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Posts Tagged ‘arène’

LE SOMMEIL (Henri De Régnier)

Posted by arbrealettres sur 24 octobre 2019



 

Ingrid Tusell  (29)

LE SOMMEIL

Penses-tu que ces fleurs, ces feuilles et ces fruits,
Et cet âpre laurier plus amer que la cendre,
Penses-tu que mes mains pour eux les aient cueillis?

Si j’ai mêlé tout bas à l’onde des fontaines
Les larmes que leur eau pleure encore aujourd’hui,
Crois-tu que j’ignorais combien elles sont vaines?

Si, debout, j’ai marché sur le sable changeant,
Était-ce pour marquer mon pas sur son arène,
Puisqu’il n’en reste rien quand a passé le vent?

Et pourtant j’ai voulu être un homme et me vivre
Et faire tour à tour ce que font les vivants;
J’ai noué la sandale à mon pied pour les suivre.

Amour, haine, colère, ivresse, j’ai voulu,
Par la flûte de buis comme au clairon de cuivre,
Entendre dans l’écho ce que je n’étais plus.

Si j’ai drapé mon corps de pourpres et de bures,
N’en savais-je pas moins que mon corps était nu
Et que ma chair n’était que sa cendre future?

Non, ce laurier sans joie et ces fruits sans désir,
Et la vaine rumeur dont toute vie est faite,
Non, tout cela, c’était pour pouvoir mieux dormir

L’ombre définitive et la nuit satisfaite!

(Henri De Régnier)

Illustration: Ingrid Tusell

 

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L’arène de l’attachement (Alain Mabanckou)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2018



on entre dans l’arène de l’attachement
à grandes enjambées
on en sort sur la plante des pieds
par crainte des miroirs
dans les coulisses éclairées
de la défaillance

(Alain Mabanckou)


Illustration: Gilbert Garcin

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VIEILLESSE (Henri Michaux)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2017



VIEILLESSE

Soirs ! Soirs ! Que de soirs pour un seul matin !
Ilots épars, corps de fonte, croûtes !
On s’étend mille dans son lit, fatal déréglage !

Vieillesse, veilleuse, souvenirs : arènes de la mélancolie !
Inutiles agrès, lent déséchafaudage !
Ainsi, déjà, l’on nous congédie !
Poussé ! Partir poussé !
Plomb de la descente, brume derrière …
et le blême sillage de n’avoir pas pu Savoir.

(Henri Michaux)

Illustration

 

 

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Oui, par Dieu (Bachar Ibn Bourd)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2016



yeux

Oui, par Dieu,
je souhaite d’être ensorcelé
par la magie
de tes yeux,
et pourtant,
je crains de descendre dans l’arène

des amoureux
prêts à la lutte.

(Bachar Ibn Bourd)

 

 

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À L’ENVI (André Velter)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2016


 


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À L’ENVI

Loin dans les triomphes du soleil
Ce penchant victorieux
Cette ascension recrue de tragédies
Mais de force renaissante
Mais de force insolente
Avec un grand rire à jamais sauvé
À jamais semé sur le monde
Et que l’on n’entend pas

Je vois au travers des murs et des portes
Sans renoncer au labyrinthe
Ni à la rage du Minotaure intime
Qui ressuscite à la suite autant qu’il a tué
Qui fouille et crie
En s’évadant d’une autre nuit
D’un vieux séjour

La trame était donc trop serrée
Le linceul incertain
Il fallait prendre sur soi
Comme une balle au bond

J’ai déblayé les rives et vendu le limon
J’ai mis le cap au meilleur sort
D’un simple coup de reins
J’ai dévié la mort
Alors que les arènes n’inspiraient que des ombres

L’espace a retrouvé sa haute fréquence
Le pouvoir d’enchanter à tout va
En tous pays
Et le sablier n’encombre plus les rêves

S’imposent un instinct qui ne trompe pas
Une clairvoyance digne et farouche
Quand le corps se souvient qu’il a son mot à dire
Et que soudain rôdent à l’envi
Deux syllabes ou un nom dans le creux des épaules

(André Velter)

 

 

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Nous avançons bras battant l’air moulins à vent contre quel don quichotte ? (Robert Mallet)

Posted by arbrealettres sur 16 août 2016


 

Nous avançons bras battant l’air
moulins à vent contre quel don quichotte ?
joueurs de quel colin-maillard?
yeux bandés vers quel partenaire ?
banderilleros de quelles paroles
aux flancs de quel taureau hagard ?

Nous dansons dans l’arène entre les coups
de corne et les bravos d’un vieux public
qui veut des habits de lumière
sans jamais d’accrocs aux culottes
nous mourrons sous les vivats, nous
enduits d’un sable rouge oh ! si lyrique…

(Robert Mallet)

Illustration

 

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Ah! ne me dites pas … (Madame de Pressensé)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2016



Ah! ne me dites pas que la vie est un rêve,
Une ombre qui s’enfuit et flotte sous mes pas;
C’est le temps de la lutte, et si rien ne s’achève,
L’éternel avenir a son germe ici-bas.

