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Posts Tagged ‘arrondir’

Je ne suis qu’un viveur lunaire… (Jules Laforgue)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2019



Franz Skarbina  Jules Laforgue

Je ne suis qu’un viveur lunaire
Qui fait des ronds dans les bassins,
Et cela, sans autre dessein
Que devenir un légendaire.

Retroussant d’un air de défi
Mes manches de mandarin pâle,
J’arrondis ma bouche et – j’exhale
Des conseils doux de Crucifix.

Ah ! oui, devenir légendaire,
Au seuil des siècles charlatans !
Mais où sont les Lunes d’antan ?
Et que Dieu n’est-il à refaire ?

(Jules Laforgue)

Illustration: Franz Skarbina

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La nuit était sa marche (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2017


 


 

Valérie Sjodin   Vessels-Valerie-Sjodin

La nuit était sa marche son vêtement ses pupilles
et dans ses poches elle arrondissait ses mains
Elle était plus compagne que son vêtement
Elle était en candeur avec sa foulée
Elle était son jardin refuge et son jardin
limpide des confins
Et elle comprenait qu’il avait faim au-delà du pain.

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Valérie Sjodin

 

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La campagne s’abandonne (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 2 octobre 2017



Illustration
    
La campagne s’abandonne au premier ruisseau venu.
C’est contre ses berges, c’est par-dessus son eau
qu’elle arrondit sa pleine poitrine d’herbes,
c’est en lui qu’elle se sent la plus nue.

On passerait sa vie à rester immobile
loin des villages caillés, loin des routes trop sûres,
avec la respiration du jour sur le visage,
avec le bleu du ciel dans la bouche entr’ouverte.

On voudrait mourir ici
avec le soleil soudé aux yeux comme une applique,
avec la tête prise dans la grande maille de l’espace,
avec au cou le collier des moissons.

Mais je reste tout entier dans la pierre
que le silence a jetée du haut du monde,
retenu seulement par le fil
que mon coeur tend à mon poignet.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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Petite chanson pour le premier avril d’une fenêtre (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2016



Les filles rient aux fenêtres
pour humilier les pelouses,
arrondir les coins des arbres,
délacer la montagne.

Les filles chantent aux fenêtres
pour tatouer la nuit,
poudrer la mer,
enflammer la fourmi.

Les filles pleurent aux fenêtres
pour noyer la pluie…

(Edmond Jabès)

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Arrondir les angles (Thierry Roquet)

Posted by arbrealettres sur 27 septembre 2016



Arrondir les angles

C’est un poème
sur la vie de tous les jours
parce que

c’est aussi un poème
sur la mémoire
que disait-il, déjà?

que je me lève chaque matin
pour accomplir des tâches
plus ou moins inutiles
c’est sans importance

non
ce n’est pas sans importance
parce que

c’est aussi un poème
sur le temps qui passe
mais je n’ai plus les horaires en tête

il y a quelque chose que je perds de vue
quelque chose de mécanique
que je ne parviens pas
à dire simplement dans mon poème
ce sont les habitudes et les partis pris
parce que

ce n’est pas un poème
sur la beauté
je ne sais pas ce qu’est la beauté
ni la laideur je vais de l’un
à l’autre naturellement

c’est un poème
sur le doute
sur ce que je ne connais pas exactement
on n’y fait pas grand étalage
du fraternel
parce que

je ne suis nulle part à mon aise
c’est un poème
comme ça
qu’on écrirait après une brève discussion
avec un mur
et une fenêtre sur la rue

en fin de compte
c’est un poème
sur la solitude je crois

(Thierry Roquet)

découvert ici chez laboucheaoreilles

 

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Une fleur (Dominique Sampiero)

Posted by arbrealettres sur 7 mai 2016



Une fleur ingénuement rendra l’espace fragile et impossible,
aux lèvres d’une douleur de pétale et de tige, étranglera le mur,
usera la réconciliation jusqu’à la présence, renversera la fatigue
sous les lampes comme une femme offerte à la proie des flammes,
et refera le chemin froissé de l’éclair
sous la pierre qui rêve d’une patience de rose, d’une douceur de pluie
arrondissant l’orage, volonté soudaine et indomptable.

(Dominique Sampiero)

Illustration

 

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St-Pépin (Pierre Albert-Birot)

Posted by arbrealettres sur 3 juillet 2015


phare

La terre finit là
Une piste verdâtre et mouvante
S’arrondit jusqu’au bord du ciel
Bien petit horizon
Pour un poète
Un phare phallique
Unit la mer au ciel

(Pierre Albert-Birot)

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La mer (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 18 mai 2015



La mer

Les îles de Chausey partent à la dérive.
Je m’accroche avec force à la rive perfide
Qui risque de crouler sous des coups de boutoir
Tandis que le soleil, disque volumineux,
Se morfond, solitaire, au bord de l’horizon.

La côte se prélasse en robe d’Emeraude
Où tu veilles, bergère et « fée des grèves » vastes(1),
Sur ton troupeau de blancs moutons des prés-salés
Qui paît à ras des flots, aux abords de Cherrueix,
L’herbe d’iode et de sel poussant dans les polders.

Je pirate parfois dans les ombres naissantes
Avec les loups de mer sur leurs vaisseaux fantômes.
Dans le bief du Vivier, je vois, après la pêche,
Quelques barques venir s’embosser dans la vase.

Il existe des mers que je n’ai jamais vues,
Pour croire qu’elles sont plus belles que la mienne.
Le phare de Cancale a grignoté la nuit ;
Ce gros œil de cyclope, ouvert au bout du cap,
Se braque sur la grève où j’échoue mon esquif.

La vague roule et roule un galet, le polit,
L’arrondit avec soin : il épouse la forme
De ma main qui l’emporte et garde dans sa chair
Le souvenir puissant d’une forte marée
D’équinoxe qu’on vit galoper dans la baie.
Il trône sur le bord de notre cheminée,
Près d’une goélette à trois-mâts qui navigue
Dans une bouteille, œuvre d’un vieux terre-neuvas.

(1) Titre que porte une jolie jeune fille élue au cours d’une
kermesse. Sorte de  » Miss locale »

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

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