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SOUVENIR DE LA BELLE LUTHISTE (Anonyme)

Posted by arbrealettres sur 16 septembre 2022




    
SOUVENIR DE LA BELLE LUTHISTE
Sur l’air de « L’Immortel sur le fleuve »
—Yan Jidao

Réveillé, je trouve le pavillon fermé ;
Dégrisé, je regarde le rideau baissé.
Comme au printemps dernier je me sens désolé.
A la chute des fleurs, seul je me souviens d’elle ;

Dans la bruine volent une paire d’hirondelles.
Pour la première fois,
Quand j’ai vu la belle dans sa robe de soie
de double coeur brodée,
la corde de son luth vibrait d’un air d’amour.

On peut voir encor la lune argentée
qui a vu passer le nuage rose sans retour.

(Anonyme)

***

Recueil: Choix de Poèmes et de Tableaux des Song
Traduction:
Editions: China Intercontinental Press

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Me revoilà au bord de la Néva (Fiodor Tiouttchev)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2021



    

Me revoilà au bord de la Néva,
Et de nouveau, comme par le passé,
Je contemple, vivant, je crois,
Ces eaux qui semblent sommeiller.

Pas d’étincelle dans le bleu du ciel,
Tout est figé dans un calme enchanté,
Sur la Néva songeuse seule ruisselle
De la lune la lueur argentée.

Serait-ce un rêve que je fais,
Ou suis-je en train de regarder
Ce qu’à cette même clarté,
Vivants, nous avons contemplé ?

(Fiodor Tiouttchev)

Recueil: POÈMES
Traduction: traduit du russe par Sophie Benech
Editions: Interférences

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LA JOUEUSE DE LUTH (Wang Wei)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2021



 Illustration
    
LA JOUEUSE DE LUTH

La lune se lève
au-dessus de la brume légère
de l’automne.
Sa robe est humide,
mais toute la nuit,
sans se changer,
elle pince les cordes argentées
de son luth,
de peur de retrouver
sa chambre vide.

(Wang Wei)

 

Recueil: Neige sur la montagne du lotus Chants et vers de la Chine ancienne
Traduction: Ferdinand Stočes
Editions: Picquier poche

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EPITAPHE POUR JOAQUIN PASOS (Ernesto Cardenal)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2020



Illustration: Paola Grizi

    

EPITAPHE POUR JOAQUIN PASOS

Il passait ici par ces rues, à pied,
sans relation, sans travail et sans argent.
Seuls les poètes, putains et poivrots
connaissaient ses vers.

Jamais il n’a été à l’étranger.
Il était en prison.
Maintenant il est mort.
Il n’a aucune statue.

Mais
souvenez-vous de lui quand vous aurez des ponts en béton,
de grandes turbines, des tracteurs, des remises argentées,
de bons gouvernements.

Car dans ses poèmes il a épuré la langue de son peuple
où un jour les accords commerciaux, la Constitution,
les lettres d’amour
et les décrets seront écrits.

***

EPITAFIO PARA JOAQUÍN PASOS

Aquí pasaba a pie por estas calles,
sin empleo ni puesto y sin un peso.
Sólo poetas, putas y picados
conocieron sus versos.

Nunca estuvo en el extranjero.
Estuvo preso.
Ahora está muerto.
No tiene ningún monumento…

Pero
recordadle cuando tengáis puentes de concreto,
grandes turbinas, tractores, plateados graneros,
buenos gobiernos.

Porque él purificó en sus poemas el lenguaje de su pueblo,
en el que un día se escribirán los tratados de comercio,
la Constitución, las cartas de amor,
y los decretos.

***

EPITAPH FOR JOAQUÍN PASOS

He used to walk here, along these streets,
without job or position and without a peso.
Only poets, prostitutes, and bums
knew his verses.

He was never abroad.
He was in prison.
Now he’s dead.
He hasn’t any monument . . .

But
remember him when you have concrete bridges,
big turbines, tractors, silver-plated barns,
good governments.

Because in his poems he purified the language of his people,
in which one day trade agreements will be written,
the Constitution, the love letters,
and the decrees.

