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Poésie

Posts Tagged ‘arracher’

PRISE DE TERRE (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2017



PRISE DE TERRE

La nuit s’en mêle
Arrache ces étoiles piquées à tes semelles
Tu t’égares
Tu portes à ton doigt la bague d’un cigare
Et glisses vers ton front des mains artificielles.

Regarde
Les oiseaux font déborder le ciel

Rien n’avance
Je roule dans le bleu les yeux de mon enfance
Et c’est toi que j’attends
Pas un mot de l’amour
Nous n’aurions plus le temps.

(René Guy Cadou)

 

 

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HORIZON (Joë Bousquet)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2017




    
HORIZON

Je le saisis d’un doigt :
il brûle mes deux paumes.
Je le mets à l’étroit
dans mes yeux, ce fantôme :
il va me les crever,
c’est un tigre farouche.
Je lui parle en privé :
il m’arrache la bouche.
Je m’installe en sa peau :
il a mille pelages,
car à chaque propos
du poète ou du sage,
il se change en bison,
en chienne, en salamandre,
en colombe ! Horizon,
je renonce à comprendre.

(Joë Bousquet)

 

Recueil: Poèmes, un
Traduction:
Editions: Gallimard

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La faim (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 26 novembre 2017



la faim émonde arrache
donne à ton noyau
la nudité du galet

(Charles Juliet)

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Je nous sens amants (Patrick Williamson)

Posted by arbrealettres sur 8 novembre 2017



Illustration: Matthew Cusick
    
je nous sens amants, moi
seul et la mer bleu-noir
cachant l’hiver, sa banquise
arrachée, crêtes tourbillonnantes
balayant les abîmes.

***

I feel we are lovers, just
myself, & black-blue sea,
hiding the winter, its debris
swept away, swirling crests
skating over the fathoms.

(Patrick Williamson)

 

Recueil: Trois rivières
Traduction: Max Alhau
Editions: L’Harmattan

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Lever (Olivier Larronde)

Posted by arbrealettres sur 26 octobre 2017



Lever

La belle aube est nimbant de ses charmes polaires
Les brûlures d’un ciel aux corbeaux ravissants…
Leur souffle soit mon souffle et leur essor m’arrache
À l’ombre en tous les coins par ses chiens dévorée !

(Olivier Larronde)

Illustration: Audrey Kawasaki

 

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Le Liseron (Louise Colet)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2017



Illustration
    
Le Liseron

Aimez le Liseron, cette fleur qui s’attache
Au gazon de la tombe, à l’agreste rocher ;
Triste et modeste fleur qui dans l’ombre se cache
Et frissonne au toucher !

Aimez son teint si pâle et son parfum d’amande ;
Ce parfum, on le cherche, il ne vient pas à vous ;
Mais, à l’humble corolle alors qu’on le demande,
On le sent pur et doux,

Il ne pénètre pas les sens comme la rose,
Il ne jette pas l’âme en de molles langueurs,
Suave et virginal, de l’ivresse il repose,
Et rafraîchit les cœurs.

De l’amour idéal, chaste et touchant emblème,
Il vit et meurt caché sous le regard de Dieu,
S’abreuve de rosée et de soleil, de même
Que l’âme se nourrit de larmes et de feu.

Comme l’amour encore qui, pudique, se voile,
L’homme, sans le sentir, le foule sous ses pas,
Ou parfois à la tige il arrache l’étoile
Et ne l’aspire pas !

Plus d’un cœur fut ainsi brisé dans le silence,
Étouffant un amour, mystère de pudeur,
Désir inexprimé qui vers le ciel s’élance,
Comme du Liseron la balsamique odeur !

(Louise Colet)

 

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QUAND JE REGARDE L’HORIZON BLEU… (Gustavo Adolfo Bécquer)

Posted by arbrealettres sur 4 octobre 2017




QUAND JE REGARDE L’HORIZON BLEU…

Quand je regarde l’horizon bleu
Se perdre au loin,
À travers une gaze de poussière
Dorée et inquiète,
Il me paraît possible de m’arracher
De ce sol misérable,
De flotter avec la brume dorée
En atomes légers, –
Épars comme elle.

Quand, la nuit, je regarde dans le fond
Obscur du ciel
Les étoiles trembler comme d’ardentes
Pupilles de feu,
Il me paraît possible de monter d’un seul vol
Jusqu’où elles brillent,
De me noyer dans leur clarté, et,
Incendié de lumière,
Me fondre avec elles en un baiser.

Sur la mer du doute où je voyage
Je ne sais pas même en quoi je crois.
Cependant, cette inquiétude et ces élans me disent
Que je porte quelque chose
De divin en moi.

***

CUANDO MIRO EL AZUL HORIZONTE…

Cuando miro el azul horizonte
Perderse a lo lejos,
Al través de una gasa de polvo
Dorado e inquieto;
Me parece posible arrancarme
Del mísero suelo
Y flotar con la niebla dorada
En átomos leves
Cual ella deshecho.

Cuando miro de noche en el fondo
Oscuro del cielo
Las estrellas tremblar como ardientes
Pupilas de fuego;
Me parece posible a do brillan
Subir en un vuelo
Y anegarme en su luz, y con ellas
En lumbre encendido
Fundirme en un beso.

En el mar de la duda en que bogo
Ni aun sé lo que creo;
Sin embargo, estas ansias me dicen
Que yo llevo algo
Divino aquí dentro.

(Gustavo Adolfo Bécquer)

 

 

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Legs (Carlos Drummond de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 22 septembre 2017



Legs

Je ne laisserai de moi aucun hymne radieux,
aucune voix matinale palpitant dans la brume
qu’une secrète épine puisse arracher à quelqu’un.

De tout ce qu’aura pu être mon pas capricieux
à travers la vie, restera, car le reste s’estompe
une pierre qu’il y avait au milieu du chemin.

(Carlos Drummond de Andrade)

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Petite lyre romantique (Carlos Drummond de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 22 septembre 2017



Petite lyre romantique

Pourquoi me refuser
tes yeux et ton souris
et venir m’arracher
ainsi au paradis?

Pourquoi ne veux-tu pas
laissant là les alarmes
(ah, Dieu : ce que sont femmes !)
me prendre dans tes bras ?

Pourquoi as-tu choisi
la fleur sans odeur
l’agressive fleur
de la jalousie?

Est-ce que tu ne saurais
que je t’aime à un tel point
à toute heure que Dieu fait
que je ne sais plus combien ?

Attendu qu’à la fin
tout entier il est tien
nulle autre ne le tient
ce cœur qui est le mien ?

Ange sans foi
en mes serments,
mais pourquoi, pourquoi
me causer tourment?

Mon âme pleut
du froid, tout blême.
Et il ne t’émeut
ce petit poème.

(Carlos Drummond de Andrade)


Illustration: Alexander Sulimov

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Pourquoi serions-nous les premiers ? (Pierre Dhainaut)

Posted by arbrealettres sur 18 septembre 2017



Illustration: René Baumer
    
Pourquoi serions-nous les premiers ?
Le poème en nous arrachant à l’orgueil
réalise ce miracle,
reprendre un geste immémorial,
en faire un geste fondateur.

(Pierre Dhainaut)

 

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