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Poésie

Posts Tagged ‘asphyxier’

Idylle morte (César Vallejo)

Posted by arbrealettres sur 14 septembre 2019



Illustration
    
Idylle morte

Que fait donc à cette heure Rita ma douce andine
de jonc et de cape;
maintenant que m’asphyxie Byzance, et que sommeille
en moi le sang, comme un pâle cognac.

Où peuvent être ses mains qui d’un humble geste
repassaient dans le soir des blancheurs futures ;
maintenant, sous cette pluie qui m’enlève
l’envie de vivre.

Que sont devenus sa jupe de flanelle; ses
rêves; sa démarche;
sa saveur de canne à sucre d’un Mai villageois.

Elle doit être au soir sur le seuil regardant quelque nuage,
puis elle dira en tremblant : « Quel froid il fait… mon Dieu!»
et pleurera sur les tuiles un oiseau sauvage.

(César Vallejo)

 

Recueil: Poésie complète 1919-1937
Traduction: Nicole Réda-Euvremer
Editions: Flammarion

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Dans ma poitrine (Serge Sautreau)

Posted by arbrealettres sur 23 octobre 2017




    
Dans ma poitrine il y a trois hommes –
un qui ne voudrait pas mourir
maintenant

mais plus tard
plus loin
plus avant –

un autre un aventurier un fou
qui voudrait bien
qui voudrai tout de suite

qui le désire en liberté
si je l’écoute il n’attend que ça
depuis toujours

et il trouve que ça traîne que ça tarde il
me conjure d’accélérer d’abréger
d’asphyxier une bonne fois qu’on passe à autre chose

enfin la fin
s’exclamera-t-il en spécialiste
meurtri de n’avoir pu vérifier ses talents plus tôt

(Serge Sautreau)

 

Recueil: L’ANTAGONIE
Editions: Gallimard

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Des souris et des hommes (Oktay Rifat)

Posted by arbrealettres sur 11 septembre 2016




Des souris et des hommes

Rends grâce, souris
Rends grâce à cette souricière
Ne me regarde pas si tristement
T’ai-je crevé les yeux
Écorché la peau
Tordu le sexe
Je pouvais t’embrocher
Je pouvais t’asphyxier
Je pouvais, vivante, te brûler
Je pouvais, vivante, t’enterrer
Mets donc la main sur ton coeur et parle
Ai-je pendu ta femme
Ai-je égorgé ta fille
Ai-je ruiné ton foyer
No-on, souris
Impossible, souris
Cette fois-ci, c’est une toute petite, petite souricière
Pas un tank
Pas un canon
Pas un bombardier

(Oktay Rifat)

Illustration

 

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A la sueur du mot (Vénus Khoury-Ghata)

Posted by arbrealettres sur 11 novembre 2015



à la sueur du mot j’accède au poème
sur le mur d’une phrase se promène un mot sentinelle
quand un mot boite on lui ajoute une lettre pour semelle
on fait du bouche à bouche au mot asphyxié pour le ranimer

les mots, ces oiseaux qui bondissent sur les fils électriques de nos pages
les mots, ces mouettes qui atterrissent sur les plages blanches de nos pages

(Vénus Khoury-Ghata)

 

 

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Le poète écorché (Henri-Frédéric Blanc)

Posted by arbrealettres sur 14 août 2015


ecorche

Ce que j’ai dit m’asphyxie
et ce qu’il me reste à dire
me ronge.

(Henri-Frédéric Blanc)

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