***

EPITAF DEMI JOAQUÍN PASOS

Dia sentiasa berjalan di sini, di lorong ini
tanpa jawatan atau kedudukan, tanpa duit
Hanya penyair, wanita sundal dan yang musnah
memahami puisinya.

Tidak pernah berkelana ke luar negara.
Terkurung di penjara.
Kini kembali ke negeri abadi.
Tiada tugu…

Tapi
Titi konkrit, turbin besar, traktor, bangsal perak, kerajaan telus
kembalikan ingatan terhadapnya.
Dalam puisinya disucikan bahasa warganya,

bakal termeterai perjanjian perdagangan,
Perlembagaan, surat cinta
dan dekri.

***

EPITAF PENTRU JOAQUÍN PASOS

A fost pe-aici, cândva, mergând pe-aceste străzi
fără angajamente sau funcții sau vreun peso.
Și doar câțiva poeți și cerșetori, și curve
versul i l-au aflat.

Nicicând peste hotare n-a plecat.
A stat toți anii lui încarcerat.
Acum în viață nu mai este.
Nimeni nu i-a făcut vreun monument…

Dar voi
să-l evocați când poduri ridicați,
turbine și tractoare și argintii hambare,
guverne binefăcătoare.

Căci el prin poezie a-nnobilat limbajul din popor,
limba în care-apoi s-au scris acorduri, legi
scrisori de amor,
decrete.

***

EPITAFFIO PER JOAQUÍN PASOS

Era solito passeggiare qui, lungo queste strade,
senza un lavoro o una posizione, senza una lira.
solo poeti, prostitute e straccioni
conoscevano i suoi versi.

Non era mai stato all’estero.
Conosceva la prigione.
Adesso è morto.
Non ha nessun monumento . . .

Eppure
ricordalo quando nell’avere ponti in cemento,
grandi turbine, trattori, silos argentati,
buoni governi.

Perché nelle sue poesie ha purificato il linguaggio del suo popolo,
nel quale un giorno scriveranno accordi commerciali,
la Costituzione, lettere d’amore
e le leggi.

***

EPITÁFIO PARA JOAQUÍN PASOS

Aqui passava a pé por estas ruas,
sem emprego, sem posto, e sem dinheiro.
Somente poetas, putas e borrachos
conheceram os seus versos.

Nunca foi para o exterior.
Esteve preso.
Agora está morto.
Não tem nenhuma estátua…

Mas
lembrem dele quando tiverem pontes de concreto,
grandes turbinas, tratores, prateados celeiros,
bons governos.

Porque ele purificou nos seus poemas a língua do seu povo,
em que um dia serão escritos os tratados de comércio,
a Constituição, as cartas de amor,
e os decretos.

***

ΕΠΙΤΑΦΙΟΣ ΓΙΑ ΤΟΝ JOAQUÍN PASOS

Εδώ σ’ αυτούς τους δρόμους συνήθιζε να περπατεί
δίχως δουλειά, δίχως δεκάρα ή θέση
οι ποιητές, ιερόδουλες κι αλήτες
τους στίχους του ρητόρευαν
ποτέ του δεν ταξίδεψε
μπήκε σε φυλακή
και τώρα πια νεκρός δίχως μνημείο.
Μα πείτε του πως γέφυρες έχετε
τουρμπίνες, και τρακτέρ, και αποθήκες
και κυβερνήσεις με μυαλό
τη γλώσα του λαού με στίχους είχε αγιάσει
που συμφωνίες μια μέρα θα γραφτούν
και Καταστατικό, και γράμματα ερωτικά
και τίτλοι.

***

乔昆·帕索斯墓志铭

他过去常走在这里, 沿着这些街道,
没有工作或职位, 也没有比索。
只有诗人、卖淫者和流浪汉
知道他的诗句。
他从未出过国。
他曾坐监狱。
现在他死了。
他没有纪念碑……
但是
当你有混凝土桥的时候记得他,
大型涡轮机,拖拉机, 银色谷仓,
好政府。
因为他在诗中净化了人民的语言,
其中有一天贸易协定会被写下来,
宪法,情书,
以及法令。

***

GRAFSCHRIFT VOOR JOAQUÍN PASOS

Hier kwam hij langs deze straten, te voet,
zonder betrekking, zonder werk en zonder geld.
Alleen dichters, hoeren en dronkaards
kenden zijn verzen.

