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Poésie

Posts Tagged ‘arrosoir’

D’un cercle (Joël Glaziou)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2020



 

Puits des Houillères 2

d’un cercle l’arrosoir encense la terre

d’allers en retours cent fois sur le chemin
d’un seul geste répété du père au fils
du vide au plein cent fois le seau monte du puits
peau et muscles tendus tout contre la pierre
se mesurent l’heure le jour la saison

et monte une prière de la terre au ciel

(Joël Glaziou)

Illustration

 

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Aux fleurs (Albert Lozeau)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2020



Aux fleurs

Fleurs des bois, fleurs des prés, fleurs aux formes parfaites,
Quelle peine sincère, en ce mois, vous nous faites !
Vos coupes de parfums, vos vases de couleurs,
Vos calices de miel, vos corolles de pleurs,
Vos feuillages luisants, vos tiges élancées
Harmonieusement par la brise bercées,
Rien de votre beauté frêle n’a parfumé
Ni réjoui ce triste et frileux mois de mai !
Sans doute, un peu de vous dans la grâce des femmes
A charmé nos regards et consolé nos âmes…
Vos grandes sœurs ont eu leur règne séduisant
Et c’est le tour des plus petites, à présent.
– Églantines, lilas, tulipes, violettes,
C’est le printemps ! Muguets, agitez vos clochettes !
Dans les cerisiers blancs, dans les pommiers fleuris,
Le merle vous appelle avec de petits cris ;
Et les amants qui font l’amour à lèvres closes,
Ne peuvent rien se dire en l’absence des roses…
La terre, sous son herbe avare, vous attend,
Marguerite au cœur d’or, svelte lys éclatant,
Narcisse rose et blanc, pensée au velours sombre,
Et rêve de sommeil à votre petite ombre.
Chantez-nous la chanson délicate du bleu,
Et la gamme du rose exquis au rouge feu ;
Détaillez-nous la forme ascétique ou charnue,
Épanouie en boule, étoilée ou menue,
Et la variété soyeuse du satin,
Sa nuance innombrable au soleil du matin,
Ses éblouissements de pierres précieuses,
Ses ors, ses argents mats, ses pourpres somptueuses !
Comme trempé de sang, qu’on aperçoive au loin
L’ardent coquelicot dressé dans le sainfoin,
Et que dans la forêt, dentelée et légère,
Verte au pied du tronc gris, foisonne la fougère !
Point d’abeilles sans vous et point de papillons
Qui voltigent, de miel en miel, dans les rayons.
Vous êtes la lumière éclairant toute chose,
Ou bleue ou blanche ou mauve ou violette ou rose,
Et qui s’est incarnée en votre fine chair
Et, sous le ciel de pluie ou le firmament clair,
De vos calices fait de petites veilleuses
Frissonnantes au vent, douces et merveilleuses !
Vous êtes les parfums enivrants des sentiers,
Qui s’exhalent sans s’épuiser, des jours entiers,
Et, moite, dans le bois profond au vaste dôme,
Fume et l’emplit, pareil à l’encens, votre arôme !
La jeune fille rit en s’embaumant à vous,
Et pour vous respirer baise vos cœurs si doux.
Quand elle vous caresse à sa lèvre, on peut dire
Que la lèvre a l’odeur et la fleur le sourire !
Vous embellissez tout ; l’eau devient diamant
Dès que sur vous la goutte étincelle un moment,
Et lorsqu’un papillon brun en vous s’aventure,
Vous composez un prodige de la nature !
– Fleurs des champs, fleurs des bois, riches fleurs des jardins,
Splendide floraison : velours, tulles, satins ;
Humbles fleurs qui croissez au bord des grandes routes,
Fleurs indigentes qui bientôt vous fanez toutes ;
Fleurs à qui chaque jour le jet de l’arrosoir
Prodigue la fraîcheur qu’entretiendra le soir ;
Et vous, chétives fleurs tristes et négligées,
Qui n’êtes pas souvent d’eau limpide aspergées,
Qui comptez sur le ciel seulement, et que juin
Négligemment arrose en passant – et de loin,
C’est la saison ! Ne nous laissez pas dans la peine :
Sans couleurs, sans parfums, qu’est l’existence humaine ?

