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Poésie

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Si d’aventure le souffle Un jour vient à manquer (Jean Lavoué)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2019




    
Si d’aventure le souffle
Un jour vient à manquer,
Choisis une rivière.
Peuple-la de grands arbres
Épris de vent, de lumière.

Arpente ses sentiers,
Ses sous-bois, ses halages !
Compose avec ses infinis,
Ses méandres, ses silences.
Déchiffre ses inconnus,
Cherche son nom secret,
Ne te retiens pas d’avancer.

Trouve-toi des compagnons de route,
Des passants du soleil
Qui savent s’arrêter,
Prendre leur temps,
Puis te laisser aller.

Ne compte pas tes pas,
N’arrête pas les heures,
Fais confiance aux courants,
Laisse-toi respirer.

(Jean Lavoué)

 

Recueil: Levain de ma joie
Traduction:
Editions: L’enfance des arbres

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Encore plus loin (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2018



Illustration: Salvador Dali
    
Encore plus loin

Encore plus loin
que la route qui mène nulle part

(Stanislas Rodanski)

Tout entre
en résonance
chez les mordus d’éternité

insurgés plein soleil
toujours prompts au rebond
pied au plancher

ceux-là sont semblables
à des capteurs de particules
soufflées par les vents solaires

ne sommes-nous plus
que des pianos désaccordés
disent-ils

n’avons-nous plus rien
à faire entendre
aurions-nous égaré le verbe

capable
de faire résonner
notre la souverain

écoutons vraiment
écoutons
au plus chaviré

écoutons
ce bleu ardent
la plus ancienne lumière du monde

arpentant ses pistes enflammées
nous pouvons tout délaisser
nous retrouvons notre espace

notre souffle
notre centre
le centre des centres

celui qui se laisse porter
emporter par l’ardeur
est un archange de l’énergie

aimanté
sans fin par l’oeil
de la cible

il enlace les angles morts
glisse en bulle d’éternité
entre deux vies

calligraphiant une poésie ultrasensible
qui défie toute gravité
à l’écoute du chant

au fond des impasses
ou des neurones
il danse à chaque respiration

il sait le secret cher à Michaux
d’une pente
qui dévale vers le haut

bouche d’ombre
en souffle continu
frère d’embuscade

tourbillon somnambule
il retrace l’histoire de la lumière
à travers les espaces-temps

empli tout entier
d’un oui qu’il offre
à perte de coeur

il ne fait qu’un avec le mystère
et sa dimension frémissante
il vibre et vibre encore

une confiance étrange
nous vient soudain
étrange autant qu’illimitée

qui traverse le chant
à l’écoute de l’intuition fusante
à l’écoute du bleu ardent

comment laisser flotter les choses
en rebelle éveillé
comment se redonner de l’espace

comment retrouver cet art
si parfait
du contrôle des accidents

l’absolue justesse
du tempo de l’univers
le continuum de l’énergie

dix mille photons
lancés il y a cinq millions d’années
par quelque géante gazeuse

percutent à l’instant
notre rétine
larmes à ciel ouvert

se dessine
devant nos yeux éblouis
une perle de pur enthousiasme

plus démesurée
plus abyssale même
que le désespoir

sortons du labyrinthe
chevauchons le bleu ardent
captons l’alexandrin du big bang

(Zéno Bianu)

 

Recueil: L’Ardeur ABC poétique du vivre plus
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Qui Quoi (Michel Deguy)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2018



Atsushi Suwa z9v0to1_500 [1280x768]

Qui Quoi

Il y a si longtemps que tu n’existes pas
Visage quelquefois célèbre et suffisant
Comment je t’aime Je ne sais Depuis longtemps
Je t’aime avec indifférence Je t’aime à haine
Par omission par murmure par lâcheté
Avec obstination Contre toute vraisemblance
Je t’aime en te perdant pour perdre
Ce moi qui refuse d’être des nôtres entraîné
De poupe (ce balcon chantourné sur le sel)
Ex-qui de dos traîné entre deux eaux
Maintenant quoi
Bouche punie
Bouche punie coeur arpentant l’orbite
Une question à tout frayant en vain le tiers

(Michel Deguy)

Illustration: Atsushi Suwa

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Une sphère de pur Amour (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 31 mai 2018



C’est l’instant, par excellence.
Chute du jour, tombée du monde.

Où le regard devient une énergie.
Le jour se noie dans la nuit pleine.

Entre le chien du rêve et le loup de l’éveil.
Décline, tombe, disparais.

C’est l’heure tardive.
C’est à la brune anéantie.

C’est où l’esprit respire.
Le partage d’abîmes.

C’est l’instant d’une présence organique.
L’encre de la solitude.

Où les mots portent les choses.
L’instant où l’on se dépeuple.

Où l’on de dépasse d’un cran.
Où l’on s’offre à l’inconnaissance.

La lueur touchée juste.
La parole du monde en creux.

L’instant du surgi.
De la pure mise à nuit.

Où l’on arpente la ferveur.
Du plus haut abandon.

Le ciel intérieur.

(Zéno Bianu)


Illustration

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Bulle (Thomas Vinau)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2018



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Bulle

Certains coléoptères
qui travaillent sous l’eau
gardent derrière leurs élytres
une petite réserve de bulles d’air
un stock de respirations de secours
je procède de la même façon
vos yeux arpentent actuellement
mon stock de respirations de secours

(Thomas Vinau)

Découvert chez la boucheaoreilles ici

 Illustration

 

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Autour du Marcheur (Hélène Dorion)

Posted by arbrealettres sur 17 mars 2018



    

Autour du Marcheur, la lumière
arpente l’horizon.
Les pierres s’amoncellent
le long des chemins, — il reconnaît
les bâtiments, la ville haute
et la plaine qu’érodaient jadis
les lourds sabots des chevaux.

Il demande : par où
le lieu qui n’est aucun lieu
mais qui les porte tous.

(Hélène Dorion)

 

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Des rats veillent dans ton sommeil (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 9 février 2018



 

Des rats veillent dans ton sommeil
et miment l’avancée
du manque. Ma voix retourne vers
la faim à laquelle elle donne naissance,
s’associant aux pierres
qui dépassent des murs rouges : le coeur
ronge, mais ne connaît pas
son butin; la langue écorchée
est râpeuse. Nous sommes étendus
au coeur de la moelle terrestre, écoutons
la respiration des anges.
Nos os ont été vidés.
Partout où la nuit a parlé,
des fils à venir arpentent le vide
entre les étoiles.

(Paul Auster)

Illustration: Andrej Gorenkov

 

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Girafes (Karen Blixen)

Posted by arbrealettres sur 23 novembre 2017




    
J’ai maintes fois vu des girafes arpenter la plaine,
avec leur grâce incomparable, quasi végétative,
comme s’il ne s’agissait pas d’un troupeau d’animaux,
mais d’une famille de rares fleurs colossales,
tachetées et montées sur de hautes tiges.

(Karen Blixen)

 

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Ce soir (Mawlana Rûmî)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2017



Illustration: Le Bernin
    
Ce soir, retire complètement mon esprit de mon corps,
afin que je n’aie plus ni forme ni nom en ce monde!
En ce moment je suis ivre en Toi, donne-moi une autre coupe!
Alors je serai effacé des deux mondes en Toi.

Lorsque je me serai anéanti en Toi et serai devenu ce que Tu sais,
alors je prendrai la coupe du non-être et je la boirai coupe après coupe
[…]

Donne-moi à chaque instant le vin du non-être;
lorsque je serai entré dans le non-être,
je ne ferai plus de différence entre la maison et son toit.
[…]

Soulève les vagues du non-être afin de m’emporter au large!
Jusqu’à quand arpenterai-je le rivage de l’Océan dans la crainte?

(Mawlana Rûmî)

 

 

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Quand tu sombres à perdre haleine (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 28 juillet 2017




    
Quand tu sombres à perdre haleine
Quand l’écho te déserte

A force de pas assemblés
De paroles en épis

Soudain vêtu d’étoiles
Tu arpentes tout l’espace

TU VIENS

(Andrée Chedid)

 

Recueil: cavernes et soleils
Editions: Flammarion

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