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Poésie

Posts Tagged ‘arrêter’

Le beau (Roger Munier)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2017



Le beau ne comble pas le Désir.
Il l’arrête,
le suspend,
un instant l’abolit.

(Roger Munier)


Illustration: Josette Mercier

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Béni soit (Hannah Senesh)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2017




    
Béni soit le cœur assez fort
pour arrêter de battre
pour l’honneur

(Hannah Senesh)

 

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La poésie (Ketty Nivyabandi)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2017




    
La poésie me permet d’arrêter le temps,
d’arrêter le monde
afin de mieux le voir,
de mieux le vivre.

(Ketty Nivyabandi)

 

Recueil: Quand on n’a que l’amour
Editions: Bruno Doucey

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Espère (Louise Colet)

Posted by arbrealettres sur 10 octobre 2017




Illustration: Valère Prosperi
    
Espère

Ainsi, j’avais en vain suivi d’un œil avide,
Mille rêves d’amour, de gloire et d’amitié :
Toujours ils avaient fui ; mon âme restait vide ;
Je me faisais pitié !

La douleur arrêtait ma course haletante,
Je renonçais au but avant qu’il fut atteint ;
Dans mon cœur, épuisé par une longue attente,
L’espoir semblait éteint.

Et je disais : mon Dieu, je mourrai solitaire !
Et je n’attendais plus de beaux jours sur la terre,
Quand soudain, à ta voix, mon cœur s’est rajeuni :
Cette voix m’a promis un avenir prospère :
Cette voix m’a jeté ce mot si doux : ESPERE !…
Que ton nom soit béni !

Tous les chastes désirs que mon âme renferme,
Tous ces purs sentiments étouffés dans leur germe,
De ton cri d’espérance, ont entendu l’appel :
Oh ! que ton amitié me guide et me soutienne,
Laisse-moi reposer mon âme sur la tienne :
L’amitié, c’est l’amour que l’on ressent au ciel !…

(Louise Colet)

 

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Extrême-Orient (Albert Samain)

Posted by arbrealettres sur 17 septembre 2017




    
Extrême-Orient

I

Le fleuve au vent du soir fait chanter ses roseaux.
Seul je m’en suis allé. – J’ai dénoué l’amarre,
Puis je me suis couché dans ma jonque bizarre,
Sans bruit, de peur de faire envoler les oiseaux.

Et nous sommes partis, tous deux, au fil de l’eau,
Sans savoir où, très lentement. – O charme rare,
Que donne un inconnu fluide où l’on s’égare !…
Par instants, j’arrêtais quelque frêle rameau.

Et je restais, bercé sur un flot d’indolence,
A respirer ton âme, ô beau soir de silence…
Car j’ai l’amour subtil du crépuscule fin ;

L’eau musicale et triste est la soeur de mon rêve
Ma tasse est diaphane, et je porte, sans fin,
Un coeur mélancolique où la lune se lève.

II

La vie est une fleur que je respire à peine,
Car tout parfum terrestre est douloureux au fond.
J’ignore l’heure vaine, et les hommes qui vont,
Et dans 1’Ile d’Émail ma fantaisie est reine.

Mes bonheurs délicats sont faits de porcelaine,
Je n’y touche jamais qu’avec un soin profond ;
Et l’azur fin, qu’exhale en fumant mon thé blond,
En sa fuite odorante emporte au loin ma peine.

J’habite un kiosque rose au fond du merveilleux.
J’y passe tout le jour à voir de ma fenêtre
Les fleuves d’or parmi les paysages bleus ;

Et, poète royal en robe vermillon,
Autour de l’éventail fleuri qui l’a fait naître,
Je regarde voler mon rêve, papillon.

(Albert Samain)

 

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LES DEUX PIGEONS (Jean de La Fontaine)

Posted by arbrealettres sur 17 septembre 2017



Illustration: Gustave Doré
    
LES DEUX PIGEONS

Deux Pigeons s’aimaient d’amour tendre.

