle est cette ardeur qui vient avec le gai printemps?
C´est du désir. Réveille-toi. La nature a vingt ans.

Ouvre ton cœur à l´amour.
Ouvre ta fenêtre au jour.
Laisse entrer chez toi le gai soleil et dis,
Ah dis, ah dis, ah dis : Ah Bon-jour!
Cueille la fleur, la plus belle.
Chante une chanson nouvelle
Et va-t´en courir sur les chemins
Qui sont de la nature les lignes de la main.

Prends un bain dans la rivière.
Sèche-toi dans la clairière
Et n´assieds pas ton derrière
Sur les orties familières…
Dis-toi que le temps est court,
Qu´il faut penser à l´amour.
Ouvre ton cœur et ta fenêtre au jour
Et dis : Ah dis, ah dis, ah dis : Ah Bon-jour!

Quel est cet oiseau qui, gentiment, nous applaudit?
C´est l´hirondelle de mon cœur qui chante, chante jour et nuit.
Quel est ce château qui nous sourit à l´horizon?
C´est le mirage le plus beau ma chérie : c´est notre maison.
Qui est ce gros chien qui jappe au bas de l´escalier?
C´est le gardien, le gros Médor dont le visage est familier.
Quel est cet étang qui nous invite à canoter?
C´est le bon temps, l´avenir, c´est le printemps et l´été.

(Charles Trenet)

Illustration: ArbreaPhotos

 

 

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Elle a douté (Francis Lalanne)

Posted by arbrealettres sur 9 novembre 2021


doute

Elle a douté de cette ardeur
Que ma tendresse nourrissait
Pour elle et sans fin caressait
Pour son âme, en toute pudeur.

Dans chaque instant qui frémissait
De mon désir sur sa candeur,
Elle a vu le mal, la laideur,
Non le pur amour qui naissait;
Elle a douté…
Me prenant pour un maraudeur
Voleur de coeur, un chapardeur,
Entre nous le froid grandissait;
Me condamnant à la tiédeur
Du sentiment qui l’oppressait,
Elle a douté.

(Francis Lalanne)

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Ton Corps (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2021



Ton Corps

Ton corps sent la terre et la feuille
Quand il enlace la campagne
Tu dénoues tes cheveux
Qui retombent sur les collines
Et sur le village assis
Au bord de la route

Tes mains empoignent l’ombre
Pour l’écarter du sol
Avant de les poser
Pour posséder le monde

Entre tes doigts le soleil
Fait chanter les couleurs
Sur les fleurs de ta robe
Transparente comme un ruisseau
Et tes hanches font tanguer l’horizon

Voix de rire
Main de caresse
Seins gonflés à l’extrême
Ton corps se donnera
Ta chevelure enfante de l’or
Et dans ton décolleté
Plongent le regard du jour
Et l’ardeur de mes mains.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: William Bouguereau

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Le carnaval des animaux (Francis Blanche)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2021




Au Jardin des Plantes, ainsi nommé d’ailleurs
à cause des animaux qu’on y a rassemblés
Au Jardin des Plantes une étrange ardeur
semble régner…
On décore, on festonne, on visse, on cloue, on plante
Le castor construit des tréteaux
La grue porte des fardeaux
le python accroche des tableaux
car ce soir au Jardin des Plantes
c’est la grande-fête éblouissante:
Le carnaval des animaux!

Tout est prêt.. la foule se masse
L’orchestre, à pas de loup, discrètement se place
L’éléphant prend sa trompe, le cerf son cor de chasse
et voici que soudain monte dans le silence
pour le plaisir de nos cinq sens
la musique de monsieur Saint-Saëns…

(Francis Blanche)

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Tu étais droite et heureuse (Leonardo Sinisgalli)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2021



 

Dina Shubin  (6) [1280x768]

Tu étais droite et heureuse
Devant la porte que le vent
Venait d’ouvrir sur la campagne.
Pétrie de lumière
Tu te tenais immobile dans le jour,
Au temps des guêpes d’or,
Lorsque dans le sureau
Se font douces les moelles.
Alors on allait déchaussés
Par les fossés, on mesurait l’ardeur
Du soleil d’après les empreintes
Laissées sur les rochers.

***

Erí dritta e felice
Sulla porta che il vento
Apriva alla campagna.
Intrisa di luce
Stavi ferma nel giorno,
Al tempo delle vespe d’oro
Quando al sambuco
Si fanno dolci le midolla.
Allora s’andava scalzi
Per i fossi, si misurava l’ardore
Del sole dalle impronte
Lasciate sui sassi.

(Leonardo Sinisgalli)

Illustration: Dina Shubin

 

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L’amour, vorace et triste (Anna de Noailles)

Posted by arbrealettres sur 28 juin 2021



Illustration: Lucie Llong
    
L’amour, vorace et triste, en son humble folie,
Exige le serment qui rapproche et qui lie
La mort avec la volupté ;
Une voix dit « toujours » et l’autre répond « oui »,
Car l’éphémère ardeur veut un luxe inouï
D’avenir et d’éternité…

(Anna de Noailles)

 

Recueil: Poème de l’amour
Traduction:
Editions: Le livre unique

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Bien peu de coeurs sont désirants (Anna de Noailles)

Posted by arbrealettres sur 28 juin 2021




    
Bien peu de coeurs sont désirants,
Un tiède destin les rassure,
Ils goûtent les faibles mesures,
Les jours égaux, prévus et francs,
L’avenir calme et sans ardeur.
— Il faut plaindre les donateurs !