(Albert Lozeau)

 

 

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Averse d’été (Nicole Pottier)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2019



 

escargot

averse d’été –
à l’abri dans l’arrosoir
l’escargot

(Nicole Pottier)

Illustration

 

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L’INDIFFÉRENCE D’UN ARROSOIR (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2018




L’INDIFFÉRENCE D’UN ARROSOIR

Nous mourrons sans avoir apprivoisé les choses
Qui nous cernent en attendant
De nous incorporer
Elles n’ont pas même un regard
Pour les moignons d’âme qui nous restent
Et laissent pourrir à leurs pieds
Nos humbles propositions de trêve.

Celles qui nous doivent la vie
Ne sont pas les moins odieuses
On peut mourir de l’indifférence d’un arrosoir
Aussi bien que du poids d’une avalanche.

(Jean Rousselot)

Illustration: Patrick Martin

 

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Un arrosoir (Hugo von Hofmannsthal)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2018



Un arrosoir, une herse à l’abandon dans un champ,
un chien au soleil, un cimetière misérable,
un infirme, une petite maison de paysan,
tout cela peut devenir le réceptacle de mes révélations.

Chacun de ces objets, et mille autres semblables
dont un oeil ordinaire se détourne avec une indifférence évidente,
peut prendre pour moi soudain, en un moment qu’il n’est nullement en mon pouvoir de provoquer,
un caractère sublime et si émouvant,
que tous les mots, pour le traduire, me paraissent trop pauvres
[..]

Cherche, parmi tous ces objets misérables et grossiers de la vie paysanne,
celui, posé ou appuyé et n’attirant point l’oeil,
dont la forme insignifiante, dont la nature muette
peut devenir la source de ce ravissement énigmatique, silencieux, sans limite.

(Hugo von Hofmannsthal)

Illustration: Patrick Martin

 

 

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Soir d’été (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2018



Soir d’été

Si vous tendez un peu l’oreille
Quand le soleil
A fait flamboyer le jardin
Et que son dernier rayon dore
Encore
Au seuil du soir
Votre arrosoir
Ecoutez bien :
Vous entendrez tout doux, tout doux,
Dans tous les coins
Ivres d’odeurs
Vous entendrez,à petits coups,
Dans tous les coins, boire les fleurs.

(Maurice Carême)

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Le soleil astique (Roland Halbert)

Posted by arbrealettres sur 26 novembre 2017



 

Júlia Fernández Sánchez 110

Le soleil astique                           Un arrosoir brille.
les seins des filles dans l’eau.

(Roland Halbert)

Illustration: Júlia Fernández Sánchez

 

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METAMORPHOSES (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 25 octobre 2017



Illustration: Julia Chausson 
    
METAMORPHOSES

Dans cette nuit noire
que nous fait l’Histoire
j’avance à tâtons
toujours étonné
toujours médusé :

je prends mon chapeau
c’est un artichaut

j’embrasse ma femme
c’est un oreiller

je caresse un chat
c’est un arrosoir

j’ouvre la fenêtre
pour humer l’air pur
c’est un vieux placard
plein de moisissures
je prends un crapaud
pour un encrier
la bouche d’égout

pour la boîte aux lettres
le sifflet du train
pour une hirondelle
le bruit d’un moteur
pour mon propre coeur
un cri pour un rire
la nuit pour le jour
la mort pour la vie
les autres pour moi.

(Jean Tardieu)

 

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Alors je sèmerai (Pierre Albert-Birot)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2017



 

Sylvie Lemelin_Fecondite [1280x768]

Alors je sèmerai

Quand j’en serai à deux ou trois mille gouttes
J’aurai de quoi remplir un arrosoir
Alors je sèmerai
Des Massifs de poèmes géants
Tous les matins pourrai les arroser

(Pierre Albert-Birot)

Illustration: Sylvie Lemelin

 

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Les arrosoirs (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 20 août 2017



 

Les arrosoirs

C’était un arrosoir
Percé de douze trous.
Il vous raconte son histoire
Pas drôle du tout.

— J’étais un arrosoir célèbre
Respecté de tout le monde
Et comme tous les arrosoirs à l’époque
Je n’avais pas de trous.

Nous n’avions pas de pomme,
Nous avions une anse
Ça ne regardait personne.
Nous vivions en silence.

Mais un jour un jardinier
Vint en traînant ses gros pieds.
Il me saisit brutalement par l’anse
Il me saisit avec violence !

— Tu vas arroser les roses !
— Arroser les roses?
Que les roses s’arrosent
Si ça leur plaît,

(Robert Desnos)

Illustration: Patrick Martin

 

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