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Poésie

Posts Tagged ‘arrêté’

DEUX CHEVAUX (Armand Bernier)

Posted by arbrealettres sur 30 juillet 2019



DEUX CHEVAUX

Deux chevaux arrêtés au sommet d’une côte.
L’un d’eux, avec douceur, s’est rapproché de l’autre
Et lui a raconté quelque chose à l’oreille.
Son propos pacifique évoquait des merveilles
Et j’ai vu son haut front d’animal s’éclairer.
— « Patience, a-t-il dit. Gardons-nous d’oublier
Qu’il est un monde où les chevaux n’ont plus de charge,
Un monde où l’on est libre, où l’horizon est large,
Un monde où l’on peut vivre heureux, à gambader
Avec d’autres chevaux amis, dans les vergers.
Ne dors pas, cette nuit, dans l’écurie obscure.
Détourne tes regards des misérables murs
Et de la crèche oblique où ta faim se repaît.
Ne mange pas, non plus, comme un cheval épais.
Veille longtemps, et tu verras, par la lucarne,
Des chevaux bleus courir dans le ciel plein d’étoiles ».
Ce voeu d’évasion, hélas, s’arrête ici.
Un homme est survenu. L’attelage est parti.
Les chevaux, dans le vent, branlaient leurs lourdes têtes
Emportant, loin de moi, leur univers de bêtes.

(Armand Bernier)

 

 

 

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Jardin d’aujourd’hui (Patricia Castex Menier)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2019



Jardin
d’aujourd’hui

avec
ses roses vibrantes.

Mais
le geste de l’eau
semble arrêté depuis des siècles,

dans
ces bassins
où venaient les jeunes filles.

(Patricia Castex Menier)

 

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Je suis arrêté quelque part à t’attendre (Walt Whitman)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2018



Si tu ne parviens pas à m’atteindre du premier coup ne perds pas courage,
Si tu ne me trouves à une place cherche-moi à une autre,
Je suis arrêté quelque part à t’attendre.

(Walt Whitman)

 

 

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CHOSES ILLICITES (William Carlos Williams)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2018



CHOSES ILLICITES

L’EAU continue de couler—
La grive de chanter

pourtant
au bord du ciel

au fin fond
du lointain

se mêlent…
… les échos du canon !

Dont le silence rappelle
de vallée

en vallée à la paix
de même que les poèmes conservent

le langage
d’anciennes extases.

les éclairs et les bruits de la guerre ;
demeures dont les chambres
sont les plus froides que l’on puisse imaginer,

ils sont partis tous ceux que nous aimions,
les lits restent vides, les divans
moites, les chaises inutiles —

Allez cacher tout cela quelque part
hors de l’esprit, que cela s’enracine
et pousse, à l’écart

des oreilles et des yeux jaloux — pour soi-même.
Dans cette mine, ils viennent tous creuser.
Est-ce la souche de la plus douce

musique ? La source de la poésie qui
voyant la pendule arrêtée, dit
La pendule s’est arrêtée

qui hier encore marchait si bien ?
et elle entend le clapotis de l’eau du lac
— qui maintenant est devenue de pierre.

***

ILLEGITIMATE THINGS

WATER still flows —
The thrush still stings

though in
the skirts of the sky

at the bottom of
the distance

huddle…
…echoing cannon !

Whose silence revives
valley after

valley to peace
as poems still conserve

the language
of old ecstasies.

the flashes and booms of war ;
houses of whose rooms
the cold is greater than can be thought,

the people gone that we loved,
the beds lying empty, the couches
damp, the chairs unused —

Hide it away somewhere
out of the mind, let it get roots
and grow, unrelated to jealous

ears and eyes — for itself.
In this mine they come to dig — all.
Is this the counterfoil to sweetest

music ? The source of poetry that
seeing the clock stopped, says,
The clock has stopped

that ticked yersterday so well ?
and hears the sound of lakewater
splashing — that is now stone.

(William Carlos Williams)
Illustration: ArbreaPhotos

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Plaie (Antoine Emaz)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2018



Plaie

les heures passent
à la manivelle
au hachoir
on les force à passer

sans rien faire
l’horloge resterait bloquée
avec ses poids
au bout de leurs cordes
et le gros balancier de cuivre
immobile
arrêté
ce jour-là

ce lieu mental
attire
dès qu’on s’en approche

comment
désactiver

on pourrait partir loin
cela ne changerait rien

il faut remettre en état
la tête
absorber
le choc

ensuite seulement on pourra voir peut-être
s’il y a du ciel plus bleu et pas d’hiver
ailleurs

(Antoine Emaz)

 

 

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Retouche à la vieille fille (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 3 décembre 2017



Illustration: Paula Modersohn-Becker
    
retouche à la vieille fille

La morte dans le salon fermé
un oiseau s’est posé sur ses mains
la comtoise arrêtée
tremble au passage des trains
le bruit vient de l’abîme
pareil aux orages de la défunte
si haute dans la vie
et qui fermait les yeux
quand surgissait un enfant
dans la fenêtre pâle.

(Daniel Boulanger)

 

Recueil: Les dessous du ciel
Editions: Gallimard

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Retouche à l’aventure (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 1 décembre 2017




    

retouche à l’aventure

Les dés sonnent dans la paume de la nuit
et dans la pluie des chiffres,
on entend des cris et des bruits d’os
et déjà les enfants se retournent
sur les villes arrêtées
pleines de lits à la dérive
inquiets du numéro qu’ils portentau cou

(Daniel Boulanger)

 

Recueil: Les dessous du ciel
Editions: Gallimard

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LE DÉSIR N’A PAS DE LÉGENDE (VI) (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 31 août 2017



Illustration: Margarita Sikorskaia
    
LE DÉSIR N’A PAS DE LÉGENDE (VI)

Enlacés par l’herbe que l’air fait monter jusqu’à nos lèvres,
nous oublions dans notre chambre les paysages
qui venaient vers nous au pas de la terre,
les beaux paysages qui nous prenaient pour des statues.

Vagues s’en allant à la rencontre l’une de l’autre,
nos corps n’ont que la flaque des draps
pour apprendre que l’amour est une montagne
qui s’élève à chaque coup de reins.

Nous n’avons que nos bras et nos jambes
pour serrer un instant les forêts
qu’un éclat de soleil enfonce dans notre chair
et fait flamber jusqu’au dernier arbre.

Nos dernières paroles se sont arrêtées loin de nous,
enfin coupées de leur tronc de sang.
Nous entrons seuls dans un monde ouvert sur nos visages
comme sur son propre noyau.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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Le soleil tombe (Marie-Claire Bancquart)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2017



    Illustration
    
Le soleil tombe.
Un jour, il tombera du haut
de son existence

son haut pas très haut
(étoile
de petit rang).

Nous ?

Tombés
avant lui.

En cette fin d’après-midi pourtant
c’est une jacinthe
que dans l’auto arrêtée sur la route, nous recevons en plein dans les yeux

ou la trace brillante d’un escargot sur une feuille

plus fortes
que la fin en marche.

Nous acceptons alors de vivre avec le provisoire.

(Marie-Claire Bancquart)

 

Recueil: Terre Energumène
Editions: Le Castor Astral

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Cargos rouillés (Jacques Lacarrière)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2017



    
Cargos rouillés. Temps arrêté.
A l’ancre, au milieu des tankers,
rêve figé, la nef Argo.

(Jacques Lacarrière)

 

Recueil: Trois ménologues
Editions: Cheyne

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