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CHANSON D’AUTOMNE (Armand Silvestre)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2020



Illustration: Margaret Brohan
    
CHANSON D’AUTOMNE

Automne au ciel brumeux, aux horizons navrants,
Aux rapides couchants, aux aurores pâlies,
Je regarde couler, avec l’eau des torrents,
Tes jours faits de mélancolies.

Sur l’aile du regret mes esprits emportés,
Comme s’il se pouvait que notre âge renaisse !
Parcourent, en rêvant, les coteaux enchantés
Où jadis sourit ma jeunesse.

Je sens, au clair soleil du souvenir vainqueur,
Refleurir en bouquet les roses déliées
Et monter à mes yeux des larmes, qu’en mon cœur,
Mes vingt ans avaient oubliées !

*

L’An fuit vers son déclin, comme un ruisseau qui passe,
Emportant du couchant les fuyantes clartés ;
Et pareil à celui des oiseaux attristés,
Le vol des souvenirs s’alanguit dans l’espace…
L’An fuit vers son déclin, comme un ruisseau qui passe.

Un peu d’âme erre encore aux calices défunts
Des lents volubilis et des roses trémières,
Et vers le firmament des lointaines lumières,
Un rêve monte encore sur l’aile des parfums.
Un peu d’âme erre encore aux calices défunts.

Une chanson d’adieu sort des sources troublées,
S’il vous plaît, mon amour, reprenons le chemin
Où tous deux, au printemps, et la main dans la main,
Nous suivions le caprice odorant des allées ;
Une chanson d’adieu sort des sources troublées !

Une chanson d’amour sort de mon cœur fervent
Qu’un Avril éternel a fleuri de jeunesse.
Que meurent les beaux jours ! Que l’âpre hiver renaisse !
Comme un hymne joyeux dans le plainte du vent,
Une chanson d’amour sort de mon cœur, de mon cœur fervent !

Une chanson d’amour vers ta beauté sacrée,
Femme, immortel été ! Femme, immortel printemps !
Sœur de l’étoile en feu qui, par les cieux flottants,
Verse en toute saison, sa lumière dorée ;
Une chanson d’amour vers ta beauté sacrée,

Femme, immortel été ! Femme, immortel printemps!

(Armand Silvestre)

 

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AMOURS NOUVELLES (Armand Silvestre)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2017



Illustration: Anders Zorn
    
AMOURS NOUVELLES

Toi dont la grâce farouche
A si longtemps fui mon baiser.
Je voudrais laisser sur ta bouche
Toute mon âme s’épuiser.

Car j’ai bu, sur tes chères lèvres,
Plus d’ivresse en quelques instants,
Que n’en avaient rêvé, les fièvres
De mon désir meurtri longtemps.

Car jamais, dans d’autres étreintes,
A mes lèvres n’était monté
Comme de brûlantes empreintes.
Le feu par ton souffle apporté.

Car ton souffle qui me pénètre,
Et jusqu’à mon cœur descendu,
L’emplit du regret de ton être
Et brûle mon être éperdu.

Ah ! que n’ai- je, en cette heure pleine
D’amour et de bonheur ardents.
Laissé fuir ma dernière haleine
Avec mon âme entre tes dents !

Tes dents où mon désir se broie
Et pour qui mon amour est tel
Qu’il leur voudrait donner pour proie
Ton cœur dans un baiser mortel !

Ton ventre est un bijou d’ivoire
Ferme, clair, aux contours polis :
On dirait un monceau de lis
Figé dans un frisson de moire.

C’est la coupe où je voudrais boire
Le vin des éternels oublis ;
C’est le livre ouvert où je lis
Tout ce qui reste en ma mémoire.

Seul il ranime en mon cerveau
La vibrante image du Beau.
Je l’aime d’un amour farouche

Et, sur lui, dans un long baiser,
Mon désir voudrait épuiser
Les derniers souffles de ma bouche.

(Armand Silvestre)

 

Recueil: Poètes du Baiser
Editions: Société des Éditions LOUIS-MICHAUD

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Sur ta bouche (Armand Silvestre)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2017




    
Sur ta bouche

Les étoiles effarouchées
Viennent de s’envoler des cieux :
J’en sais deux qui se sont cachées,
Mignonne, dans vos jolis yeux,

A l’ombre de vos cils soyeux
Et sous vos paupières penchées.
Attendez ! — mes baisers joyeux
Les auront bientôt dénichées !

Vous feignez de dormir encor :
Eveillez- vous, mon doux trésor !
L’aube pleure sous les feuillées,

Le ciel désert est plein d’ennui.
Ouvrez les yeux et rendez-lui
Les deux étoiles envolées !

Sur ta bouche, avec le désir
Je bois ta dernière caresse;
Car je ne veux plus de maîtresse
Que celle qui ne sait trahir.

Sur ta bouche, avec le désir
Je veux boire l’oubli des roses;
Car je n’aimerai plus des choses
Que celles qu’on ne peut flétrir.

Sur ta bouche, avec le désir
J’ai bu ma dernière espérance;
Car je ne veux plus de souffrance
Que celle, dont je dois mourir!

(Armand Silvestre)

 

Recueil: Poètes du Baiser
Editions: Société des Éditions LOUIS-MICHAUD

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