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Poésie

Posts Tagged ‘assaillir’

PASTEL (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2019



Poplars in Snow

PASTEL

Pauvres peupliers près du moulin,
Comme ils sont seuls, rien ne les protège
Et comme sur eux tombe la neige !…
Pauvres peupliers près du moulin !…

Comme m’assaillent noires pensées
Quand je songe que je vais mourir…
Et les corbeaux de les assaillir
Comme m’assaillent noires pensées…

(George Bacovia)

 Illustration: Jeffrey Conley

 

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Vagues (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2019



 

 

Vagues convulsives
vagues qui moutonnent
vagues hardies et agressives
avec une régularité de métronome
elles se suivent et s’étalent
sur le sable gris
et assaillent le rivage
qui se retranche
derrière la digue….

(Jean-Baptiste Besnard)

Le site de Jean-Baptiste ici

Illustration

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Doux Scepticisme du Coeur (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2018



Doux Scepticisme du Coeur –
Qui sait – et ne sait pas –
Et tangue ainsi qu’une Flotille
De Parfums qu’assaille la neige –
Qui appelle et diffère le Vrai
De crainte que la Certitude fige
Comparée aux douleurs exquises
De la passion qui frémit de Peur –

(Emily Dickinson)

Illustration

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L’ÉCART (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 30 octobre 2018



 

Aat Verhoog (14)

L’ÉCART

Souvent j’habite mon corps
jusqu’aux creux des aisselles
Je me grave dans ce corps
jusqu’aux limites des doigts
Je déchiffre mon ventre
Je savoure mon souffle
Je navigue dans mes veines
à l’allure du sang

Sur mes pommettes la brise prend appui
Mes mains touchent aux choses
contre ma chair ta chair m’établit

Souvent d’être mon corps
J’ai vécu
Et je vis

Souvent d’un point sans lieu
Ce corps je l’entrevois
martelé par les jours
assailli par le temps

Souvent d’un point sans lieu
J’assourdis mon histoire
De l’avant à l’après
je conjugue l’horizon

Souvent d’un point sans lieu
Ce corps je le distance

Et de cet écart même
en alternance
Je vis.

(Andrée Chedid)

Illustration: Aat Verhoog

 

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PRÉSENT (Octavio Paz)

Posted by arbrealettres sur 10 octobre 2018



 

Illustration: Jim Warren
    
PRÉSENT

Sur la réverbération de la pierre
Saline verticale
Bleu violemment pétrifié
La chute continue
Du rideau
(Dehors
La mer que le soleil assaille)
Respiré respire
Le sol de brique
La fenêtre la table le lit
Maintenant le bleu se tend s’étend
soutient
Un coussin rose
Une fille
Sa robe rouge de cire encore chaude
Ses yeux
D’attente non
Mais par la visitation à demi fermés
Elle est pieds nus

Lourd l’argent l’enlace
Rafraîchit
Son bras sa peau
Sur ses seins vaillants danse le poignard du soleil
Sur son ventre
Éminence imminence
Une ligne de fourmis noires
Vibration
D’un corps une âme une couleur
Du miel brûlé
Le miel noir
A l’incandescence du coquelicot
Le coquelicot noir
Tu ouvres
Les yeux

Tu es un soleil qui a soif.

(Octavio Paz)

 

Recueil: Versant Est
Traduction: Yesé Amory,Claude Esteban,Carmen Figueroa,Roger Munier,Jacques Roubaud
Editions: Gallimard

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La lumière ne se défend pas (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 26 juillet 2018


 


 

lumière 0

La lumière ne se défend pas
La lumière assaille
ou capitule

(Adonis)

Illustration: Franck Gervaise

 

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Grêlons (Seamus Heaney)

Posted by arbrealettres sur 1 juillet 2018



Ma joue fut assaillie de coups:
une grêle soudain
s’abattit et rebondit sur la route.

Quand le ciel s’éclaircit à nouveau
s’était retiré quelque chose
plein de savoir et de force cinglante

me laissant là avec mon destin.
Je fis une petite boule dure
d’eau brûlante fuyant dans la main

tout comme je tire ceci maintenant
de la neige fondante de la réalité
qui me brûle en s’évanouissant.

(Seamus Heaney)

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CRÉATION (Alfred Kolleritsch)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2018




    
CRÉATION

Le corps veut le monde,
des sillons le traversent,

des chemins défoncés
le parcourent.

Attiré, l’oeil
s’essaie à voir
le ciel ouvert.
Des vols de nuages
montrent l’espace.

Ils amplifient les sens,
ils assaillent le corps
pour qu’il accueille ce qui est perceptible

La rencontre.

***

SCHÖPFUNG

Der Leib will die Welt,
durch ihn sind Furchen,

aufgerissene Wege
gehen ihn.

Angelockt, zu sehen,
versucht das Auge
den geöffneten Himmel.
Wolkenflüge
zeigen den Raum.

Sie vermehren die Sinne,
sie überstürzen den Leib,
Sichtbarkeit anzunehmen

Die Begegnung.

(Alfred Kolleritsch)

 

Recueil: La conspiration des mots
Traduction: Françoise David-Schaumann et Joël Vincent
Editions: Atelier la Feugraie

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Cher coeur, pourquoi me traites-tu ainsi ? (James Joyce)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2018




Illustration: Edvard Munch
    
Cher coeur, pourquoi me traites-tu ainsi ?
Chers yeux qui doucement me jugent
Toujours vous êtes beaux — mais ô,
Quel habit revêt votre beauté !

Par le clair miroir de tes yeux,
Par le doux soupir des baisers,
Les vents désolés assaillent de leurs cris
Le jardin ombragé où l’amour se trouve.

Et bientôt l’amour sera dissous,
Quand souffleront sur nous les vents sauvages —
Mais toi, cher amour, trop cher à mon coeur,
Hélas ! Pourquoi me traites-tu ainsi ?

***

Dear heart, why will-you use me so?
Dear eyes that gently me upbraid,
Still areyou beautiful— but O,
How is-your beauty raimented!

Through the clear mirror of your eyes,
Through the soft c y of kiss to kiss,
Desolate winds assail with cries
The shadowy-garden where love is.

And soon shall love dissolved be
When over us the wild winds blow —
Bu-tyou, dear love, too dear to me,
Alas! why will-you use me so?

(James Joyce)

 

Recueil: Musique de chambre et autres poèmes Pomes Penyeach Ecce Puer
Traduction: Philippe Blanchon
Editions: La Nerthe

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CHAMP DE MAÏS (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 14 juin 2018




    
CHAMP DE MAÏS

Assis dans le mais… j’attends. Mais quoi ? Serait-ce
Le cri de la corneille et le si bel instant
Où la mésange, par son chant,
Fait en sorte qu’il cesse ?

J’aime le tendre azur du soir au souffle frais.
J’en suis tout entouré. Doucement, il m’assaille.
Je pense à toi. C’est un délice. Et je voudrais…
Ceindre ta souple taille.

A présent, je suis seul. Le soleil vient de fuir.
La terre, sous mes pieds, commence à refroidir.
Survolant la sente muette
Ulule la chouette.

Le soleil vient de fuir et j’attends mais en vain.
Je t’attends. Viendras-tu? Reverrai-je tes charmes?
Je pleure sur mon coeur. Tombent de mon chagrin
Quelques secrètes larmes.

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

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