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Poésie

Posts Tagged ‘arrivée’

AU CIEL (Blanca Castellón)

Posted by arbrealettres sur 1 juin 2019



Illustration: Elisabeth Gecius
    
AU CIEL

Déjà enfant je voulais visiter le ciel
J’ai réussi à l’atteindre grâce
aux poèmes
aux avions
et aux rêves

si je meurs je pense déménager vers la région bleue
déjà je m’emploie à organiser mon séjour éternel
avec son fondateur

plus qu’un impatient j’attends mon arrivée.
Dieu qui nous connaît tous et comprend mon désir
ne permettra pas que je reste errer sur terre pour l’éternité
couvert de vers qui de mon vivant n’ont jamais montré
la moindre affection pour mon humanité.

(Blanca Castellón)

Recueil: ITHACA 584
Traduction: Français Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache /

Editions: POINTS

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Ton arrivée (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2019


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Ton arrivée est souvent prélude
à ton vrai cheminement

(Adonis)

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DEMANDES (Jan Skacel)

Posted by arbrealettres sur 12 mars 2019




    
DEMANDES

De tes petites mains serrées
et tu ne sais pas si tu as le droit
avant de t’endormir
tu vas demander tout doux

que les hiboux ne pleurent pas
que tu n’aies plus de chagrin
que la clef ne ferme pas
mais ouvre

et que tout soit là
pour l’arrivée des rêves
pour qu’ils puissent entrer
et sortir

De tes petites mains serrées
et tu ne sais pas si tu as le droit
avant de t’endormir
tu demanderas tout cela

(Jan Skacel)

 

Recueil: Millet Ancien
Traduction: Yves Bergeret & Jiri Pelan
Editions: Atelier la Feugraie

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LES PHÉNOMÈNES D’AMOUR (Jacqueline Risset)

Posted by arbrealettres sur 1 janvier 2019



    

LES PHÉNOMÈNES D’AMOUR

depuis que je t’ai vu
les phénomènes décrits
comme phénomènes d’amour
connus classés ou non
arrivent
l’un après l’autre
demandant à venir
dans l’ordre exact

je les reconnais tous
même les nouveaux les inconnus

à leur arrivée je les compte
avec rire
et docilité

docilité extrême
prête à tout

à toute blessure extrême

(Jacqueline Risset)

 

Recueil: L’Amour de loin
Traduction:
Editions: Flammarion

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Troublant (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2018




Troublant de me déshabituer
de l’heure où je suis née.
Troublant de ne plus jouer
mon rôle de fraîche arrivée.

(Alejandra Pizarnik)

Illustration

 

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Nuit passée dans un kiosque de montagne (Jia Dao)

Posted by arbrealettres sur 20 juillet 2018



Illustration: Shen Zhou
    
Nuit passée dans un kiosque de montagne

Son oreiller : une pierre ramassée dans le ruisseau
L’eau du puits rejoint l’étang sous les bambous
Voyageur de passage, sans sommeil, à minuit
Seul il entend l’arrivée de la pluie de montagne

(Jia Dao)

 

Recueil: L’Ecriture poétique chinoise
Traduction: François Cheng
Editions: du Seuil

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Déjà (François de Cornière)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2018


maison_d_enfance

 

des bruits qu’on redécouvre
le soir de l’arrivée
une grille qui grince
le chien d’une ferme qui aboie
cette odeur de passé
– de vacances à la mer –
qu’on reçoit de plein fouet
la porte à peine poussée
(un journal étalé sur la table de la cuisine
du lait en train de bouillir
un tricot en arrêt)
et l’enfance à sa place
en haut de l’escalier
si on lève la tête

(François de Cornière)

Illustration

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Chercher une chose (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 25 juin 2018




    
Chercher une chose
c’est toujours en trouver une autre.
Ainsi, pour trouver certaine chose,
il faut chercher ce qu’elle n’ est pas.

Chercher l’oiseau pour trouver la rose,
chercher l’amour pour trouver l’exil,
chercher le rien pour découvrir un homme,
aller vers l’arrière pour aller vers l’avant.

La clef du chemin,
plus qu’en ses bifurcations,
son hypothétique commencement
ou sa douteuse arrivée,
est dans l’humeur corrosive
de son double sens;

On arrive toujours, mais ailleurs.

Tout arrive.
Mais à l’envers.

***

Buscar una cosa
es siempre encontrar otra. Asi, para hallar algo,
hay que buscar lo que no es.

Buscar al parajo para encontrar a la rosa,
buscar al amor para hallar el exilio,
buscar la nada para descubrir un hombre,
ir hacia atras para ir hacia adelante.

La clave del camino,
mais que en sus bifurcaciones,
su sospechoso comienzo
o su dudoso final,
esta en el cautico humor
de su doble sentido.

Siempre se lleaga,
pero a otra parte.

Todo pasa.
Pero a la inversa.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Martine Broda pour Roberto Juarroz
Traduction: Fernand Verhesen
Editions: La Différence

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LE PONT DES SOURIRES (Jean-Charles Michel)

Posted by arbrealettres sur 31 mai 2018



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LE PONT DES SOURIRES

Y a toujours un pont quelque part,
Pour que la rive aille au rivage,
Un village à l’autre village,
Pour l’aïeul et pour le moutard,
Pour les baladins du voyage
Éternellement de passage,
Y a toujours un pont quelque part.
Dans un repli du paysage,
Rudimentaire… ouvrage d’art,
Pour sécuriser le têtard,
En place du vieux gué sauvage,
Pour joindre la terre en partage,
Y a toujours un pont quelque part.
Que tu sois fou, que tu sois sage,
Quel que soit ton choix, ton bagage,
Ta fortune, ton étendard,
Ta misère que l’on outrage,
Si tu sais bannir haine et rage,
Pour l’arrivée et le départ,
Y a toujours un pont quelque part.

(Jean-Charles Michel)

Illustration

 

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Elles ne demandent que de l’aide (Salvador Espriu)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2018



Illustration: Fra Angelico
    
Elles ne demandent que de l’aide
pour la tâche compatissante :
oindre d’arômes ce corps
qu’elles savent au tombeau.

« Quels doigts bougeraient
le grand poids de la dalle
à l’arrivée de l’aube ? Que viennent
nous consoler
de ce vide par nous veillé
des voix pleines de pitié ».

Immobiles, épouvantées,
elles regardent, écoutent et après
s’en retournaient à la ville.
Mais celle qui l’aime le plus
ressent soudain subtile douleur
en perdant, le voyant devant elle,
de fins alambics de solitude.

***

Elles demanen sols ajut
per acomplir la pietat
d’ungir d’aromes aquell cos
que dins el vas saben posat.

« Quins dits mourien
el gran pes de la liosa,
quan es l’alba ? Que vinguin
a consolar-nos
de la buidor vetllada
unes veus compassives. »

Del tot immòbils, amb espant
miren, escolten i després
ja se’n tornaven a ciutat.
Però la qui l’estima més
sent un subtil dolor sobtat
quand perd, veient-lo al seu davant,
fins alambins de soledat.

(Salvador Espriu)

 

Recueil: Cimetière de Sinera
Traduction: Mathilde et Albert Bensoussan et Denise Boyer
Editions: Ibériques

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