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Poésie

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La naissance (Aïcha Arnaout)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2017




La naissance

Qui ne naît pas orphelin
à l’ère des roses artificielles et des relents d’acide ?
Qui peut encore reconnaître le sein de sa mère
après le premier cri
les premières larmes ?

La poignée de la porte bouge
en même temps que l’os du bassin
Et avant que le petit poumon ne se gonfle
de la première bouffée d’air
les chaînes se referment sur les mains délicates

Puis commence la reptation
sur des gradins inconnus
de potences et de boucliers de braise
alors que les canons des fusils
sont toujours braqués
sur les babils interdits

(Aïcha Arnaout)

 

 

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Picasso Guernica (José Ángel Valente)

Posted by arbrealettres sur 26 novembre 2016




Picasso-Guernica-Picasso : 1973

Pas le soleil, mais la soudaine lampe pâle illuminant
l’artificielle matière de la mort.

L’espace infini d’une seule agonie,
les formes brusques et brisées
en mille morceaux de vie violente
à la surface livide du gris.

Pas le soleil, mais la pâle
lampe électrique du froid
horreur qui fit naître
le gris coagulé de Guernica.

Nul ne peut jeter sur un tel rêve
le manteau de la nuit,
taire un tel cri,
éteindre une telle lampe
éclairant
l’explosion de l’interminable mort,
la chambre intérieure où ne peut
reposer ni mourir dans le gris de Guernica
la mémoire.

***

Picasso-Guernica-Picasso : 1973

No el sol, sino la súbita bombilla pálida ilumina
la artificial materia de la muerte.

El espacio infinito de una sola agonía,
las repentinas formas rotas
en mil pedazos de vida violenta
sobre la superficie lívida del gris.
No el sol, sino la pálida
bombilla eléctrica del frío
horror que hizo nacer
el gris coagulado de Guernica.

Nadie puede tender sobre tal sueño
el manto de la noche,
callar tal grito,
tal lámpara extinguir
que alumbra
la explosión de la muerte interminable,
la cámara interior donde no puede
reposar ni morir en el gris de Guernica
la memoria.

(José Ángel Valente)

Illustration: Pablo Picasso

 

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Je suis le partenaire du lanceur de couteaux! (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2016



Écoutez les remords mécaniques de la société,
la voix du grand ventilateur
comme une brise artificielle dans les galeries de la mine
six cents mètres plus bas.

Nos yeux sont grands ouverts sous le bandage.

Si j’arrivais au moins à leur faire sentir
que ces vibrations, là, sous nos pieds,
veulent dire que nous sommes sur un pont…

Je dois souvent rester tout à fait immobile.
Je suis le partenaire du lanceur de couteaux!

Les questions que j’ai jetées au loin avec rage
me reviennent en sifflant,
elles ne m’atteignent pas, mais elles clouent ma silhouette
à grands traits,
et restent là quand je m’en suis allé.

(Tomas Tranströmer)

Illustration

 

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