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Aria de Mozart (Germain Droogenbroodt)

Posted by arbrealettres sur 27 janvier 2019




Illustration: Caroline Duvivier
    
Aria de Mozart
pluie d’été qui rafraîchit
la soif de l’âme.

***

Mozart aria
als zomerregen lessend
de dorst van het hart

***

Mozart aria
like a welcome summer rain
quenching the heart’s thirst

***

Aria de Mozart
lluvia de verano que sacia
la sed del corazón

***

Aria di Mozart
come pioggia estiva placa
la sete del cuore

***

(Germain Droogenbroodt)

 

Recueil: Gouttes de rosée Cent haïkus
Traduction: Français Elisabeth Gerlache / Néerlandais l’original / Espagnol Rafael Carcelén / Anglais Stanley H. Barkan / Italien Silvia Pio / Japonais Taeko Uemura – Mariko Sumikura
Editions: POINT et Boeken Plan(P0ésie INTernationale)https://www.youtube.com/watch?v=spS4v6guHHc

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Érable vermoulu (Sergueï Essénine)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2018



    
Érable vermoulu, et tout couvert de givre
pourquoi faire le gros dos sous la tourmente blanche ?

Qu’as-tu vu ? Qu’as-tu entendu ?
Ainsi, loin du village tu voulus faire un tour

et sorti sur la route, comme un vigile ivre
tu plonges dans une congère, et souffres de gelures.

— Bon, voilà-t’y pas encore une chose qui cloche !
je n’arriverai jamais, après notre bamboche.

J’ai croisé une saulaie… la sapinière m’a séduit…
Dans la tourmente je leur ai fredonné mes arias de l’été.

Cet érable, me disais-je, il est tout comme moi, sauf que
je suis plein de verdeur et nullement vermoulu.

Lors perdant la boule, et toute honte bue,
j’étreignis le bouleau comme la femme d’autrui.

***

(Sergueï Essénine)

 

Recueil: Journal d’un poète
Traduction: Christiane Pighetti
Editions: De la Différence

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SOUS LES PEUPLIERS (César Vallejo)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2016



SOUS LES PEUPLIERS

Tels de hiératiques bardes prisonniers,
les peupliers de sang se sont endormis.
Ruminent des arias herbues au soleil chu,
sur les tertres, les troupeaux de Bethléem.

Le vieux berger, aux derniers
martyres de la lumière, ébranlé,
dans ses yeux pascals, a cueilli
une chaste traînée d’astres.

Labouré en orphelinage l’instant tombe
accompagné des bruits de l’enterrement, au champ orant
les sonnailles d’ombre se détrempent.

Survit l’azur tramé de fer,
en lui, infulées les pupilles,
pousse des hurlements pastoraux un chien.

***

BAJO LOS ÁLAMOS

Cual hieráticos bardos prisioneros,
los álamos de sangre se han dormido.
Rumian arias de yerba al sol caído,
las greyes de Belén en los oteros.

El anciano pastor, a los postreros
martirios de la luz estremecido,
en sus pascuales ojos ha cogido
una casta manada de luceros.

Labrado en orfandad baja el instante
con rumores de entierro, al campo orante
y se otoñan de sombra las esquilas.

Supervive el azul urdido en hierro,
y en él, amortajadas las pupilas,
tranza su aullido pastoral un perro.

(César Vallejo)

 

 

 

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NUIT DE NOËL (César Vallejo)

Posted by arbrealettres sur 1 octobre 2016



NUIT DE NOËL

Comme l’orchestre se tait, des ombres féminines voilées
passent sous la ramure,
les feuilles mortes laissent filtrer les chimères glacées
de la lune, de pâles nuages crépusculaires.

Il y a des lèvres qui pleurent des arias oubliées,
de grands iris qui feignent d’éburnéennes vêtures.
Des bavardages et des sourires en bandes folles
qui parfument de soie le rude bocage.

J’attends la lumière rieuse de ton retour ;
et, dans l’épiphanie de ta sveltesse,
éclatera en or majeur la fête.

Alors mes vers bêleront sur tes terres,
entonnant de leurs airains mystiques
la venue de l’enfant-jésus né de ton amour.

***

NOCHEBUENA

Al callar la orquesta, pasean veladas
sombras femeninas bajo los ramajes,
por cuya hojarasca se filtran heladas
quimeras de luna, pálidos celajes.

Hay labios que lloran arias olvidadas,
grandes lirios fingen los ebúrneos trajes.
Charlas y sonrisas en locas bandadas
perfuman de seda los rudos boscajes.

Espero que ría la luz de tu vuelta;
y en la epifanía de tu forma esbelta,
cantará la fiesta en oro mayor.

Balarán mis versos en tu predio entonces,
canturreando en todos sus místicos bronces
que ha nacido el Niño-Jesús de tu amor.

(César Vallejo)


Illustration: Maurice Denis

 

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UN ADMIRABLE SECRET (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2016



 

Stéphane Quoniam 5373_1

UN ADMIRABLE SECRET
(sur des aquarelles de Stéphane Quoniam)

Mille étoiles
Naissent de nulle part
Tout ce qui a existé
Se retrouve ici
Regardez
Personne ne regarde assez
Personne
Ne regarde jamais assez
Cette douceur dans l’emportement
Voilà la grande métamorphose
La transfiguration du labyrinthe
Un lieu de passage
De tous les passages
Pour émerger
Des eaux boueuses
Pour que la pluie
Retourne dans le ciel
Pour hâter l’apparition
De tout ce qu’on porte en soi
Pour brûler les étapes
Pour redevenir
Incarnation incantation
Pour muer mutant
De transmigration
En transmutation
Pour un vrai bouleversement
Un abandon à tout
N’être plus
Qu’aléa
Anicroche
Aria
Détente éclaircie
Élévation embellie
Avec la craie de la vie
Descendre vers l’été
Tourbillonner
Les yeux fermés
Désordre et détachement
En exode de tout

(Zéno Bianu)

Illustration: Stéphane Quoniam

 

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