(Anna de Noailles)

 

Recueil: Poème de l’amour
Traduction:
Editions: Le livre unique

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Le cheval décide avant toute décision (António Ramos Rosa)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2021




    
Le cheval décide avant toute
décision, dans la plaine.
Cheval bleu, non, mais la forme
de mon haleine qui respire son ardeur.

Je suis cheval dans le cheval
parce que la parole dit son entièreté et je
vois qu’elle creuse, elle est terre, pierre,
muscle après muscle je retiens sa force.

Avec la patience du champ et l’amour du regard,
la précision du cheval est plus grande que le
chemin
et porte en lui tout le souffle de la demeure.

(António Ramos Rosa)

 

Recueil: Le cycle du cheval
Traduction: du portugais par Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

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AUX TIRAILLEURS SÉNÉGALAIS MORTS POUR LA FRANCE (Léopold Sédar Senghor)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2021



Illustration: Karamba Dramé
    
AUX TIRAILLEURS SÉNÉGALAIS MORTS POUR LA FRANCE

Voici le Soleil
Qui fait tendre la poitrine des vierges
Qui fait sourire sur les bancs verts les vieillards
Qui réveillerait les morts sous une terre maternelle.
J’entends le bruit des canons — est-ce d’Irun?
On fleurit les tombes, on réchauffe le Soldat Inconnu.
Vous mes frères obscurs, personne ne vous nomme.
On promet cinq cent mille de vos enfants à la gloire des
futurs morts, on les remercie d’avance futurs morts
obscurs
Die Schwarze schande !

Écoutez-moi, Tirailleurs sénégalais, dans la solitude de la terre noire et de la mort
Dans votre solitude sans yeux sans oreilles, plus que dans ma peau sombre au fond de la Province
Sans même la chaleur de vos camarades couchés tout contre vous, comme jadis dans la tranchée jadis dans les palabres du village
Écoutez-moi, Tirailleurs à la peau noire, bien que sans oreilles et sans yeux dans votre triple enceinte de nuit.
Nous n’avons pas loué de pleureuses, pas même les larmes de vos femmes anciennes
— Elles ne se rappellent que vos grands coups de colère, préférant l’ardeur des vivants.
Les plaintes des pleureuses trop claires
Trop vite asséchées les joues de vos femmes, comme en saison sèche les torrents du Fouta
Les larmes les plus chaudes trop claires et trop vite bues au coin des lèvres oublieuses.
Nous vous apportons, écoutez-nous, nous qui épelions vos noms dans les mois que vous mouriez
Nous, dans ces jours de peur sans mémoire, vous apportons l’amitié de vos camarades d’âge.
Ah ! puissé-je un jour d’une voix couleur de braise, puissé-je chanter
L’amitié des camarades fervente comme des entrailles et délicate, forte comme des tendons.
Écoutez-nous, Morts étendus dans l’eau au profond des plaines du Nord et de l’Est.
Recevez ce sol rouge, sous le soleil d’été ce sol rougi du sang des blanches hosties
Recevez le salut de vos camarades noirs, Tirailleurs sénégalais
MORTS POUR LA RÉPUBLIQUE !

Tours, 1938.

(Léopold Sédar Senghor)

 

Recueil: Anthologie Poésie africaine six poètes d Afrique francophone
Traduction:
Editions: Points

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LE CHANSONNIER (extrait) (Lorenzo De Medici)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2021



Illustration: Anders Zorn
    
LE CHANSONNIER (extrait)

Cherche qui veut les grands honneurs, les pompes,
Les hauts monuments, les places, les temples,
Les plaisirs, les trésors, accompagnés
De cent dures pensées, de cent douleurs.

Un petit pré vert, plein de belles fleurs,
Un ruisselet, qui arrose l’herbette,
Un oiselet, que fait Amour se plaindre,
Peuvent bien mieux apaiser mes ardeurs,

Et les bois ombreux, les rocs, les hauts monts,
Les antres noirs, les bêtes fugitives,
Avec quelque jolie nymphe craintive.

Là-bas je vois en mes pensées errantes
Les beaux yeux tels que s’ils étaient vivants;
Ici m’en prive une chose ou une autre.

***

CANZONIERE

Cerchi chi vuol le pompe e gli alti onori,
Le piazze, i templi e gli edifizi magni,
Le delizie e il tesor, quale accompagni
Mille duri pensier, mille dolori.

Un verde praticel piem di be’ fiori,
Un rivo che l’erbetta intorno bagni,
Un augelletto che d’amor si lagni,
Acqueta molto meglio i nostri ardori;

L’ombrose selve, i sassi e gli alti monti,
Gli antri oscuri e le fère fuggitive,
Qualche leggiadra ninfa paurosa:

Quivi vegg’io con pensier vaghi e pronti
Le belle luci corne fussin vive,
Qui me le toglie or una or altra cosa.

(Lorenzo De Medici)

Recueil: Petite anthologie Poésie européenne
Traduction:
Editions: Singulières

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