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Poésie

Posts Tagged ‘arriver’

Fenêtres ouvertes Le matin – En dormant (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2020



Illustration: Mustapha Merchaoui
    
Fenêtres ouvertes
Le matin – En dormant

J’entends des voix. Lueurs à travers ma paupière.
Une cloche est en branle à l’église Saint-Pierre.
Cris des baigneurs. Plus près ! plus loin ! non, par ici !
Non, par là ! Les oiseaux gazouillent, Jeanne aussi.
Georges l’appelle. Chant des coqs. Une truelle
Racle un toit. Des chevaux passent dans la ruelle.
Grincement d’une faux qui coupe le gazon.
Chocs. Rumeurs. Des couvreurs marchent sur la maison.
Bruits du port. Sifflement des machines chauffées.
Musique militaire arrivant par bouffées.
Brouhaha sur le quai. Voix françaises. Merci.
Bonjour. Adieu. Sans doute il est tard, car voici
Que vient tout près de moi chanter mon rouge-gorge.
Vacarme de marteaux lointains dans une forge.
L’eau clapote. On entend haleter un steamer.
Une mouche entre. Souffle immense de la mer.

(Victor Hugo)

 

Recueil: Les rayons et les ombres
Traduction:
Editions: Bayard Jeunesse

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LA SOURCE (Mihai Beniuc)

Posted by arbrealettres sur 15 juin 2020




    
LA SOURCE

Je peux approcher de la source librement
Mes lèvres assoiffées pour boire de son eau.
Est-ce vraiment là tout ce dont j’ai pu rêver ?
La source alors pourrait se cacher, disparaître.
Non, que d’autres arrivent, que les autres viennent !
Je suis prêt à partir pour leur laisser la place.
Que nos sapins, nos sapins verts, majestueux,
Accueillent la jeunesse et ses désirs limpides !

J’ai bu, moi, de l’eau des mares mêlées au sang
De mes frères tués sous des grêles de balles.
Et si mes yeux ne se remplissent plus de larmes
Et si mes lèvres gardent de la boue séchée,
Ce n’est pas que je manque de la soif de vivre,
C’est que j’ai le désir de voir les jeunes boire
L’eau de la source intacte où n’est encor tombé
Que de la nuit, peut-être, une étoile intouchée.

(Mihai Beniuc)

 

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Il arrive (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 27 mai 2020


Il arrive que pour soi
l’on prononce quelques mots
sur cette étrange terre

(Jean Follain)

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UNE LIBELLULE EST ARRIVÉE (William Zhou)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2020




    
UNE LIBELLULE EST ARRIVÉE

Au bord du lac
je jouissais de l’heure matinale

Soudain
une petite libellule s’approcha de moi,
se plaça sur mon épaule
pour s’y reposer,

et je devins pour elle
un arbre de printemps.

***

飞来一只蜻蜓

周道模
静立在湖边
我享受着清晨
突然
一只小蜻蜓飞来
栖息在我肩膀上
把我变成
一棵春天的树

***

A DRAGONFLY ARRIVED

Standing at the shore of a lake,
I enjoyed the early morning.

Suddenly
a small dragonfly arrived
and took a rest on my shoulder

turning me
into a spring tree.

***

EEN WATERJUFFER IS AANGEKOMEN

Aan de oever van het meer
genoot ik van de vroege ochtend
Plotseling
kwam een kleine waterjuffer naar mij toe,
zette zich op mijn schouder neer
om er op uit te rusten,
en ik werd voor haar
een lenteboom.

***

***

EINE LIBELLE IST GEKOMMEN

Am Ufer des Sees
genoss ich den frühen Morgen.
Plötzlich
kam eine kleine Libelle zu mir,
setzte sich auf meine Schulter
um dort auszuruhen
und verwandelte mich
in einen Frühlingsbaum.

***

ΛΙΒΕΛΟΥΛΑ

Στέκομαι στην όχθη της λίμνης
κι απολαμβάνω το εξαίσιο πρωινό
ξάφνου
μια μικρή λιβελούλα πετά
και κάθεται στον ώμο μου
μεταμορφώνοντας με
σ’ ανοιξιάτικο δέντρο

***

***

***

ARRIVÒ UNA LIBELLULA

Sulle rive di un lago,
godevo del primo mattino.

All’improvviso,
arrivò una piccolo libellula
a riposarsi sulla mia spalla

per trasformarmi
in un albero a primavera.

***

UNA LIBÉLULA LLEGÓ

De pie, a la orilla de un lago,
disfruté de la madrugada.

De repente,
una pequeña libélula llegó
y se posó en mi hombro

convirtiéndome
en un árbol de primavera.

***

PRZYFRUNĘŁA WAŻKA

Stojąc na brzegu jeziora,
cieszyłem się wczesnym porankiem.

Nagle,
przyfrunęła mała ważka
i spoczęła na moim ramieniu

zamieniając mnie
w wiosenne drzewo.

***

UMA LIBÉLULA CHEGOU

De pé, na margem de um lago
disfrutei da madrugada.

De repente,
uma pequena libélula chegou
e pousando no meu ombro

convertendo-me
na árvore da primavera.

***

A venit o libelulă
Stam la margine de lac
savurând zorii.
Deodată
o mică libelulă
mi-a poposit pe umăr
făcând din mine
un pom de primăvară.

