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Le monde va changer pour vous (Tahar Djaout)

Posted by arbrealettres sur 16 mai 2019


 


 

Andrew Judd  1958 - Canadian painter -

Le monde va changer pour vous,
… oh non, il ne deviendra pas meilleur ;
vous allez découvrir tellement de choses aux ressemblances illusoires
que vous n’arriverez plus jamais à prendre le monde par son bout le plus innocent

(Tahar Djaout)

Découvert chez Lara ici

Illustration: Andrew Judd

 

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Quelque chose (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 16 mai 2019


 


 

Ettore Aldo Del Vigo 23

Quelque chose va peut-être arriver.
Un marchand d’habits réclame les objets usés.

(Guy Lévis Mano)

Illlustration: Ettore Aldo Del Vigo

 

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Ce soir (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2019



 

Ettore Aldo Del Vigo 20_n

Les chats mordent les chattes à la nuque pour les posséder.
Toujours mordre pour posséder. S’abandonner un instant.
Ce soir rien n’arrive de ce que je ne sais pas que je veux.
Les étoiles ont une lueur gelée à la langue.

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Ettore Aldo Del Vigo

 

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Pour pouvoir arriver à ce que tu ne connais pas (Thomas Stearns Eliot)

Posted by arbrealettres sur 28 avril 2019



 

Ettore Aldo Del Vigo 4Z

Pour pouvoir arriver à ce que tu ne connais pas
Tu dois emprunter une voie qui est la voie de l’ignorance.
Pour pouvoir posséder ce que tu ne possèdes pas
Tu dois emprunter la voie de la dépossession.
Pour pouvoir arriver à ce que tu n’es pas
Tu dois emprunter la voie dans laquelle tu n’es pas.
Et ce que tu ne connais pas est la seule chose que tu connaisses
Et ce que tu possèdes est ce que tu ne possèdes pas.
Et là où tu es est là où tu n’es pas.

(Thomas Stearns Eliot)

Illustration: Ettore Aldo Del Vigo

 

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CONJUGAISONS ET INTERROGATIONS II (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 12 avril 2019



Illustration: Ryszard Miłek
    
CONJUGAISONS ET INTERROGATIONS II

Nous restons où nous sommes
Nous restons où nous sommes arrivés.

Pourtant nous ne restons pas là où nous sommes
Nous ne restons pas où nous sommes arrivés.

Là où nous sommes tantôt nous restons, tantôt non.
Là où nous ne sommes pas arrivés, tantôt nous restons
tantôt nous ne restons pas (nous partons).

Là où nous sommes venus il se peut
Que nous restions il se peut que nous ne restions pas.

Là où tu es venu, resteras-tu ?
Ne cesseras-tu de partir, au lieu d’arriver, de rester ?
Ne finiras-tu pas d’arriver
et tantôt de rester et tantôt de partir ?

Toi qui restes, penses-tu ne jamais partir ?
Toi qui pars, saurais-tu, pourrais-tu rester ou revenir ?
Est-il possible à la fois de rester de partir,
de ne pas rester de ne pas partir ?

Tout est dissemblable tout se ressemble
ce qui part ce qui reste
ce qui est ce qui n’est pas
Ce que l’on dit a trop de sens n’a pas de sens.

(Jean Tardieu)

 

Recueil: L’accent grave et l’accent aigu
Traduction:
Editions: Gallimard

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J’arrive et touche le bord (Georges Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2019



Ferdinand Hodler view-into-infinity.jpg!HD

j’arrive et touche le bord,
souvenir, ô ma patrie,
au pas cadencé des morts
les couples dansent leur vie.
Monde je te vois et crée
l’autre Monde à nia façon.
toute forme que j’agrée
devient un collier de sons :
variables étiquettes
les mots couvrent leur objet,
je les classe dans ma tête
univers imaginé.
Je dis : oeillet, rose thé,
mais la fleur n’est plus derrière,
tous les jardins en jachère
il me faut les rebêcher.

(Georges Libbrecht)

Illustration: Ferdinand Hodler

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Neige de mai (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2019



Neige de mai

Une couche transparente se pose
Sur l’herbe neuve, et fond.
Cruel printemps de glace,
Toi qui tues les bourgeons pleins de sève.
Si atroce, la vue de la mort jeune,
Je n’arrive plus à regarder le monde.
J’ai en moi la tristesse que le roi David
En un geste royal offrit aux millénaires.

(Anna Akhmatova)

Illustration: Henri Matisse (La tristesse du Roi David)

 

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D’un abîme à un autre abîme (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2019



Illustration: Miguel Chevalier
    
D’un abîme à un autre abîme.
Ainsi avons-nous vécu.
Et lorsque c’était le tour de l’interlude
d’une zone de l’air,
où il est facile de respirer et de se soutenir,
nos regrettions sans vouloir l’abîme
qui nous nourrissait du rien.

Du fond de l’être gravit un sortilège
pour demander, lorsque la mort arrive,
que tout soit un abîme, non une autre direction.

Il nous y poussera peut-être des ailes.

A l’intérieur d’un abîme en est toujours un autre.
Et à défaut de différence il y aura distance.
Il ne nous reste qu’à trouver et à être
la distance à l’intérieur de l’abîme.

***

De un abismo a otro abismo.
Así hemos vivido.
Y cuando nos tocaba el interludio
de una zona de aire,
donde es fácil respirar y sostenerse,
añorábamos sin querer el abismo,
que nos ha amamantado con la nada.

Desde el fondo del ser trepa un ensalmo
para pedir, cuando llegue la muerte,
que todo sea un abismo, no otro rumbo.

Tal vez en él nos crezcan alas.

Adentro de un abismo siempre hay otro.
Ysi no hay diferencia habrá distancia.
Sólo nos falta hallar y ser tan solo
la distancia de adentro del abismo.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Quatorzième poésie verticale
Traduction: Sivia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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Je verse l’eau d’un verre (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2019



Illustration: Ben Madeska
    
Je verse l’eau d’un verre
et elle n’arrive pas jusqu’au sol :
l’air la soutient.

Seule une copie de l’eau
arrive jusqu’au sol.

Ainsi la transparence
sauve-t-elle la transparence.

***

Vierto el agua de un vaso
y no llega hasta el suelo:
el aire lo sostiene.

Sólo llega hasta el suelo
una copia del agua.

Así la transparencia
salva a la transparencia.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Quatorzième poésie verticale
Traduction: Sivia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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LE RETOUR (Jan Skacel)

Posted by arbrealettres sur 19 mars 2019




    
LE RETOUR

Le retour Où A quel pays A quelle ville
A quelle maison

Qui te renseignera si tu te perds
répondra à ton bonjour et sourira — qui
t’indiquera la route à prendre
dira ce qu’il reste jusqu’au pays sans personne

Et tu marcheras le jour toute la nuit cent jours
cela durera des années tu traverseras mille rivières
sans arriver ni revenir jamais
c’est quelqu’un de tout à fait autre qui est revenu

a couru en haut des marches s’est arrêté un instant
devant le vieil appartement de la maison d’avant
a profondément repris son souffle
et impatient en vain a sonné

(Jan Skacel)

 

Recueil: Millet Ancien
Traduction: Yves Bergeret & Jiri Pelan
Editions: Atelier la Feugraie

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