Hij was nooit in het buitenland.
Hij was in de gevangenis.
Nu is hij dood.
Hij heeft geen enkel standbeeld…

Maar
herinner hem wanneer jullie bruggen van beton zullen hebben,
grote turbines, tractors, verzilverde schuren,
goede regeringen.

Want hij zuiverde in zijn gedichten de taal van zijn volk
waarin ooit de handelsovereenkomsten, de Grondwet,
de liefdesbrieven,
en de decreten zullen worden geschreven.

***

***

***

***

(Ernesto Cardenal)

 

Recueil: ITHACA 622
Traduction: Français Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache / Espagnol / Anglais Stanley Barkan / Malaisien : Dr.Raja Rajeswari Seetha Raman / Roumain Gabriela Căluțiu Sonnenberg / Italien Luca Benassi / Portugais José Eduardo Degrazia / Grec Manolis Aligizakis / Chinois William Zhou / Néerlandais Germain Droogenbroodt / Russe Rahim Karim / Indi Jyotirmaya Thakur / Persan Sepideh Zamani /Editions: POINT
Site: http://www.point-editions.com/en/

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UNE FEE (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 1 juillet 2020




    
UNE FEE

Que ce soit Urgèle ou Morgane,
J’aime, en un rêve sans effroi,
Qu’une fée, au corps diaphane,
Ainsi qu’une fleur qui se fane,
Vienne pencher son front sur moi.

C’est elle dont le luth d’ivoire
Me redit, sur un mâle accord,
Vos contes, qu’on n’oserait croire,
Bons paladins, si votre histoire
N’était plus merveilleuse encor.

C’est elle, aux choses qu’on révère
Qui m’ordonne de m’allier,
Et qui veut que ma main sévère
Joigne la harpe du trouvère
Au gantelet du chevalier.

Dans le désert qui me réclame,
Cachée en tout ce que je vois,
C’est elle qui fait, pour mon âme,
De chaque rayon une flamme,
Et de chaque bruit une voix ;

Elle, – qui dans l’onde agitée
Murmure en sortant du rocher,
Et, de me plaire tourmentée,
Suspend la cigogne argentée
Au faîte aigu du noir clocher ;

Quand, l’hiver, mon foyer pétille,
C’est elle qui vient s’y tapir,
Et me montre, au ciel qui scintille,
L’étoile qui s’éteint et brille,
Comme un œil prêt a s’assoupir ;

Qui, lorsqu’en des manoirs sauvages
J’erre, cherchant nos vieux berceaux,
M’environnant de mille images,
Comme un bruit du torrent des âges,
Fait mugir l’air sous les arceaux ;

Elle, – qui, la nuit, quand je veille,
M’apporte de confus abois,
Et, pour endormir mon oreille,
Dans le calme du soir, éveille
Un cor lointain au fond des bois.

Que ce soit Urgèle ou Morgane,
J’aime, en un rêve sans effroi,
Qu’une fée, au corps diaphane,
Ainsi qu’une fleur qui se fane,
Vienne pencher son front sur moi !

(Victor Hugo)

 

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Autre effet de lune (Eugenio Montale)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2020



Autre effet de lune

Le caroubier dont la trame se profile
dépouillée, sur l’azur somnolent,
des voix, une broderie
de doigts argentés sur les seuils,

la plume qui s’englue, un piétinement
sur le môle qui s’efface,
et la felouque déjà replie son vol
sous les dépouilles de ses voiles basses.

***

Altro effetto di Luna

La trama del carrubo che si profila
nuda contro l’azzurro sonnolento,
il suono delle voci, la trafila
delle dita d’argento sulle soglie,

la piuma che s’invischia, un trepestio
sul molo che si scioglie
e la feluca già ripiega il volo
con le vele dimesse come spoglie.

(Eugenio Montale)


Illustration

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De mon pays (Anonyme)(maître Meng)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2018




    
De mon pays
Je me rappelle
Un nuage argenté.

(Anonyme)(maître Meng)

 

Recueil: Le livre des vingt et un poèmes
Traduction:
Editions: William Blake

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Sardines à l’huile (Georges Fourest)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2018



Sardines à l’huile

Dans leur cercueil de fer-blanc
plein d’huile au puant relent
marinent décapités
ces petits corps argentés
pareil aux guillotinés
là-bas au champ de navets !
Elles ont vu les mers, les
côtes grises de Thulé,
sous les brumes argentés
la Mer du Nord enchantée…
Maintenant dans le fer-blanc
et l’huile au puant relent
de toxiques restaurants
les servent à leurs clients !
Mais loin derrière la nuée
leur pauvre âmette ingénue
dit sa suave chanson
au Paradis-des-Poissons,
une mer fraîche et lunaire
pâle comme un poitrinaire,
la Mer de Sérénité
aux longs reflets argentés
où durant l’éternité,
sans plus craindre jamais les
cormorans ou les filets,
après leur mort nageront
tous les bons petits poissons !…
Sans voix, sans mains, sans genoux
sardines, priez pour nous !…

(Georges Fourest)

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J’avais cessé de nommer (Roger Munier)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2018



Illustration: Vincent Van Gogh
    
J’avais cessé de nommer.
J’étais le lieu seulement comme d’une avancée végétale.

La proie d’un moutonnement vert, argenté sur ses crêtes par les jeunes feuilles,
et qui venait à moi, en marche vers moi.

Il n’y avait colline ni pente ni prairie ni bocage.
Une masse fluide coulait vers moi, m’immergeant lentement.

La fine pluie qui se déplaçait en nuages bas, de l’est,
en abolissant tout recul de quelque importance, en noyant les confins, même proches,
rendait d’autant plus immédiat et instant ce qui m’entourait.

La tiédeur humide de l’air accusait encore la continuité, le continu, mettait tout en contact.
Une lumière irréelle, opaline et dorée, baignait, c’est bien le mot, toutes choses.

Je fus un temps sous l’effet de cette instance en marche, sans nommer, ni presque percevoir.
En proie seulement. Envahi. Bienheureux. Délivré.
N’étant pas plus, mais cela.
Et de la sorte venant moi-même à moi comme du dehors, me rejoignant peu à peu.

Quand ce fut fini, quand j’eus en quelque sorte regagné mes limites, mes fonds,
quand de nouveau je me reconnus, je reconnus aussi ce qui était venu… et qui s’était évanoui.

(Roger Munier)

 

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Ton rire fait songer à cet arbre entrouvert par l’éclair argenté (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 31 mai 2018



Ton rire fait songer à cet arbre entrouvert
par l’éclair argenté, par la foudre qui tombe
du ciel et qui vient se briser sur la cime,
partageant l’arbre en deux par un seul coup d’épée.
Seules les hautes terres au feuillage de neige
sont mères d’un tel rire, ô ma bien-aimante,
c’est le rire de l’air libre sur la montagne,
et coutumes d’araucaria, ma bien-aimée.
Mon Andine, vraie montagnarde de Chillan,
viens déchirer l’obscur des couteaux de ton rire,
la nuit et le matin, et le miel du midi,
que s’élancent au ciel les oiseaux du feuillage :
tu viens, c’est pour briser cet arbre de la vie
avec ton rire et sa lumière dissipatrice.

***

Tu risa pertenece a un árbol entreabierto
por un rayo, por un relámpago plateado
que desde el cielo cae quebrándose en la copa,
partiendo en dos el árbol con una sola espada.
Sólo en las tierras altas del follaje con nieve
nace una risa como la tuya, bienamante,
es la risa del aire desatado en la altura,
costumbres de araucaria, bienamada.
Cordillerana mía, chillaneja evidente,
corta con los cuchillos de tu risa la sombra,
la noche, la mañana, la miel del mediodía,
y que salten al cielo las aves del follaje
cuando como una luz derrochadora
rompe tu risa el árbol de la vida.

(Pablo Neruda)

Illustration: Jeff Scher

 

 

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