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Posts Tagged ‘arithmétique’

BALLE ARITHMÉTIQUE (Pierre Béarn)

Posted by arbrealettres sur 27 juin 2018



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BALLE ARITHMÉTIQUE

A la une on m’offre la lune
A la deux je la coupe en deux
A la trois je la donne aux oies
A la quatre on veut me combattre
A la cinq je rencontre un prince
A la six j’aime une écrevisse
A la sept je deviens trompette
A la huit on me déshérite
A la neuf j’ai des souliers neufs
A la dix j’ai des bénéfices !

(Pierre Béarn)

Illustration

 

 

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Additionner (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2018




    
Additionner est affaire de soustractions.
Le plus démentit le moins,
mais aussi le plus.

Une arithmétique flottante
retient en gage tous les résultats.

C’est ainsi que deux mains parfois
sont une seule main
qui n’en serre aucune.

Additionner est un raccourci
vers la soustraction cachée à l’affût.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Poésie verticale 15
Traduction: Jacques Ancet
Editions: José Corti

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Savez-vous ce qui est comique ? (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2018




Savez-vous ce qui est comique ?

Une oie qui joue de la musique
Un pou qui parle du Mexique
Un boeuf retournant l’as de pique
Un clown qui n’est pas dans un cirque
Un âne chantant un cantique
Un loir champion olympique

Mais ce qui est le plus comique
C’est d’entendre un petit moustique
Répéter son arithmétique.

(Maurice Carême)

Illustration

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Arithmétique (François Caradec)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2017




    
Arithmétique

rien ni rien ici
il n’y a que rien
je ne pose rien et ne retiens rien
je ne retiens rien de ce que je tiens
de ce que je dis rien ne vaut qui vaille
et vaut moins que rien
moins que rien ni rien ne vaut pas grand-chose
à qui ne vaut rien
rien ici n’est rien
il ne reste rien
ce n’était que rien.

(François Caradec)

 

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LES NEUF MONSTRES (César Vallejo)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2016



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LES NEUF MONSTRES

Et, malheureusement
la douleur s’accroît dans le monde à chaque instant,
à trente minutes par seconde, pas à pas,
et la nature de la douleur, c’est la douleur deux fois
et la condition du martyre, carnivore, vorace,
c’est la douleur deux fois
et la fonction de l’herbe la plus pure, douleur deux fois
et le bien-être, doublement nous blesser.

Jamais, hommes humains,
il n’y eut dans la poitrine, au revers de la veste, dans le portefeuille,
tant de douleur,
dans le verre, dans la boucherie, dans l’arithmétique!
jamais tant de tendresse douloureuse
jamais si proche du si lointain assaut,
jamais le feu jamais
ne tint mieux son rôle de froid mort!

(…]

le malheur s’accroît, frères hommes.

***

LOS NUEVE MONSTRUOS

Y, desgraciadamente,
el dolor crece en el mundo a cada rato,
crece a treinta minutos por segundo, paso a paso,
y la naturaleza del dolor, es el dolor dos veces
y la condición del martirio, carnívora, voraz,
es el dolor dos veces
y la función de la yerba purísima, el dolor
dos veces
y el bien de ser, dolernos doblemente.

Jamás, hombres humanos,
hubo tanto dolor en el pecho, en la solapa, en la cartera,
en el vaso, en la carnicería, en la aritmética!
Jamás tanto cariño doloroso,
jamás tanta cerca arremetió lo lejos,
jamás el fuego nunca
jugó mejor su rol de frío muerto!
Jamás, señor ministro de salud, fue la salud
más mortal
y la migraña extrajo tanta frente de la frente!
Y el mueble tuvo en su cajón, dolor,
el corazón, en su cajón, dolor,
la lagartija, en su cajón, dolor.

Crece la desdicha, hermanos hombres,
más pronto que la máquina, a diez máquinas, y crece
con la res de Rosseau, con nuestras barbas;
crece el mal por razones que ignoramos
y es una inundación con propios líquidos,
con propio barro y propia nube sólida!

Invierte el sufrimiento posiciones, da función
en que el humor acuoso es vertical
al pavimento,
el ojo es visto y esta oreja oída,
y esta oreja da nueve campanadas a la hora
del rayo, y nueve carcajadas
a la hora del trigo, y nueve sones hembras
a la hora del llanto, y nueve cánticos
a la hora del hambre y nueve truenos
y nueve látigos, menos un grito.

El dolor nos agarra, hermanos hombres,
por detrás, de perfil,
y nos aloca en los cinemas,
nos clava en los gramófonos,
nos desclava en los lechos, cae perpendicularmente
a nuestros boletos, a nuestras cartas;
y es muy grave sufrir, puede uno orar…
Pues de resultas
del dolor, hay algunos
que nacen, otros crecen, otros mueren,
y otros que nacen y no mueren, otros
que sin haber nacido, mueren, y otros
que no nacen ni mueren (son los más).
Y también de resultas
del sufrimiento, estoy triste
hasta la cabeza, y más triste hasta el tobillo,
de ver al pan, crucificado, al nabo,
ensangrentado,
llorando, a la cebolla,
al cereal, en general, harina,
a la sal, hecha polvo, al agua, huyendo,
al vino, un ecce-homo,
tan pálida a la nieve, al sol tan ardido¹!
¡Cómo, hermanos humanos,
no deciros que ya no puedo y
ya no puedo con tanto cajón,
tanto minuto, tanta
lagartija y tanta
inversión, tanto lejos y tanta sed de sed!
Señor Ministro de Salud: ¿qué hacer?
¡Ah! desgraciadamente, hombre humanos,
hay, hermanos, muchísimo que hacer.

(César Vallejo)

Illustration: Eduardo Kingman

 

 

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La pendule (Pierre Gamarra)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2016



La pendule

Je suis la pendule, tic !
je suis la pendule, tac !
On dirait que je mastique
du mastic et des moustiques
quand je sonne et quand je craque,
je suis la pendule, tic !
je suis la pendule, tac !
J’avance ou bien je recule,
tic-tac, je suis la pendule,
je brille quand on m’astique,
je ne suis pas fantastique
mais je sais l’arithmétique,
j’ai plus d’un tour dans mon sac,
je suis la pendule, tic !
je suis la pendule, tac !

(Pierre Gamarra)

 

 

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Le baiser en l’Amour est l’octave en Musique (Abraham de Vermeil)

Posted by arbrealettres sur 17 mars 2016



Le baiser en l’Amour est l’octave en Musique,
Vous en avez prins un, et vous en voulez deux ;
Pourquoy enervez-vous les accords amoureux,
C’est pecher, disiez-vous, contre la Theorique.

Non je ne baise point qu’en pure Arithmetique,
Respondis-je soudain, deux baisers savoureux
Font nombre, l’unité est un rien mal heureux
Payez moi, vous devez une chose Physique.

Que vous estes mauvais, repliquastes vous ors,
Qui pourroit resister à argumens si forts,
Qui me font succomber en si juste querelle ?

Moi respondit Amour, et d’un dard furieux,
Qu’il trempa plusieurs fois aux flammes de voz yeux,
Il m’enfonça le coeur d’une playe immortelle.

(Abraham de Vermeil)

Illustration: Gustav Klimt

 

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