La vie est un combat, la vie est une arène
Où le devoir grandit du triomphe obtenu;
C’est le sentier qui monte, et pas à pas nous mène
Aux sommets d’où la vue embrasse l’inconnu.

(Madame de Pressensé)

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La Louve (Louis Bouilhet)

Posted by arbrealettres sur 9 mars 2016



[#Beginning of Shooting Data Section] Nikon D1X 2003/11/05 13:35:05.1 RAW (12 bits) Sans perte Taille de l'image : Grande (3008 x 1960) Couleur Objectif : 70-210mm f/4-5.6 Focale : 116mm Mode d'exposition : Manuel Mode de mesure : Multizones 1/200 sec - f/10 Correction d'exposition : 0 IL Sensibilité : ISO 400 Balance des blancs : Flash -3 Mode de AF : AF-S Compensation des tons : Normale Mode flash : Synchronisation lente Mode de flash automatique : Nouveau TTL Mode couleur : Mode II (RVB Adobe) Réglage des teintes : -9° Netteté Image : Faible Réduction du bruit :  Légende image :  [#End of Shooting Data Section]

La Louve

Marcia, la vieille louve,
Au fond de son antre couve
Plus d’une jeune beauté,
Et, quand la rue est obscure,
Répand au loin, dans Suburre,
Son fol essaim qui murmure
Par les chaudes nuits d’été.

Elle a la belle Grecque, enivrante sirène,
La fille de Lesbos aux soupirs cadencés,
Qui suspend ses doigts blancs à sa lyre d’ébène,
Et danse aux carrefours la danse ionienne,
Avec un bandeau d’or sur ses cheveux dressés.

Elle a l’ardente Latine,
Qui sous une mitre incline
Son front bruni du soleil,
Nymphe au sourire magique,
Glissant sous le blanc portique,
Avec sa fauve tunique
Et son brodequin vermeil.

Elle a pour nos plaisirs, la Gauloise superbe,
Le front ceint de gui pâle, aux feuillages amers ;
Son pied nerveux bondit sans faire plier l’herbe.
Ses longs cheveux épars semblent l’or d’une gerbe,
Et son regard farouche est bleu comme les mers.

Elle a ses négresses folles
Qui, sur leurs noires épaules,
Enlacent des serpents verts.
Elle a l’Arabe indolente
Qui, la nuit, dort sous la tente,
Et le jour boit, haletante,
À la source des déserts !

— Mais la plus belle, amis, c’est la blanche Chrétienne,
Qui pleure et ne veut pas, et rougit tour à tour,
Et qui de son Dieu mort pressant l’image vaine,
Demande à deux genoux les tigres de l’arène,
Quand on la jette nue aux baisers de l’amour !

(Louis Bouilhet)

 

 

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PARIS (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2015



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PARIS

O vaisseau endormi
qui m’attend
loin de moi,ô Paris
mon honneur et ma fête
mon secret réchauffé
dans tes yeux

O ma Seine arrimée
dans les eaux printanières
O charniers innocents
de mémoire, ô ma vie
trépassée qui verdoies,
plus comblée que tes jours
quand ils luirent

O la neige en mon âme
et mes fleurs, ô manteau
pour briller dans l’hiver
de mon âge
mes blessures
sont couleur de ton ciel

O Paris tes arènes
pour combattre mes bêtes
mes taureaux blanchissant
par la nuit et ma mort
piétinée et mon sang
qui surgit dans leurs yeux
et mon rire

O Paris tes ponts-neufs
pour passer mes abîmes
tes deux îles mes yeux
oscillant sur le flux
les fenêtres du soir
mes attentes lointaines
et les portes d’hôtel
mes entrées du mystère

O Montmartre ta proue
et tes tours pour hausser
mes refus les rosaces
pour mirer la beauté
et les Halles au matin
et les cris du jardin
la tendresse du jour

O Paris,mon amande
bleue amère,
ma réserve songeuse
jusqu’au pierres
de ton sein
mes douces graminées
tes marchands de couleurs
arbres de ma voix vive
et ton ciel pourrissant,
ô mon baume enchanté…

(André Frénaud)

Illustration: ArbreaPhotos

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LE FROMENT (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2015



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LE FROMENT

Las d’être faim, je devins nourriture.
Le créateur est faible de raison.
Pour se mêler à l’atome, à l’étoile,
Il se déchire aux ronces d’exister.

Il se dissout dans ses oeuvres majeures.
Voyez cet homme en ses mots transformé
Qui de vélin sublimant tous ses gestes
Va reculer devant sa vie écrite.

Que d’un seul jour j’en compose cent autres !
Que je me livre aux dents de la durée
Tel un esclave aux lions de l’arène
Pour être un pain plus pur à votre bouche.

(Robert Sabatier)

Illustration

 

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