***

(William Zhou)

 

Recueil: ITHACA 630
Traduction: Français Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache William Zhou / Chinois / Anglais Germain Droogenbroodt – William Zhou / Néerlandais Germain Droogenbroodt / Arabe Sarah Silt / Allemand Wolfgang Klinck / Grec Manolis Aligizakis / Hébreu Dorit Wiseman / Indi Jyotirmaya Thakur / Italien Luca Benassi / Espagnol Rafael Carcelén / Japonais Naoshi Koriyama / Polonais Mirosław Grudzień – Małgorzata Żurecka / Portugais José Eduardo Degrazia / Roumain Gabriela Căluțiu Sonnenberg / Russe Daria Mishueva /Editions: POINT
Site: http://www.point-editions.com/en/

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Quand on n’aura plus rien (Mihai Beniuc)

Posted by arbrealettres sur 12 mai 2020



Illustration: Gilbert Garcin
    
Quand on n’aura plus rien à manger,
On ne mangera pas,
Quand on n’aura plus rien à boire,
On ne boira pas,
Quand on n’aura plus quoi rêver,
On sera presque arrivé.

(Mihai Beniuc)

 

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L’ATTENTE (Mihai Beniuc)

Posted by arbrealettres sur 9 mai 2020



Illustration: Tamara Lunginovic
    
L’ATTENTE

Des attentes sans nombre
Parcourent les jungles du coeur.
Les unes hurlent comme les loups.
Qu’elle arrive une bonne fois, elle,
La femme, colonne en marbre de la lune,
Dansant sur des alpages ensoleillés;
D’autres guettent aux alentours de ponts
Pour vous attirer dans le gouffre;
D’autres dorment, ours dans leur tanière
Ou serpents engourdis
Par les brumes de l’automne;
Les unes croisent votre sentier,
Lapins effrayés,
Et courent, courent à travers champs.
Mais il y a une grande attente
Qui ressemble à l’ombre.
Elle est tantôt devant, tantôt derrière,
Elle se roule à vos pieds,
Elle s’apprête à vous saisir la nuque,
Elle s’arrête, vous abandonne
Puis se remet à vous pister.
Parfois vous l’oubliez, elle commence alors
A suinter doucement sur votre cerveau
Sa pluie froide.
Vous vous secouez, elle s’enfuit.
Une fois,
Quand vous ne serez pas sur vos gardes,
Elle jettera sur vous ses filets
Où se brisent désespérées
Toutes les flèches de la lumière.

(Mihai Beniuc)

 

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La double situation (Carlos Drummond de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 8 mai 2020



La double situation

Un silence aussi parfait
que celui qui vient de tomber:
signe que déjà nous mourons
ou que nous ne sommes pas même arrivés encore à la Terre.

Nous venons de sentir la mort
dans nos veines évincer le sang.
Nous circulons dans l’atmosphère,
nous sommes, corps et brise, un seul.

Ou bien nous flottons dans le possible
sans hâte de, sans désir de
toucher à l’irrétractable
mouvement de la naissance.

Ce silence tellement complet
en lui-même, en nous, en notre alentour
nous convertit en transparente
sphère
contemplée contemplative.

(Carlos Drummond de Andrade)


Illustration

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On vit, on parle… (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 25 avril 2020



Illustration
    
On vit, on parle…

On vit, on parle, on a le ciel et les nuages
Sur la tête ; on se plaît aux livres des vieux sages ;
On lit Virgile et Dante ; on va joyeusement
En voiture publique à quelque endroit charmant,
En riant aux éclats de l’auberge et du gîte ;
Le regard d’une femme en passant vous agite ;
On aime, on est aimé, bonheur qui manque aux rois !
On écoute le chant des oiseaux dans les bois
Le matin, on s’éveille, et toute une famille
Vous embrasse, une mère, une soeur, une fille !
On déjeune en lisant son journal. Tout le jour
On mêle à sa pensée espoir, travail, amour ;
La vie arrive avec ses passions troublées ;
On jette sa parole aux sombres assemblées ;
Devant le but qu’on veut et le sort qui vous prend,
On se sent faible et fort, on est petit et grand ;
On est flot dans la foule, âme dans la tempête ;
Tout vient et passe ; on est en deuil, on est en fête ;
On arrive, on recule, on lutte avec effort… —
Puis, le vaste et profond silence de la mort !

(Victor Hugo)

 

Recueil: Les rayons et les ombres
Traduction:
Editions: Bayard Jeunesse

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Tout ce qui arrive est terrible (Roger Munier)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2020



Tout ce qui arrive est terrible.
Rien que parce que cela arrive.
Devient réel.
Arrive. S’approche. Est là.
Arrive d’où?

(Roger Munier)


Illustration

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Arrivant la nuit devant le logis d’un pêcheur (Zhang Ji)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2020




    
Arrivant la nuit devant le logis d’un pêcheur

A l’entrée du fleuve, un logis de pêcheur
L’eau du lac effleure la porte de bois
Le voyageur frappe pour la nuit, nulle réponse :
Le maitre n’est pas encore de retour

Un sentier se perd au profond des bambous
Surgit la lune, éclairant peu de barques…
Soudain, sous son manteau de jonc mû par la brise
Là-bas, le pêcheur qui cherche la berge de sable

(Zhang Ji)

 

Recueil: L’Ecriture poétique chinoise
Traduction: François Cheng
Editions: du Seuil

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