Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘arrêt’

T’appartient-il, Seigneur (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2019



    

T’appartient-il, Seigneur, de participer à la félicité de ce rythme?
d’être lancé, perdu, brisé dans le tourbillon de cette formidable joie?

Toute chose se précipite, sans arrêt, sans regard en arrière,
sans qu’aucun pouvoir puisse bien retenir,
toutes les choses se précipitent.

Emboîtant le pas au rythme de cette musique inlassée,
chaque saison accourt en dansant, puis passe outre
— couleurs, tons et parfums déversent d’infinies cascades
dans cette surabondante joie qui s’éparpille
et se renonce et meurt à tout moment.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: L’offrande lyrique
Traduction: André Gide
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Contre les récifs (Germain Droogenbroodt)

Posted by arbrealettres sur 26 janvier 2019




    
Contre les récifs
se déchirant sans arrêt
la mer houleuse.

***

De donder hamert
op het aambeeld van de zee
die de vonken dooft

***

Martillea el trueno
contra el yunque del mar
que extingue las chispas

***

The thunder hammers
on the anvil of the sea
extinguishing sparks

***

Il tuono martella
sull’incudine del mare
che placa scintille

***

(Germain Droogenbroodt)

 

Recueil: Gouttes de rosée Cent haïkus
Traduction: Français Elisabeth Gerlache / Néerlandais l’original / Espagnol Rafael Carcelén / Anglais Stanley H. Barkan / Italien Silvia Pio / Japonais Taeko Uemura – Mariko Sumikura
Editions: POINT et Boeken Plan(P0ésie INTernationale)

Posted in haïku, poésie | Tagué: , , , , , | Leave a Comment »

PÉRIPLE (Jean-Charles Michel)

Posted by arbrealettres sur 28 juillet 2018




PÉRIPLE

Je suis né sur les bords de la Seine et de l’Oise,
Auprès d’un archipel d’îlots embroussaillés
Qui me semblaient voguer avec les mariniers
Vers Mantes-la-Jolie, ou venir de Pontoise.

Les lourds chalands de bois saluaient la Fin d’Oise
Et menaient à Paris leurs frets dépareillés :
Le vin bleu du Maghreb et la pâte à papier,
L’anthracite du Nord et la bière lilloise.

Sur leur route en lacets c’est dévidé mon âge,
Sans hâte et sans arrêt, le rouleau du voyage
A laminé mon temps jusqu’au dernier filet.

S’il coula dans le creux de mes mains par hasard,
Comme un libre désordre est un effet de l’art,
J’ai pu croire un instant qu’il s’éterniserait.

(Jean-Charles Michel)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LA TISSEUSE CÉLESTE (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2018



    

LA TISSEUSE CÉLESTE
Inconnu

Pourquoi donc l’homme, enflammé d’amour,
est-il si anxieux et si torturé, loin de l’être qu’il aime ?

L’un à l’ouest, l’autre à l’est du ciel,
nous voyons frémir, entre nous, le Fleuve d’Argent .

Le divin Bouvier , mon amant, ne se plaint pas, lui,
de l’arrêt qui nous condamne à ne nous réunir qu’une seule nuit chaque année.

C’est parce qu’il sait bien
que nous avons à nous toute l’éternité.

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Sous ce chêne (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 23 juin 2018



Illustration
    
sous ce chêne
tricentenaire
le temps
est en arrêt

(Charles Juliet)

 

Recueil: L’Opulence de la nuit
Traduction:
Editions: P.O.L.

Posted in poésie | Tagué: , , , , | Leave a Comment »

LES BEAUX YEUX BRUNS D’UN CHIEN BÂTARD (Hwang Ji-u)

Posted by arbrealettres sur 2 juin 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
LES BEAUX YEUX BRUNS D’UN CHIEN BÂTARD

Un matin, en sortant de la maison, au coin de la ruelle,
j’ai rencontré par hasard un chien bâtard. Ses yeux étaient
tellement clairs et tristes, que j’ai penché la tête et ai fixé sur
lui mon regard. Ah, ce chien a aussi penché la tête et m’a
fixé du regard. Son regard est plus doux et limpide que le
ciel printanier de notre pays. Dans ses yeux innocents — la
cornée naïve — le cristallin — la rétine, je suis là, debout,
tenant une enveloppe jaune, habillé d’un imperméable de la
marque London Fog 100%. Tout y est entré : mon
corps entier, mon image entière, l’apparence extérieure de
ma vie entière. Dans la cornée — le cristallin — la rétine d’un
chien bâtard, j’ai impression d’avoir déjà rencontré une fois,
peut-être pas, mon corps entier, mon image entière, l’аpparence
extérieure de ma vie entière. Alors que j’étais dans
cette pensée incertaine, le chien bâtard est parti pour fouiller
une, poubelle. Je suis arrivé à l’arrêt de bus ; sur le poteau
électrique une annonce : La famille Jeon est en deuil. Pompes
funèbres Sion: Tel. 999-1984

(Hwang Ji-u)

 

Recueil: DE L’HIVER-DE-L’ARBRE AU PRINTEMPS-DE-L’ARBRE Cent poèmes
Traduction: Kim Bona
Editions: William Blake & co

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Retouche à la gentillesse (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 28 mai 2018



 

Chelin Sanjuan 51

retouche à la gentillesse

arrêts du souvenir aux gares d’un instant
un visage sans nom nous offre son sourire
des paroles en feu sous nos mains transparentes

et l’on voit s’en aller toutes peines
sur les chevaux du vent montés par les sirènes

(Daniel Boulanger)

Illustration: Chelin Sanjuan

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’arrêt de mort (Michel Camus)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2018



 

L’arrêt de mort

Seul le silence
ou l’arrêt de la pensée
délivre la conscience
de l’enchaînement du temps.

Il faut arriver
à parler
pour arriver
à se taire.

(Michel Camus)

 

 

Posted in méditations | Tagué: , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Je bouge et ne veux pas bouger (Eleusis)

Posted by arbrealettres sur 18 mars 2018




    
Je bouge et ne veux pas bouger
Etre seulement dans le temps comme un objet
Comme cette table ou un crayon sur du papier

Etre dans l’arrêt sans année
Sans rire sans obligation sans pleurer
Soldat de plomb
Sans ligne de mire sans lignée

Juste le front
contre le temps.

(Eleusis)

 

Recueil: Le Front contre le temps
Traduction:
Editions: Cheyne

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Au moment d’entrer dans une forêt (Jean-Philippe Domecq)

Posted by arbrealettres sur 29 janvier 2018



 

Au moment d’entrer dans une forêt,
l’homme a un temps d’arrêt.
Il craint ce qu’il va y trouver d’inconnu,
et aussitôt il y mêle ses fantasmes.
Démêler cela, c’est-à-dire ce qui vient de lui
et ce qu’est le monde sans lui,
telle est l’épreuve initiatique
que symbolise la forêt.

(Jean-Philippe Domecq)

Illustration: ArbreaPhotos
 

 

Posted in méditations | Tagué: , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :