Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘arquer’

« Les mots sont nouveaux… » (José Saramago)

Posted by arbrealettres sur 16 mai 2022



Illustration: Rene Magritte
    
« Les mots sont nouveaux… »

Les mots sont nouveaux : ils naissent quand
Dans l’air nous les projetons en cristaux
De douces ou dures résonances.

Nous sommes pareils aux dieux, inventant
Dans la solitude du monde ces signaux
Comme des ponts qu’arquent les distances

***

«As palavras são novas…»

As palavras são novas: nascem quando
No ar as projectamos em cristais
De macias ou duras ressonâncias.

Somos iguais aos deuses, inventando
Na solidão do mundo estes sinais
Como pontes que arcam as distâncias.

(José Saramago)

 

Recueil: Les poèmes possibles
Traduction: Nicole Siganos
Editions: Jacques Brémond

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Deux mois (Hippolyte Taine)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2022




Illustration: ArbreaPhotos
    
Deux mois

Les petits ont deux mois; fourrés comme des ours,
Lustrés comme des loirs, ils sont bien de leur race.
Juin flambe en eux, jamais leur souplesse n’est lasse ;
Il faut à leurs ébats les seize heures des jours.

Dressant leurs reins arqués sur leurs pieds de velours
Ils s’affrontent; soudain, l’un à l’autre s’enlace;
Ils roulent; tous leurs jeux sont des assauts de grâce;
Auprès d’eux les chevreuils bondissants semblent lourds.

La grâce en les enfants, la beauté dans les roses,
La nature impuissante en ses métamorphoses,
N’a que deux fois produit le chef-d’oeuvre parfait.

Hors d’elle, l’art vagit empêtré dans ses langes.
Qu’a fait l’orgueil humain ? les peintres, qu’ont-ils fait ?
Corrège, des amours, et Raphaël, des anges !

(Hippolyte Taine)

Recueil: le chat en cent poèmes
Traduction:
Editions: Omnibus

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’ENFANT (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2018



 

L’ENFANT

A quoi jouait-il cet enfant ?
Personne n’en sut jamais rien
On le laissait seul dans un coin
Avec un peu de sable blanc

On remarquait bien, certains jours,
Qu’il arquait les bras tels des ailes
Et qu’il regardait loin, très loin,
Comme du sommet d’une tour.

Mais où s’en allait-il ainsi
Alors qu’on le croyait assis ?
Lui-même le sut-il jamais ?

Dès qu’il refermait les paupières,
Il regagnait le grand palais
D’où il voyait toute la mer.

(Maurice Carême)

Illustration: Agim Sulaj

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :