Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘aréole’

A l’heure dite (Jacques Chessex)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2018




    
A l’heure dite

À l’heure de ma mort À l’heure dite
J’espère être assez juste
Je souhaite voir assez clair
Ecouter ta voix assez profondément

dans ce qui sera encore moi
Pour me souvenir de ton printanier souffle
Dies illa dies irae pitié pour cette chair torturée
Loin de la célébration de l’erreur

Traité de la mort, voie lactée

Traité de la mélancolie

L’air de ta chevelure en moi

L’aréole fatigable

La chaîne secrète à ton cou

Portant la géométrie

Où luit la perle, œil de la mort

Que je fixerai dans le
Songe

Oubliant ton regard

(Jacques Chessex)

Découvert ici: https://petalesdecapucines.wordpress.com/

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LOGE ÉTROITE (César Vallejo)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2016



LOGE ÉTROITE

Plus près, plus près. Je suis très bien.
Il pleut ; il fait une limitation cruelle.
Avance, avance le pied.

Jusque quand ces mains simulant la ronceraie
laisseront-elles les courtines baissées?
Tu vois? Les autres, quelle facilité, quelle effigie.
Plus près, plus près.

Il pleut. Et ce soir une autre nef glissera
chargée de crêpe ;
comme l’aréole noire et difforme
arrachée à l’illusion sphingique.

Plus près, plus près. Tu es au bord
et la nef peut t’entraîner sur la mer.
Ah, courtines immobiles, symboliques…
Mes applaudissements sont un festin de roses noires :
te céder ma place!
Et dans le fracas de mon renoncement
saignera un fil d’infini.

Je ne dois pas être si bien;
avance, avance le pied!

***

EL PALCO ESTRECHO

Más acá, más acá. Yo estoy muy bien.
Llueve; y hace una cruel limitación.
Avanza, avanza el pie.

Hasta qué hora no suben las cortinas
esas manos que fingen un zarzal?
Ves? Los otros, qué cómodos, qué efigies.
Más acá, más acá!

Llueve. Y hoy pasará otra nave
cargada de crespón;
será como un pezón negro y deforme
arrancado a la esfíngica Ilusión.

Más acá, más acá. Tú estás al borde
y la nave arrastrarte puede al mar.
Ah, cortinas inmóviles, simbólicas…
Mi aplauso es un festín de rosas negras:
cederte mi lugar!
Y en el fragor de mi renuncia,
un hilo de infinito sangrará.

Yo no debo estar tan bien;
avanza, avanza el piel!

(César Vallejo)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Finement granulée (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2016




Finement granulée l’aréole
de chacun de ces seins participe des couleurs d’une rose ambrée
penchée sur un proche abîme.
Cette poitrine évoque caresses
tortures, de par ses pointes épuise la splendeur d’un corps entier
à visage oblong aux yeux verts
elle ne sera ni caressée
ni torturée, même approchée
le soleil éclaire d’abondance le buisson
de la figue ouverte, ceux plus pâles des aisselles.
Les fesses, duvet du sillon
reposent sur un sable éternel
infimes débris des coquilles de la mer.

(Jean Follain)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

MADRIGAL (Ernest Delève)

Posted by arbrealettres sur 29 novembre 2015



 

MADRIGAL

Voici de ces poisons préparés par l’automne
Herbes folles par qui se calment les douleurs
Bouillons noirs de la nuit où bout la belladone
Sur un bruit de sanglots la coupe de sueurs

Belle dame voici la rose qui restait
La rose noire ouvrant le sommeil de ses lèvres
Le philtre composé de vos propres bienfaits
L’aréole de soif où perle un lait funèbre

C’est la seule un pétale déjà se détache
Songez-y c’est la fleur préférée du vent
De panique une larme a plus d’attaches que
Sur terre cette fleur c’est la fin c’est la fin

(Ernest Delève)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La terre les porte (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 14 août 2015


L’abrupt des consciences
tout le jeu des atomes
les yeux du pain
ceux de la pierre face au silence
l’étreinte des mains de chair et d’os
les aréoles de seins
d’une fille qui s’isole au bord de la mer
la terre les porte.

(Jean Follain)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :