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ONDÉE PRINTANIÈRE (Emile Lante)

Posted by arbrealettres sur 28 octobre 2018



ONDÉE PRINTANIÈRE

Il pleut gaîment, dans le soleil,
Il pleut sur les feuilles rieuses,
Il pleut sur les fleurs en éveil ;
Il pleut gaîment, dans le soleil,
Sur les chemins bordés d’yeuses…

Il pleut, et c’est, dans le lointain,
Une fête multicolore
Où tintent des sons argentins ;
Il pleut, et c’est, dans le lointain,
Une fête que le ciel dore…

Il pleut gaîment, dans le soleil,
Il pleut, et les gouttes murmurent
Les fièvres des midis vermeils ;
Il pleut gaîment, dans le soleil,
Il pleut, il pleut des perles pures…

Puisqu’il a plu longtemps, longtemps,
Pour charmer mon cœur de poète,
Pour faire rire tes vingt ans,
Allons, puisqu’il a plu longtemps,
Egoutter des fleurs sur nos têtes.

(Emile Lante)

 

 

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SOUVENIRS D’AVRIL (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 12 avril 2017



Anders Zorn La-Nymphe-Amour-1885-Anders-Zorn

SOUVENIRS D’AVRIL

Le rythme argentin de ta voix
Dans mes rêves gazouille et tinte.
Chant d’oiseau, bruit de source au bois,
Qui réveillent ma joie éteinte.

Mais les bois n’ont pas de frissons,
Ni les harpes éoliennes.
Qui soient si doux que tes chansons,
Que tes chansons tyroliennes.

*

Parfois le vent m’apporte encor
L’odeur de ta blonde crinière.
Et je revois tout le décor
D’une folle nuit, printanière ;

D’une des nuits, où tes baisers
S’entremêlaient d’historiettes,
Pendant que de tes doigts rosés
Tu te roulais des cigarettes ;

Où ton babil, tes mouvements
Prenaient l’étrange caractère
D’inquiétants miaulements,
De mordillements de panthère.

*

Puis tu livrais tes trésors blancs
Avec des poses languissantes…
Le frisson emperlait tes flancs
Émus des voluptés récentes.

*

Ainsi ton image me suit,
Réconfort aux heures glacées,
Sereine étoile de la nuit
Où dorment mes splendeurs passées.

Ainsi, dans les pays fictifs
Où mon âme erre vagabonde,
Les fonds noirs de cyprès et d’ifs,
S’égayent de ta beauté blonde.

*

Et, dans l’écrin du souvenir
Précieusement enfermée,
Perle que rien ne peut ternir,
Tu demeures la plus aimée.

(Charles Cros)

Illustration: Anders Zorn

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EXTASE (Antonin Artaud)

Posted by arbrealettres sur 5 septembre 2016



EXTASE

Argentin brasier, braise creusée
Avec la musique de son intime force
Braise évidée, délivrée, écorce
Occupée à livrer ses mondes.

Recherche épuisante du moi
Pénétration qui se dépasse
Ah! joindre le bûcher de glace
Avec l’esprit qui le pensa.

La vieille poursuite insondable
En jouissance s’extravase
Sensualités sensibles, extase
Aux cristaux chantants véritables.

Ô musique d’encre, musique
Musique des charbons enterrés
Douce, pesante qui nous délivre
Avec ses phosphores secrets.

(Antonin Artaud)

Découvert ici: https://eleonoreb.wordpress.com/

Illustration: Ernest Pignon-Ernest

 

 

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Conte d’amour IX (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2015



Conte d’amour IX

Nous marchions nous tenant par la main, dans la rue
Où sous les becs de gaz se heurte la cohue.
Sous les jasmins en fleur qui bordent le chemin,
A l’ombre nous marchions, nous tenant par la main.
Et ma joie est fanée avec le blanc jasmin.

Sa voix, perlant tout bas ses notes argentines,
Berçait mon coeur, ainsi qu’un psaume des matines.
Son baiser acharné, grisant comme les nuits,
Faisait sourire encor mon front chargé d’ennuis.
Et mes bras veufs en vain la cherchent dans les nuits.

(Jean Moréas)

 

 

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STANCES (Agrippa d’Aubigné)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2015



STANCES

Pleurez avec moi, tendres fleurs,
Apportez, ormeaux, les rosées
De vos mignardes épousées,
Mêlez vos pleurs avec les pleurs
De moi désolé qui ne puis
Pleurer autant que j’ai d’ennuis !

Pleurez aussi, aube du jour :
Belle Aurore, je vous convie
A mêler une douce pluie
Parmi les pleurs de mon amour,
D’un amour pour qui je ne puis
Trouver tant de pleurs que d’ennuis !

Cygnes mourants, à cette fois
Quittez la Touvre Engoumoisine
Et mêlez la plainte divine
Et l’air de vos divines voix,
Avec moi chétif qui ne puis
Pleurer autant que j’ai d’ennuis !

Oiseaux qui languissez marris,
Et vous, tourterelles fâchées,
Ne contez aux branches séchées
Le veuvage de vos maris
Et pleurez pour moi qui ne puis
Pleurer autant que j’ai d’ennuis !

Pleurez, ô rochers, mes douleurs
De vos argentines fontaines
Pour moi qui souffre plus de peines
Que je ne puis trouver de pleurs,
Pour moi douloureux qui ne puis
Pleurer autant que j’ai d’ennuis !

(Agrippa d’Aubigné)

 

 

 

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