[…]

Amants, heureux amants , voulez-vous voyager?
Que ce soit aux rives prochaines ;
Soyez-vous l’un à l’autre un monde toujours beau,
Toujours divers, toujours nouveau ;

Tenez-vous lieu de tout, comptez pour rien le reste.
J’ai quelquefois aimé : je n’aurais pas alors
Contre le Louvre et ses trésors,
Contre le firmament et sa voûte céleste,

Changé les bois, changé les lieux
Honorés par les pas, éclairés par les yeux
De l’aimable et jeune bergère
Pour qui, sous le fils de Cythère,

Je servis, engagé par mes premiers serments.
Hélas! Quand reviendront de semblables moments?
Faut-il que tant d’objets si doux et si charmants
Me laissent vivre au gré de mon âme inquiète?

Ah! si mon coeur osait encor se renflammer!
Ne sentirai-je plus de charme qui m’arrête?

Ai-je passé le temps d’aimer?

(Jean de La Fontaine)

 

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Je cherche ton regard (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 16 août 2017



Illustration: Sukhorukikh    
    
Je cherche ton regard comme un aveugle
cherche le monde qu’il a perdu
ce grand regard qui venait vers moi
m’apporter celui de toutes les femmes.

Il était pour moi beau comme un de ces couchants
devant lesquels on s’arrête de respirer
et je ne voyais plus rien d’une terre
qui naissait de nos pieds pour rejoindre l’horizon.

Je ne retrouve plus ton corps dans mes mains
et pourtant elles l’ont tenu comme on tient
de hautes brassées d’herbes dans le soleil
au moment où la terre se roule dans l’été.

Je cherche ton corps au fond de mes nuits,
dans toutes les vitrines où il s’est miré.
Mais il ne reste rien de lui pas même ces cheveux
qui ont glissé comme un filet d’eau entre mes doigts.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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Le monde est au bout de l’horizon (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 14 août 2017



Illustration: Ruth Bloch
    
Le monde est au bout de l’horizon
toujours prêt à fuir le regard
où les mains qui se tendent
vides de se sentir vivantes sur un objet.

La vie n’est pas en moi,
Elle est dans ce visage près de mon visage,
Elle est dans ces yeux de la douceur desquels
mes yeux s’étonneront jusqu’à leur dernier regard,
elle est dans ces lèvres qui me font naître d’un baiser,
elle est dans cette chair qui est pour moi
la seule place chaude de la terre.

Les murs sont hauts du désespoir qu’ils ont
de ne pouvoir un instant arrêter les femmes
qui vont vers l’amour
comme les forêts vers le matin.

Deux corps nus s’élèvent vers leurs bouches
de la même façon que les maisons le soir
vont chercher la lumière avec leur plus haute fenêtre.

Et quand je libère cette femme
de la lingerie où elle est blottie,
je me rappelle avec quelle ferveur
je découvrais enfouie au coeur des herbes
la source où ma bouche faisait descendre tout un été.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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LES DEUX MULETS (Jean de la Fontaine)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2017



 

LES DEUX MULETS

Deux Mulets cheminaient, l’un d’avoine chargé,
L’autre portant l’argent de la Gabelle.
Celui-ci, glorieux d’une charge si belle,
N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé.
Il marchait d’un pas relevé,
Et faisait sonner sa sonnette :
Quand l’ennemi se présentant,
Comme il en voulait à l’argent,
Sur le Mulet du fisc une troupe se jette,
Le saisit au frein et l’arrête.
Le Mulet, en se défendant,
Se sent percer de coups : il gémit, il soupire.
« Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ?
Ce Mulet qui me suit du danger se retire,
Et moi j’y tombe, et je péris.
– Ami, lui dit son camarade,
Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi :
Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi,
Tu ne serais pas si malade. »

(Jean de la Fontaine)

Illustration: Marc Chagall

 

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Je ne veux pas voir noir (Amir Gilboa)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2017



Illustration: Edvard Munch
    
Je ne veux pas voir noir
mais

Je ne veux pas voir noir mais
le gris arrive de toutes parts et je sais ce que
je ne veux pas savoir et je n’enfouis même plus
ma tête dans le sable ici il faut que j’
arrête et je ne veux pas dire
le reste mais ce qui pleure en moi
est

(Amir Gilboa)

 

Recueil: Anthologie de la poésie en hébreu moderne
Traduction: E. Moses
Editions: Gallimard

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