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Poésie

Posts Tagged ‘arrêter’

Les chevaux de l’amour (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 9 décembre 2017



Illustration: Jeanne Saint Chéron
    
Les chevaux de l’amour me parlent de rencontres
Qu’ils font en revenant par des chemins déserts
Une femme inconnue les arrête et les baigne
D’un regard douloureux tout chargé de forêts

Méfie-toi disent-ils sa tristesse est la nôtre
Et pour avoir aimé une telle douleur
Tu ne marcheras plus tête nue sous les branches
Sans savoir que le poids de la vie est sur toi

Mais je marche et je sais que tes mains me répondent
Ô femme dans le clair prétexte des bourgeons
Et que tu n’attends pas que les fibres se soudent
Pour amoureusement y graver nos prénoms

Tu roules sous tes doigts comme des pommes vertes
De soleil en soleil les joues grises du temps
Et poses sur les yeux fatigués des villages
La bonne taie d’un long sommeil de bois dormant

Montre tes seins que je voie vivre en pleine neige
La bête des glaciers qui porte sur le front
Le double anneau du jour et la douceur de n’être
Qu’une bête aux yeux doux dont on touche le fond

Telle tu m’apparais que mon amour figure
Un arbre descendu dans le chaud de l’été
Comme une tentation adorable qui dure
Le temps d’une seconde et d’une éternité.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Comme un oiseau dans la tête
Traduction:
Editions: Points

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Personne ne peut m’arrêter (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2017



Illustration: Viviane-Josée Restieau
    
Personne ne peut m’arrêter maintenant.
J’ai des ailes.

(Christian Bobin)

 

Recueil: La présence pure et autres textes
Editions: Gallimard

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L’AUTRUCHE EN MORCEAUX (Kôtarô Takamura)

Posted by arbrealettres sur 13 novembre 2017



 

L’AUTRUCHE EN MORCEAUX
BOROBORO-NA DACHÔ

Quel intérêt de garder une autruche?
Au jardin zoologique, dans un enclos boueux de treize mètres carrés,
Ses pattes ne font-elles pas des enjambées trop larges?
Son cou n’est-il pas allongé démesurément?
Dans un pays où, de plus, tombe la neige, ses plumes ne s’en
vont-elles pas trop en morceaux?
L’estomac rétréci elle doit bien manger du pain dur mais
L’oeil de l’autruche ne regarde-t-il pas au loin seulement?
Ne brûle-t-il pas comme si elle avait perdu corps et biens?
Ne s’est-elle pas postée en attente comme si le vent d’émeraude
allait venir souffler?
Un rêve infini ne s’enroule-t-il pas dans cette innocente petite tête?
Cet être ce n’est plus une autruche, n’est-ce pas?
Assez! Soyons humains!
Arrêtons ce genre d’entreprise!

(Kôtarô Takamura)

 

 

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Impossible d’arrêter le temps (Mikio Matsumoto)

Posted by arbrealettres sur 2 novembre 2017



Impossible
d’arrêter le temps —
Grillons de fin d’automne

(Mikio Matsumoto)

 

 

 

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Autrefois (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 30 octobre 2017



 Illustration
    
Autrefois j’ai connu des chemins
ils se sont perdus dans l’espace
je les retrouve quand je dors
je vais partout rien ne m’arrête
ni le temps ni la mort.

(Jean Tardieu)

 

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Le beau (Roger Munier)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2017



Le beau ne comble pas le Désir.
Il l’arrête,
le suspend,
un instant l’abolit.

(Roger Munier)


Illustration: Josette Mercier

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Béni soit (Hannah Senesh)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2017




    
Béni soit le cœur assez fort
pour arrêter de battre
pour l’honneur

(Hannah Senesh)

 

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La poésie (Ketty Nivyabandi)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2017




    
La poésie me permet d’arrêter le temps,
d’arrêter le monde
afin de mieux le voir,
de mieux le vivre.

(Ketty Nivyabandi)

 

Recueil: Quand on n’a que l’amour
Editions: Bruno Doucey

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Espère (Louise Colet)

Posted by arbrealettres sur 10 octobre 2017




Illustration: Valère Prosperi
    
Espère

Ainsi, j’avais en vain suivi d’un œil avide,
Mille rêves d’amour, de gloire et d’amitié :
Toujours ils avaient fui ; mon âme restait vide ;
Je me faisais pitié !

La douleur arrêtait ma course haletante,
Je renonçais au but avant qu’il fut atteint ;
Dans mon cœur, épuisé par une longue attente,
L’espoir semblait éteint.

Et je disais : mon Dieu, je mourrai solitaire !
Et je n’attendais plus de beaux jours sur la terre,
Quand soudain, à ta voix, mon cœur s’est rajeuni :
Cette voix m’a promis un avenir prospère :
Cette voix m’a jeté ce mot si doux : ESPERE !…
Que ton nom soit béni !

Tous les chastes désirs que mon âme renferme,
Tous ces purs sentiments étouffés dans leur germe,
De ton cri d’espérance, ont entendu l’appel :
Oh ! que ton amitié me guide et me soutienne,
Laisse-moi reposer mon âme sur la tienne :
L’amitié, c’est l’amour que l’on ressent au ciel !…

(Louise Colet)

 

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Extrême-Orient (Albert Samain)

Posted by arbrealettres sur 17 septembre 2017




    
Extrême-Orient

I

Le fleuve au vent du soir fait chanter ses roseaux.
Seul je m’en suis allé. – J’ai dénoué l’amarre,
Puis je me suis couché dans ma jonque bizarre,
Sans bruit, de peur de faire envoler les oiseaux.

Et nous sommes partis, tous deux, au fil de l’eau,
Sans savoir où, très lentement. – O charme rare,
Que donne un inconnu fluide où l’on s’égare !…
Par instants, j’arrêtais quelque frêle rameau.

Et je restais, bercé sur un flot d’indolence,
A respirer ton âme, ô beau soir de silence…
Car j’ai l’amour subtil du crépuscule fin ;

L’eau musicale et triste est la soeur de mon rêve
Ma tasse est diaphane, et je porte, sans fin,
Un coeur mélancolique où la lune se lève.

II

La vie est une fleur que je respire à peine,
Car tout parfum terrestre est douloureux au fond.
J’ignore l’heure vaine, et les hommes qui vont,
Et dans 1’Ile d’Émail ma fantaisie est reine.

Mes bonheurs délicats sont faits de porcelaine,
Je n’y touche jamais qu’avec un soin profond ;
Et l’azur fin, qu’exhale en fumant mon thé blond,
En sa fuite odorante emporte au loin ma peine.

J’habite un kiosque rose au fond du merveilleux.
J’y passe tout le jour à voir de ma fenêtre
Les fleuves d’or parmi les paysages bleus ;

Et, poète royal en robe vermillon,
Autour de l’éventail fleuri qui l’a fait naître,
Je regarde voler mon rêve, papillon.

(Albert Samain)

 

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